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Loïc Pen, médecin urgentiste à Creil (Oise) et membre du collectif national des médecins CGT, fait un point sur les derniers éléments connus sur le Coronavirus et livre son analyse au lendemain des nouvelles annonces d'Emmanuel Macron.

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Transcription
00:00Bonjour Loïc Pen. Alors vous êtes urgentiste à Creil dans l'Oise. Merci d'accepter de répondre à nos questions
00:11sur ce live.
00:13D'abord, première chose, quelle est la situation actuellement dans l'Oise, qui est un des premiers lieux de contamination
00:21?
00:22Le premier en fait. On bricole, c'est-à-dire qu'on reçoit les patients, on n'est pas submergé,
00:33mais on est contraint à ouvrir de nouveaux lits sur les hôpitaux.
00:39Alors bon, il faut bien mesurer qu'on a vécu une politique d'austérité pendant des années, donc ces nouveaux
00:43lits, il faut les créer sans le personnel adéquat,
00:46sans être complètement préparé, donc on le fait. Ce sera insuffisant, évidemment, par rapport à ce qu'on aurait dû
00:53être capable de prévoir si on n'avait pas déshabillé les hôpitaux.
00:57Mais néanmoins, voilà, pour l'instant, il n'y a pas de débordement. Évidemment, c'est un gros travail. C
01:02'est un gros travail pour les services d'urgence,
01:05pour les services d'aval. Et puis on a mis en place des fils dédiés, c'est-à-dire que
01:11les patients suspects d'avoir le Covid-19 ne passent pas dans les urgences,
01:17mais vont sur un circuit à part. Parce que l'enjeu pour nous, il faut bien mesurer quand même, pour
01:23mémoire, que l'essentiel des cas de Covid-19,
01:26ce ne sont pas des gens qui sont dans une situation clinique grave. Voilà, l'essentiel des cas, ce sont
01:32des cas avec des symptômes modérés.
01:33Par contre, si on les fait passer dans les urgences, ils vont rencontrer nos patients habituels, qui, eux, sont des
01:41situations cliniques graves,
01:42qui n'ont pas le Covid, mais qui ont des pathologies sérieuses, chroniques, et qui, eux, s'ils attrapent le
01:48Covid, risquent beaucoup.
01:49Donc voilà, tout a été fait pour que ces populations se rencontrent le moins possible. De toute façon, ça va
01:54être le leitmotiv, se rencontrer le moins possible.
01:56Mais là, c'est très logique dans les urgences. Et donc, voilà, on s'est organisé de cette façon-là.
02:00— D'accord. Comment les salariés, le personnel des hôpitaux aujourd'hui se sentent ? Est-ce que ça va
02:08? Est-ce qu'il y a de la fatigue ?
02:10Comment vous entrevoyez les jours qui viennent ?
02:14— Le personnel, vous savez, de toute façon, il fait son boulot. Voilà. Il fait son boulot comme il l
02:19'a toujours fait. Ça, ça ne change pas. Par contre, oui, c'est plus fatigant.
02:22Il y a de la colère. Il y a de la colère parce que, bon, franchement, Creil doit être un
02:29des premiers hôpitaux en grève, puisque la grève a commencé fin janvier 2019 à Creil.
02:35Voilà. Fin janvier 2019. L'essentiel des hôpitaux ensuite, les hôpitaux parisiens, ont débuté en mars. Mais c'était sur
02:41les mêmes questions d'austérité, de moyens,
02:44de demande d'aide sur des structures qui, aujourd'hui, n'étaient plus dotées pour fonctionner normalement, remplir normalement les
02:52missions qui sont les nôtres.
02:53Donc évidemment, la colère, elle est quand même forte parce que se retrouver un peu plus d'un an après
02:58avec une épidémie... Alors évidemment qu'on n'avait pas vu venir. Personne n'a dit « Ah, on vous
03:02l'avait bien dit ».
03:03Mais enfin, ça fait quand même très longtemps qu'on disait « Attention, parce que si de nouveau on vit
03:07une canicule, si de nouveau on vit un H&M, on est encore moins bien qu'à l'époque pour
03:11prendre en charge les gens ».
03:12Voilà. On avait porté ce discours. Et c'est vrai qu'avoir un an de manifestation, un an où les
03:20gens se sont battus et puis finalement, rien n'a changé.
03:23Il y a une espèce d'autisme par rapport à la situation. Puis là, maintenant, vous êtes les héros du
03:27quotidien. Ça passe moyen quand même.
03:29Après, ce n'est pas ce qui va empêcher les professionnels de santé, les personnels des hôpitaux de faire le
03:34travail. La rancune, elle ne se joue pas contre la population.
03:37Elle se joue contre des décisions qui n'ont pas été les bonnes. Maintenant, il n'y a plus personne
03:43qui peut dire que c'était une bonne idée de mépriser comme ça les alertes de tout le personnel hospitalier
03:48en France.
03:48D'abord, les urgences ont ensuite tout... Arriver à cette situation un petit peu pénible.
03:56D'accord. On a été légèrement coupés. Juste reprendre la fin de la phrase. Vous disiez qu'on est arrivé
04:05dans une situation pénible.
04:09C'est dû aux restrictions budgétaires. C'est ce que vous étiez en train d'expliquer.
04:13Oui. Je disais que cette situation est vécue comme injuste parce que les alertes ont été lancées.
04:19Bon. Mais après, on ne va pas... Ce n'est pas le moment. Ça ne va pas nous empêcher de
04:25travailler. Ça n'a empêché personne de travailler, de faire tout ce qu'on peut pour accueillir tous les patients
04:29qu'en auront besoin.
04:30On ne va pas polémiquer là tout de suite. Par contre, on va discuter quand même une fois que cette
04:35épidémie sera passée.
04:36Parce que pas question de recommencer cette situation. Il va falloir répondre à ce qu'on a dit depuis plusieurs
04:43années, particulièrement l'année qui vient de s'écouler.
04:45Alors si on parle de maintenant, Emmanuel Macron a annoncé depuis jeudi une série de mesures en direction de l
04:55'hôpital pour aider les hôpitaux.
04:57Est-ce que vous avez vu des choses arriver depuis ces annonces ?
05:02Il n'a pas fait d'annonce. Enfin très sincèrement...
05:06Il a dit qu'il mettrait tous les moyens.
05:09Je ne sais pas combien, je ne sais pas comment. On constate nous la difficulté à avoir le matériel de
05:17protection, les masques, les surblouses.
05:20On est de toute façon dans une situation qui ne pourra pas se régler immédiatement, quoi que dise ou quoi
05:23que fasse d'ailleurs le gouvernement et le président de la République.
05:27Puisqu'il y a des choses qui n'ont pas été faites avant qu'on ne va pas rattraper.
05:30On ne va pas former des infirmières là en deux secondes, on ne va pas former des médecins en deux
05:34secondes.
05:34On ne va pas tout de suite faire arriver du matériel.
05:39Par contre, il y a une chose qu'on peut faire tout de suite, c'est abandonner la dette des
05:41hôpitaux,
05:42nous redonner du souffle financier pour qu'on puisse payer les fournisseurs,
05:46payer des intérimaires, payer des infirmières qui vont faire des heures supplémentaires.
05:51Voilà, s'il serait bien de les payer, il ne faut pas dire récupérer les quand vous pourrez.
05:56Et puis, pour l'instant, alors même si ça, c'est bien la mise en place de la garde d
06:00'enfants,
06:01il y a quand même des gens qui vont avoir des frais de garde parce que certains ne vont pas
06:03rentrer dans ce processus.
06:05Là aussi, ce serait bien d'aider tous ces gens.
06:08Alors ce que vous dites, c'est qu'il y a eu d'annoncés assez vaguement des moyens pour l
06:12'hôpital,
06:12mais que vraisemblablement, pour le moment, vous ne voyez rien de très concret et que de toute façon...
06:19Oui, c'est injuste. Il a avancé l'art. Oui, oui, bien sûr.
06:21Donc ça ne peut pas arriver maintenant. Donc évidemment, je ne vois rien de concret.
06:27Simplement, on n'a pas non plus noté d'engagement chiffré.
06:30C'est-à-dire qu'on a dit qu'on débloquerait des milliards pour les caisses des entreprises qui seraient
06:37en faillite,
06:37qu'on reporterait les cotisations sociales, qu'on reporterait les infos.
06:41Nous, on ne nous a pas dit grand-chose de très concret. On nous a dit qu'on fera tout.
06:44Bon, en même temps, on a quelques raisons d'être toujours un petit peu méfiant.
06:50Ça fait quand même un an qu'on dit qu'il aurait fallu augmenter l'ONDAM, l'objectif national des
06:56dépenses sur ces maladies.
06:57Et là, il faut 5 milliards, rien, pour conserver l'existence de l'hôpital public.
07:01On nous rajoute là 260 millions. C'est finalement la seule annonce qu'on a eue par le ministre de
07:06la Santé, Olivier Véran.
07:08Mais on nous avait retiré 600 millions sur le dernier rond d'âme. C'est quand même ça, la réalité.
07:13Donc, ce n'est pas suffisant. Moi, je ne demande pas une augmentation de mon salaire.
07:18Par contre, ça ne va pas pour mes jeunes collègues qui sont embauchés dans l'hôpital public sur des salaires
07:24très faibles.
07:24Ça ne va pas pour le personnel paramédical. Moi, évidemment, j'ai 20 ans de carrière et je suis sur
07:29un échelon élevé.
07:31Ce n'est pas le cas général. Dans l'hôpital public, les salaires sont minables quand même pour ceux qui
07:35démarrent.
07:36C'est ceux-là qu'il faut aider à démarrer. Je ne dis pas qu'il faut augmenter les salaires
07:40des vieux comme moi,
07:42quand même si vieux que ça. Mais par contre, le salaire des jeunes embauchés, il faut vraiment l'augmenter.
07:47C'est comme ça qu'on fait de l'attractivité aussi.
07:50Alors, concernant les annonces faites par Emmanuel Macron hier sur le confinement de la population,
07:56est-ce que ce sont les bonnes mesures et pourquoi ?
08:02Oui, il a raison. Honnêtement, il a raison. Alors ça arrive sûrement un peu tard.
08:07Mais là encore, je ne vais pas polémiquer là-dessus parce que c'est compliqué.
08:12C'est compliqué. Moi, j'entends les gens « Oui, il faut tout arrêter ».
08:15Non, n'arrêtons pas tout parce que si vous arrêtez les centrales électriques, les hôpitaux ne tournent plus.
08:19Si vous arrêtez l'alimentation, on ne sait pas comment nourrir.
08:24Ça s'est arrêté ou pas ?
08:25Non, non, non, ça y est, ça continue. Ça a repris.
08:28C'est bon. Donc si on arrête l'alimentation, on ne sait pas comment nourrir les patients et la population.
08:35Si on arrête de garder les personnes âgées, on va avoir une vraie difficulté parce que là,
08:39on aura d'autres pathologies qui vont se déclencher.
08:41Bref, il faut des mesures de confinement. En fait, il faut le maximum de mesures de confinement.
08:46Il ne faut pas mettre le pays à l'arrêt.
08:48Parce qu'on ne peut pas mettre le pays à l'arrêt, y compris vous mettriez le système de santé
08:52à l'arrêt.
08:53On n'est pas tout seul. On est dépendant de plein de choses.
08:55De nos fournisseurs, de l'électricité, du gaz, des fluides, de l'oxygène, des fabricants de médicaments.
09:00Enfin, à un moment donné, voilà, ce n'est pas un truc autonome.
09:04L'hôpital, on fonctionne avec l'ensemble de la société.
09:08Par contre, en effet, là où il a raison, c'est qu'on n'a pas...
09:12J'ai entendu Michel Cymes faire son néacultat et dire que je n'ai pas été assez alarmiste.
09:19J'ai trop rassuré la population.
09:22Déjà, ça bouge de jour en jour, quand même, cette situation.
09:25Et ce qu'on avait sous-estimé sûrement, c'est la vitesse de contamination.
09:31Par contre, on entend beaucoup parler.
09:33Oui, ça va faire des morts, des morts, des morts.
09:35La létalité reste faible de ce virus.
09:37Le reste, voilà, c'est des personnes polypathologiques qui sont touchées.
09:42Il y a quelques jeunes.
09:43Il ne faut pas minimiser.
09:45Personne n'est complètement à l'abri.
09:46Mais l'essentiel, ce sont des patients âgés polypathologiques.
09:49Alors, je ne dis pas que c'est une bonne chose.
09:51Quand on perd son grand-père ou son père, ça ne fait pas plaisir.
09:56Simplement, c'est lui qui va falloir protéger d'ailleurs en priorité.
09:59Simplement, la létalité reste faible.
10:01Et on la surestime sûrement encore un peu.
10:03Parce que là, je regardais ce que disaient les réanimateurs de la Pitié-Salvêtrière qui disaient entre 0,9 et
10:081,1 de létalité.
10:09Donc, 0,9 et 1,1%.
10:11Mais en même temps, on sait très bien qu'on a au moins 50% de patients.
10:17Parce que c'est ça, c'est...
10:19Maintenant, on a un retour là-dessus de Chine et particulièrement du Japon.
10:2250% de patients qui sont asymptomatiques.
10:26Voilà, ceux-là, on ne les compte pas déjà.
10:28Parce que là, on nous donne des chiffres tous les soirs.
10:29On ne les compte pas, ces patients.
10:31On ne les compte pas, tout le monde, parce que pour l'essentiel, on ne fait pas les tests.
10:34On ne peut pas faire les tests à tout le monde.
10:36Donc, on ne sait pas combien, en fait, on a de patients contaminés.
10:40Et on est en train de compter la létalité sûrement sur un démoniateur qui est extrêmement faible.
10:45Donc, on va peut-être encore baisser.
10:47Mais notre problème, ce n'est pas ça.
10:48Parce que les gens se sont dit, ben voilà, il y a plus de morts.
10:51Non, ce n'est pas ça.
10:52La question qu'on doit se poser, c'est combien de patients contaminés ?
10:56Parce que ça pourrait être 0,1.
10:59Ce sera plus haut.
11:00Mais ça pourrait être 0,1.
11:01Si vous avez 30 millions de patients, ça commence à faire du monde.
11:04Voilà, c'est bien ça qu'il va falloir à chaque fois penser.
11:08Donc, la logique qu'on défend aujourd'hui, c'est de dire, ralentissons, diminuons déjà le nombre de contaminés, si
11:15on peut encore le faire, et ralentissons la propagation.
11:18Or, vu la contagiosité de ce virus, particulièrement sur les bio-clos, c'est pour ça qu'on a limité
11:27les rassemblements.
11:29Pas assez sûrement au début, de façon un peu incohérente, mais parce que voilà, on tâtonne aussi.
11:34Mais maintenant, il faut prendre des choses à brin corps, c'est-à-dire qu'il faut limiter les contacts
11:40avec les autres.
11:41Alors, c'est pénible, on en a tous conscience, et c'est difficile.
11:44Mais c'est ça qu'il va falloir faire, pas autre chose.
11:48Pour beaucoup de, surtout de jeunes gens qui veulent sortir, qui veulent faire la fête, qui veulent s'abuser, et
11:54c'est de leur âge, et on comprend, c'est dur.
11:56Parce qu'ils peuvent avoir le sentiment qu'en effet, on leur impose un truc très dur, alors qu'ils
12:00ne vont pas faire la maladie, pour l'essentiel d'entre eux.
12:03Même si, je le disais tout à l'heure, il y aura sûrement quelques cas.
12:06Mais il faut bien qu'ils comprennent, autour d'eux, il y a leurs parents, il y a leurs grands
12:10-parents, ils peuvent être contaminants.
12:12Voilà, ils peuvent, sans l'avoir voulu, bien évidemment, c'est un discours culpabilisant que je veux donner, c'est
12:16juste de bien comprendre les choses.
12:19Voilà, en étant, en allant voir les grands-parents, après avoir fait la fête et s'être contaminés, être responsable,
12:27j'aime pas le mot,
12:28parce que ça fait très accusateur, mais être la cause, finalement, d'une contamination de quelqu'un qui est fragile.
12:33— Alors le confinement, le président dit que ça va durer au moins 15 jours. Enfin en tout cas, c
12:39'est parti pour 15 jours dans un premier temps.
12:41Est-ce qu'on sait à peu près combien de temps il faut pour ressentir les effets du confinement ?
12:48— Est-ce que ça peut durer plus longtemps, en fait ?
12:51— Bah oui. Enfin déjà, on a une phase d'incubation du virus. Pour l'instant, c'est une fourchette,
12:59c'est un râteau. C'est de 2 à 12 jours.
13:01Donc voilà. On l'a attrapé. On n'a aucun signe. Peut-être d'ailleurs qu'on n'en aura
13:06jamais. Je disais pour 50 %, on n'en aura pas.
13:08Mais les autres, ça va commencer à partir de 2 à 12 jours. Donc il faut bien imaginer qu'un
13:13confinement de 15 jours,
13:14on va tout juste avoir le début des cas qui sont confinés. Voilà. Et après, il y a la maladie.
13:21La maladie, elle durerait, parce que là encore, on tâtonne encore un peu, mais quasiment une quinzaine de jours.
13:28Donc on est sur un volet de 3 semaines, un mois. Donc on peut déjà dire que sous les 3
13:35semaines, un mois,
13:36le confinement va être insuffisant. Alors après, est-ce qu'il faudra aller encore plus loin ?
13:40Pour l'instant, on ne sait pas du tout. Voilà.
13:43On n'a que le recul de la Chine. Il a réussi à casser sa courbe. Ils ont eu une
13:48courbe exponentielle de contamination.
13:50Puis ils ont réduit. Voilà. Le début, c'est début décembre. Ça s'est arrêté récemment. En gros, ça a
13:57été 3 mois.
13:58Donc voilà. Je ne dis pas qu'il va falloir profiter de 3 mois. De toute façon, nous, ça fait
14:02un mois que ça dure.
14:05Mais 15 jours, ça ne paraît pas raisonnable. Après, j'entends. Je ne suis pas un ami d'Emmanuel Macron,
14:12mais j'entends que c'est difficile d'annoncer des choses pareilles. Donc après, qu'il a annoncé 15 jours,
14:17ça peut s'entendre.
14:18Voilà. Simplement, il va falloir, petit à petit, bien se comprendre sur le fait qu'on a une phase à
14:25passer, là,
14:27qui va protéger collectivement la population. Voilà. Il ne faut pas raisonner individuellement sur cette épidémie.
14:35La plupart des gens individuellement n'auront rien. Oui. Mais dans leur famille, ils peuvent avoir des choses.
14:40Mais dans leurs amis, ils peuvent avoir des choses. Et cette logique de limiter les échanges, c'est vraiment protéger
14:48nos aînés,
14:49protéger les plus fragiles de notre société.
14:52Alors, on parle de problèmes graves actuellement dans l'Est de la France. Est-ce que vous avez un retour
14:58sur ce qui se passe exactement
15:00dans les hôpitaux dans l'Est de la France ?
15:03Dans l'Est, j'ai un retour, à mon avis, le même que le vôtre, parce que j'ai un
15:05retour dans les médias. Voilà.
15:08Et à part un membre de ma famille qui est dans un hôpital, qui disait qu'il était en stage
15:15dans un hôpital et qui a dû arrêter son stage.
15:18où, en effet, la question, c'est qu'on a déjà des réanimations qui sont visiblement plaides.
15:25On a un nombre de cas qui dépassent nos capacités d'accueil.
15:28Parce que, finalement, c'est ça aussi la logique du confinement.
15:33On va essayer de diminuer le nombre de patients atteints.
15:36On va surtout essayer de diminuer la vitesse à laquelle ils sont atteints.
15:40Parce qu'on peut régler une bonne partie des patients graves, si on a des lits de réanimation ou de
15:47soins intensifs.
15:49Si on a 1000 patients atteints en une journée, à Creil, impossible.
15:53Voilà.
15:54Si, par contre, on l'étale sur 20 jours, voilà, ça fait 50 par jour.
15:58C'est possible.
15:59Et là, on va réussir à prendre en charge des gens qu'en une journée, on n'aurait pas réussi
16:03à prendre en charge.
16:03Donc, c'est ça aussi.
16:04C'est ne pas déborder nos capacités de prise en charge de la population.
16:09Parce que notre système de santé, on n'aurait sûrement pas, même dans les meilleures conditions,
16:13été capable de prendre 1000 patients au jour.
16:15Ça, c'est pas ce que je dis.
16:16Mais, par contre, il n'est pas dans les meilleures conditions.
16:18Il est déjà très dégradé, pour toutes les raisons que j'ai évoquées en début de discussion.
16:23Et donc, là, il faut vraiment, du coup, avoir une logique de diminuant les arrivées, les flux,
16:30dans le système hospitalier, nous permettre de prendre en charge les gens très correctement.
16:35Alors, il y a beaucoup de monde qui suit ce live.
16:38Actuellement, d'ailleurs, on vous remercie.
16:39Il y a plus de 500 personnes en continu.
16:42Et des questions qui viennent.
16:43N'hésitez pas, d'ailleurs, à poser vos questions.
16:45Et des réactions.
16:47Là, par exemple, cette réaction, mais on va aller où comme ça ?
16:51C'est-à-dire que je pense qu'effectivement, il y a beaucoup d'inquiétudes
16:54sur la durée du confinement, sur la nécessité de ce confinement,
16:59sur aussi l'issue de ce confinement.
17:03Comment on peut rassurer la population aujourd'hui sur le fait que,
17:10d'ici quelques semaines, d'ici quelques mois,
17:12oui, il y a évidemment de grandes chances qu'on sorte de cette crise sanitaire ?
17:19Non, mais on va en sortir.
17:23Ce n'est pas là.
17:24On n'est pas en guerre.
17:27C'est ça que je n'ai pas aimé dans l'intervention du président Macron.
17:30On est en guerre.
17:30On n'est pas en guerre.
17:31On est sur une crise sanitaire qui demande, au contraire de la guerre,
17:34beaucoup d'intelligence, beaucoup de solidarité,
17:37beaucoup de discussions et d'explications, de choses simples.
17:41Parce qu'en effet, la guerre, c'est les magasins d'aujourd'hui qui ont été pris d'assaut,
17:45c'est des mouvements de panique.
17:45Ce n'est vraiment pas, à mon avis, la...
17:47Alors, je comprends l'idée de jouer sur le registre émotionnel
17:50pour foutre un grand coup.
17:51Attention, confimez-vous.
17:53En même temps, c'est jamais bien bon de jouer sur le registre émotionnel.
17:56Il mieux vaut jouer vraiment sur l'explication et l'intelligence.
17:59On va devoir le répéter, parce que c'est dur de passer le cap émotionnel.
18:03On est quand même...
18:04Il y a une espèce de mouvement de panique et on peut le comprendre.
18:08Ce n'est pas là non plus un jugement.
18:09Mais on a là un virus avec une létalité, pour l'instant, imparfaitement connue,
18:15sûrement plus forte que celle de la grippe.
18:17On pensait que ça allait vers la grippe.
18:20Ce sera sûrement plus fort, mais ce n'est pas non plus du tout le virus Ebola ou la peste
18:25noire.
18:25Voilà.
18:26OK.
18:27La problématique, c'est le nombre de patients contaminés,
18:31qui peuvent faire beaucoup de cas graves, voire de décès,
18:34et la vitesse à laquelle ça se propage,
18:39parce que ça pourrait saturer le système de soins que nous avons en ce moment en France.
18:45Voilà l'ensemble de la problématique posée.
18:47Et à partir de là, la logique, puisque nous n'avons pas de traitement.
18:51C'est ça le problème.
18:52Nous n'avons pas de traitement, c'est un virus émergent qu'on ne connaît pas parfaitement.
18:56Personne n'a prétendu connaître parfaitement la situation et l'avenir.
18:59Donc on n'a pas de traitement, on ne le connaît pas parfaitement.
19:02Donc il faut le ralentir.
19:04Et donc la seule solution qu'on ait pour l'instant,
19:06c'est finalement d'éloigner les gens les uns des autres pour qu'ils ne se le refilent pas.
19:12C'est aussi simple que ça.
19:13Après, je ne suis pas voyant extra lucide.
19:15Je disais que c'est un virus émergent, donc je ne sais pas.
19:17L'idéal, ce serait que ce soit un virus saisonnier comme la grippe
19:20et qu'avec les beaux jours, il s'arrête.
19:22Voilà.
19:22Ça, ce serait l'idéal.
19:23Mais je ne suis pas voyant extra lucide.
19:25Pour l'instant, on ne le sait pas,
19:26puisque on ne le connaît que depuis le début décembre.
19:29On n'a pas vécu de printemps avec ce virus.
19:31Donc si ça arrive, eh bien tant mieux.
19:33Sauf qu'on ne va pas compter sur ça alors qu'on ne le sait pas.
19:36On va prendre des mesures de protection collective de la population
19:39et la mesure de protection qui est rapportée par le président Macron,
19:44par Castaner, son ministre de l'Intérieur,
19:49c'est bien de confiner.
19:50Ils ont raison.
19:51Je ne le dis pas souvent, mais là, ils ont raison.
19:54C'est cette logique qu'on va défendre.
19:56Et ça, c'est une cause qui n'est pas une...
19:57Enfin voilà, c'est de la science.
19:59C'est logique.
20:00Donc il faut appliquer ça.
20:03Il y a même un...
20:04Moi, j'ai rencontré des gens encore, là,
20:07qui voulaient me serrer la main.
20:11Aimablement.
20:12Aimablement.
20:12Ce n'est pas...
20:13Même pas par provocation,
20:15mais qui n'y croyaient pas.
20:17C'est assez fou.
20:18Parce que là, quand même, on ne cache pas les choses.
20:21On a de l'information.
20:22Alors, ma formation, parfois, très anxiogène,
20:24se décompte du nombre de cas et du nombre de morts.
20:27Alors, si on faisait ça pour la grippe saisonnière,
20:29tout le monde serait terrorisé.
20:30Parce que la grippe saisonnière,
20:32c'est une dizaine de milliers de morts par an.
20:34Pour l'instant, on n'est pas du tout à cette situation.
20:36Avec le coronavirus, même si, attention, on peut l'atteindre.
20:39S'il y a beaucoup de contaminés, on peut même la dépasser.
20:42Mais si on avait fait ce décompte pour les grippes,
20:44tout le monde serait terrorisé.
20:45Donc il y a un petit côté, en effet, anxiogène,
20:49la façon dont on diffuse l'information.
20:50Mais en même temps, si on ne la diffuse pas,
20:53il y a un petit côté, vous faites de la rétention,
20:55il y a un complot.
20:56Donc c'est très difficile de trouver le juste équilibre à chaque fois.
21:00Donc là, j'essaye de donner, moi, les éléments que je connais.
21:02Quand je ne les connais pas, je le dis.
21:04Parce qu'il y a des choses où, en effet,
21:08c'est l'ordre de recherche en virologie.
21:10Ce n'est pas du tout mon niveau.
21:11Je suis urgentiste.
21:14Je constate les choses sur le terrain.
21:16Et puis, j'écoute mes collègues aussi quand même.
21:17On discute.
21:20Mais, voilà, on va avoir une sortie de cette crise
21:25dans deux, trois mois.
21:26Je ne le sais pas encore.
21:28L'idée, c'est qu'on en sorte avec le moins de dégâts possibles.
21:31C'est-à-dire que nous conservions nos aînés le plus possible.
21:33C'est aussi simple que ça.
21:35Et pour ça, il va falloir, en effet, y croire, déjà.
21:39Écoutez ce qu'on dit.
21:39Refuser cette logique de complotisme.
21:41Comme quoi, ce serait une manœuvre pour annuler les élections,
21:46faire oublier la réforme des retraites,
21:47ou je ne sais quoi,
21:49on peut discuter du cynisme
21:51avec lequel le 49.3 a été annoncé
21:54juste après la réunion sur le Covid.
21:56J'en ai été particulièrement choqué.
21:58Mais voilà, ce n'est pas le problème.
22:01Le problème, c'est que le Covid, il existe.
22:03Et il ne faut pas tout interpréter
22:06de façon complotiste.
22:08Là, il faut bien rester sur cette logique sanitaire.
22:10On a un virus qui est très contagieux.
22:13Évitons la contagion parce que nous n'avons pas de traitement
22:14pour l'instant.
22:15On aura sûrement un vaccin l'an prochain.
22:17C'est très probable, sauf que ce sera passé.
22:21Après, le vaccin, il faudra quand même l'utiliser
22:23parce qu'il est possible que ce Covid persiste.
22:26Il soit dans notre bol de virus hivernaux,
22:28comme la grippe, comme le virus respiratoire syncytial.
22:30Et ça, c'est un avenir possible.
22:33Alors, dans les réactions et les questions qui viennent,
22:37il y a cette idée que...
22:38Alors, si j'ai bien compris, le message, c'est vraiment
22:40qu'il faut se confiner au maximum
22:42pour éviter les échanges et la circulation du virus.
22:46En même temps, on ne peut pas confiner complètement le pays.
22:49On doit encore laisser un certain nombre de choses fonctionner.
22:52On le voit depuis ce matin, il y a quand même une grosse confusion.
22:55Et chez certains, l'inquiétude,
22:58il y a des gens qui restent confinés.
23:00D'autres qui vont travailler,
23:03parfois qui ont demande d'aller travailler,
23:05comme des gens qui vont travailler sur des chantiers, par exemple,
23:08alors qu'on pourrait penser que ça pourrait être différé.
23:12C'est quoi le message aujourd'hui ?
23:13C'est quand même d'essayer au maximum de rester chez soi
23:17et de ne réserver les déplacements
23:20qu'aux personnes qui sont absolument indispensables au quotidien.
23:27En fait, c'est confiner le plus possible.
23:29Limiter le plus possible les contacts.
23:32Par exemple, si vous sortez pour aller faire un jogging tout seul,
23:36ça ne me gêne pas, moi.
23:38Il n'y a pas de danger, il n'y a pas de contact.
23:42Si vous restez à la maison,
23:43parce que je suis tombé sur un de mes patients
23:46qui avait carrément enfermé sa vieille maman à double tour,
23:50il faut quand même aller dans le jardin,
23:51on ne va pas chauffer le truc dans l'air comme ça.
23:53C'est un confinement, c'est pas « je me calfeutre »,
23:56c'est « je n'ai pas de contact avec d'autres personnes »,
23:59enfin pas de contact direct qui pourrait me transmettre un virus
24:01ou à qui je pourrais transmettre un virus si je suis un porteur.
24:04C'est ça la logique.
24:05Donc après, pour ceux qui sont obligés d'aller travailler,
24:11tous les soignants,
24:12mais aussi, je disais,
24:14les électriciens gaziers,
24:15les pompiers,
24:16la sécurité civile,
24:18les policiers,
24:19les producteurs alimentaires
24:22et les distributeurs,
24:24il va falloir continuer à manger,
24:25tout cela, c'est des gestes barrières.
24:27C'est-à-dire que je ne termine pas sur mon voisin,
24:29je ne crache pas dessus, je me lave les mains,
24:32si je touche, je porte un masque et je consulte,
24:34parce que si j'ai de la fièvre,
24:35par contre, je sors de ce travail même indispensable.
24:40Je ne vais pas refaire tous les gestes barrières,
24:42on l'a dit à de multiples reprises,
24:44vous avez ces consignes sur des affiches partout,
24:47sur les sites du gouvernement,
24:49donc il faut appliquer ça.
24:52Mais il faut en fait,
24:54le plus possible,
24:57limiter les sorties
24:58et le travail à ce qui est impératif.
25:02C'est-à-dire qu'on ne va pas fermer les hôpitaux,
25:04on ne va pas fermer l'alimentation,
25:05on ne va pas fermer les pompiers.
25:07Par contre, en effet,
25:08les magasins d'habillement,
25:09on peut différer peut-être un peu.
25:11Voilà, ce n'est pas utile d'aller tout de suite
25:12acheter le dernier pantalon.
25:15Parce que, voilà,
25:17personne n'est unu aujourd'hui,
25:19vous pouvez mettre encore les fringues
25:21pour quelques temps.
25:22De la même façon,
25:24je ne sais pas si les constructions,
25:25c'est très intelligent de les continuer tout de suite.
25:27parce que ce n'est pas une urgence.
25:31Là encore, je pense,
25:32alors moi je ne suis pas au gouvernement,
25:34mais si en effet on n'a pas arrêté ça,
25:37je pense qu'il faut l'arrêter
25:38et expliquer tout simplement
25:39que les pénalités de retard éventuelles
25:41que pourrait entraîner l'arrêt de ces chantiers
25:43doivent être différées,
25:45repoussées dans ce contexte exceptionnel.
25:47Parce qu'on a un contexte exceptionnel.
25:48Donc il faut protéger
25:50le tissu économique de notre pays.
25:52C'est une évidence,
25:53parce qu'on en aura besoin.
25:54Mais là encore,
25:55il y a des décisions gouvernementales
25:57qui peuvent se prendre là-dessus.
25:59Alors, vous parliez tout à l'heure
26:00des élections municipales.
26:03Agnès Buzyn a déclaré,
26:05donc, dans Le Monde,
26:06enfin, a déclaré,
26:08s'est livrée au Monde.
26:10Et elle dit ceci,
26:14on aurait dû tout arrêter,
26:16c'était une mascarade.
26:17Quand j'ai quitté le ministère,
26:19je pleurais,
26:20car je savais que la vague du tsunami
26:21était devant nous.
26:23Elle parle de tsunami.
26:24Je suis parti en sachant
26:26que ces élections n'auraient pas lieu.
26:29Qu'est-ce que ça vous inspire ?
26:32Une espèce de sidération, je l'avoue.
26:36Ou bien,
26:38elle déborde complètement
26:39sur ce qu'elle voulait dire,
26:40où l'interprétation en est fausse.
26:42Si vraiment elle veut dire ça,
26:43si vraiment elle veut dire
26:44je savais qu'on allait avoir une catastrophe
26:46et je n'ai pas alerté,
26:48j'ai laissé des élections municipales
26:50se tenir alors qu'elles sont
26:52probablement un vecteur de contagion,
26:54elle était ministre de la Santé,
26:55elle prend cette décision,
26:57les bras m'en tombent.
26:58Voilà.
27:00Pour moi, jusqu'à maintenant,
27:02et j'ai entendu des confrères,
27:04moi-même, j'ai relativisé des choses,
27:05parce qu'il faut prie,
27:07c'est jamais simple
27:08de dire complètement les choses
27:09en étant un peu rassurant.
27:11C'est ce que je disais tout à l'heure,
27:11la communication, elle n'est pas simple.
27:14Mais, voilà,
27:16si on sait les choses,
27:17si on sait qu'à un moment donné,
27:19les mesures peuvent sauver
27:20de la contamination,
27:22et donc de formes graves,
27:23ou de formes mortelles,
27:24une partie de la population française,
27:26on les prend.
27:27Enfin, cela, je ne sais pas,
27:28alors on fait autre chose.
27:31Donc, j'ose espérer que
27:33ce que vous rapportez du monde,
27:35alors j'en ai dit une petite partie,
27:38est une interprétation
27:39ou a dépassé sa pensée.
27:41Parce que sinon,
27:42je le trouve,
27:42ça serait un endroit,
27:43très sincèrement,
27:44j'ai du mal à comprendre.
27:46Alors, revenons aux questions
27:50matérielles,
27:50enfin, concrètes, on va dire.
27:53Faut-il porter un masque ?
27:57Nous pose-t-on comme question ?
27:59Si on tous, oui.
28:01Parce que sinon,
28:01on risque de contaminer les autres.
28:03Après, vous pouvez porter
28:04tous les masques de la Terre,
28:05même le masque de Zorro,
28:06si vous voulez,
28:07ça ne va rien changer.
28:08Les masques chirurgicaux
28:10ne protègent pas du Covid.
28:12Tout comme le foulard,
28:13rien ne protège du Covid comme ça.
28:16Les seuls qui ont une efficacité
28:18à 90%,
28:20j'ai oublié très sincèrement,
28:21mais une vraie efficacité,
28:22ce sont les masques FFP2.
28:24Les masques FFP2,
28:26ce sont des masques
28:28que les soignants utilisent
28:29au contact de patients
28:31potentiellement contaminants.
28:32Là, oui, ça a du sens.
28:33On a quelqu'un en face de nous
28:35qu'à probablement
28:36ou certainement
28:37le virus
28:38et on essaie
28:40que le personnel
28:40ne tombe pas malade
28:41parce qu'en effet,
28:41là,
28:42on serait dans une autre
28:43forme de catastrophe
28:43si,
28:44c'est ce qui avait commencé
28:45à être fait au début
28:47à Creil,
28:47on avait confiné
28:49l'ensemble des gens
28:50en contact
28:50avec le premier patient Covid.
28:52Alors,
28:53résultat des comptes,
28:54on avait fermé la réanimation.
28:55On était quelques-uns
28:56à s'être alarmés
28:57en disant,
28:57attention,
28:57parce qu'on a toujours
28:59des gens avec des fractures,
29:00des gens avec des infarctus,
29:01des gens avec des AVC.
29:02On ne pouvait pas fermer
29:03le service de réanimation
29:04parce que là,
29:04pour un coup,
29:04on va tuer plus de gens
29:05que le comit
29:07si on fait des choses comme ça.
29:08Donc,
29:09il faut absolument
29:09que nos structures hospitalières
29:12fonctionnent,
29:13donc que le personnel
29:14soit protégé.
29:15Ces masques FFP2
29:16sont faits pour eux.
29:17Après,
29:18vous ne pouvez pas être
29:19dans l'armée
29:19avec un masque FFP2,
29:20déjà,
29:20il faut bien savoir
29:21que sa durée efficacité,
29:22c'est 4 heures,
29:22donc on va en changer
29:23toutes les 4 heures.
29:26Et vous ne pourrez pas
29:29faire vivre avec ça.
29:30Nous,
29:31quand on l'utilise
29:32dans l'hôpital,
29:32moi,
29:33je me mets pour aller
29:33voir les patients.
29:34J'ai vu des patients
29:36à l'accueil
29:37dans les premières phases
29:37du Covid
29:38où on ne savait pas bien.
29:39Là,
29:39j'ai mis le masque FFP2.
29:41Par contre,
29:41même dans le couloir,
29:42je n'avais pas en permanence
29:43le masque FFP2
29:44pour ne m'approcher pas
29:44des gens.
29:45Parce qu'en plus,
29:46se respirer avec ces trucs-là,
29:47c'est un cauchemar.
29:48Par contre,
29:49si vous toussez,
29:50si vous êtes malade,
29:51si vous avez des signes,
29:52le masque est impératif,
29:53le masque chirurgical.
29:55Ce n'est pas qu'il va empêcher
29:56le virus de passer,
29:57mais le virus,
29:57c'est sur des gouttelettes.
29:58Et c'est ça qui est arrêté,
29:59en fait,
29:59par le masque chirurgical.
30:01Donc,
30:01c'est ça l'intérêt.
30:03Après,
30:03sinon,
30:05non,
30:05la seule solution,
30:07ce n'est pas le masque,
30:08c'est l'évitement
30:10des autres,
30:11finalement.
30:12C'est dur à dire ça.
30:13On a l'impression
30:14qu'il ne faut plus se voir
30:15que la société est en danger,
30:16mais c'est temporaire.
30:18Il faut que,
30:19temporairement,
30:20nos rapports sociaux
30:21soient plus distants.
30:23Et on peut se parler
30:24par Skype éventuellement,
30:25comme au moins,
30:26en train de le faire.
30:27Bon,
30:27merci beaucoup
30:28pour toutes ces explications.
30:29On reviendra certainement
30:31vers vous
30:32au fur et à mesure
30:33de l'évolution
30:34et des jours qui viennent
30:35pour,
30:36encore une fois,
30:36expliquer,
30:37faire preuve
30:38d'un maximum de pédagogie
30:40pour que le message
30:42passe bien
30:43et qu'on arrive ensemble
30:45à trouver des solutions,
30:46comme vous le disiez,
30:48dans la solidarité
30:49et l'intelligence.
30:51Merci.
30:52Merci.
30:52On reste disponible.
30:54Je suis de garde jeudi,
30:56d'urgence de Creil.
30:59Je ne sais pas,
31:00peut-être compliqué,
31:01ce sera avec un téléphone,
31:01si on doit se parler.
31:03D'accord.
31:04Bon,
31:04à très bientôt,
31:05en tout cas.
31:06Et merci,
31:07bon courage
31:07et à bientôt.
31:09Au revoir.
31:10Au revoir.

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