00:00On se fiche de nous, donc au bout d'un moment ça suffit.
00:02On aimerait bien être un petit peu écoutés, qu'on nous aide et on n'a pas de moyens sanitaires,
00:06pas de matériel.
00:07Il n'y a clairement pas assez de postes.
00:09Des enseignants et des enseignantes n'ont remplacé depuis le début de l'année,
00:12donc ce n'est pas non plus qu'à cause du Covid.
00:15Et des classes surchargées qui n'arrangent rien derrière.
00:26On se retrouve à avoir des protocoles qui sortent la veille pour le lendemain.
00:30Là, le dernier en date est sorti dimanche après-midi sur un journal qui a été payant.
00:34Il a fallu quand même qu'il y ait une mobilisation pour que l'article soit enfin accessible gratuitement.
00:40Puis en fait, lundi soir, on a Jean Castex qui parle à la place de M. Blanquer.
00:44Et au final, le protocole, la foire aux questions, est modifié hier soir.
00:48Voilà, non mais là, c'est ce moquet du monde, quoi. Voilà, tout simplement.
00:56Là, c'est l'hécatombe. Enfin, franchement, c'est l'hécatombe.
01:01On ne peut pas avancer dans le programme. Effectivement, on prend du retard sur les apprentissages.
01:06Donc, non, le quotidien est tous les jours différent.
01:09On insiste beaucoup sur les gestes d'hygiène.
01:11On se réunit au moins une fois par semaine pour parler du nouveau protocole.
01:14C'est compliqué de suivre et pourtant, je m'informe, je suis militante au SEUNSA aussi.
01:20J'ai accès aux informations, mais non, non, là, on ne peut pas suivre.
01:25Qu'est-ce que l'enquête, c'est un souvenir, un vrai statut !
01:29Moi, je me sens aussi méprisée quand on nous dit que des mères de famille vont être recrutées pour faire
01:36notre travail.
01:36Quand le recteur annonce qu'il va recruter des parents d'élèves et des mères de famille
01:41pour venir faire des remplacements quand nous sommes malades,
01:45je trouve que c'est du mépris envers notre fonction et notre métier.
01:56Les élèves arrivent les uns après les autres avec un test positif.
02:00Donc, ils repartent, on rappelle les parents.
02:03Avant, la classe fermait, maintenant, ils ne ferment plus.
02:06On a cinq, six élèves absents tous les jours ou pas.
02:10Ça dépend, on ne sait pas.
02:11Ça va beaucoup plus loin que la crise du Covid.
02:14La crise du Covid, c'est juste un révélateur de ce qu'on dénonce et ce qu'on revendique depuis
02:21des années.
02:21En ce moment, c'est une casse en règle du service public en général et de l'éducation nationale en
02:27particulier.
02:28Et donc, évidemment, face à une crise pareille, plus de remplacement, plus beaucoup d'aide aux élèves en difficulté.
02:35Et bien, quand on est dans cette situation-là, ça devient ingérable.
02:39On ne peut pas fonctionner à flux tendu dans l'éducation nationale.
02:42C'est comme à l'hôpital, on ne peut pas fonctionner comme ça.
02:43Il y en a ras-le-vol des protocoles !
02:48On veut les remplaçants dans nos écoles !
02:52Il y en a ras-le-vol des protocoles !
02:56Alors, le quotidien des parents ces derniers jours, ça a été très compliqué.
02:59Les parents sont épuisés et sont en colère.
03:02C'est les premiers à avoir demandé à ce qu'une grande manifestation se fasse pour dire stop, en fait,
03:08au gouvernement.
03:09Parce que les parents, en fait, ils passent leur temps à courir, à aller chercher les enfants à l'école.
03:13Donc, ils doivent partir de leur travail.
03:15À télétravailler avec les enfants qui sont malades ou qui sont confinés.
03:21On sait juste que c'est impossible de télétravailler et de garder des enfants.
03:24C'est inimaginable.
03:26En fait, ils passent du temps devant les pharmacies, parce qu'ils sont obligés d'aller chercher les autotests.
03:31ou devant les laboratoires pour faire les tests antigéniques.
03:35Donc, tout ça, en fait, c'est épuisant.
03:37Et surtout, les enfants posent des questions aux parents.
03:40Donc, nous, en tant que parents, on essaye de leur apporter des réponses.
03:43Mais, en fait, ces réponses ne tiennent jamais.
03:45Donc, les enfants sont aussi très anxieux aujourd'hui.
03:48Et très, oui, très malmenés, fatigués aussi, démotivés.
03:53Donc, oui, c'est très compliqué.
03:55On a ras-le-vol des protocoles !
03:58On veut les remplaçants !
04:00Il y a une colère des enseignants qui s'exprime aujourd'hui par la grève,
04:05qui est largement historique, et par la manifestation.
04:07Une colère contre un ministre qui n'écoute pas la profession
04:10et qui n'entend pas le terrain depuis le début de cette crise sanitaire.
04:14Une colère des enseignants qui demandent à être plus sécurisés dans leur métier au quotidien
04:20et avoir un protocole qui les sécurise.
04:22Actuellement, il a fallu quand même attendre la semaine dernière pour avoir une promesse d'équipement en masques chirurgicaux.
04:29On nous les annonce pendant trois semaines.
04:31On a certainement des moyens en France pour ravitailler plus rapidement les écoles en masques chirurgicaux.
04:36Ça ne devrait pas être difficile d'avoir rapidement des masques dans les écoles.
04:39On demande aussi à avoir des masques FFP2 pour les enseignants qui le désirent,
04:43notamment les enseignants de maternelle qui sont au contact d'enfants non masqués.
04:48Puis on demande des moyens humains aussi,
04:50parce qu'on a beaucoup d'enseignants qui sont malades, qui ont le Covid et qui ne sont pas remplacés.
04:55Et il nous faut des recrutements rapides.
04:57Si on en est là, c'est parce que le gouvernement, depuis cinq ans, a supprimé des postes de remplaçants
05:03pour créer d'autres postes, mais on manque de postes de remplaçants.
05:08Donc il faut créer ces postes de remplaçants rapidement
05:12et avoir des personnels dans toutes les écoles qui puissent exercer leur mission.
05:16Le problème à l'école en ce moment, depuis la rentrée, mais même au mois de décembre,
05:20c'est que nous n'arrivons plus à exercer nos missions.
05:22L'école est ouverte, l'école ne fonctionne pas correctement,
05:26on est en mode dégradé et notre mission qui est d'apprendre aux élèves
05:30et de leur transmettre des savoirs, on ne peut pas le faire actuellement.
05:33On accueille les élèves tout au mieux, mais on n'arrive pas à enseigner.
05:43D'abord, il faut les écouter, les enseignants.
05:46Les enseignants et tous les personnels de l'éducation nationale,
05:48ça fait des semaines, des mois, qu'ils réclament des protocoles et des moyens
05:52pour qu'ils puissent maintenir l'enseignement, les classes ouvertes.
05:56Il faut les écouter.
05:57On a affaire à un ministre qui ne les écoute pas.
06:00Et ils ont des propositions à mettre en œuvre.
06:02Nous avons nous repris une partie de leurs propositions,
06:04et notamment de faire en sorte de faire appel aux listes complémentaires,
06:08aux enseignants qui ont passé l'oral, qui n'ont pas été retenus.
06:11On peut mobiliser aujourd'hui plusieurs milliers de jeunes
06:14afin qu'ils puissent aller dans les écoles et remplacer les enseignants atteints du Covid.
06:18Maintenir des classes ouvertes et sécurisées, c'est possible.
06:21C'est une question de moyens humains.
06:23Les moyens humains, ils sont là.
06:25C'est donc une question de volonté politique,
06:26de faire appel à eux pour pouvoir sécuriser nos écoles.
06:30Et puis enfin, il faut que la politique de test,
06:32les tests soient faits à l'école,
06:34comme ça se fait dans d'autres pays de l'Union européenne,
06:36dans chaque classe.
06:37Mettons tous les tests, le nombre de tests qu'il faut
06:40pour que chaque enfant soit testé au moins une fois par semaine.
06:44Et puis les enfants positifs, ils restent chez eux.
06:46Et les autres continuent la classe.
06:48C'est simple, mettons-le en œuvre.
06:50On ne veut pas bosser pour toi !
06:53Jean-Michel Blanquer, des arts sanitaires,
06:56on ne veut pas bosser pour toi !
06:58Non, non, non !