- il y a 10 heures
Depuis le mois de janvier, Donald Trump a renforcé le blocus de l’île en empêchant toute arrivée de pétrole, plongeant Cuba dans une intense crise énergétique, économique, sociale et humanitaire. Cette asphyxie s’inscrit dans un contexte particulier : la guerre illégale lancée par Trump et Netanyahou contre l’Iran et le Liban, les menaces contre le Groenland, l’attaque de Caracas et le kidnapping du président vénézuélien, bref, l’impérialisme états-unien.
Alors, comment vivent, survivent les Cubains et les Cubaines actuellement ? La solidarité internationale peut-elle remédier à cette situation ? Quel rôle devrait avoir l’ONU ? Et la France ? Les États-Unis se préparent-ils à attaquer militairement La Havane ? C’est à toutes ces questions auxquelles nous allons tenter de répondre avec Charlotte Balavoine, responsable de la campagne de solidarité avec Cuba pour le PCF, de retour de La Havane, Manuel Pascual, président de Cuba Coopération, une des grandes associations de solidarité avec Cuba, et Axel Nodinot, journaliste à la rubrique Monde, de retour de Cuba.
Pour soutenir la campagne du PCF pour Cuba : https://www.pcf.fr/cuba
Pour soutenir Cuba Coopération : https://cubacoop.org/
00:00 Introduction
4:07 À Cuba, une crise humanitaire
9:58 Les États-Unis durcissent le blocus
20:34 La réaction du gouvernement cubain
28:25 Inaction ou solidarité internationale ?
✊ Faire un don défiscalisé à 66 % : https://www.humanite.fr/don
📰 Accéder aux contenus exclusifs : https://abonnement.humanite.fr/
📱 Pour ne rien manquer de l'Humanité :
Instagram : https://instagram.com/lhumanitefr
X (Twitter) : https://x.com/humanite_fr
Bluesky : https://bsky.app/profile/humanite.fr
Threads : https://www.threads.net/@lhumanitefr
TikTok : https://tiktok.com/@lhumanitefr
Twitch : https://twitch.tv/lhumanitefr
Alors, comment vivent, survivent les Cubains et les Cubaines actuellement ? La solidarité internationale peut-elle remédier à cette situation ? Quel rôle devrait avoir l’ONU ? Et la France ? Les États-Unis se préparent-ils à attaquer militairement La Havane ? C’est à toutes ces questions auxquelles nous allons tenter de répondre avec Charlotte Balavoine, responsable de la campagne de solidarité avec Cuba pour le PCF, de retour de La Havane, Manuel Pascual, président de Cuba Coopération, une des grandes associations de solidarité avec Cuba, et Axel Nodinot, journaliste à la rubrique Monde, de retour de Cuba.
Pour soutenir la campagne du PCF pour Cuba : https://www.pcf.fr/cuba
Pour soutenir Cuba Coopération : https://cubacoop.org/
00:00 Introduction
4:07 À Cuba, une crise humanitaire
9:58 Les États-Unis durcissent le blocus
20:34 La réaction du gouvernement cubain
28:25 Inaction ou solidarité internationale ?
✊ Faire un don défiscalisé à 66 % : https://www.humanite.fr/don
📰 Accéder aux contenus exclusifs : https://abonnement.humanite.fr/
📱 Pour ne rien manquer de l'Humanité :
Instagram : https://instagram.com/lhumanitefr
X (Twitter) : https://x.com/humanite_fr
Bluesky : https://bsky.app/profile/humanite.fr
Threads : https://www.threads.net/@lhumanitefr
TikTok : https://tiktok.com/@lhumanitefr
Twitch : https://twitch.tv/lhumanitefr
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:01Cuba va-t-elle survivre à l'asphyxie organisée par les États-Unis ?
00:04Depuis le mois de janvier, Donald Trump a renforcé le blocus de l'île en empêchant toute arrivée de pétrole,
00:09plongeant Cuba dans une intense crise énergétique, économique, sociale et humanitaire.
00:14Cette asphyxie s'inscrit dans un contexte particulier, la guerre illégale lancée par Trump et Netanyahou contre l'Iran et
00:20le Liban,
00:20les menaces contre le Groenland, l'attaque de Caracas et le kidnapping du président vénézuélien, bref, l'impérialisme états-unien.
00:27Alors comment vivent, survivent les Cubains et les Cubaines actuellement ?
00:30La solidarité internationale peut-elle remédier à cette situation ?
00:33Quel rôle devrait avoir l'ONU et la France ?
00:36Les États-Unis se préparent-ils à attaquer militairement la Havane ?
00:38C'est à toutes ces questions auxquelles nous allons tenter de répondre avec nos invités Charlotte Balavoine.
00:43Bonjour Charlotte.
00:44Bonjour.
00:44Merci d'avoir répondu à notre invitation.
00:47Tu es responsable de la campagne de solidarité avec Cuba pour le parti commise français
00:50et tu reviens tout juste de la Havane samedi dernier, donc tu auras plein de choses à nous dire.
00:54Manuel Pascual, bonjour.
00:56Bonjour.
00:57Merci aussi d'être ici.
00:58Vous êtes, tu es le président de Cuba Coopération, une des grandes associations de solidarité avec Cuba.
01:03Et à ma droite, d'autres personnes nous ont rejoints.
01:06Axel Nodino, journaliste à la rubrique Monde.
01:08Bonjour Axel et bienvenue.
01:10Et toi aussi, tu es revenu de Cuba hier cette fois, donc toi tu as des nouvelles encore plus fraîches
01:14que Charlotte.
01:15Et évidemment, Lumi, tu t'étais fait grand remplacer puisqu'on vient de parler de ça par Benjamin.
01:19Mais te voilà de retour.
01:22Donc déjà, merci à toutes et à tous d'être ici et bienvenue.
01:26Axel, je vous disais, tu reviens de Cuba.
01:29Alors, on parle beaucoup de la pénurie de pétrole et de la crise énergétique en ce moment à Cuba.
01:34De quoi on parle vraiment ?
01:36Alors, ouais, j'étais à Cuba la semaine dernière, donc je suis revenu hier comme tu l'as dit.
01:41La situation est très difficile pour les Cubains et les Cubains sur beaucoup de plans différents,
01:46que ce soit énergétique, la santé, l'éducation, l'alimentation.
01:50Parce que cette crise, elle ne vient pas de nulle part.
01:52Pour remettre un peu de contexte, il s'agit d'un blocus qui est imposé par les Etats-Unis depuis
01:571962.
01:59Donc trois ans après la révolution cubaine menée notamment par Fidel Castro et le Che Guevara.
02:05Et depuis le mois de janvier, là, 2026, après la capture de Nicolas Maduro,
02:10Donald Trump a renforcé ce blocus, notamment en faisant un embargo sur le pétrole, mais pas que.
02:17Donc concrètement, sur place, alors j'étais qu'à la Havane, donc c'est un peu différent de la campagne
02:22cubaine,
02:22mais quand même, il y a des coupures d'électricité la nuit, en journée aussi, parce qu'il y a
02:28des coupures intempestives.
02:30Il y a des provinces cubaines qui vivent plusieurs jours d'affilée sans courant.
02:35Il y a quasi plus de voitures dans les rues, donc c'est une ambiance un peu étrange dans les
02:40rues de la capitale.
02:41Il y a quelques scooters, quelques vélos.
02:43On voit des calèches aussi, j'ai vu des images avec des calèches.
02:45Oui, des calèches.
02:47Donc voilà, il y a beaucoup de gens qui doivent marcher plusieurs kilomètres pour rallier un autre quartier.
02:52Sans électricité, ça veut dire qu'il n'y a plus non plus de chaînes de vue du froid pour
02:56les aliments,
02:57donc beaucoup moins de nourriture.
02:58Il y a des gens qui manquent de denrées alimentaires.
03:02Dans les hôpitaux, c'est la catastrophe aussi.
03:05Moins de matériel médical, moins de médicaments, des opérations qui ne peuvent plus se faire.
03:09On a des histoires de fausses couches, de femmes enceintes, d'enfants qui ne peuvent plus être soignés,
03:15par exemple sous respirateur et tout.
03:18Et ensuite, sur le plan financier, il y a des pressions des États-Unis sur les banques, sur les investissements
03:23extérieurs,
03:24qui serrent encore plus la gorge des Cubains.
03:27Et puis, ça a aussi un impact sur le tourisme, cette situation,
03:30parce qu'il y a de moins en moins de gens qui veulent aller à Cuba.
03:32C'était Emilio Garcia, qui est l'un des cadres du PCC, qui nous disait que Cuba est passé de
03:394,7 millions de touristes en 2018 à moins de 2 millions en 2025.
03:43Et là, ça va baisser encore plus.
03:46En sachant qu'il y a aussi le Covid qui est passé par là, qui n'a pas arrangé les
03:49choses.
03:49Absolument.
03:50Et par exemple, Air France va couper ses vols là à la fin du mois.
03:53Donc, on voit que c'est tout un ensemble de mesures.
03:57C'est une asphyxie qui est organisée, qui est organisée sciemment par les États-Unis.
04:02Et c'est pour ça que certains cadres cubains parlent de génocide.
04:08Charlotte, toi, tu connais bien Cuba.
04:11Tu y étais aussi cette semaine.
04:13Comment tu as senti l'ambiance là-bas comparée à avant ?
04:18C'était déjà difficile, mais là, c'est accru.
04:20Oui, tout à fait.
04:21Je partage ce que tu viens de dire.
04:24Pour moi, ce qu'on a pu voir à Cuba la semaine passée, c'est à la fois...
04:29Les gens en ont marre.
04:30Et en ont marre parce que se lever le matin en ne sachant pas comment on va finir la journée,
04:34comment va être celle de demain et si elle va être encore plus difficile.
04:37C'est une charge mentale qu'on ne peut pas s'imaginer lorsque l'on est en France, je crois.
04:42Mais en plus de ça, il y a quand même une autre chose.
04:45C'est que depuis maintenant le 3 janvier, tous les jours, que ce soit Marco Rubio ou Donald Trump,
04:51ils parlent de Cuba.
04:52Alors, on n'aura jamais eu un président américain qui aura autant parlé de Cuba.
04:55Mais il parle de Cuba, y compris dans des termes disant très clairement
04:59qu'il s'apprête à une opération militaire à Cuba.
05:01Et je pense que les Cubains sont vraiment en train de se préparer à ça.
05:04C'est-à-dire avoir soit une invasion, soit des bombardements à tout moment sur l'île.
05:08D'autant qu'aujourd'hui, ils sont en négociation avec les Etats-Unis.
05:11Mais ils sont quand même assez lucides sur le fait qu'entamer des négociations avec les Etats-Unis
05:15ne présage en rien de l'action militaire du gouvernement américain.
05:19Ils étaient déjà en négociation avec le Venezuela ou avec les rangs
05:22avant les bombardements et les attaques militaires.
05:23Donc, il y a quand même cette ambiance-là qui pèse.
05:26Et puis, je dois dire aussi, sur les gens qu'on a rencontrés,
05:30c'est quand même assez unanime dans la population.
05:32Ils ne veulent pas devenir une colonie des Etats-Unis.
05:35Ils ne veulent pas redevenir ce qu'était Cuba avant 1959,
05:38c'est-à-dire le bordel des Amériques,
05:40un endroit qui se livrait au trafic d'argent, à la mafia et au trafic d'êtres humains.
05:46Et c'est ça qu'ils veulent éviter.
05:47Donc, je crois qu'à la fois, les gens en ont marre.
05:50Et pour certains, ils sont assez désespérés de la situation.
05:52Mais en même temps, il y a un sentiment national à Cuba
05:55qui est quand même encore très fort.
05:57Et ils n'ont pas envie d'être le paillasson des Etats-Unis.
05:59Et je crois que ça s'est vu dernièrement,
06:01lorsque le 3 janvier, spontanément,
06:03des centaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue
06:05pour dénoncer l'attaque impérialiste contre le Venezuela.
06:08Ou encore, quelques semaines plus tard,
06:10lorsque il y a eu les 32 corps des Cubains
06:13qui ont été tués pendant l'attaque du Venezuela.
06:15Et où là, encore une fois, la population est redescendue dans la rue
06:18de façon très spontanée pour dire
06:19« Nous ne voulons pas être un nouvel Etat des Etats-Unis.
06:23Nous ne voulons pas être colonisés.
06:25Nous ne voulons pas cet impérialisme Etats-Unis en Amérique latine. »
06:30Manuel, est-ce que vous avez...
06:31J'imagine que vous êtes en contact, vous aussi,
06:32avec beaucoup de Cubains et de Cubaines sur place.
06:34Est-ce que vous constatez le même état d'esprit ?
06:36Est-ce que vous aussi, vous avez des retours sur la vie
06:39rendue très difficile ?
06:41Axel parlait des hôpitaux, par exemple.
06:43J'ai aussi vu des images où il n'y avait plus,
06:46dans certaines régions, de ramassage des ordures.
06:49Il y avait des épidémies de Dengue et de Chikuniguinia.
06:51Bref, par exemple, les écoles aussi.
06:53Est-ce que vous aussi, vous avez le même genre de retour
06:56avec les gens avec qui vous travaillez sur place ?
06:59Moi, j'y vais à peu près une fois par an.
07:01Rapprochez votre micro.
07:02Oui, rapprochez un peu.
07:03J'y vais à peu près une fois par an.
07:05Je suis allé l'année dernière pour le congrès mondial du sport.
07:10Et ensuite, je suis allé à la foire universelle de Seine-Frégo,
07:14où la France était un pays invité d'honneur.
07:17Et je ne les ai pas vus, les pays français.
07:20Donc ça pose question.
07:21Le seul pays français qui était là, c'était Cuba Coopération.
07:24Plus l'ambassade qui est venu.
07:26Pourquoi ? Parce qu'avec cet embargo,
07:27et les fameuses lois qu'ils ont autorisées de chez les burqs d'un homme,
07:30l'amende mantra, plate, et ainsi de suite,
07:32une entreprise française qui travaille là-bas,
07:34elle est sanctionnée si elle est aux Etats-Unis.
07:36La BNP, elle a pris, je crois que c'est 10 milliards d'amende,
07:40il y a quelques années en arrière.
07:41Bouygues étaient présents, ils ont fini leur contrat.
07:43Les chantiers sont à moitié fait.
07:46Donc c'était surtout la reconstruction d'hôtel et la réhabilitation d'hôtel.
07:50Et je suis retourné là en janvier.
07:52Et c'est vrai qu'il y a là, c'est le jour et la nuit.
07:55Alors à mon époque, il y avait, à mon époque pardon,
07:57à l'époque de l'année dernière, il y avait déjà des ordures dans la rue.
08:02Mais là, c'est assez aggravé.
08:03Ça s'est aggravé, mais il faut aussi se rappeler d'une chose.
08:06Alstom.
08:07Alstom, c'est une entreprise française
08:10qui a été vendue en 2014 aux Etats-Unis
08:12par le ministre de l'époque de l'économie
08:14qui s'appelait Emmanuel Macron.
08:17Voilà, donc ceci veut dire ça.
08:18Donc plus de pièces détachées, plus de maintenance.
08:21Autopatiquement, ça tombe en panne.
08:22Et il est vrai qu'en plus, les Cubains n'ont pas eu de chance.
08:25Parce qu'il y a deux ou trois ans en arrière,
08:27il y a eu l'instourdie de la raffinerie,
08:29qui a eu des gros problèmes.
08:30Et ensuite, l'année dernière,
08:32il y a eu le fameux bragan Médessa
08:34qui a été l'un des plus violents
08:36depuis plus de 50 ans.
08:38Il a détruit trois...
08:39Il est passé dans trois provinces.
08:41Aucune victime.
08:43Ils ont déplacé les gens.
08:45Plus de 700 000 personnes ont été déplacées.
08:47Il y a eu 45 000 maisons de détruite tout de suite.
08:50Et en plus, par la suite, il y en a eu 20 000 à peu près
08:52qui sont tombées suite à cela.
08:54Le moral, il est là sans être là.
08:56C'est vrai qu'il y en a qui en ont vraiment ras-le-bol.
08:59Ras-le-bol de ras-le-bol.
09:00Et d'autres, ils se disent, moi, j'ai mon indépendance.
09:03Eux, les Etats-Unis, se sont battus pour avoir leur indépendance.
09:06Et merci à la France.
09:08Mais nous aussi, on veut garder notre indépendance.
09:10On veut garder notre système que l'on a.
09:11Il est bien, il n'est pas bien, mais c'est le nôtre.
09:13C'est nous qui l'avons choisi.
09:14On ne va pas critiquer ce qui se passe aux Etats-Unis
09:15de la façon dont ils vivent.
09:17Moi, je fais comme j'ai envie.
09:18Je ne veux pas venir chez vous dire, c'est pas bien, comment vous faites.
09:20Donc, laissez-nous tranquille.
09:21On se battra.
09:23Il y a eu les 32 morts cubains
09:25quand il y a eu la kidnapping de Maduro.
09:28Et il faut savoir que, et ça, il le dis pas.
09:31Il y a eu 20 morts parmi les fameux Delta.
09:34Mais ça, on n'en parle pas.
09:36Il y a eu, je ne sais plus combien de ces soldats
09:40qui étaient en soins intensifs, plus des blessés.
09:43Mais ça, on n'en parle pas.
09:44Et la différence, excusez-moi,
09:46la différence, c'est qu'eux venaient en hélicoptère
09:48parce que quand l'arrivait le premier hélicoptère,
09:49il a carrément shooté le dortoir
09:51où il y avait une vingtaine de personnes,
09:52dont le personnel, voilà.
09:54Et ils se sont battus avec des armes de poing
09:56contre des armes de guerre.
09:57Lomi, une réaction ?
10:00On vient de plus en parler à l'instant.
10:03Non, effectivement, Cuba a subi un blocus depuis 1962,
10:06donc il a été renforcé sous le premier mandat de Trump.
10:08Et donc, il y a eu des nouvelles mesures en janvier dernier,
10:12depuis justement la capture de Nicolas Maduro,
10:14président du Venezuela.
10:15Et donc, du coup, cette étape de plus,
10:18qu'est-ce que ça représente en fait ?
10:20Et parce que vous disiez aussi,
10:21les personnes s'organisent sur place,
10:23essayent de résister.
10:24Et comment ça se passe justement pour affronter ça ?
10:28Il y a le fameux slogan qui dit,
10:30la patrie ou la mort.
10:32Ils sont prêts à mourir.
10:34Ils sont prêts à mourir pour défendre.
10:36C'est ça que les gens n'arrivent pas à comprendre.
10:37Et je pense que...
10:39J'espère pas qu'il y aura l'intervention militaire.
10:42Mais s'il y a l'intervention militaire,
10:44ça va être un mini-Vietnam.
10:47Pourquoi ils ont kidnappé Maduro ?
10:48Parce qu'ils savaient très bien que c'était une intervention militaire.
10:51Le Venezuela est beaucoup plus grand que le Vietnam.
10:54Et c'est la différence.
10:55Ensuite, le problème qu'il y a à Cuba,
10:56c'est que c'est une île.
10:58Et donc, elle dépend des autres.
10:59Ça serait un pays dans un continent,
11:01traverse la frontière, on va chez le voisin,
11:03on peut se servir.
11:04Mais là, ils ne savent pas.
11:05Et là, ils sont prêts à tout ça.
11:06Ils sont prêts à tout ça.
11:06Avec ce blocus.
11:08Mais il faut savoir aussi que nous,
11:10Français, l'association française,
11:11on subit le blocus.
11:13Par les banques.
11:14Parce qu'on a des difficultés pour les affaires...
11:19Nous, on achète du matériel au Mexique
11:20pour l'envoyer à Cuba.
11:22Je ne pouvais pas vous désimaginer
11:23les banques françaises la présent qu'elles ont.
11:25Mais du coup, est-ce qu'il n'y a pas aussi
11:27un phénomène d'exode en ce moment
11:29du fait de la situation ?
11:31Bien sûr.
11:32L'exode, il a commencé en réalité avant.
11:34Il faut savoir que...
11:35Et tu viens de le dire.
11:37Là, ce qui se passe depuis le mois de janvier,
11:39c'est qu'il y a un blocus pétrolier
11:40qui a été mis en place
11:41en plus des différentes mesures du blocus
11:43et notamment en plus des 243 mesures
11:45qui avaient déjà été imposées par Donald Trump
11:47à la fin de son premier mandat.
11:48Et qui n'ont pas été retirées
11:49par l'administration Biden.
11:51Et ces mesures, elles coïncident
11:53notamment au fait de limiter drastiquement
11:56l'envoi d'argent à Cuba.
11:57Et donc, du coup, pour la diaspora...
12:00Alors ça, ça a généré une crise économique à Cuba.
12:02Ça a cumulé à la pandémie
12:04puis à la crise énergétique
12:05et donc le fait que le tourisme
12:06n'ait pas retrouvé son niveau d'avant 2020.
12:09Et donc, il y a une crise économique
12:11déjà préexistante à Cuba
12:12qui s'est traduite très simplement
12:14comme dans une large partie des pays
12:17où il y a ce type de crise.
12:18C'était le cas en Espagne en 2008, par exemple.
12:20Une population qui, du coup,
12:22va essayer d'aller chercher du travail à l'extérieur
12:25pour ensuite revenir un moment ou un autre dans l'île.
12:27Mais en tout cas, pour essayer de s'en sortir
12:30d'un point de vue économique.
12:32Sauf que là, aujourd'hui,
12:33il y avait déjà cette situation
12:34avec effectivement une émigration importante
12:36due encore une fois aux mesures coercitives
12:38de la part des États-Unis.
12:39Et là, avec l'imposition du blocus pétrolier,
12:42concrètement, c'est ce qu'Axel disait tout à l'heure,
12:46ça impacte l'ensemble des conditions de vie des Cubains
12:49et en plus d'impacter l'ensemble des conditions de vie,
12:51les écoles, les hôpitaux, les transports, etc.,
12:55ça génère une inflation qui est démentielle.
12:57Moi, la dernière fois que j'étais allée en 2024,
12:59avant la semaine passée,
13:01que j'étais allée à Cuba,
13:02avant la semaine passée, c'était en 2024,
13:05la conversion du PESO par rapport à l'euro
13:07était autour de 250.
13:08Là, quand on y a été, on était autour de 550.
13:11Donc, pour 1 euro, 550 PESO.
13:14Donc, c'est démentiel pour les gens qui travaillent sur place.
13:16Et puis, on a, dans les personnes qu'on a rencontrées,
13:19on a rencontré aussi des représentants
13:21des Nations Unies sur place,
13:22notamment de l'UNESCO,
13:23qui nous disaient qu'aujourd'hui,
13:24c'est environ 400 000 enfants
13:26qui sont en rupture scolaire
13:28ou en risque de rupture scolaire
13:29dû à la fermeture des écoles et des pensionnats à Cuba.
13:32Donc, ça, de façon très concrète
13:33pour un système comme le système cubain,
13:35qui est un modèle d'éducation au niveau international
13:37depuis des décennies maintenant,
13:39eh bien, ça pose énormément de questions.
13:42Et en tout cas, les Nations Unies,
13:43c'est pour ça qu'elles alertent depuis le 4 février
13:45de façon très régulière
13:46sur l'effondrement humanitaire dans l'île.
13:50On a commencé à parler des États-Unis et de Donald Trump.
13:52Je vous remercie, on regarde un petit extrait.
13:54Je pense qu'il va vous faire réagir.
13:56On l'écoute et on en discute juste après.
13:57Je pense que Cuba, en un certain nombre,
13:59si, vous savez, tourisme et tout le monde,
14:01c'est une belle île, c'est un beau pays,
14:03mais je pense que Cuba a vu la fin.
14:05Vous savez, tout mon vieux,
14:06je suis entendu parler des États-Unis et Cuba.
14:08Quand les États-Unis vont faire ça ?
14:11Je crois que je vais avoir l'honneur,
14:13de avoir l'honneur de prendre Cuba.
14:18C'est un grand honneur.
14:30Voilà, donc c'était le 17 mars,
14:32donc il y a très peu de temps.
14:33Axel ?
14:34Oui.
14:36Donald Trump, c'est le dernier représentant
14:38de cette obsession américaine
14:41pour l'île de Cuba.
14:43Il fait tout pour asphyxier l'île,
14:44on l'a dit.
14:45Il est bien conseillé par Marco Rubio,
14:47son secrétaire d'État
14:49qui est issu de la communauté cubaine floridienne,
14:53donc très anticastriste, anticommuniste.
14:57Manuel ou Charlotte, comme vous voulez.
14:58C'est quoi le but réel des États-Unis ?
15:01C'est de renverser le gouvernement,
15:03de prendre contrôle de l'île ?
15:05Il faut savoir que Marco Rubio,
15:07ses parents ont fui Cuba du temps de Battista.
15:10Donc d'avant la révolution de Saint-Claude.
15:11Avant la révolution.
15:13Ça, c'est une chose importante
15:13qui est très peu de gens.
15:15Il est né à Miami,
15:16il n'a jamais mis les pieds à Cuba
15:19et il ne parle pas le cubain.
15:21C'est un autre langage le cubain
15:22et c'est des autres formes de dialogue.
15:26Il ne connaît rien du tout à la vie cubaine
15:27et il veut être président des États-Unis.
15:29Ça, c'est la première chose.
15:30De Cuba ?
15:31De Cuba, excusez-moi.
15:32Ou l'autre, ou l'autre.
15:34C'est Trump qui avait suggéré
15:37qu'il pouvait être président de Cuba ?
15:40Il ne faut pas oublier non plus la doctrine Monroe
15:42qui veut s'accaparer tout le continent.
15:44D'ailleurs, il faut peut-être qu'on fasse attention
15:45parce qu'on parlait de la France,
15:46mais peut-être qu'ils vont viser un jour
15:48la Martinique, la Guadeloupe
15:49et puis la Guyane.
15:51On ne sait pas dans les orientations.
15:53Peut-être un petit point sur la doctrine Monroe
15:55pour les gens qui ne sèchent pas trop.
15:58Je sais que c'est compliqué de résumer tout ça.
16:00James Monroe, qui était le cinquième président des États-Unis
16:02en 1820, c'était un sudiste, un esclavagiste.
16:05Il avait plus de 250 esclaves.
16:07Il a fait cette doctrine.
16:09Il a dit, je ne tolérera jamais
16:11qu'une puissance européenne,
16:13qui s'adresse à la France, à l'Espagne, à l'Angleterre,
16:16vienne régler un conflit de décolonisation
16:18en Amérique, Nord et Sud.
16:20Ce qui veut dire que l'Amérique,
16:22le Sud des États-Unis,
16:23c'est la Patagonie
16:24et le Nord, c'est le Groenland
16:25en passant par le Canada.
16:27Et juste après, qu'est-ce qui se passe ?
16:28En 1837, l'annexion du Texas,
16:31parce qu'il y avait des choses en dessous,
16:32qu'on appelle le pétrole,
16:33et ensuite, l'art de la guerre de 1846 à 1848,
16:37la guerre avec le Mexique,
16:39qui récupère la Californie,
16:40le Nouveau-Mexique et l'Arizona.
16:42C'était cette expansion qu'ils veulent.
16:44Par contre, et ça, je pense qu'ils l'ont oublié
16:46dans la doctrine,
16:48il dit, jamais nous interviendrons
16:51dans un conflit en Europe.
16:53Je pense qu'ils l'ont oublié.
16:55C'est des choses qui arrivent,
16:56des fois, il y a des petits trous de mémoire.
16:57Pour résumer peut-être sur la doctrine Monroe,
17:00c'est la doctrine qui considère l'Amérique latine
17:02comme l'arrière-cour des États-Unis,
17:03ce que vient de dire Manuel.
17:04Et moi, pour répondre à la question
17:05que tu posais, Axel,
17:06pour moi, les objectifs des États-Unis
17:08sont doubles à Cuba.
17:09Le premier objectif,
17:10c'est d'en finir avec la révolution cubaine
17:14et d'en finir avec le socialisme à Cuba,
17:16parce que Cuba est devenue,
17:17au fil des années,
17:18un symbole pour les pays du Tiers-Monde
17:20et pour les pays du Sud
17:20de lutte anti-impérialiste.
17:22Et pour ça,
17:22c'est absolument insupportable
17:24pour les États-Unis d'avoir ce symbole.
17:25Il faut contrôler les Amériques
17:27et aussi parce que c'est un pays socialiste.
17:28Absolument, absolument, ça.
17:30Et donc, c'est très important
17:32d'en finir avec la révolution cubaine
17:33et ce symbole d'indépendance
17:35par rapport à l'impérialisme états-unien.
17:37Mais la deuxième chose
17:38et le deuxième critère,
17:39ce n'est pas rétablir
17:40n'importe quel capitalisme à Cuba.
17:41Il s'agit de rétablir le capitalisme,
17:43mais pas n'importe quel capitalisme.
17:44Il s'agit effectivement
17:45d'une nouvelle phase de colonisation
17:47et qui s'apparente
17:50à ce qu'on a pu connaître
17:50au XIXe et au début du XXe siècle.
17:52Ce que Donald Trump est en train de faire,
17:54que ce soit à Cuba
17:55ou dans d'autres pays
17:56à l'échelle internationale,
17:57c'est qu'on rabat les cartes,
17:59on fait même plus semblant.
18:01Il n'est pas question de démocratie ici.
18:02Il n'a jamais été question de démocratie,
18:04de droit de l'homme,
18:05toutes les choses qu'on nous vend
18:06pour intervenir militairement dans un pays.
18:09Là, il ne s'agit pas du tout de ça.
18:10Il s'agit de dire
18:10nous sommes les plus forts,
18:12nous allons imposer la loi de la jungle
18:13et finalement, le consensus
18:14issu de 1945
18:16qui crée le droit international,
18:18il est caduque
18:18en fonction de nos propres intérêts.
18:20Et c'est pour ça que Cuba,
18:21la lutte pour la défense de Cuba,
18:24elle revêt un aspect plus large
18:25qu'uniquement les communistes
18:26ou uniquement la défense
18:27d'un système socialiste.
18:28Elle revêt aussi
18:30la lutte des peuples
18:32contre l'impérialisme étatsunien
18:33et contre la domination
18:34de puissance contre nous.
18:36Et quand vous parlez de colonisation...
18:37Juste parce qu'il y a une bonne question
18:39dans le chat,
18:40est-ce que quelqu'un qui demande
18:41est-ce que les pays
18:42encore un peu progressistes
18:43sur ce continent
18:43peuvent et font quelque chose
18:45pour Cuba ?
18:45Je pense au Brésil,
18:47à la Colombie, au Mexique.
18:48Est-ce qu'il y a une sorte
18:48de solidarité régionale,
18:49de réaction régionale à minima ?
18:51Oui, mais pas aussi forte
18:53qu'on le souhaiterait.
18:54Oui, le Mexique est le pays
18:55qui aujourd'hui agit le plus
18:56au niveau de...
18:57Il y a une présidente de gauche
18:58qui a été élue, c'est ça ?
18:59Il y a une présidente de gauche
19:00qui a été élue,
19:00il y a surtout une présidente
19:02qui a décidé
19:02qu'elle ne serait pas
19:03le paillasson des États-Unis,
19:04contrairement à la plupart
19:05des pays européens aujourd'hui.
19:06Et donc, le Mexique aujourd'hui
19:08envoie beaucoup d'aides humanitaires
19:11à Cuba.
19:11Le Brésil vient d'annoncer
19:12envoyer de l'aide humanitaire aussi.
19:14Et la Colombie,
19:15il y a beaucoup de soutien
19:16de la part des mouvements sociaux
19:18et syndicaux dans le pays.
19:20Le problème, c'est que la Colombie
19:21est aujourd'hui en période
19:22préélectorale,
19:23ce qui fait que ça complique
19:24évidemment le fait
19:25de se positionner
19:26par rapport à Cuba,
19:27d'autant que le gouvernement
19:28actuel en Colombie
19:29subit lui aussi des pressions.
19:30C'est le cas au Brésil.
19:32On espère que cette dynamique
19:34va augmenter
19:35dans les prochaines semaines
19:36et les prochains mois.
19:37En tout état de cause,
19:38il y a de l'aide
19:39et il y a du soutien
19:40des peuples latino-américains
19:41à Cuba,
19:41mais elle n'est pas suffisante
19:42aujourd'hui.
19:43Ce qu'il faut savoir aussi,
19:45c'est que là,
19:45il y a eu des élections
19:47dans différents pays
19:48d'Amérique du Sud,
19:49le Honduras.
19:50Ils ont mis
19:51un gros paquet d'argent
19:52sur la table,
19:53comme en Argentine,
19:55et ils ont acheté
19:55les élections.
19:56Ça, c'est important.
19:57Une chose qu'on oublie aussi,
19:59par rapport au blocus économique,
20:02les expropriations,
20:03le gouvernement cubain
20:04de l'époque a dit
20:04nous, on va payer,
20:06on va rembourser
20:07sur un plan
20:08tout ce qui a été
20:10nationalisé,
20:11notamment les entreprises.
20:13Ils ont pris
20:15les déclarations d'impôts,
20:17et puis là,
20:18les Américains,
20:19le fisc,
20:19ah non,
20:19ce n'est pas la bonne chiffre,
20:20mais attendez,
20:21nous,
20:21on a pris sur les impôts.
20:22Mais ce n'est pas bon,
20:23donc vous avez triché.
20:25Ils ne déclaraient pas.
20:26Pourquoi ?
20:26Parce que ce qu'ils veulent
20:26refaire aujourd'hui,
20:27c'est la même chose
20:27qu'il y avait il y a 60 ans,
20:30Cuba,
20:31les casinos,
20:32tout ça,
20:32parce qu'il y a Miami en face.
20:34On a beaucoup parlé
20:35des Etats-Unis,
20:36mais qu'en est-il
20:37de la réponse
20:38du gouvernement cubain,
20:40des autorités cubaines ?
20:41Quelle est sa réponse ?
20:42Quelle est sa réaction
20:43face à cet impérialisme
20:44sans borne
20:45des Etats-Unis ?
20:46Est-ce que,
20:46Axel,
20:46tu peux nous faire
20:47un petit point ?
20:48Oui,
20:48alors la position
20:49du gouvernement cubain,
20:50elle est très compliquée,
20:51parce que d'un côté,
20:52ils sont bien obligés
20:53de négocier avec Washington
20:55pour éviter le pire.
20:56Ils tentent notamment
20:58de donner des gages économiques
20:59à Washington.
21:00Il y a trois ans,
21:01je crois,
21:01ils ont ouvert les PME,
21:04les MIPIME
21:05aux entrepreneurs privés.
21:08Là,
21:08il y a quelques semaines,
21:10ils ont ouvert plusieurs secteurs
21:11au marché extérieur.
21:13Mais de l'autre côté,
21:15le gouvernement se prépare
21:17à la lutte armée,
21:18en fait.
21:19Déjà parce que
21:20Marco Rubio et Donald Trump
21:21disent que ces gages économiques
21:22ne sont pas suffisants.
21:23Et puis,
21:24il suffit de regarder
21:25ce qui s'est passé au Venezuela,
21:26en Iran,
21:27où les Etats-Unis
21:28négociaient avec ces deux pays
21:29et ça ne les a pas empêchés
21:30d'intervenir militairement,
21:32de bombarder.
21:35Miguel Diaz-Canel le dit,
21:36les cadres du PCC le savent,
21:38Donald Trump n'est pas fiable
21:40et donc il se prépare à la guerre.
21:42On a même rencontré
21:44la CTC,
21:45la centrale des travailleurs cubains,
21:47qui nous disaient
21:48que dans les entreprises,
21:49il y a des sessions
21:49d'exercice au tir
21:52pour les ouvriers,
21:53pour les employés.
21:54Donc c'est à ce point.
21:55On va regarder justement
21:56un petit extrait
21:57d'un des discours
21:58de Miguel Diaz-Canel,
21:59donc le président socialiste cubain,
22:01qui concrétise un peu
22:02ce que tu nous dis.
22:04Nous reconnaissons
22:05qu'il pourrait y avoir
22:06une agression contre Cuba
22:08et nous avons lancé
22:10un plan visant à renforcer
22:11notre capacité
22:12à défendre notre peuple.
22:14Il s'agit d'une mesure
22:16défensive et non agressive.
22:17Elle consiste à défendre
22:19le pays avec la participation
22:20et la mobilisation
22:21de l'ensemble
22:22de la population.
22:23Donc là, on parle
22:24de lutte armée.
22:26Axel nous a dit
22:26qu'il y avait même
22:27des sessions d'entraînement
22:29pour la guerre,
22:30pour des sessions militaires.
22:32C'est quoi l'état d'esprit
22:33en ce moment à Cuba ?
22:34Est-ce que vraiment
22:34tous les Cubains
22:35et les Cubaines
22:35sont prêts et prêts
22:36à prendre les armes
22:38pour défendre leur pays ?
22:40Déjà,
22:42la menace est vraiment réelle.
22:43Elle ne vient pas
22:44que des autorités cubaines.
22:45Les informations
22:46qu'on a reçues,
22:47y compris de la part
22:48de l'ambassadeur de France
22:49à Cuba
22:49ou de la représentante
22:50de l'UNESCO,
22:51nous disaient
22:51qu'ils craignaient
22:52qu'il y ait
22:53une intervention militaire,
22:54soit des bombardements,
22:55soit une invasion armée.
22:57Donc,
22:58ça, c'est un fait réel.
22:59Le fait est que
23:00les États-Unis,
23:01je ne pense pas
23:02qu'ils envahissent
23:03militairement Cuba
23:04avec des troupes au sol
23:05parce que ça serait
23:06effectivement,
23:06comme le disait Manuel,
23:08un nouveau Vietnam pour eux.
23:09En revanche,
23:10ils ont les capacités
23:10de bombarder et de raser l'île.
23:12Ça, c'est aussi un fait.
23:14Donc, les Cubains
23:15se préparent.
23:15Tous les vendredis,
23:16c'est dédié aux exercices
23:18de tir et à lutte armée.
23:19Et à Cuba,
23:19il y a une stratégie
23:21qui est un peu la même
23:22que celle du Venezuela
23:23qui est issue
23:23de la Révolution française
23:24en réalité,
23:25qui est celle
23:25du peuple en armes.
23:26C'est-à-dire,
23:27le peuple doit pouvoir
23:28se défendre,
23:29tout le peuple
23:29doit pouvoir se défendre.
23:31Donc,
23:31toutes les personnes
23:31en âge de combattre
23:33sont amenées
23:34à manipuler des armes
23:35et à se mobiliser.
23:36Moi, ce que je crois,
23:37c'est qu'effectivement,
23:38au vu de ce qui s'est passé
23:39ces dernières semaines,
23:40même s'il peut y avoir
23:42un ras-le-bol,
23:43y compris des critiques
23:44de la part
23:44de la population cubaine,
23:45s'il s'agit de défendre
23:46leur pays,
23:46ils le feront
23:47parce que pour eux,
23:48c'est une question
23:49de survie aussi.
23:50Je pense qu'ils ont conscience
23:51que si demain,
23:53les États-Unis
23:53mettent la main sur Cuba,
23:54ça n'ira pas pour le mieux.
23:56En réalité,
23:56ça pourrait même être pire
23:57encore que la situation actuelle.
23:59Ça veut dire que
23:59la propagande,
24:00on va dire,
24:00des États-Unis aussi
24:01pour fragiliser le gouvernement
24:03et faire qu'une grande partie
24:05de la population
24:06s'en éloigne
24:07ne fonctionne pas ?
24:08Elle fonctionne partiellement.
24:10Il y a une véritable
24:10guerre psychologique,
24:11tu as raison d'en parler,
24:12qui est matraquée
24:15contre les Cubains
24:16et de façon générale.
24:17On avait l'impression,
24:18nous, avant de partir,
24:18qu'il y avait une situation
24:19quasi insurrectionnelle à Cuba.
24:20Ce n'est pas le cas.
24:21La réalité,
24:22c'est que moi,
24:23j'ai été quand même
24:23très surprise du calme
24:24qui règne dans la Havane.
24:26Alors certes,
24:27il y a quelques actes
24:28de vandalisme
24:28qui ont eu lieu
24:29dans certains endroits
24:30dans l'île.
24:31Ils ont été immédiatement
24:34contrés, on va dire,
24:35par des mobilisations massives.
24:36Et donc, oui,
24:37les gens en ont ras-le-bol.
24:38La propagande états-unienne
24:40fonctionne en partie
24:41via les réseaux sociaux
24:42et intense
24:43et contribue à ce ras-le-bol.
24:45Ceci étant...
24:46Quand tu parles
24:47de propagande états-unienne,
24:48tu veux dire
24:50qui dénonce
24:51le régime en place ?
24:52Qui dénonce
24:52le régime en place,
24:53mais pas que.
24:53C'est surtout
24:54ce qui est véhiculé
24:55depuis Miami
24:55par les groupes
24:57d'extrême droite
24:58qui disent
24:58qu'il y a un déploiement
24:59massif de l'armée
25:00dans tout le pays,
25:01qu'il y a
25:02une situation insurrectionnelle,
25:04que le régime
25:05est prêt à tomber.
25:06Bon, je pense
25:07qu'il ne faut pas
25:08se faire d'illusions là-dessus.
25:09On est face à un État
25:10qui est quand même
25:11assez solide,
25:12des structures publiques
25:14qui sont assez solides
25:15à Cuba
25:15et qui, en tout cas,
25:16c'est bien parce qu'il y a
25:17ce système-là
25:18que l'île n'a pas sombré
25:19dans le chaos.
25:20Enfin, il faut s'imaginer
25:21ce que ça serait chez nous
25:22si demain,
25:22il y avait une coupure
25:23généralisée d'électricité
25:25pendant plus de 24 heures.
25:26Bon, je pense
25:27qu'il y aurait des émeutes
25:28dans la rue, etc.
25:29Ça n'est pas le cas à Cuba
25:30et je pense que là,
25:31les autorités mettent
25:32effectivement tout en œuvre
25:33pour permettre
25:34qu'avec le peu d'énergie
25:36qui leur reste,
25:37elles puissent être réparties
25:38de façon assez équitable
25:39pour que la population
25:40continue à survivre.
25:41Et c'est aussi
25:41parce qu'il y a
25:45que les gens aujourd'hui
25:46arrivent à résister.
25:47La question,
25:48c'est pour combien de temps encore ?
25:49Ce qui s'est passé aussi,
25:50il y a eu des médias,
25:51notamment un média français
25:52qui disait qu'il y avait
25:53des kilomètres de queue
25:55aux pompes à essence.
25:56Ils ont mis en place
25:56un système.
25:57Il y a des pompes préservées
25:59pour les taxis,
26:00des pompes préservées
26:01pour tout ce qui est
26:01la sécurité,
26:02les pompiers,
26:02le SAMU,
26:03enfin le SAMU,
26:04et des pompes
26:05pour les particuliers.
26:06Donc, vous avez un numéro,
26:08on vous envoie ça
26:08par Internet
26:09ou par WhatsApp.
26:11Vous avez votre numéro,
26:12vous avez tel jour
26:12à telle heure
26:13à telle pompe
26:13et vous avez le droit à 20 litres.
26:15Mais après,
26:16on dit ce qu'on veut
26:17parce que c'est à 8000 kilomètres,
26:18on raconte.
26:19Et des fois,
26:19c'est des images
26:20qui sont prises,
26:21mais ce n'est pas Cuba.
26:24Mais est-ce que vous nous dites
26:25que du coup,
26:25le mécontentement
26:26de la population
26:27est surtout dirigé
26:28contre l'impérialisme américain
26:30et moins ou pas
26:31ou peu
26:32contre le gouvernement cubain ?
26:34Certains disent
26:35que le gouvernement cubain
26:35ne fait pas assez.
26:37Toujours l'avouer,
26:38c'est la faute du gouvernement,
26:39mais à un moment,
26:40quand vous avez ce blocus
26:40qui est là,
26:41ils le savent,
26:41les Cubains,
26:42il y a un blocus.
26:42Ils savent très bien
26:43ce qui se passe aux Etats-Unis
26:44parce qu'ils ont de la famille
26:45partout dans le monde.
26:46En France,
26:46il y a beaucoup de Cubains
26:47qui sont venus ici
26:48pour différentes raisons,
26:49mais ils ne sont pas
26:50anti le régime.
26:51Comme il y a beaucoup
26:52de Français
26:53qui partent de travail
26:53à l'étranger,
26:54mais qui ne sont pas
26:54contre le régime français.
26:57Après,
26:57il y en a qui sont,
26:58bien entendu,
26:58il y aura toujours des comptes
26:59parce que c'est comme ça.
27:01Mais aussi,
27:01on va en acheter.
27:03Il y a quelques jours,
27:04quand ils ont fait
27:06une tentative d'invasion
27:09où ils ont attaqué
27:10un bateau garde-côte cubain
27:12qui a intercepté
27:13un canoë,
27:15une barque de mercenaires.
27:18Ils en ont tué.
27:19Il y a eu 4 morts,
27:20ils ont fait des blessés
27:21et il y a eu des prisonniers.
27:23Ils leur ont demandé
27:24comment ça se passait.
27:24Il y avait quelqu'un dans l'île
27:25qui les a introduits.
27:26Mais contre quoi ?
27:2720, 30 ou 40 000 euros ?
27:29Pour Maduro,
27:30ils ont mis 50 millions
27:30sur la table.
27:32La réalité,
27:33ça,
27:33ça dure depuis 10 années.
27:34Les actions terroristes
27:35à Cuba,
27:36de la part des Cubains
27:37de Miami,
27:38elles ont existé
27:39pendant les années 60,
27:39elles ont existé
27:40pendant les années 2000.
27:41L'idée,
27:41c'est de créer la peur
27:42et la panique
27:43au niveau de la population.
27:44Pour l'instant,
27:45ça ne prend pas énormément
27:47mais effectivement,
27:48il y a ça.
27:48Et puis après,
27:49il serait totalement illusoire
27:50de dire que
27:51sur les 10 millions
27:52de Cubains
27:52qui restent sur l'île,
27:53tous sont des fervents
27:55défenseurs de la révolution.
27:56Ce n'est pas vrai.
27:57Évidemment,
27:57ce n'est pas vrai.
27:58Évidemment que les gens
27:58en ont marre.
27:59Et puis en plus,
28:00Cuba,
28:01c'est une société
28:01qui fonctionne
28:03avec un débat public
28:04constant et perpétuel
28:06sur l'élaboration des lois
28:07comme sur le débat.
28:08Donc évidemment,
28:08quand on va à Cuba,
28:09on discute avec les gens
28:10et pour certains,
28:12dans la rue,
28:13ils vont nous dire
28:13très librement
28:14« Moi, j'en peux plus,
28:14j'en ai marre.
28:15En réalité,
28:16ça ne serait pas pire
28:16avec les États-Unis. »
28:17En revanche,
28:18aucun ne va vous dire
28:19« On soutiendra
28:20une intervention armée. »
28:21Et ça,
28:22je pense que c'est bon
28:22de le noter aussi.
28:24Chaque année,
28:25depuis 33 ans,
28:26l'Assemblée générale
28:27des Nations Unies
28:27adopte une résolution
28:28réclamant la levée
28:29du blocus imposé
28:31à Cuba,
28:31donc par les États-Unis.
28:32Et en février dernier,
28:33le commissariat de l'ONU
28:34aux droits de l'homme
28:35s'est dit extrêmement inquiet,
28:37je cite,
28:37face à l'aggravation
28:38de la situation
28:39socio-économique à Cuba.
28:40Donc on voit
28:41que ça n'a pas eu
28:42beaucoup d'effets.
28:43Ça devrait être quoi,
28:43en fait,
28:43le rôle de l'ONU ?
28:45Est-ce que ça...
28:45Il faudrait...
28:46Pardon.
28:47Ces pays qui lient
28:48au blocus,
28:49c'est bien,
28:50mais 684 pays hypocrites.
28:53Moi,
28:53ça serait des vrais pays
28:54qui ont aidé
28:54à leur banque nationale
28:55du pays.
28:56Vous travaillez
28:56avec la banque centrale
28:57de Cuba ?
28:58Aucun l'a fait.
28:59J'ai écrit un...
29:00J'ai fait un courrier
29:01au président de la République
29:02concernant la situation.
29:04Il m'a fait une très belle réponse,
29:06pour ça,
29:06devant lui
29:06ou un de ses collaborateurs.
29:09Nous votons contre
29:10le blocus économique
29:11et nous avons tout fait aussi
29:12dans le cadre
29:12des accords de Paris
29:13par rapport à la dette
29:14que Cuba doit aux États-Unis.
29:16Mais il faut savoir
29:16que la dette
29:17avec les intérêts moratoires,
29:18elle est due au blocus
29:19parce qu'ils ne peuvent pas rembourser.
29:20Ils sont d'accord
29:20pour payer,
29:21mais il y a ce problème.
29:22Et donc,
29:22ils se défaussent là-dessus.
29:24Après,
29:25si demain,
29:25il y a une banque d'un pays
29:26qui va travailler,
29:27quelles vont être les fonctions
29:28sur les entreprises du pays
29:29qui vont travailler aux États-Unis ?
29:31Demain,
29:32si la France,
29:33elle dit stop,
29:34maintenant,
29:34je vais travailler avec Cuba,
29:35qu'est-ce qui va se passer
29:36pour toutes les entreprises françaises
29:37qui sont aux États-Unis ?
29:38Donc,
29:38arrivé un moment,
29:39c'est l'art du nombre.
29:40Entre un pays de 10 millions
29:41et mon pays à moi,
29:42je fais attention
29:43en tant que président
29:44au Premier ministre.
29:44Le seul qui bouge
29:45aujourd'hui en Europe,
29:46c'est le Premier ministre d'Espagne.
29:49C'est le seul.
29:50Charlotte,
29:50tu voulais aussi réagir
29:51sur le rôle
29:52que pourrait,
29:53que devraient avoir l'ONU,
29:54en tout cas les organisations
29:55internationales à Cuba ?
29:56Oui, bien sûr.
29:57Déjà,
29:57pour compléter par rapport
29:58à ce que dit Manuel,
29:58il existe des mesures
29:59anti-coercition aujourd'hui
30:00à l'échelle de l'Union européenne
30:01ou à l'échelle française.
30:02Il y a un règlement
30:03de l'Union européenne de 1996
30:04qui,
30:05à l'époque de la mise en place
30:06de la loi M. Spurton,
30:07c'est-à-dire le caractère
30:08extraterritorial du blocus
30:09que Manuel vient d'évoquer,
30:10avait été mis en place
30:11pour empêcher
30:12qu'il s'applique
30:13pour Cuba
30:14et pour l'Iran
30:14parce qu'à l'époque,
30:15l'Union européenne
30:16avait considéré
30:18qu'il s'agissait
30:18d'une attaque,
30:19d'une concurrence déloyale
30:20par rapport
30:21à ces entreprises.
30:22Alors la première question,
30:23c'est pourquoi
30:23on ne met pas ça
30:23en place aujourd'hui ?
30:24Parce qu'il n'y a pas
30:25que sur Cuba
30:26que le droit américain
30:27s'applique à nos entreprises
30:28et qu'il fait preuve
30:29d'une agressivité
30:30qui est quand même
30:30assez énorme.
30:31Ça,
30:32c'est le premier volet.
30:33Mais ensuite,
30:34sur le rôle
30:34des Nations unies,
30:35pour l'instant,
30:36c'est un rôle
30:36plus diplomatique
30:38qu'autre chose.
30:39Alors je sais que
30:39les représentants
30:40des organismes
30:41des Nations unies
30:45des efforts considérables
30:47pour obtenir des fonds
30:48pour pallier
30:49à la situation humanitaire
30:50dans l'île
30:50comme ils le font
30:51à chaque fois
30:51qu'il y a
30:52une situation humanitaire
30:53dans le monde.
30:54Le problème,
30:55c'est que la diplomatie
30:56internationale
30:57est aujourd'hui affaiblie
30:58mais elle est affaiblie
30:59par notre propre incompétence
31:01et notre propre incapacité
31:02en tant que gouvernement
31:04français,
31:05européen,
31:05de façon générale
31:06à part Pedro Sanchez
31:06effectivement,
31:07à dire que nous ne laisserons pas
31:09les Etats-Unis
31:09faire leur loi.
31:10Et moi,
31:10je crois qu'effectivement
31:11les Etats-Unis sont forts
31:12mais ils sont forts
31:13parce qu'on se couche
31:14et que si demain
31:15il y avait une réponse unanime
31:16du Canada
31:16qui est aussi menacé
31:17ou des puissances européennes
31:19et bien ça permettrait
31:20de les bloquer.
31:22Aujourd'hui,
31:22les Etats-Unis
31:23ne sont pas indépendants
31:23d'un point de vue
31:24ni financier,
31:25ni économique,
31:26ni industriel par exemple.
31:27Donc on pourrait mettre
31:28en place des mesures
31:29en réalité
31:29si on avait une réponse
31:31collective à apporter
31:32mais encore faut-il
31:33en avoir la volonté.
31:35Axel.
31:35Oui,
31:36alors même que
31:36la solidarité
31:38chez les peuples européens
31:40ou des autres continents
31:41est très forte,
31:42en témoigne
31:42le convoi humanitaire
31:43qui a eu lieu la semaine dernière,
31:46les actions du PCF
31:47depuis des décennies
31:48pour Cuba.
31:49Comment t'expliques
31:50ce deux poids deux mesures
31:51qu'on voit
31:52dans d'autres conflits aussi ?
31:54Je pense que Cuba,
31:56étant donné que c'est devenu
31:57un symbole de lutte
31:58pour les peuples
31:59qui essayent de s'émanciper
32:01des puissances coloniales
32:01puis impériales,
32:03ça a généré
32:03beaucoup de solidarité.
32:04Ça a généré
32:05beaucoup de solidarité
32:05parce que la diplomatie cubaine
32:07depuis des années
32:07consiste à envoyer des médecins
32:09et des éducateurs
32:10à travers le monde
32:11et donc du coup
32:11à faire preuve
32:12d'une autre forme
32:13de construction
32:14de rapports de force
32:15que celui qui est utilisé
32:16par les puissances occidentales.
32:19Donc cette solidarité,
32:20elle existe,
32:21elle est importante.
32:22Nous, ce qu'on constate
32:22quand même depuis
32:24quelques années maintenant
32:25avec le relancement
32:26de cette campagne
32:27de solidarité avec Cuba,
32:28c'est qu'il y a un écho
32:29au sein de la population française
32:30qui est plutôt très positif
32:32et je pense qu'il est dû aussi
32:33au sentiment
32:34très anti-impérialisme américain
32:37qu'on peut avoir aussi
32:38en France
32:39et donc ça c'est quelque chose
32:40qui est important
32:41mais peut-être juste
32:42je vais vous donner une anecdote
32:43mais qui vous ferait
32:44bien sentir cette situation.
32:46Il y a quelques jours de ça,
32:47je crois que c'était dimanche
32:49juste au moment
32:49où je rentrais de Cuba
32:50et Axel y était encore,
32:52eh bien il y a eu une demande
32:53de la part de l'ambassade
32:55des Etats-Unis à Cuba
32:56pour dire au gouvernement cubain
32:58écoutez, on manque de pétrole,
32:59est-ce que vous pourriez
33:00nous en livrer
33:00pour permettre de faire
33:02que l'ambassade fonctionne
33:03en termes de climatisation,
33:05etc.
33:05ce qui est quand même
33:06à peu près
33:07l'illustration exacte
33:09de l'expression
33:09être née avant la honte
33:10quand même
33:10après avoir mis en place
33:12ce blocus pétrolier.
33:13Et l'attitude du gouvernement cubain,
33:15la réponse du gouvernement cubain
33:16a été de dire
33:17cette demande est indécente,
33:18vous aurez du pétrole
33:19quand les Cubains auront du pétrole.
33:21Eh bien je pense que ça résume
33:22bien la situation
33:23parce qu'on est à la fois
33:24face à un pays
33:25qui est aujourd'hui
33:26totalement asphyxié
33:27mais qui se tient quand même debout
33:29et qui regarde les Etats-Unis
33:30et le gouvernement américain
33:31dans les yeux
33:31en disant
33:32vous n'arriverez pas
33:33à nous intimider,
33:33nous allons continuer à lutter.
33:35Et moi je crois que
33:36rien que pour ça
33:37ça vaut le coup d'aider Cuba.
33:38Tout à fait.
33:39Il y a un convoi international
33:40d'aide humanitaire
33:41qui est parti pour Cuba
33:42avec pour objectif
33:43d'alerter sur la crise humanitaire
33:45en cours
33:45et d'amener des ressources,
33:46du matériel médical, etc.
33:48Et c'est organisé
33:49par une coalition internationale
33:50d'organisations humanitaires,
33:52de syndicalistes,
33:53de groupes,
33:53de personnalités publiques.
33:55Est-ce que vous pouvez
33:55un petit peu nous en parler ?
33:57L'année dernière,
33:59on a fait partir
33:59en tant qu'association
34:00de coopération
34:0110 tonnes de lait en poudre
34:03pour l'hôpital pédiatrique
34:05Roi de Manoli Marquez
34:07à la Havane.
34:08C'est arrivé le 24 décembre
34:09et ça a été distribué
34:10le 28 ou 29.
34:12Donc ça, c'est fait.
34:14Là, il est parti,
34:15là, en ce moment,
34:15ça doit être,
34:16ça part du Havre.
34:17Il y a un conteneur
34:19de 30 mètres cubes
34:20de matériel post-opératoire.
34:22Ça va aller directement
34:24au ministère de la Santé
34:25qui lui, ensuite,
34:26après, le fera la distribution.
34:28Et il y a un autre conteneur
34:30qui part aussi,
34:31qui doit arriver
34:31si tout se passe bien
34:32en mer le 19 avril
34:34à la Havane
34:35pour ensuite le distribuer.
34:37C'est 10 tonnes de pâtes
34:38et 10 tonnes de riz.
34:40Il faut savoir que
34:40quand un bateau va à Cuba,
34:42il ne peut pas aller
34:43avant six mois aux Etats-Unis.
34:46Voilà, c'est les fameuses lois.
34:47Donc ils arrivent en Jamaïque.
34:49Ensuite, c'est déchargé
34:51et ça repart sur des bateaux
34:52qui n'iront pas aux Etats-Unis.
34:53Ça aussi, ça fait partie de vous.
34:55Donc on les aide.
34:55Chaque association fait ce qu'il peut.
34:57On se rassemble aussi.
34:57Moi, je travaille beaucoup
34:58avec le Skoop populaire.
35:01On travaille ensemble.
35:02On a un autre bateau aussi
35:03qui est en cours de départ
35:05où là, c'est plus du matériel.
35:06Il y a des véhicules,
35:08il y a des matelas
35:09par rapport à ce qui s'est passé
35:10sur les provinces de l'Est
35:11où l'eau allait rentrer par la porte,
35:13allait sortir par la fenêtre.
35:14Il n'y avait plus rien.
35:14Il n'y a même pas une brosse à dents.
35:16Donc là, il y a du matériel
35:17d'hygiène personnel
35:18mais aussi des vêtements, tout ça.
35:20Donc là, il y a un conteneur
35:20anti-équipage.
35:21Mais là aussi,
35:21on a toutes les contraintes de Loan
35:22mais aussi trouver les transporteurs
35:25qui veulent aller à Cuba
35:26et quand ils se sentent...
35:27C'est ce que quelqu'un demande
35:28dans le chat
35:29comment est-ce que ces convois
35:30passent le blocus, du coup.
35:31Voilà.
35:31Par exemple, nous,
35:32on a un transporteur espagnol.
35:35On travaille avec lui,
35:36ça se passe très bien.
35:37La banque espagnole,
35:38elle a bloqué le financement.
35:40Donc on n'a pas pu,
35:41en temps et en heure,
35:41payer le transporteur.
35:42Bon, on a des accords,
35:43c'est quand même parti.
35:44Il a fallu se déranger
35:45que l'entreprise espagnole
35:46se dérange à sa banque
35:47et pendant trois semaines,
35:49ils ont gardé l'argent.
35:51Ce qui veut dire
35:51que pendant trois semaines,
35:52ils ont fait marcher
35:53la machine d'intérêt
35:54sur notre dos.
35:55Donc tout le monde
35:56envoie du matériel,
35:57les foncières.
35:58Moi, j'ai des accords aussi
35:59avec les entreprises espagnoles
36:01concernant tout ce qui est
36:02le panneau solaire,
36:04ainsi de suite.
36:04Donc là, on mélange les deux.
36:06Si on peut s'exprimer ainsi,
36:07c'est énergie et santé.
36:09C'est-à-dire qu'on envoie
36:10du matériel et de l'énergie,
36:12donc pour avoir de la lumière,
36:13il y a tout,
36:14dans les centres de santé,
36:15dans les dispensaires
36:16ou choses comme ça.
36:18Et moi aussi,
36:19comme vous le disiez tout à l'heure,
36:21c'est arrivé,
36:21moi, il y a un contact
36:22qui m'a dit
36:23que j'avais rendez-vous
36:23chez le dentiste.
36:24Je n'ai pas pu me faire soigner
36:25là-dedans
36:25parce qu'il n'y avait plus
36:25de lumière,
36:26plus d'électricité.
36:27Donc c'est ces contraintes-là
36:29qu'ils ont.
36:29Et donc nous,
36:30on travaille dans tous les domaines
36:31pour la solidarité.
36:33Donc là, ce matin,
36:34on a récupéré
36:35je ne sais plus combien
36:35de valises de médicaments.
36:37Donc il faut les trier,
36:38voir ce qu'il y a dedans
36:39et ensuite,
36:40on se groupe
36:41parce que le conteneur,
36:43aujourd'hui,
36:44c'est à peu près
36:446-7 000 euros.
36:46Mais ceux qui vont partir
36:47dans les prochaines semaines,
36:48on voit le prix
36:49de la pompe à essence.
36:50Donc là aussi,
36:51ça va augmenter.
36:52Donc il faut qu'on travaille
36:53tous en commun,
36:55chacun avec ses forces,
36:56chacun avec sa façon
36:57de travailler.
36:58Mais arrivé au moment,
36:59le conteneur,
36:59il ne faut pas qu'il parte à vide.
37:01On ne peut même plus mettre
37:02un stylo dans le conteneur.
37:04Là-dessus,
37:04sur ce que dit Emmanuel,
37:05c'est pour ça qu'on a décidé
37:06au niveau des différentes
37:07organisations solidaires de Cuba
37:09de former une coalition,
37:10une plateforme commune
37:11au niveau français
37:12pour pouvoir aider
37:13à la solidarité.
37:14Mais pour répondre
37:14à ta question sur le convoi,
37:15parce qu'on y était
37:16avec Axel en même temps
37:17pour le convoi,
37:18il y avait à peu près
37:19650 délégués
37:20de 33 pays différents,
37:22140 organisations
37:23qui étaient représentées
37:24et ce qui a permis
37:25l'envoi de plusieurs
37:27dizaines de tonnes
37:27de matériel médical
37:29ou photovoltaïque.
37:30Justement, nous,
37:30le PCF,
37:31on a envoyé dans le même temps
37:3225 mètres cubes
37:33de matériel médical
37:33par avion cargo
37:34avec un des derniers avions
37:36Air France
37:36qui est parti à Cuba
37:37la semaine passée.
37:39Et ce convoi
37:40a été organisé
37:40par l'international progressiste,
37:42a été convoqué
37:42par l'international progressiste
37:44et donc du coup
37:44avec vraiment
37:46des personnalités,
37:47des organisations
37:47de façon assez large,
37:49surtout principalement
37:50composées de délégués
37:52latino-américains,
37:53syndicalistes politiques,
37:55associatifs
37:55ou de délégués européens
37:58qui étaient aussi présents.
38:00Et donc,
38:00ce qui ressort de ça,
38:01pour nous,
38:02notre participation,
38:03elle a été importante
38:04parce que pour nous,
38:05il ne s'agit pas uniquement
38:06d'aller faire des photos
38:07à Cuba
38:07et de faire le symbolique,
38:10même si c'est important
38:11pour faire un coup de projecteur
38:13sur ce qui se passe à Cuba.
38:14Pour les médias,
38:15malheureusement.
38:15Voilà,
38:15pour les médias,
38:16mais c'est aussi important
38:17pour en parler.
38:18Mais c'était d'envoyer
38:19du matériel en même temps
38:20et surtout de donner des suites.
38:21Et donc, du coup,
38:22de donner des suites,
38:23Manuel l'a dit,
38:24l'urgence absolue aujourd'hui,
38:25c'est l'envoi
38:25de panneaux photovoltaïques.
38:26La CGT a décidé d'axer
38:28la campagne de solidarité
38:29de la CGT là-dessus.
38:30Nous,
38:31on était plutôt sur le médical.
38:32On va essayer
38:34avec les élus locaux
38:36et les municipalités
38:36de travailler
38:37à plus de coopération
38:38territoriale
38:39sur ces panneaux
38:40photovoltaïques
38:40pour réélectrifier
38:41les écoles,
38:42les hôpitaux,
38:42etc.
38:43Et puis,
38:44il y a la question
38:44de la pression politique,
38:45donc à la fois institutionnelle
38:46et à la fois de mobilisation.
38:47Et nous,
38:48on a décidé
38:48de pousser
38:49à des journées internationales
38:50de mobilisation
38:51les 11 et 12 avril prochains
38:52avec l'ensemble
38:54des organisations solidaires
38:55de Cuba en France
38:56et avec nos partenaires
38:57internationaux.
38:58Donc,
38:59notre objectif,
38:59c'est qu'il y ait des rassemblements
39:00à minima
39:01dans les 20 plus grandes villes
39:02de France.
39:02À Paris,
39:03ça sera normalement,
39:04enfin,
39:05ça sera le 11 avril
39:07à 14h30
39:08et normalement
39:08sur le champ de mars.
39:09Et donc,
39:10on est en train
39:10de travailler à ça.
39:11L'objectif,
39:12c'est encore une fois
39:13de faire connaître
39:14la réalité du blocus,
39:15la réalité des Cubains
39:16et de pousser
39:17notre gouvernement
39:17à agir concrètement.
39:18Et bien voilà.
39:21en quelques mots
39:21parce qu'on arrive
39:22vraiment à la fin.
39:22Les panneaux solaires,
39:23il y a une chose
39:23qu'on oublie tous.
39:24C'est très important.
39:25Pour ne pas fonctionner
39:26les pompes à eau.
39:28Ça,
39:29c'est très important.
39:29En tout cas,
39:30le rendez-vous est pris
39:30le 11 et 12 avril prochain.
39:32Le 11 avril à Paris
39:33et le 11 et 12
39:33un peu partout en France.
39:35Merci beaucoup
39:36à tous les deux
39:36d'être venus.