- il y a 10 heures
Donald Trump et Ursula von der Leyen ont dévoilé, dimanche 27 juillet, l'accord commercial négocié entre les États-Unis et l'Union européenne (UE). Avec des droits de douane de 15 % sur les produits européens importés, ma Maison Blanche sort grand vainqueur de sa guerre économique, tandis que les Vingt-Sept doivent se contenter du moins pire. On fait le point avec Sarah Nedjar et Christophe Deroubaix.
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NewsTranscription
00:00Ce dimanche, Donald Trump et Ursula von der Leyen ont conclu un accord douanier.
00:06Les produits européens exportés vers les Etats-Unis seront taxés de 15% contre les menaces initiales qui étaient de
00:1230% et dont on avait parlé déjà dans cette émission.
00:15En échange, l'Union européenne s'engage à acheter pour 750 milliards de dollars d'énergie américaine sur trois ans
00:22et à investir 600 milliards supplémentaires avec les Etats-Unis.
00:26Le 28 juillet, le ministre français chargé de l'Europe, Haddad, a salué cette entente comme une stabilité temporaire mais
00:34a dénoncé un accord très déséquilibré pointant une France toujours sous pression face à une coercition économique américaine.
00:42J'avais écrit ce petit lancement il y a quelques heures.
00:48Depuis il y a une heure, François Bayrou a déploré un jour sombre et dénonce une soumission après l'accord
00:53commercial entre les Etats-Unis et l'Union européenne.
00:56On a beaucoup parlé de ces droits de douane tout simplement parce que ça nous touche tous.
01:01Ce serait des produits qu'on vendrait plus cher ou qu'on vendrait du coup moins.
01:10Ce serait aussi des produits qu'on consommerait dont les prix augmenteraient beaucoup.
01:1630% au départ c'était le début du bras de fer.
01:20On a mis longtemps à trouver ce compromis mais c'est une défaite pour qui et c'est une victoire
01:24pour qui ?
01:24C'est une victoire pour Donald Trump.
01:27Clairement c'est une victoire pour Donald Trump.
01:29Donald Trump a lancé une guerre commerciale donc on en a parlé ici mais on le redit.
01:34non pas contre le libre-échange mais un libre-échange sectorisé à son avantage.
01:40Je m'explique.
01:40C'est-à-dire on sort des règles qui s'appliquent à tout le monde, on divise les autres pays
01:45du monde
01:45sachant que les Etats-Unis sont toujours la principale puissance économique mondiale
01:49même si la Chine continue d'émerger.
01:52Et donc on isole les opposants et on renégocie des contrats avec eux.
01:58Mais isolés, divisés pour mieux régner.
02:02Et l'Europe s'est prêtée à ce jeu, n'a pas voulu engager un rapport de force.
02:06Donald Trump a brandi des taux potentiels qui devaient s'appliquer au 1er août de 30%, 40%, 50%.
02:13Et finalement à 15% les dirigeants européens, c'est la vente dernière, dit mais c'est un bon compromis.
02:19Si je te dis que je vais te couper le bras et que tu finis par te couper toi-même
02:23la main,
02:24c'est pas un bon compromis en fait.
02:27Et donc tu noteras la différence de réaction quand même entre celle de Benjamin Haddad
02:33qui est très mesurée et celle de François Béroux qui n'est pas du tout mesurée.
02:36Qui parle de soumission.
02:37Qui parle de soumission, voilà.
02:38Donc là clairement il va se passer au niveau des Etats européens.
02:41En fait Ursula von der Leyen est allée négocier, elle est supposée parler au nom de l'ensemble des Etats
02:47membres.
02:48D'une certaine façon c'est impossible parce que sur tous les sujets, ça c'est le problème central de
02:53l'Union Européenne,
02:54sur les sujets il y a tellement de divergences, que ce soit les géopolitiques ou économiques,
02:58c'est tellement de divergences qu'elle ne peut pas parler au nom de tout.
03:01Donc là elle a parlé principalement au nom de l'Allemagne,
03:04puisque l'Allemagne est la principale puissance exportatrice,
03:06donc c'est le pays qui avait le plus à perdre.
03:08Un peu l'Italie aussi.
03:10et un peu l'Irlande.
03:12C'est les trois pays qui avaient intérêt à passer un accord rapidement pour éviter le pire.
03:16D'ailleurs elle était partie en solo, Mélanie, se représentait un peu elle-même.
03:21Oui, elle avait tenté aussi un peu en solo.
03:23Donc ça, il y a un premier problème.
03:24Il y a un deuxième problème, c'est que Ursula von der Leyen s'engage pour des choses dont elle
03:30n'a pas mandat,
03:31qu'elle ne peut pas.
03:32C'est-à-dire qu'acheter de l'énergie américaine sur trois ans, ce n'est pas à elle de
03:37le faire.
03:37La Commission européenne n'a aucun pouvoir sur les marchés pétroliers et gaziers.
03:42Investir 600 milliards aux Etats-Unis, ce sont les entreprises qui investissent.
03:45La Commission européenne ne peut pas.
03:46Donc elle a clairement outrepassé son mandat.
03:49Et j'ajoute un élément, c'est que ça veut dire quoi 750 milliards d'énergie américaine ?
03:53Ça veut dire acheter du gaz de schiste américain.
03:56Ça veut dire...
03:58Pipeline.
03:59Pour le changement climatique et le plan climat de l'Europe, je vous demande.
04:03Mais y compris, si on reste que sur le gaz, par exemple, on pouvait acheter du gaz au Qatar ou
04:07à la Chine ou à d'autres.
04:08Là, maintenant, en deux coups de cuillère à peau, on va devoir acheter du gaz de schiste ou du pétrole
04:16états-unien.
04:18Bon, je pense qu'on n'en est qu'au début.
04:20Donc victoire, clairement, victoire de Donald Trump, qu'il l'a d'ailleurs clamé comme tel.
04:26C'est le plus grand deal.
04:28Bon, de toute façon, c'est toujours le plus grand.
04:29Mais clairement, il a marqué un point parce que l'Europe a...
04:32En fait, qu'est-ce que l'Europe ?
04:34C'est une vaste question aussi.
04:37On fera tout un épisode sur qu'est-ce que l'Europe ?
04:39On y reviendra, ça c'est sûr.
04:41On nous dit le schiste.
04:42C'est sûr que c'est pas bon pour la planète.
04:44Et là-bas, c'est prouvé à cause des cratères que provoquent les tremblements.
04:47Oui, après, c'est vrai que Trump cherche aussi du gaz.
04:50Tu avais dit des ressources naturelles du côté du Groenland.
04:55C'était pour ça qu'il voulait l'acquérir notamment.
04:58Oui, oui, oui.
05:00On a plein de questions aussi.
05:01On a plein, plein, plein de questions.
05:03Il fait la mer qu'elle a que les Français signent des promesses en sachant qu'elles se font rejetées
05:06par le Parlement allemand.
05:07Mais c'est vrai, est-ce qu'on peut pousser les entreprises françaises à changer de fournisseur ?
05:11Est-ce qu'une entreprise qui dit « moi j'ai mon fournisseur et tout va très bien », ou
05:16est-ce qu'une missive européenne peut...
05:18Non, on ne peut pas forcer...
05:21C'est une promesse d'une ?
05:21Oui, oui, c'est une promesse dont elle n'a pas les moyens de la rendre effective, clairement.
05:28Après, les entreprises, ce matin, il y avait sur une radio, il y avait un représentant des...
05:33C'est peut-être un peu nébuleux la question des droits de douane, mais...
05:36Donc les droits de douane, je répète, ce sont des taxes qui, à l'importation, qui sont appliquées par un
05:45pays.
05:45Voilà, donc si vous exportez une voiture allemande qui coûte 50 000 euros...
05:51J'ai déjà une grosse voiture, mais c'est une voiture allemande.
05:53Aux Etats-Unis, que la taxe est de zéro, elle arrive sur le marché américain à 50 000 euros en
05:58équivalent dollars.
05:59Voilà. S'il y a une taxe de 15%, vous ajoutez 15% au prix, et ça l'augmente d
06:05'autant, ça doit faire 7 500 dollars.
06:07En plus, elle est à 57 500.
06:08Et la taxe, c'est un gain pour l'État ? C'est pas un gain pour...
06:12Oui, c'est un gain pour l'État qui l'applique.
06:16Et donc, ce matin, un responsable de l'industrie des cosmétiques en France disait, nous, on exporte 3 milliards aux
06:23Etats-Unis.
06:23Avec cette taxe, on va perdre 300 millions de chiffres d'affaires.
06:27Donc, ça fait 5 000 emplois sur le carreau.
06:30Alors, évidemment, il utilisait ça parce qu'il représente le patronat de cette industrie.
06:34Il disait, il va falloir que le gouvernement nous donne des aides, relâche un certain nombre de conditions.
06:39Donc, ils vont en profiter. Ça va être la deuxième étape de son industrie.
06:43Ils vont dire, si vous ne voulez pas qu'on licencie, baissez les cotisations sociales, donnez-nous plus d'aide
06:49aux entreprises,
06:51qui représentent déjà, selon un rapport, c'est dans une commission d'enquête, vous en avez peut-être parlé quelque
06:56part.
06:57On en a beaucoup parlé.
06:58Oui, bien sûr.
06:59On en a beaucoup parlé. On a fait un live aussi que vous pouvez retrouver sur YouTube.
07:05Donc, l'Humanité FR, LH, enfin, LHumanité FR, sur YouTube, que vous pouvez retrouver.
07:11C'était une vidéo qui avait plutôt bien fonctionné.
07:13Justement, j'ai envie de demander qui est touché par ça.
07:16Donc, l'industrie du luxe, de la beauté, il y a aussi les spiritueux français qu'on exporte, l'aéronautique
07:21peut-être ?
07:22Alors, pour l'instant, ça s'applique à l'automobile, c'est sûr.
07:28Il y a des exceptions, mais on n'est pas d'accord sur les exceptions.
07:31Donc, par exemple, sur les pharmaceutiques, Donald Trump dit que c'est exclu du champ.
07:38Van der Leyen dit que c'est couvert par ce champ de 15%.
07:41Donc, déjà...
07:43L'accord, il est bizarre.
07:44Oui, oui, non, mais c'est bizarre.
07:45Je veux dire, on n'est pas d'accord sur l'accord.
07:47C'est extrêmement bancal.
07:50L'acier et l'aluminium ne sont pas dans cet accord.
07:52Donc, on continue à avoir 50% de taxes pour l'acier et l'aluminium exportés aux Etats-Unis.
08:00Donc, rien n'est favorable dans cet accord aux pays et aux industries européennes, si ce n'est...
08:06D'ailleurs, c'est l'argument de Van der Leyen et du commissaire au commerce.
08:11On a évité le pire.
08:12Le pire, c'est ce que nous apprenait Donald Trump.
08:14C'était les 30%.
08:14On a évité le pire, donc à 15%.
08:16Donc, je reviens à ce que j'ai dit tout à l'heure sur le bras et la main.
08:21Donc, la Commission européenne a décidé que l'économie européenne, les industries européennes
08:25se couperaient volontairement la main pour éviter de se faire couper le bras par Donald Trump.
08:31Mais ça va avoir plein d'impact.
08:33Alors, là, en même temps, je vous parle, je me fais mon papier dans la tête parce que j'écris
08:38pour demain dans le journal.
08:40Vous pourrez retrouver, et en papier, avec l'encre sur les doigts, et sur le web, un décryptage justement qui
08:45essaye d'expliquer tout ça.
08:46Je vous donnerai la vidéo, hop, tu scriptes, le papier, il est écrit.
08:51Exactement.
08:51Enfin, j'ai commencé à l'écrire et donc j'essaye de me mettre au clair aussi dans ma tête
08:54en vous parlant.
08:56Comme ça, tu as les questions du chat, tu sais ce que les gens veulent savoir.
08:59Oui, en plus, c'est aussi sympa.
09:00Bien sûr, c'est l'avantage.
09:01C'est pour ça que je me suis dit que je vais quand même le faire, même si c'est
09:03très tendu aujourd'hui en termes de réunion, d'écriture, parce que ça permet cet échange.
09:07On ne va pas rester beaucoup plus longtemps.
09:09On est 10 minutes en retard, on reste des petites minutes.
09:12Bon, d'accord.
09:14Quelques impacts.
09:17Géopolitique, notamment.
09:20Ursula von der Leyen est allée rencontrer le président chinois il y a quelques jours.
09:24Bon, c'était tendu, mais on continue à négocier.
09:26Et puis Xi Jinping voit 3-4 jours après von der Leyen qui concède tout à Donald Trump.
09:32Quelle est la confiance que la Chine va pouvoir accorder à la parole de l'Union européenne ?
09:37Vous êtes un pays du sud global.
09:41C'est-à-dire, en gros, tout ce qui est en dehors du Nord et des pays dits occidentaux, pas
09:46cette formule, mais enfin, utilisons-la.
09:49On dit à l'Union européenne, on ne peut pas faire confiance à l'Union européenne.
09:53Ils n'engagent même pas le rapport de force avec Donald Trump.
09:56Ils sont totalement alignés sur lui et sur ses désirata.
09:59On ne peut pas leur faire confiance.
10:01Vers qui on se tourne ?
10:02Dans l'économie mondiale, si on ne se tourne pas, vers Donald Trump qui menace,
10:05et l'Europe qui peut représenter l'alternative.
10:07On se tourne vers la Chine.
10:09Donc cet accord est aussi une très bonne nouvelle, finalement, pour la Chine.
10:14Clairement.
10:15Et une très très mauvaise nouvelle pour l'Europe.
10:17Qui, encore une fois,
10:20peut-être que je vais terminer là-dessus parce qu'on ne va pas allonger,
10:22mais encore une fois, passe à côté de l'histoire.
10:24Elle est en train de passer à côté de l'histoire sur ce qui se déroule à la guerre génocidaire
10:29qui se déroule à Gaza.
10:30On l'a vu, puisque Emmanuel Macron a pris cette décision.
10:34Mais le reste des pays européens, hormis...
10:37Je parle de l'Union européenne.
10:39L'Espagne, l'Irlande et la Slovénie, qui ont reconnu en 2024 l'État de Palestine.
10:45Les autres ne font rien.
10:46Ils ne reconnaissent pas l'État de Palestine.
10:48Refusent de prendre des sanctions,
10:49puisque se sont réunis en début du mois sur l'accord d'association qui lit l'Union européenne à Israël,
10:56avec un article 2 sur le respect des droits humains.
10:59Eh bien, une majorité des pays européens n'ont pas jugé qu'Israël mettait en cause les droits humains de
11:06cette...
11:06C'est quand même assez incroyable au niveau de l'histoire, comment ce sera jugé.
11:12Et puis, les livraisons d'armes continuent.
11:14Donc l'Allemagne continue à livrer des centaines de millions d'armes à Israël.
11:17Donc, petit bout par bout, l'Europe est totalement à côté du sens de l'histoire,
11:23et géopolitiquement et économiquement.
11:26Il y a Demeter qui soulève un point peut-être intéressant,
11:28qui dit que c'est purement idéologique, on ne fait pas confiance aux Chinois parce que c'est des Chinois,
11:32mais on se vassalise auprès des USA parce que c'est les USA.
11:35En fait, on avait l'impression qu'on était au milieu d'un bras de fer entre la Chine et
11:38les États-Unis,
11:40au niveau des partenaires commerciaux.
11:44Et tu as l'impression que du coup, ça a penché...
11:46Mais tu nous dis que le grand gagnant, ça reste la Chine pour tout ce qui est du flux global.
11:50Oui, non mais ça...
11:52Le grand gagnant, c'est Donald Trump parce qu'en fait, il a réussi à aligner l'Europe.
11:58Alors peut-être qu'elle le fait volontairement ou qu'elle comptait le faire, peu importe.
12:02Aligner l'Europe sur ses propres conditions.
12:04Donc c'est d'avis...
12:06Mais enfin, je ne sais pas si...
12:10En fait, cette guerre commerciale, ce n'est pas pour l'instant...
12:13Le fond historique de cette guerre commerciale, c'est la rivalité stratégique du siècle
12:18entre les États-Unis, puissance du XXe siècle, et la Chine, puissance émergente.
12:23Ça, c'est le fond.
12:24Dans ce cadre-là, les États-Unis, sous la présidence de Donald Trump,
12:27veulent réassurer l'hégémonie des États-Unis.
12:30Et donc engagent une guerre commerciale avec la Chine, mais pas seulement avec la Chine.
12:34Y compris avec leurs alliés.
12:36Donc leurs plus proches alliés, c'est-à-dire le Canada, le Mexique,
12:39qui forment l'accord de libre-échange, et avec l'Europe.
12:43Donc ce n'est pas tout à fait que le bras de fer États-Unis-Chine.
12:47Et dans ce cadre-là, l'Europe n'a pas tenté le bras de fer, le rapport de force.
12:56Vous pouvez dire aussi, on va te couper le bras, nous aussi.
12:59Je ne sais pas si c'est une image qui parle.
13:03Si je pense que c'est parlant, parce qu'en fait, d'un côté, c'est qu'on a brandi
13:06une menace beaucoup plus grande, etc.
13:08On est déjà très content qu'on...
13:11En fait, c'est un peu ça, si on nous tape avec un bâton, on dit « Ah, on aurait
13:13pu se faire taper avec une pelle encore, on a de la chance. »
13:15Ouais, mais du coup...
13:18Plein, plein, plein de messages, merci, mais je n'arrive pas à tout suivre.
13:22Mais on a beaucoup parlé du côté politique, du côté rapport de force, du côté bras de fer.
13:27Est-ce qu'on peut parler un peu des consommateurs qui vont devoir payer 15% de plus sur des
13:31produits ?
13:33On n'a pas encore vraiment évalué l'impact que ça pourrait avoir.
13:38Les consommateurs européens n'auront pas à payer en plus.
13:41C'est ça le truc, c'est que c'est 15% sur les produits européens qui rentrent aux États
13:45-Unis.
13:45Mais il n'y a pas de réciprocité.
13:48Et Ursula von der Leyen...
13:49Moi, je pense aux consommateurs américains, parce que du coup, c'est leur président qui impose 15% en plus
13:55sur des produits qui rentrent et qui sont consommés sur place.
13:57Ils seront plus chers, oui.
13:58Mais du coup, ce qu'espère un peu Donald Trump, en tout cas ce qu'il disait à son argument,
14:02c'était « Au moins, on va acheter américains. »
14:06Mais américains, ce n'est pas moins cher, au niveau du luxe, au niveau de tout ça.
14:11Ça va. L'objectif de Donald Trump, c'est de taxer les produits européens, pas tant pour avoir de l
14:19'argent de ces produits, que pour convaincre.
14:23Par exemple, on prend Volkswagen, qui exporte des voitures, ou pas allemand, qui exporte des voitures aux États-Unis.
14:30Oui. Je reprends ma voiture. Alors, je la fais à 30 000 euros. Maintenant, elle est moins chère. J'ai
14:35pris un peu en dessous.
14:37S'il y a 15% de taxes, ça renchérit le coût.
14:41Et donc, le pari de Donald Trump, c'est de dire « Volkswagen va décider d'ouvrir des usines qu
14:48'ils ont déjà, d'ailleurs, aux États-Unis, mais plus d'usines.
14:51Et donc, plutôt que de produire en Allemagne et de devoir affronter des taxes à l'importation, enfin exportation-importation,
14:59ils vont construire des usines.
15:01Aux États-Unis, et donc créer des emplois industriels. C'est ça, son pari.
15:05Il y a un certain nombre de groupes, notamment le groupe Toyota, qui a fait des promesses d'investissement sur
15:1010 ans.
15:12Toyota japonais ?
15:13Oui, japonais, des dizaines de milliards d'investissements dans des usines.
15:17Oui, l'un des gros secteurs, enfin le secteur central, c'est l'automobile.
15:24Il y a l'aéronautique aussi, mais là, pour l'instant, d'après ce qu'on sait, les termes de
15:30l'accord, c'est rien du tout.
15:32Donc l'aéronautique serait sortie de l'affaire.
15:35Et donc, Ursula von der Leyen justifie ça en disant qu'il y avait un déficit commercial entre l'Europe
15:41et les États-Unis au bénéfice de l'Europe,
15:44parce que les industries européennes sont plus exportatrices de biens industriels.
15:48On ne parle pas de services.
15:49Justement, c'est un truc qui est un peu biaisé, c'est-à-dire que Donald Trump dit toujours qu
15:52'on a un déficit commercial avec l'Europe.
15:54C'est vrai en termes d'industrie, mais ce n'est pas vrai en termes de services.
15:57Les services, il suffit de voir notre vie de tous les jours.
16:01Microsoft, Google, enfin toutes les GAFAM, on en consomme matin, midi et soir.
16:07Et donc, le débat est biaisé, l'Europe n'a jamais tenté de recaler un peu le débat, ni de
16:15s'y opposer.
16:16Donc, c'est quand même une défaite, je trouve, quand j'ai lu, tu citais la déclaration de François Bayrou,
16:23elle est extrêmement violente.
16:24Oui, oui.
16:24Extrêmement violente.
16:25Et donc là, on voit également, une des choses qu'il va falloir suivre dans les jours qui viennent, c
16:30'est le couple franco-allemand,
16:32enfin ce qu'on appelle le couple franco-allemand, parce que l'Allemagne est quand même satisfaite.
16:36Ursula von der Leyen, von der Leyen, parce que von c'est néerlandais, von c'est allemand, von der Leyen
16:42est allemande,
16:43c'est une conservatrice allemande, donc elle a, à mon sens, quand même été plus...
16:48Elle a fait comme si elle disposait plus d'un mandat de l'Allemagne que d'un mandat de l
16:52'Union européenne.
16:53Et la deuxième puissance économique de l'Europe, la France, donc, par la voix de son Premier ministre,
16:57ce qui n'est pas rien, parle de soumission.
16:59Donc là, on n'est pas encore dans l'incident diplomatique, mais on est quand même dans une très forte
17:03tension.
17:03Et tu le disais dans l'autre sens, nada, c'est-à-dire que les produits exportés des États-Unis
17:07vers l'Europe...
17:08Oui, parce que von der Leyen dit que ça rééquilibre, du coup.
17:12Ok.
17:13Bon, c'est un argument...
17:14Je ne suis pas très bonne en maths, mais voilà.