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  • il y a 9 heures
La réunion des alliés de l’Ukraine qui s’est tenue à l’Élysée a débouché sur une déclaration des dirigeants britannique, français et ukrainiens sur le déploiement d’une force multinationale après l’arrêt de la guerre en Ukraine. Si l’envoyé spécial de Donald Trump, Steve Witkoff a déclaré que les protocoles pour la sécurité future de l’Ukraine étaient « en grande partie finalisés », l’objectif d’obtenir un engagement des États-Unis dans les garanties de sécurité demeure incertain.

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Transcription
00:00La paix en Ukraine va-t-elle se construire sans Trump ?
00:02Le 6 janvier 2026 à Paris, une trentaine de dirigeants européens et alliés de l'Ukraine se sont réunis à
00:08l'Elysée pour réfléchir à l'après-guerre.
00:10A l'issue de ce sommet, Emmanuel Macron, le Premier ministre britannique Keir Starmer et le président ukrainien Volodymyr Zelensky
00:17ont signé une déclaration d'intention sur le déploiement d'une force multinationale en Ukraine.
00:22Mais un acteur majeur manque à l'appel, Donald Trump.
00:26Malgré la présence de ses émissaires, aucun engagement clair de Washington sur les garanties de sécurité n'ont été annoncées.
00:32Pour en parler et décrypter les enjeux de ce sommet, nous sommes aujourd'hui avec Vanim Kamenka, chef de service
00:38de la rubrique Monde à l'Humanité.
00:40Bonjour.
00:40Bonjour.
00:41La première question est, pourquoi Donald Trump était-il absent lors de ce sommet et est-ce en tournant pour
00:46les Etats-Unis ?
00:50Alors je ne sais pas si c'est en tournant, en tout cas pourquoi est-ce qu'il était absent
00:53?
00:53C'est vrai que tous les autres dirigeants étaient présents, tu l'as rappelé dans ton introduction, il y a
00:57eu plus d'une trentaine de pays alliés,
01:00notamment principalement européens, qui étaient présents hier à l'Elysée.
01:03Donc Emmanuel Macron, Keir Starmer, Mélanie et d'autres.
01:07Je pense que Donald Trump avait aujourd'hui d'autres intérêts stratégiques à défendre.
01:14Il y a quelques jours, il a enlevé le président vénézuélien en exercice, Nicolas Maduro, pour le dépêcher à New
01:22York et être jugé.
01:24Là, il a encore menacé hier soir le Groenland s'il ne cédait pas son territoire d'intervention militaire.
01:32Donc on voit aujourd'hui que l'Europe, en tout cas, n'est pas son centre d'intérêt premier.
01:39Alors il veut obtenir la paix en Ukraine, ça c'est quelque chose sur lequel il s'est engagé depuis
01:44son retour en pouvoir en janvier 2025.
01:48C'était un de ses arguments de campagne.
01:50Mais on voit que, en gros, l'enjeu sécuritaire en Europe n'est pas un élément clé.
01:57Il préfère en fait que, comme on l'a vu hier, les Européens obtiennent des garanties de sécurité,
02:04fassent ces efforts militaires et économiques,
02:08et qu'après, les Américains valident ou non le projet,
02:11et après s'engagent ou non, alors d'une manière directe ou indirecte,
02:15dans les possibilités des suites de cette guerre en Ukraine.
02:19Le déploiement de forces multinationales en Ukraine vous semble possible ?
02:23Non. Enfin, ça me paraît extrêmement improbable,
02:27dans le cadre de la manière dont ça a été présenté hier.
02:29Parce qu'on l'a vu dans la déclaration d'intention,
02:33c'est finalement deux membres de l'OTAN, et pas n'importe lesquels,
02:36la France et l'Angleterre, qui sont des membres majeurs de cette coalition atlantiste,
02:42qui veulent dépêcher sur place des troupes.
02:45Macron a après redit, d'ailleurs au journal sur France Télévision,
02:50qu'il y aurait des troupes françaises, à l'issue de la guerre s'il y a un accord de
02:54paix,
02:55des troupes britanniques, et en plus des installations militaires sur place,
02:59avec une coalition, mais on ne sait pas encore aujourd'hui de quelle taille,
03:03quelle ampleur, et qui participera.
03:05En tout cas, pour la Russie, à mon avis, c'est rédhibitoire,
03:08puisque l'une des raisons pour lesquelles ils ont mené cette invasion de l'Ukraine,
03:13quelle que soit l'issue et surtout les degrés d'implication,
03:21l'une de ces racines de ce conflit, en tout cas pour la Russie,
03:25c'est l'adhésion ou pas de l'Ukraine à l'OTAN.
03:28Ils en font une ligne rouge, c'est-à-dire que pour eux,
03:31tant que l'Ukraine peut faire partie de l'OTAN,
03:34ils continueront la guerre, puisque c'est une des raisons pour lesquelles
03:37ils ont mené cette invasion de leurs voisins.
03:40Donc aujourd'hui, comme on peut voir sur les déclarations, par exemple,
03:44de Mélanie ou d'autres dirigeants européens,
03:46dire que l'Ukraine, avec cet accord, est presque un quasi-membre de l'OTAN,
03:52sans y être vraiment, ça veut dire qu'on ne respecte pas,
03:56aujourd'hui, les intentions russes,
03:59alors qu'on est en pleine négociation d'un accord de paix,
04:02qui n'a toujours pas été trouvé,
04:04un accord de paix qui a été relancé maintenant depuis novembre
04:08entre les États-Unis, la Russie et l'Ukraine,
04:12avec bien sûr l'importance aujourd'hui de l'Europe,
04:15puisque sans l'Europe, il n'y aura pas d'accord de paix aujourd'hui possible.
04:18Mais en tout cas, cette présentation qui en a été faite hier
04:23m'apparaît hautement improbable et surtout pas acceptable pour la Russie.
04:27Et quelle est la différence entre cette force multinationale
04:30et les casques bleus de l'ONU ?
04:32Déjà, c'est le cadre.
04:33Aujourd'hui, on voit que c'est un cadre d'une coalition de volontaires,
04:37essentiellement d'ailleurs membres de l'OTAN.
04:39Et pas, on va dire, ça ne passe pas par le cadre onusien.
04:42Donc, c'est-à-dire, ça n'a pas été décidé par le Conseil de sécurité,
04:46mais surtout accepté et voté par l'Assemblée générale des Nations Unies.
04:49Donc, ça veut dire que c'est un vrai risque.
04:53C'est-à-dire qu'on sort totalement du cadre international légal
04:56que représentent quand même les organisations des Nations Unies
04:58et toutes les différents organismes autour d'eux,
05:01notamment par exemple les casques bleus.
05:03Donc, on sort de ce cadre légal international
05:06pour passer avec cette coalition des volontaires
05:10à un autre organisme, mais qui n'a aucune légitimité,
05:14si ce n'est d'avoir des membres de l'OTAN, des pays européens,
05:17mais il n'y a aucune validation, on va dire, internationale.
05:20Donc, il n'est pas possible pour l'Union européenne
05:23d'instaurer la paix en Ukraine sans l'aide des États-Unis,
05:26en tout cas sans les États-Unis ?
05:28Ça paraît hautement improbable.
05:30Je pense qu'aujourd'hui, en tout cas,
05:32dans la manière dont l'Europe négocie,
05:36ça me paraît peu probable,
05:38parce qu'aujourd'hui, à différence des Américains
05:41qui, depuis le retour de Donald Trump,
05:43ont décidé, mine de rien, de rompre, on va dire,
05:46l'isolement diplomatique de Vladimir Poutine,
05:49puisque, jusqu'à présent, les Occidentaux,
05:51il y a encore un an en arrière, ne discutaient pas
05:52avec Vladimir Poutine, estimant qu'il était l'agresseur,
05:55ce qui est vrai suite à l'invasion de l'Ukraine.
05:57Mais on sait qu'on a besoin, si on veut un accord de paix,
06:01de négocier avec l'agresseur pour parler sérieux.
06:08Aujourd'hui, l'Europe refuse toujours de parler à Vladimir Poutine.
06:12La seule avancée qui a été faite il y a encore quelques semaines,
06:16c'est Macron qui a dit, en effet,
06:18si on veut aboutir à un accord de paix,
06:19il va bien falloir renouer le dialogue avec la Russie.
06:22Donc, on voit que tant que la Russie est mise à l'écart
06:26par les Européens, je ne vois pas trop comment on peut aboutir
06:29à un accord de paix sans les États-Unis,
06:32et si c'est un accord essentiellement européen.
06:35Est-ce que l'Europe est-elle assez unie entre elles ?
06:38Est-ce qu'elle est suffisamment unie pour un tel projet,
06:40alors que tous les États membres ne partagent pas du tout
06:42la même lecture de ce conflit ?
06:44Exactement. C'est ça aussi l'un des dangers,
06:47c'est que chaque pays a sa propre vision stratégique.
06:52Or, aujourd'hui, on a besoin d'avoir une vision stratégique globale
06:56de l'Europe, puisque forcément, son voisin le plus proche,
06:59c'est la Russie, qui est en conflit ouverte
07:01avec un autre de ses voisins, l'Ukraine.
07:04Donc, si on veut aboutir à un accord de paix,
07:06il faut bien qu'aujourd'hui, tous les États membres
07:08de l'Union européenne discutent, dialoguent
07:11et réfléchissent à une architecture de sécurité collective
07:14avec l'Europe, avec la Russie, puisqu'on fait partie
07:16d'un même continent, et comment, en fait, finalement,
07:19dépasser, on va dire, les questions territoriales,
07:22les questions de personnes, pour vraiment se poser la question
07:25pour l'ensemble, je veux dire, des citoyens européens,
07:29de quel avenir on veut, quelle relation on veut avec la Russie,
07:32comment sortir de ces tensions permanentes,
07:35de cette menace permanente, et d'apaiser les choses.
07:39Or, aujourd'hui, pour l'instant, on ne va pas du tout vers ça,
07:41on va vers un engrenage, comme on l'a vu hier,
07:43c'est-à-dire qu'on n'est pas encore un cessez-le-feu,
07:46que déjà, on impose un certain nombre de choses,
07:48des garanties de sécurité, sans des principes
07:50pour les acteurs que représente la Russie.
07:53C'est très bien, et je pense que l'Ukraine a besoin
07:55de garanties pour signer un accord de paix,
07:58mais c'est-à-dire le faire sans dialoguer avec l'autre acteur,
08:01ça paraît assez improbable et assez bizarre, on va dire.
08:05Qu'est-ce qui différencie ce sommet de la coalition des volontaires
08:08des précédentes réunions de soutien à l'Ukraine qu'il y a pu y avoir ?
08:12C'est exactement ce que tu as précisé dans ton introduction,
08:15c'est qu'il y avait, pour une fois, la présence de nombreux dirigeants
08:19européens et d'autres pays de cette coalition des volontaires
08:23qui regroupent à peu près une trentaine de membres.
08:26C'est ça qui pointe la différence de ce sommet avec d'autres,
08:31et surtout ce texte qui a été signé et présenté au terme de cette réunion.
08:40Il y a du coup la force d'interposition, on en a parlé.
08:43Il y a aussi la question de la surveillance du cessez-le-feu,
08:46là où la coalition des volontaires estime que les États-Unis
08:51seront partie prenante.
08:54En fait, on n'a pas plus de détails sur les contours de ces garanties.
08:58En fait, ça reste assez flou dessus parce que finalement,
09:01les négociations se poursuivent en ce moment même.
09:04On sait que les émissaires américains qui étaient présents sur place,
09:07c'est-à-dire Steve Witkoff, Jared Kushner pour les principaux,
09:11sont restés pour continuer à dialoguer avec la délégation ukrainienne.
09:15Donc on voit en fait, rien n'est encore ficelé parce que ça pose un certain nombre
09:23de questionnements et surtout d'organisations stratégiques extrêmement complexes.
09:30C'est-à-dire que si c'est les États-Unis qui surveillent le cessez-le-feu,
09:33c'est quand même un des membres directs qui sont impliqués sur le conflit en Ukraine,
09:38que ce soit par les ventes d'armes, par les soutiens économiques,
09:40même si depuis le retour de Donald Trump, c'est moins important.
09:43Donc est-ce que les Russes accepteraient que finalement,
09:46la surveillance de ce cessez-le-feu ne fasse pas par un cadre nusien
09:48ou par un membre tierce de la communauté internationale,
09:52mais par un acteur direct du conflit en Ukraine ?
09:56Ça ressemble, enfin ça semble, c'est peu probable.
09:59Je propose quand on regarde la vidéo, ce qu'on peut dire de cette signature.
10:32C'est marrant parce que c'est la vidéo qui a été tournée comme ça,
10:37mais en tout cas la première présentation, elle est faite en ukrainien,
10:40après en anglais, peut-être qu'il y avait le français en troisième,
10:42alors c'est le français en premier, c'est assez intéressant.
10:46Non mais on voit que ça, parce que finalement c'est les deux principaux alliés aujourd'hui
10:52qui veulent mener avec l'Allemagne qui était le troisième,
10:59puisque le chancelier allemand a pris la parole après.
11:04Je ne sais pas pourquoi les Allemands n'ont pas signé cette déclaration d'intention.
11:09Peut-être qu'il y avait encore des contours assez flous pour eux pour s'engager davantage.
11:14Peut-être que déjà on sait que l'Allemagne, est-ce qu'elle était prête à envoyer aussi des soldats
11:18sur place ?
11:19Ce n'était peut-être pas assez clair.
11:22Ils doivent peut-être passer par un certain nombre de votes aussi au Parlement,
11:26puisque là pour le coup Macron annonce un déploiement militaire français une fois qu'il y aura un accord de
11:31paix,
11:31mais il doit passer par le Parlement.
11:32Pour l'instant il a décidé seul de cette décision.
11:36Donc ça serait bien qu'il informe ses élus, et notamment le Parlement français,
11:43puisque encore une fois on est mis devant le fait accompli de cette décision,
11:48et qui risque d'avoir un impact durable sur la sécurité européenne.
11:53On sait qu'il y a une hausse des budgets militaires un peu partout en Europe,
11:57au nom de la menace russe, qui peut être révèle.
12:01On sait que le budget militaire russe est important, ils envahissent l'Ukraine.
12:04Mais aujourd'hui, plutôt que de se dire qu'il y a un cadre diplomatique qui s'ouvre pour négocier
12:09avec la Russie,
12:10on voit que le seul virage et la seule action qui est prise,
12:13c'est pour encore renforcer la présence militaire européenne, cette fois en Ukraine,
12:18c'est-à-dire aux portes de la Russie, alors que c'est précisément la cause,
12:22enfin en tout cas l'une des causes du conflit aujourd'hui, du conflit en Ukraine.
12:26Donc c'est-à-dire qu'on ne résout rien, on amène encore une fois de l'engrenage,
12:29et on répond à la force militaire par une autre force militaire.
12:33Donc à mon avis, le conflit risque de s'éterniser encore pendant de longs mois,
12:38si ce n'est de longues années, parce que les Russes préfèrent finalement une victoire sur le terrain,
12:43ou en tout cas une acceptation par les Ukrainiens de fait, suivant les perçés militaires qui se poursuivent,
12:50que finalement un accord de près qui ouvre la voie à une présence militaire,
12:55notamment de membres d'OTAN sur place en Ukraine.
12:58Je vous remercie.
12:59Merci à toi.
13:01Bonne journée.
13:01Bonne journée.

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