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  • il y a 1 semaine
Le ministère turc de la Justice a annoncé, vendredi 21 août, avoir émis un mandat d’arrêt international contre le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou et un autre responsable israélien dans le cadre d’une enquête sur l’interception de la « Global Sumud Flotilla » en mai dernier. Que peut changer cette procédure ? On fait le point avec Pierre Barbancey, grand reporter.

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Transcription
00:01La Turquie va-t-elle arrêter Benyamin Netanyahou ?
00:03C'est ce qu'aimerait le ministère turc de la justice qui a annoncé vendredi 21 août
00:07demander l'émission de notice rouge à son encontre et à celle d'un responsable israélien.
00:13En juillet, ils avaient émis un mandat d'arrêt international contre le Premier ministre.
00:17Mais concrètement, qu'est-ce que cette procédure peut changer ?
00:20Et est-ce que ce n'est pas un autre pavé dans la mare ?
00:21Alors Pierre Barbancé, tu es grand reporter à l'Humanité.
00:24Est-ce que déjà tu peux nous dire pour quelles raisons cette procédure a été faite ?
00:28Il y a un mandat d'arrêt international qui a déjà été émis par la Cour pénale internationale
00:34qui vise Benyamin Netanyahou en tant que Premier ministre israélien
00:39pour le crime de guerre et le crime contre l'humanité,
00:42qui visait son ex-ministre de la Défense du Afghalant
00:45et qui visait deux responsables du Hamas qui depuis ont été assassinés par l'Israël.
00:51Donc il y a deux responsables israéliens, dont Benyamin Netanyahou,
00:54qui sont sous le coup d'un mandat d'arrêt international de la Cour pénale internationale.
00:59Ce qui se passe, la Cour pénale internationale en elle-même n'a pas les moyens
01:03de faire appliquer son mandat qu'elle a émis, que la Cour pénale a émis.
01:10Et donc il y va du bon vouloir des 124 pays qui ont ratifié le statut de Rome
01:16dont est issue la Cour pénale internationale.
01:19Donc ce mandat d'arrêt demande à chaque pays de prendre ses propres responsabilités
01:26et de faire en sorte que si Benyamin Netanyahou vient sur son territoire
01:29ou franchit l'espace de ce territoire, tu vas voir pourquoi je dis ça,
01:35est censé l'arrêter.
01:37La Turquie a dû considérer que ce mandat d'arrêt pour l'instant
01:44n'avait pas permis d'une prestation de Benyamin Netanyahou
01:48puisque Benyamin Netanyahou s'est rendu à plusieurs reprises,
01:51notamment aux Etats-Unis,
01:53en tant que moment aux Etats-Unis,
01:55il s'est aussi rendu dans d'autres pays comme la Hongrie par exemple,
01:58quand la Hongrie était encore sous le joug de Victor Orban,
02:01donc l'extrême droite hongroise,
02:04l'extrême droite européenne,
02:07et que même en allant aux Etats-Unis,
02:08Benyamin Netanyahou a même franchi l'espace aérien français,
02:11donc selon lequel,
02:14et selon le mandat d'arrêt de la Cour pénale,
02:16la France aurait dû procéder à l'interception de l'avion
02:19qui est transporté Benyamin Netanyahou,
02:21le forcer à atterrir et l'arrêter
02:23pour application de ce mandat d'arrêt international.
02:26La France n'a rien fait.
02:29À certaines reprises,
02:30l'Israël n'a pas demandé l'autorisation à la France
02:32et donc n'a pas survolé à la France.
02:35À d'autres reprises, elle l'a fait
02:36et la France a dit oui.
02:39Donc on voit bien que ce mandat d'arrêt,
02:40malheureusement, n'est pas respecté.
02:42Donc la Turquie a décidé elle-même,
02:44via son ministre de la Justice
02:45et son ministre de l'Intérieur,
02:48d'émettre un mandat d'arrêt turc
02:51pour ce qui le concerne
02:53et en tant que pays,
02:54donc en tant que pays national,
02:56a demandé à Interpol
02:58d'émettre une notice rouge,
03:00c'est-à-dire que là non plus,
03:01ça n'est absolument pas contraignant,
03:03mais c'est demander aux polices
03:05des pays appartenant à Interpol,
03:07c'est-à-dire quasiment tous les pays du monde,
03:10à part un ou deux États, me semble-t-il,
03:14de donner des renseignements
03:15pour qu'ils peuvent permettre
03:17l'arrestation de Benyamin Netanyahou.
03:19La Cour pénale internationale
03:21n'a pas émis de notice rouge
03:22puisque son mandat d'arrêt à elle,
03:2524 pays qui ont signé le statut d'homme,
03:29équivaut aussi à une notice rouge.
03:32Donc il faut faire en sorte
03:33que les polices soient activées
03:35pour arriver à repérer le fugitif,
03:40comme on dit dans les annales de la police,
03:43et permettre l'arrestation.
03:45Donc c'est d'abord ça.
03:49C'est pourquoi la Turquie a fait ça.
03:52Et du coup, tu l'évoquais un petit peu,
03:54mais il y a déjà eu un mandat d'arrêt
03:56contre Benyamin Netanyahou.
03:57Qu'est-ce qu'on peut dire
03:58de l'efficacité de ces procédures ?
04:00Ce qu'on peut dire sur l'efficacité de ces procédures,
04:03évidemment, on peut faire un constat
04:04que Benyamin Netanyahou
04:05est toujours Premier ministre,
04:07il est toujours en Israël,
04:09il se déplace même de manière quasi normale,
04:13et même de manière en fait normale.
04:15Et donc on pourrait dire
04:16que bon, cette procédure ne sert à rien.
04:18En réalité, d'abord, ça ne sert pas à rien
04:21parce que ça veut dire
04:22qu'il y a encore un droit international qui existe,
04:25il y a encore une justice qui pourrait exister,
04:29mais ça met encore une fois
04:30les pays devant leur propre responsabilité.
04:32Si les pays comme la France, par exemple,
04:35ont signé le statut de Rome
04:38et donc sont partie prenante
04:40de la Cour pénale internationale,
04:42ne respectent pas les avis
04:44ou les demandes de la Cour pénale internationale,
04:48comme en l'occurrence ce mandat d'arrêt
04:50contre Benyamin Netanyahou,
04:51ils ont décidé de détruire
04:54cette Cour pénale internationale,
04:56de détruire le droit international.
04:58Pour d'autres pays,
05:00comme les États-Unis et Israël d'ailleurs,
05:02ils ont dès le dur refusé
05:03cette Cour pénale internationale
05:04et ne sont pas signataires du statut de Rome.
05:07Et donc, ils estiment qu'il n'aurait rien à faire avec ça.
05:11La réalité, elle est plus complexe,
05:13parce que si cette Cour pénale internationale
05:15ne servait à rien,
05:16si l'incident ne servait à rien,
05:18on ne verrait pas les États-Unis,
05:20notamment en pointe,
05:21pour essayer de passer,
05:24de détruire l'existence même
05:26de la Cour pénale internationale,
05:28et pas simplement,
05:29comme certains l'ont défendu,
05:30Benyamin Netanyahou.
05:31Bien sûr qu'en détruisant,
05:34en remettant en cause
05:35la Cour pénale internationale,
05:36en remettant en cause
05:37le droit international,
05:39ça sert à protéger,
05:40d'une certaine manière,
05:41Benyamin Netanyahou.
05:42Mais le but le plus profond
05:44de Donald Trump,
05:46c'est qu'il n'y ait plus
05:46ce droit international,
05:48qu'il n'y ait plus
05:48les structures internationales
05:50qui sont issues
05:51de la Deuxième Guerre mondiale de 1945,
05:54et que même l'ONU, en réalité,
05:56il n'en veut pas,
05:56il n'en veut plus.
05:57Quant à Israël,
05:58Israël est un pays
05:59qui n'a aucune des résolutions
06:01de l'ONU le concernant.
06:02Donc on voit bien
06:03qu'il y a quelque chose
06:03de beaucoup plus important
06:05à travers cette affaire-là,
06:07il y a quelque chose
06:07de beaucoup plus important
06:08qui est en train de se dessiner.
06:11Ça va basculer dans un sens
06:12ou ça va basculer dans un autre.
06:14Et donc on peut dire
06:14d'une certaine manière
06:16que l'INICET de la Turquie
06:18d'émettre un mandat d'arrêt national
06:20et la demande à Interpol
06:22d'une notice rouge
06:24c'est la Générale d'Interpol
06:26qui décidera
06:26si cette notice rouge
06:28est émise ou pas.
06:30Et de toute manière,
06:31même si cette notice rouge
06:32est émise,
06:33c'est chaque pays
06:34qui, en son âme et conscience,
06:36comme on dit,
06:36décidera d'y donner le support
06:38et donc de donner
06:39des informations
06:40sur le fugitif,
06:42puisque c'est comme ça
06:42que ça s'appelle,
06:43qui est sous le coup
06:45d'un mandat d'arrêt international.
06:47On verra pour la suite.
06:48En tout cas,
06:49ça permet de redire
06:50un certain nombre de choses
06:51puisque ce mandat d'arrêt,
06:53on ne l'a pas dit,
06:54mais ce mandat d'arrêt
06:54de la Turquie
06:55concerne ce qui se passait
06:57avec la flottie pour Gaza
07:00au mois de mai,
07:01où plusieurs centaines
07:02de militants
07:04qui essayaient
07:04de briser le blocus
07:06contre Gaza
07:07et pour des raisons humanitaires
07:09ont été
07:12arraisonnés
07:12par la marine
07:14militaire israélienne,
07:16ont été arrêtés
07:17et ont été soumis
07:18à des mauvais traitements,
07:19comme tous les témoignages
07:21l'ont montré,
07:22y compris
07:22de nombreux témoignages
07:24que nous avons publiés
07:25dans l'humanité.
07:27Et ce n'est pas la première fois
07:28que la Turquie,
07:29déjà,
07:29de toute façon,
07:30porte plainte contre Israël.
07:31Donc ça permet aussi
07:32de redire un peu les choses
07:34parce qu'on a tendance
07:35à oublier
07:35quelque chose
07:36s'est passé au mois de mai,
07:37on dit au mois d'août,
07:39c'est un peu oublié.
07:40Non, non,
07:41ça n'est pas oublié.
07:42Et le droit,
07:43et notamment le droit international,
07:44est sur le temps long.
07:46Il y a besoin de temps
07:47et il y a besoin aussi
07:48de rappeler
07:49un certain nombre de choses
07:50aussi pour éviter
07:51que ça se reproduise
07:52parce que rappelons quand même
07:54qu'il y a toujours
07:54un génocide en cours à Gaza
07:55et un nettoyage éthique
07:57en Cisjordanie
07:58et il y a occupation
07:59du Sud-Liban aujourd'hui
08:01et des bombardements israéliens
08:02en Syrie.
08:04Et du coup,
08:05c'est quoi les pensées
08:06derrière de Recep Tayyip Erdogan ?
08:08Pourquoi est-ce qu'il fait ça
08:09alors qu'il y a déjà
08:10un mandat d'Emi
08:11contre Benyamin Netanyahou ?
08:15Alors, d'abord je pense
08:16que Erdogan aujourd'hui
08:18est dans une phase ascendante.
08:22Il a pris un poids
08:26régional, international
08:28assez conséquent,
08:29notamment grâce à Donald Trump
08:32puisque tu sais
08:33que le dernier sommet de l'OTAN
08:35qui s'est tenu au mois de juin
08:36s'est tenu en Turquie,
08:39que Donald Trump
08:39a fait le déplacement
08:40et a déclaré
08:44qu'en fait
08:44il s'est rendu sur place
08:46parce qu'il voulait voir
08:47son ami Erdogan.
08:49Donc, d'une certaine manière,
08:50Trump a intronisé
08:53Recep Tayyip Erdogan,
08:55le président turc,
08:56dans la cour des grands,
08:58si je puis dire.
09:00Or, ça intéresse énormément
09:02évidemment la Turquie
09:03qui est un des prétendants
09:05au leadership régional
09:07au Moyen-Orient,
09:08leadership qui disputerait
09:10à l'Arabie Saoudite,
09:12donc pour les Sunnites,
09:14mais aussi à l'Iran.
09:16Donc, tout ça
09:17est assez intéressant.
09:17Quand je dis le disputer,
09:19ce n'est évidemment pas
09:20obligatoirement à coup de canon
09:21puisqu'il y a beaucoup
09:22de discussions
09:25qui sont en cours,
09:26beaucoup d'accords
09:27qui sont en train
09:27d'être passés,
09:28beaucoup de rencontres
09:29qui se font actuellement
09:31qui concernent
09:32ces trois pays,
09:33encore une fois,
09:34mais qui touchent
09:35par voie de conséquence
09:36d'autres régions
09:38et même un petit peu
09:39au-delà du Moyen-Orient
09:40puisqu'on voit bien
09:41qu'aujourd'hui,
09:41le Pakistan est lui-même
09:43impliqué dans l'ensemble
09:44de ces discussions,
09:45que ce soit sur celles
09:47concernant l'Iran
09:48et les États-Unis
09:49par rapport à la guerre
09:49qui est menée,
09:50le Pakistan jouant
09:51le rôle d'intermédiaire
09:54par rapport
09:54aux accords de paix
09:55possibles,
09:56mais le Pakistan
09:57est aussi dans le pacte
09:59qui vient d'être passé
09:59entre la Turquie
10:01et l'Arabie Saoudite,
10:02donc ces trois pays
10:03qui viennent de passer
10:04un pacte d'ordre sécuritaire
10:06dans lequel on dit maintenant
10:08qu'ils voudraient aussi
10:09intégrer l'Iron.
10:10Donc beaucoup de choses
10:11sont en train de se passer.
10:12En prenant cette initiative
10:14de démettre un mandat
10:16d'arrêt contre Benjamin Netanyahou,
10:18il est clair que
10:20Recep Tayyip Erdogan
10:21se positionne
10:22comme étant un des leaders
10:24de ce monde musulman,
10:27l'Arab, puisque Turc,
10:28mais du monde musulman,
10:30qui entend contrecarrer
10:32la puissance
10:33et l'impérialisme israélien
10:35dans la région,
10:36y compris à ses fins propres
10:37et pour ça,
10:38il manœuvre de manière,
10:39il faut le dire,
10:39assez intelligente.
10:41Alors, le bureau
10:42de Benjamin Netanyahou
10:43a réagi,
10:44je vais te lire
10:44leurs communiqués.
10:45Ils ont qualifié
10:46le président turc,
10:47donc Erdogan,
10:48je cite,
10:49« dictateur antisémite »,
10:51en rajoutant
10:52il a massacré des Kurdes,
10:53abrite des terroristes
10:54du Hamas,
10:55occupe la moitié de Chypre
10:56et emprisonne
10:57un nombre record
10:57de journalistes
10:58et de responsables politiques
10:59qui s'opposent à lui.
11:00Il cherche maintenant
11:01à étendre son agression
11:02contre Israël.
11:03Donc voilà pour le communiquer.
11:04Pierre, est-ce que tu peux
11:05nous expliquer, du coup,
11:06quelles sont les relations
11:07entre la Turquie et Israël ?
11:12Alors, c'est une très bonne question
11:14parce que si on écoute
11:16les déclarations israéliennes
11:17maintenant,
11:17évidemment,
11:19l'initiative turque
11:21de démettre un mandat d'arrêt
11:22contre Netanyahou
11:23ne plaît pas
11:24au gouvernement israélien.
11:25Je pense que ça plaît
11:26à un certain nombre
11:26d'Israéliens quand même,
11:28il faut le dire,
11:29mais ça ne plaît pas
11:29au gouvernement israélien.
11:31Et donc, il y a cette réplique
11:32et des déclarations
11:33qui ont été faites
11:33que tu viens de le citer.
11:35Alors, sur l'antisémitisme,
11:36je ne sais pas
11:37parce que de toute manière,
11:38dès qu'une critique
11:39est émise
11:39contre Benyamin Netanyahou,
11:41lui,
11:41ses biens d'extrême droite
11:43crient l'antisémitisme.
11:44Par contre,
11:46ce n'est pas parce que
11:48Erdogan
11:48a pris ce type
11:50de mandat d'arrêt
11:51contre Benyamin Netanyahou
11:53et dénonce la politique israélienne,
11:55ce n'est pas pour ça
11:55qu'il faut donner
11:56un blanc-seing
11:57à Erdogan
11:58sur la politique
11:59qu'il mène au pays
12:00et de manière régionale.
12:02Parce qu'il est vrai
12:03qu'Erdogan
12:04a toujours combattu
12:06les Kurdes,
12:06même si aujourd'hui,
12:07il y a un processus
12:09qui n'est pas court,
12:10mais c'est un processus
12:11qui aurait pu démarrer
12:12depuis des années
12:13et des années,
12:14alors que ça s'est traduit
12:15par des opérations
12:16militaires turques
12:17dans les hommes Kurdes
12:18depuis très très longtemps.
12:20Ça a été un soutien
12:21de la Turquie
12:22aux combattants djihadistes
12:24d'Al Qaïda,
12:26de l'État islamique
12:28et d'autres
12:29qui sont passés
12:31par le territoire turc
12:32pour aller combattre
12:33les Kurdes
12:34sur le territoire syrien.
12:35On voit bien
12:36qu'aujourd'hui,
12:37le président syrien
12:38qui est en place,
12:38Ahmed Al-Shara,
12:39qui vient d'Al Qaïda,
12:41qui est un ancien djihadiste
12:42ou qui est un djihadiste
12:43est totalement soutenu
12:44par la Turquie.
12:46Bon, ça,
12:47c'est la réalité vraie.
12:49Les relations
12:50entre Israël
12:51et la Turquie
12:52n'ont pas toujours été
12:53aussi orageuses
12:54que ça
12:54et les déclarations
12:57ne font pas
12:57non plus toujours
12:58ça fait du tonnerre,
13:00ça fait des éclairs,
13:01mais ça ne fait pas
13:01non plus toujours
13:02des inondations
13:03parce qu'il y a eu
13:05des moments
13:06où la Turquie
13:07et Israël
13:07ont eu des très bonnes relations
13:08par la fois,
13:09notamment par exemple
13:10sur les drones.
13:10Aujourd'hui,
13:11tout le monde reconnaît
13:12la capacité de la Turquie
13:13à fabriquer des drones
13:15très performants,
13:16des drones militaires,
13:17des drones tueurs
13:19très performants,
13:20mais ça vient aussi
13:21de la collaboration
13:22qu'il y a eu
13:22entre la Turquie
13:23et Israël.
13:24et quand la Turquie
13:26en était encore
13:27au balbutiement
13:28de la construction
13:30de ses propres drones
13:31avec l'aide
13:32de techniciens israéliens,
13:35les réparations
13:35se faisaient
13:36en Israël même.
13:37Et quand il y avait
13:38un peu de tension,
13:39la rétention israélienne
13:41était de retenir
13:42ces drones
13:43et de ne pas
13:44les livrer à nouveau
13:44une fois réparés
13:45à la Turquie.
13:46Mais le plus important
13:47aussi et surtout,
13:49c'est qu'en Turquie,
13:49évidemment,
13:50se trouvent
13:51les sources
13:52de Tigre
13:54et de l'Euphrate
13:54qui détient le robinet,
13:56détient un pouvoir
13:58incommensurable
13:59dans cette région.
14:00Et donc,
14:01au-delà
14:01de ce qui s'est passé,
14:03y compris
14:04des bombardements
14:04qui a eu en Syrie
14:05sur une base
14:06que les Israéliens
14:08accusaient
14:08de vouloir accueillir
14:09des soldats turcs,
14:10ce que nie la Turquie,
14:12pour l'instant,
14:13les choses en sont
14:13en plus vôt
14:14de déclarations
14:15que de véritables affrontements.
14:18Et depuis des décennies,
14:20c'est un petit peu
14:20comme ça
14:20entre la Turquie
14:21et l'Israël.
14:23D'accord.
14:24Donc,
14:24les deux pays
14:24ont une relation
14:25assez conflictuelle.
14:27Est-ce qu'on assiste
14:28aujourd'hui
14:28à une justice internationale
14:30à deux vitesses ?
14:31Selon que le dirigeant visé
14:33est un allié
14:34ou un adversaire,
14:36est-ce qu'il y a
14:36une justice à deux vitesses ?
14:40Alors,
14:41il est évident
14:42que la justice internationale,
14:45non pas dépend,
14:46mais,
14:48comment dire,
14:49est évidemment
14:50marquée
14:50par les rapports
14:51de force internationaux
14:52et qu'aujourd'hui,
14:55notamment avec
14:55l'avènement
14:56et la venue
14:58sur l'échiquier
15:00international
15:01de ce qu'on appelle
15:01le sud global,
15:03notamment les BRICS,
15:04cette réunion
15:06de nombreux pays,
15:07les îles Russie,
15:08Inde,
15:09Chine,
15:10Afrique du Sud,
15:11dans lesquels se jouent
15:11maintenant
15:11de nombreux autres pays,
15:13dont l'Arabie saoudite
15:14et d'autres sont aujourd'hui
15:15en attente
15:16d'entrer dans ces BRICS.
15:18Évidemment,
15:18ce rapport de force
15:19est un peu en train
15:20de changer
15:20et que ce qu'on appelait
15:21le monde occidental,
15:22le nord global,
15:23pour aller vite,
15:25sent bien que le pouvoir
15:26qui devait installer
15:27au lendemain
15:27de la Seconde Guerre mondiale
15:29est aujourd'hui
15:31remis en cause.
15:32Il pensait,
15:33après la chute
15:34du mur de Berlin
15:34en 1989,
15:36la disparition
15:36de l'Union soviétique
15:37et des pays socialistes,
15:39notamment d'Europe,
15:40il pensait que
15:40l'histoire
15:41était terminée,
15:42comme ça avait été dit,
15:44qu'un grand boulevard
15:44s'ouvrait devant elle.
15:46Ça n'est absolument
15:47pas le cas
15:48car on voit bien
15:49que les peuples
15:49aujourd'hui se rebiffent
15:51et donc le droit international
15:52c'est aussi
15:53un objet
15:54qui est politique
15:55et qui doit être
15:58entre les mains
15:58des peuples.
15:59C'est au peuple
15:59de les faire respecter
16:01parce qu'autrement,
16:02évidemment,
16:03les grandes puissances,
16:03les puissances financières,
16:05les puissances capitalistes
16:07vont faire en sorte
16:08que les leurs
16:09ne soient pas jugées.
16:10C'est d'ailleurs pour ça
16:11que les États-Unis
16:11n'ont pas ratifié
16:12le statut de Rome
16:13et ne se sentent pas
16:15liés par la Cour pénale internationale
16:17alors que le droit international
16:19donne la possibilité
16:20à la Cour pénale internationale
16:22pour les ressortissants
16:24américains,
16:25états-uniens
16:26ou israéliens
16:27puisqu'Israël n'a pas signé
16:28non plus,
16:29leur donne la possibilité
16:30de les poursuivre
16:31et d'émettre des mandats d'arrêt
16:32et de les poursuivre
16:33et de les arrêter.
16:34Et donc,
16:35effectivement,
16:37on dirait que
16:38si vous êtes
16:39d'un pays d'Afrique,
16:42on peut facilement
16:43vous traquer,
16:43vous arrêter,
16:44vous mettre en prison
16:45ou si vous ne faites pas partie
16:47effectivement
16:47du camp
16:48des puissances,
16:50on peut vous
16:51mettre en prison
16:52mais dès qu'on touche
16:54à un dirigeant
16:55qui fait partie
16:57du gratin capitaliste,
16:59alors là,
16:59c'est des cris d'orfraie
17:00en disant
17:01ça n'est pas possible,
17:03ça n'est pas normal,
17:04on trouve toujours
17:05mille et mille explications.
17:06Donc,
17:07oui,
17:07effectivement,
17:08aujourd'hui,
17:08il y a ce danger qui existe,
17:10la preuve
17:11par les attaques
17:13continuelles
17:13des États-Unis,
17:15notamment contre les juges
17:16de la Cour pénale internationale,
17:18contre la nouvelle présidente,
17:19contre l'ancien procureur
17:20contre les juges aujourd'hui,
17:22dont un juge français
17:23dont il n'a pas pu utiliser
17:25leur carte de crédit,
17:26dont les comptes sont bloqués,
17:27etc.
17:28Donc,
17:29oui,
17:30il y a ce danger
17:31qui existe
17:32et qui est même,
17:32pas qui existe,
17:34qui est que vivent
17:36certains.
17:37D'accord,
17:37merci beaucoup Pierre Barbancé,
17:39on rappelle que tu es
17:40grand reporter à l'Humanité
17:41et que tes articles
17:42sont à retrouver
17:42sur notre site.
17:52et qui est un peu plus
17:55que tu es un peu plus

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