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Alors que le corps de la collégienne de 11 ans a été retrouvé dans le Gers, le garde des Sceaux met en cause l’institution judiciaire et envisage l’instauration de sanctions, au mépris du manque de moyens alloués. Analyse avec Alexandre Fache et Aurélien Soucheyre.

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00:01Aujourd'hui, on va parler de la mort de Liana, collégienne de 11 ans dont le corps a été
00:05identifié vendredi. Sa mort provoque une grande émotion et une immense indignation dans le pays.
00:10Pourquoi ? Parce que le principal suspect, Jérôme Barrella, était déjà connu des services de police.
00:16Neuf affaires sont désormais comptabilisées à son encontre, dont des plaintes pour viol sur mineurs.
00:21La justice se trouve accusée, y compris par le gouvernement, de ne pas avoir fait son travail.
00:25Le gouvernement, lui, est accusé d'avoir ignoré les alertes et les appels à l'aide de la justice,
00:29face au manque de moyens humains et budgétaires depuis des années, qui lui manque pour pouvoir
00:33remplir son rôle. Hier, une marche blanche a été organisée à Florence, dans le Gers, avec pour mot
00:38d'ordre, plus jamais ça. Alexandre Fache, pour commencer, est-ce que tu peux nous raconter ce que
00:43l'on sait de l'affaire, l'enquête, l'enlèvement, les faits et le profil du principal suspect ?
00:49Oui Aurélien, bien sûr, cette affaire commence le 29 mai à Florence, dans le Gers, où on apprend
00:55la disparition de la jeune Liana. Elle aurait été vue à ce moment-là dans le véhicule d'un homme
01:01de 41 ans,
01:02dont on ne connaît pas tout de suite l'identité, à la sortie du collège. On apprendra ensuite que cet
01:09homme,
01:10c'est Jérôme Barrella. Il est mis en examen le 1er juin. L'enquête se poursuit, les recherches de la
01:20jeune fille
01:20se poursuivent. Elle est malheureusement retrouvée. En tout cas, un corps est retrouvé près d'un silo
01:25agricole, une coopérative pour laquelle Jérôme Barrella avait travaillé auparavant. Et le lendemain du 4 juin,
01:33le corps est officiellement identifié. C'est bien celui de la jeune Liana. Et dans cette affaire,
01:39ce qui pose le plus de questions, ce qui va créer vraiment un scandale national, c'est le profil de
01:46cet homme
01:47et le fait qu'il était l'objet de plusieurs signalements, plaintes précédemment, qui n'ont pas
01:53toutes été traitées forcément avec célérité. En 2017, il y a un premier signalement qui est fait
02:00auprès de la gendarmerie pour une relation avec une mineure de 17 ans. Lui, on a alors 33. Cette procédure
02:08va être classée. En 2021, on apprend aujourd'hui qu'il a été licencié d'émite ses fonctions de son
02:17poste
02:17d'agent d'entretien dans un établissement scolaire de Lectour. C'est juste à côté de Florence pour des
02:23comportements inappropriés. 2022, une plainte pour viol sur une enfant de 7 ans, classée en 2024 pour
02:32une infraction insuffisamment caractérisée. Et enfin, le 22 août 2025, c'est peut-être la plainte
02:39qui pose aujourd'hui le plus de questions, même si toutes les autres vont être questionnées et examinées
02:45aujourd'hui à la lumière de ce drame. Une plainte pour viol présumé commis entre 2024 et 2025 sur une
02:53mineure de 12 ans. Voilà, c'est cette procédure et la façon dont elle a été menée qui interroge aujourd
03:01'hui
03:02l'enfant a été entendu très vite, quelques jours après le dépôt de plainte entendue par les enquêteurs.
03:09En septembre, des examens médicaux confirment la présence de lésions. Mais en fait, les gendarmes
03:18qui ont été saisis de ce dossier en février, dans leur transmission, quand ils rendent compte à la
03:25justice de leur enquête, à ce moment-là, ils n'ont toujours pas entendu Jérôme Barrella, ce qui pose
03:32question, interroge, suscite des critiques. Il y a eu des retards pris dans toute cette procédure.
03:41C'est d'abord Toulouse qui est saisi. Puis comme Jérôme Barrella habite dans le Gers, c'est la procureure
03:49du Gers qui est saisie, transmissions qui se font par courrier. Ça paraît un peu désuet qu'il n'y
03:55ait pas eu
03:56un coup de fil, des transmissions par mail. Mais voilà, tout ça se fait par courrier.
04:01Ça prend beaucoup de temps, crée beaucoup de retard, alors que le profil de cet homme, compte tenu des faits
04:09dénoncés là, plus de ses antécédents, aurait sans doute dû conduire à quelque chose de beaucoup plus rapide.
04:17Et en tout cas, au fait, qu'il soit entendu beaucoup plus rapidement. Voilà. Sur ça, le ministre de la
04:23justice,
04:24en lien avec son collègue de l'intérieur, Laurent Nunez, a demandé une inspection générale de la justice,
04:29une inspection générale de la gendarmerie. Donc il va y avoir une enquête sur tout ça. On en saura plus.
04:34Mais c'est vrai que Gérald Darmanin, aujourd'hui, depuis plusieurs jours maintenant, s'est énormément défaussé
04:42sur ses services en promettant des sanctions s'il y avait eu des défaillances.
04:48Enfin, lui dit qu'il y a eu des défaillances, des dysfonctionnements et qu'en gros, il va trouver les
04:52coupables
04:52dans cette affaire. Voilà. Le problème, c'est qu'il insiste sur le fait que ce sont des coupables,
04:58peut-être un ou deux, et pas du tout un problème systémique. Alors que les acteurs de la justice,
05:05les acteurs de la protection de l'enfance, les défenseurs des femmes victimes de violences savent
05:10qu'il y a un problème systémique, un problème de moyens, même si le chef de l'État le nie
05:15et proclame
05:16qu'il n'existe pas. Oui, parce que la grande question qui se pose, c'est comment est-ce qu
05:20'on a pu en arriver
05:21là, avec cette chaîne de dysfonctionnement ? Très vite, tu l'as dit, Gérald Darmanin, le garde des Sceaux,
05:25le ministre de la justice, a estimé que la justice n'avait pas fait son travail. Il s'est dit
05:29furieux et il s'est dit
05:31terrifié, un peu comme s'il découvrait la situation, et il a estimé qu'il s'agissait, je cite,
05:36d'un immense échec et il fustige des dysfonctionnements accablants. Alors plusieurs responsables
05:41politiques ont appelé à sa démission, mais lui préfère charger la justice, cela dit, et il dit,
05:45je cite, l'argument des moyens n'est pas un bon argument. Il dit aussi, l'indépendance des magistrats,
05:51ce n'est pas l'irresponsabilité. Alors sur la question des moyens, Alexandre, qu'en est-il ? Est-ce
05:56qu'en France,
05:56nous avons un problème systémique qui nuit à la protection des enfants et qui limite la protection
06:01devant les personnes potentiellement dangereuses ? Alors oui, il y a un problème de moyens.
06:05C'est vraiment difficile de dire autre chose. Peut-être le ministre se retranchera devant
06:12les décisions qui ont été prises sur les derniers budgets. Effectivement, le budget de la justice
06:18est reparti à la hausse. Effectivement, il y a eu des promesses d'embauche et des embauches qui vont
06:22se faire de nouveaux magistrats, 1 500, de nouveaux greffiers, 1 800. Tout ça est vrai, sauf que former
06:30des magistrats, former des greffiers, ça prend du temps et que là, la justice fait face d'ores et
06:36déjà à une explosion du nombre de plaintes dans ces affaires de violences intrafamiliales, dans ces
06:42affaires de violences sexistes et sexuelles et que la justice est submergée. Ça, ce n'est pas moi qui le
06:47dis, c'est la procureure générale près de la cour d'appel de Paris qui l'a dit encore à
06:52l'audience de
06:53rentrée en début d'année. En présence du ministre, elle a dit, elle a parlé d'une submersion de
06:58l'institution judiciaire parce que le nombre de plaintes explose. Le nombre, par exemple, de
07:06le nombre de victimes de violences conjugales a été multiplié par deux entre 2014 et 2024. Le
07:12nombre de plaintes pour ce type de fait a été multiplié par trois. Pour les violences sexuelles,
07:17pareil, le nombre de plaintes a été multiplié par trois. On est passé de 59 000 à 154 000.
07:23Donc, c'est une véritable explosion. Tout ça est évidemment lié au mouvement MeToo et à la
07:29libération de la parole. Et tout le monde s'en félicite, je pense à peu près tout le monde,
07:34sauf que l'institution a beaucoup de difficultés à faire face à tout ça. Dire la France est sous-dotée
07:42et sa justice est sous-dotée. Ça n'est pas une vue de l'esprit. Il y a des institutions
07:47qui
07:47vérifient ça, qui évaluent ça, qui comparent avec ce que la France investit pour la justice avec ses
07:53voisins européens. Par exemple, une institution qui s'appelle le CPEJ, la Commission européenne pour
07:58l'efficacité de la justice. Elle publie des rapports réguliers. Et dans son dernier rapport, son rapport
08:04de 2024, elle pointe que la France consacre 77 euros par habitant à sa justice quand la médiane
08:11européenne est de 85. Quand l'Espagne, par exemple, citée en exemple fréquemment pour son action contre
08:18les violences sexistes et sexuelles, elle est à 97 euros, l'Italie 100, l'Allemagne 136, l'Autriche
08:24141. Donc voilà, on voit que la France est à la traîne dans cet investissement en termes de justice.
08:32Ça a un impact également sur le nombre de magistrats pour 100 000 habitants. En France, c'est 11,3.
08:39L'Italie 12,2. La Belgique 14. L'Allemagne 24. Donc voilà, on est encore en retard aujourd'hui.
08:47Peut-être qu'on va rattraper ce retard si on continue budgétairement à renforcer cette justice.
08:54Mais pour l'instant, on n'est pas en mesure de faire face. Donc il peut y avoir ce type
08:59de défaillance,
09:00de drame qui ne sont pas que des défaillances individuelles. C'est aussi un dysfonctionnement
09:06collectif et qui, voilà, dont la responsabilité est éminemment politique.
09:11D'autres chiffres pour voir le problème dans toute son ampleur. Le syndicat de la magistrature
09:17estime que les responsabilités sont avant tout politiques parce que le syndicat liste
09:22que 160 000 enfants sont agressés sexuellement chaque année en France. 50 % des juges des
09:27enfants suivent 450 situations au lieu des 325 qui sont censés suivre pour travailler
09:32efficacement et convenablement. Autre chiffre éloquent et assez catastrophique,
09:3877 % des juges des enfants disent avoir déjà renoncé à placer des enfants en danger
09:44en raison du manque de place en lieu adapté. Il y a aussi des recommandations de la civise
09:49qui sont peu suivies. L'office chargé de lutter contre les infractions les plus graves
09:53commises contre les mineurs estime qu'il y a une centaine d'enquêteurs pour 700 signalements
09:57par an. Et tout à l'heure, tu parlais des magistrats, Alexandre. Il y a aussi les procureurs.
10:02La France décroche vraiment ce qui concerne le nombre de procureurs par habitant en Europe
10:06puisqu'il y a quatre fois moins de procureurs en France que dans la moyenne européenne.
10:11Et la France est même 43e sur un classement de 44 pays concernant le nombre de procureurs
10:16par habitant. La France a même été condamnée d'ailleurs en avril 2025 par la Cour européenne
10:21des droits de l'homme pour défaillance. Oui, ce nombre de procureurs, la quatre fois
10:25moindre que la moyenne européenne. L'union syndicale des magistrats qui vient d'écrire
10:30à Gérald Darmanin, lui a rappelé noir sur blanc ces chiffres qui sont difficilement contestables.
10:38L'USM, on le voit ici, ce courrier qui parle de transparence, responsabilité et moyens
10:45de la justice. Oui, il utilise ce terme des moyens, n'en déplaise au chef de l'État
10:50et à Gérald Darmanin, qu'il reproche d'écarter la dimension systémique de ce drame.
11:00Il rappelle des choses très concrètes. La difficulté à utiliser le logiciel Cassiopée,
11:07c'est sur la deuxième page Aurélien, qui est inadaptée parce qu'il ne croise pas
11:13les informations utiles avec les systèmes d'alerte. Il rappelle que la numérisation
11:19des procédures pénales n'inclut pas les affaires criminelles. Il rappelle la saturation
11:25des choses très, très, très concrètes, la saturation des standards téléphoniques.
11:30Voilà, c'est tout un tas de réalités que Gérald Darmanin évacue d'un revers de main,
11:37d'un trait de plume. Il rappelle aussi, ça c'est sur la première page,
11:42le nombre de circulaires prises par Gérald Darmanin en 2025 et 2026,
11:51depuis son arrivée place Vendôme, 64 en 2025, 50 en 2026.
11:56Donc aujourd'hui, il dit que oui, oui, j'ai fait de la lutte contre le narcotrafic
12:00et des violences sexuelles, en gros, les deux priorités de mon ministère.
12:04En réalité, il y a 64 circulaires en 2025, 50 en 2026.
12:08Voilà, clairement, dans toutes ces circulaires, chaque contentieux devient une priorité.
12:15Et donc, les magistrats sont submergés, en fait, par cette accumulation de priorités
12:20qui n'en sont plus.
12:21Il y a eu une réaction aussi du syndicat de la magistrature.
12:24Oui, dès vendredi dernier, qui pointe aussi, enfin, le syndicat de la magistrature,
12:29comme beaucoup d'acteurs de la protection de l'enfance et de la protection des femmes victimes de violences,
12:39alertent depuis des années et des années sur les difficultés de l'institution judiciaire
12:45face à ce contentieux.
12:47Un tournant MeToo qui n'a pas été complètement pris par l'institution judiciaire.
12:53Bon, c'est ce que rappelle le syndicat de la magistrature, mais les associations féministes aussi le disent.
12:59Elles constatent, par exemple, Anne-Cécile Maeffer, qui est la présidente de la Fondation des femmes,
13:06constatent de légers progrès dans la prise en compte, par exemple, des violences conjugales,
13:11des violences intrafamiliales, mais une sorte de surplace terrible sur les violences sexistes et sexuelles.
13:18Et là-dessus, pour l'instant, on n'y arrive pas et l'institution vraiment a du mal à prendre
13:24en charge tout ça.
13:25Alors Emmanuel Macron, le président de la République, comme Gérald Darmanin, le ministre de la Justice,
13:29ne veut pas entendre parler des moyens. On va tout de suite voir sa réaction.
13:37Moi, je ne veux entendre aucun argument de moyens dans cette affaire.
13:40Parce que depuis 2017, j'invite chacun à regarder les moyens qui ont été mis dans la gendarmerie, dans la
13:45justice.
13:45Donc c'est une question de réponse, de fermeté, d'organisation, de responsabilité.
13:53Alors, il est à la fois totalement tort et pas tout à fait tort.
13:57Oui, il y a eu deux nouveaux moyens qui ont été mis dans l'institution judiciaire.
14:04On en a parlé déjà.
14:05Ces créations de postes, de magistrats, de greffiers.
14:08Et c'est clair, on ne va pas le cacher.
14:11Et c'est une bonne nouvelle.
14:12Sauf que ça répond à peine, en fait, à des années, voire des décennies de coups clairs dans l'institution.
14:20Et en gros, pas seulement l'institution judiciaire, mais entre autres, des coupes claires qui ont commencé,
14:29notamment sous le quinquennat Sarkozy, le non-remplacement des fonctionnaires partant en retraite.
14:34On s'en souvient.
14:35Et ça a touché de plein fouet la police, ça a touché de plein fouet la justice et la magistrature.
14:43Et on paye encore aujourd'hui ces choix.
14:45Donc aujourd'hui, là, on est en train de, avec ces augmentations de postes, de compenser un tout petit peu
14:53ça.
14:53Mais sauf qu'on fait face à une explosion du nombre de plaintes, du nombre de procédures.
14:58Il y a un nombre de dossiers en souffrance monumentale qui grossit et qui préoccupe l'institution judiciaire.
15:04Résultat, Gérald Darmanin, il prend des circulaires aussi pour dire
15:09est-ce que c'est possible de traiter en un jour ce type de dossier ?
15:13L'humanité l'a révélé en début d'année.
15:15Une circulaire qui demandait à ce que, autant que faire se peut,
15:21les cours criminels départementales, c'est-à-dire les cours qui jugent des faits de viol en très grande majorité,
15:27tiennent leurs audiences en un jour.
15:29Et ça, c'est impossible quand on demande à des avocats et des magistrats
15:34si c'est possible de tenir en un jour ce type de dossier.
15:38« Ça n'est pas possible ».
15:40C'était une des demandes du ministre de la Justice qui, en fait, là,
15:47applique une logique gestionnaire, c'est-à-dire qu'il a des dossiers en souffrance d'un nombre très conséquent,
15:53du coup des délais d'endiossement très conséquents.
15:57Aujourd'hui, on sait qu'une femme qui porte plainte pour des faits de viol
16:02doit attendre en moyenne six ans avant de voir le début de son procès.
16:05Le début, donc ce n'est pas six ans avant la réponse de la justice, c'est six ans après.
16:10Oui, voilà, six ans avant d'avoir le début de son procès,
16:13qui ne va pas durer très très longtemps, si on en croit Gérald Darmanin,
16:16mais donc ensuite, ça donne une première décision qui est susceptible d'appel.
16:20Donc c'est vraiment des années de bataille judiciaire.
16:24On peut comprendre dans ces conditions que certaines renoncent à porter plainte
16:29et à entrer dans des bagarres aussi longues.
16:33Voilà, et surtout le problème, c'est que ce n'est pas en invitant ou en demandant au procureur
16:39de tenir ce type d'audience en une seule journée
16:41qu'on va réduire ces délais d'audiencement.
16:43Tout le monde en est conscient et tous les acteurs du monde judiciaire en sont conscients.
16:49Et on risque de mal rendre la justice par ailleurs ?
16:51Oui, alors clairement, une des solutions avancées par Gérald Darmanin
16:56pour essayer de répondre à cet objectif gestionnaire,
17:00ça a été le plaidé coupable criminel.
17:02C'est au cœur théoriquement de son dernier texte de loi
17:06qui doit arriver bientôt à l'Assemblée.
17:09Donc plaidé coupable criminel, c'est des affaires qui seraient réglées
17:14un peu dans un bureau discret, entre procureurs mis en cause,
17:18les victimes si elles donnent leur accord,
17:20et qui ne donneraient pas lieu à un procès.
17:22Or, on sait que les procès, ça peut être très important pour les victimes.
17:26C'est douloureux, mais c'est aussi une façon de solder une histoire et d'avancer.
17:32Donc c'est très douloureux d'avoir à les attendre six ans ou plus.
17:36Mais ne pas les avoir peut être aussi très douloureux.
17:39Donc voilà, ce plaidé coupable criminel a fait l'objet de nombreuses critiques.
17:44Et donc Gérald Darmanin a annoncé qu'il ne serait pas finalement appliqué
17:49aux procédures et aux contentieux pour violences sexistes et sexuelles.
17:54Bon, c'est une première avancée suite à la mobilisation de beaucoup d'acteurs là-dessus.
17:59Voilà, on va voir la suite.
18:02Et concernant l'affaire Liana, il y a eu de nombreuses réactions politiques.
18:05On l'a dit, il y a notamment Bruno Rotaillot,
18:07qui est le président des Républicains,
18:09et le candidat des Républicains à la présidentielle,
18:11qui veut créer une cour disciplinaire pour sanctionner les magistrats.
18:16Pourquoi pas sanctionner les ministres ?
18:18Dominique de Villepin, lui, propose la création d'un parquet
18:21pour les violences faites aux femmes et aux enfants.
18:23Et la plupart des élus et dirigeants de gauche
18:27appellent à renforcer les moyens humains et budgétaires de la justice
18:30pour lui permettre de mieux faire son travail,
18:33le faire mieux, le faire plus vite,
18:36sans délai, sans embouteillage et sans délai aussi long.
18:38La question sera sans doute au cœur des questions gouvernement
18:41demain à l'Assemblée nationale.
18:42Et d'ailleurs, il y a des textes de loi qui existent
18:45et qui attendent d'être adoptés.
18:46Oui, alors pas sur des créations de cours disciplinaires.
18:51La droite, c'est peut-être à ça qu'on la reconnaît.
18:54Mais je pense qu'il ferait mieux de se pencher sur les textes
18:56qui sont à la disposition des parlementaires.
18:59Par exemple, il y a une proposition de loi intégrale
19:01pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles
19:03qui a été déposée en décembre.
19:06Elle attend depuis d'être mise à l'ordre du jour.
19:10J'ai vu qu'elle, Bronpivet, aujourd'hui,
19:12avait indiqué qu'elle voulait la mettre à l'ordre du jour.
19:15C'est mieux votard que jamais.
19:18Elle est disponible depuis décembre.
19:20Donc si c'est une priorité, peut-être qu'on aurait pu trouver
19:22dans l'agenda parlementaire moyen de la discuter.
19:26Peut-être que le gouvernement aurait pu s'en emparer.
19:28C'est le type de sujet quand même qui doit pouvoir faire l'objet d'un consensus.
19:34Voilà, pourquoi pas d'un vote à l'unanimité.
19:37Mais en tout cas, ce texte attend.
19:40Et puis, il y a des associations qui réclament cette loi.
19:45C'est la coalition féministe pour une loi intégrale.
19:49Elle a prévu ce lundi soir un rassemblement devant le ministère de la Justice
19:54et devant de nombreux tribunaux en France pour réclamer des avancées législatives
20:00face à une défaillance systémique.
20:03Voilà.
20:03Donc, il réclame précisément cette loi intégrale.
20:05Donc, plutôt que de créer des cours disciplinaires pour les magistrats
20:09ou je ne sais quoi,
20:12concentrons nos efforts sur ce type de texte et ce type d'avancée.
20:16J'entendais encore ce matin Anne-Cécile Maéfer de la Fondation des Femmes,
20:22Arnaud Gallet de Mouvement Mouve Enfant,
20:25dire leur désarroi face au drame qu'a traversé Liana.
20:31Parce que précisément, ce type de texte aurait été de nature
20:34à prévenir un drame comme celui-là.
20:38Donc, voilà, de devoir faire face aujourd'hui à des drames pareils,
20:42alors qu'il y a des propositions concrètes pour améliorer la protection des enfants,
20:47pour améliorer la façon dont s'exerce la justice.
20:52Voilà, c'est vraiment terrible, j'imagine,
20:56de devoir constater cet immobilisme politique sur ce type de sujet.
21:03À voir si ce drame tragique, très malheureux,
21:08va donner lieu à un débat public et politique d'ampleur.
21:12Une prise de conscience générale sur le manque de moyens,
21:16trouver des solutions pour que la justice fonctionne
21:19et les moyens de fonctionner.
21:21D'autant plus qu'avec la présidentielle,
21:23peut-être que des solutions seront proposées par les candidats dans leur programme.
21:27On suivra ça, bien sûr, sur l'humanité.
21:28Merci à toutes et à tous et à très vite.
21:30Sous-titrage Société Radio-Canada
21:36Sous-titrage Société Radio-Canada
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