- il y a 8 heures
L’immense historien a bouleversé notre façon d’enquêter sur l’histoire pour mieux l’écrire et la comprendre. Tout en affrontant son siècle : soldat des tranchées, intellectuel spolié par Vichy parce que juif, résistant torturé et assassiné par la Gestapo. Il entre ce 23 juin, avec sa femme Simonne Vidal, dans le temple de la République.
Récit avec Aurélien Soucheyre et Émilio Meslet.
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00:00 Introduction : Marc Bloch entre au Panthéon
00:07:56 Pourquoi Emmanuel Macron panthéonise Marc Bloch
00:10:26 Sarah Knafo, RN et débat sur les invitations
00:14:04 À quoi sert le Panthéon aujourd’hui ?
00:21:29 Manouchian et les contradictions du macronisme
00:29:30 Faut-il un consensus pour entrer au Panthéon ?
Récit avec Aurélien Soucheyre et Émilio Meslet.
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00:07:56 Pourquoi Emmanuel Macron panthéonise Marc Bloch
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00:14:04 À quoi sert le Panthéon aujourd’hui ?
00:21:29 Manouchian et les contradictions du macronisme
00:29:30 Faut-il un consensus pour entrer au Panthéon ?
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00:01Il est le sixième panthéonisé d'Emmanuel Macron. L'historien, résistant, tué par les nazis, Marc Bloch, s'apprête à
00:08entrer sous la coupole de la Nécropole Nationale,
00:10où figurent déjà Rousseau et Voltaire, Victor Hugo et Jaurès, Marie Curie et Simone Veil, Missak Manoukian, ou encore André
00:16Malraux, aux grands hommes, la patrie reconnaissance.
00:18Et Marc Bloch était un grand homme. Aurélien Souchère, chef du service politique de l'UMA, est avec nous pour
00:23en discuter de cette dernière panthéonisation a priori d'Emmanuel Macron.
00:27Salut Aurélien.
00:28Salut.
00:30Mais avant de parler d'Emmanuel Macron, parlons de Marc Bloch. Qui était-il, ce Marc Bloch ?
00:34Dernière continuation de Macron, tu dis, peut-être, Macron dit ne rien s'interdire. C'est vrai qu'il lui
00:40reste peu de temps pour en faire une autre.
00:42Mais donc, qui était Marc Bloch ? Très bonne question. Marc Bloch, dont c'était, tu l'as dit, un
00:45grand résistant, qui a assassiné le 16 juin 1944 par la Gestapo.
00:50Il était membre du réseau de résistants Franc-Tireur, et puis après qui s'est unifié avec d'autres réseaux,
00:55grâce notamment à Jean Moulin et d'autres, mais donc un résistant très actif.
00:58Et qui a participé notamment des travaux pour diffuser les prémices du programme du Conseil national de la résistance, qui
01:07pensait en fait à qu'est-ce qu'on va faire de la France une fois qu'on se sera
01:09libérés.
01:10Parce que la question, ce n'était pas uniquement au sein du CNR de vaincre les nazis, c'était aussi
01:14de créer une société plus juste, ce qui a donné le programme des jours heureux.
01:17Et Marc Bloch se penchait notamment sur ce qui concernait l'éducation et le programme éducatif et scolaire.
01:23On en reparlera parce que c'est lié notamment à son livre « L'étrange défaite ».
01:26Donc Marc Bloch, c'est un historien. C'est aussi... C'est un résistant, pardon.
01:30C'est aussi un historien, un grand historien. Il rentre avec cette double casquette, si on peut dire, au Panthéon.
01:37Et en fait, ses travaux sur l'histoire, il s'est démarqué des autres historiens, parce qu'à partir du
01:41moment où il crée l'école des annales,
01:43parce qu'il ne considère plus l'histoire uniquement comme une succession chronologique et presque naturelle de grands événements et
01:50de grandes figures, de grands hommes,
01:51mais un tout. Et il lit l'histoire avec les sciences sociales.
01:55C'est-à-dire qu'il va faire de l'histoire, mais en pensant à la philosophie, à l'économie,
02:01aux questions sociales, à l'imposition.
02:04Quel rôle joue l'imposition ? A l'histoire de l'évolution des prix ? Il se passionne pour le
02:09cadastre, il se passionne pour l'histoire des moulins à eau.
02:11C'est un actuel complet, en fait, Marc Bloch.
02:12Et il fait une histoire totale. Et ça, là-dessus, ça a bouleversé la façon de faire de l'histoire.
02:17On se demande même presque comment on pouvait faire de l'histoire avant de considérer l'histoire comme ça dans
02:22toutes ses dimensions.
02:23Mais on sort d'une succession de batailles, rois, dynasties, successions, etc.
02:30Et il fait rentrer les sciences sociales dans l'histoire. Donc ça, c'est très intéressant.
02:34Et ce qui est aussi surprenant, c'est que alors même que Marc Bloch est quelqu'un qui, toute sa
02:38vie, déconstruit le mythe du roman national,
02:42il rentre au Panthéon, alors que le Panthéon participe en partie d'une certaine forme de roman national.
02:47Mais du coup, il y a ce paradoxe intéressant à souligner.
02:50Il y a un regard critique sur l'histoire. C'est pas le seul, parce que je reste aussi.
02:54Il y avait un regard critique sur l'histoire, mais Victor Hugo aussi, à sa façon, Zola aussi, mais qui
02:57rentre au Panthéon.
02:58Tu parlais de L'étrange défaite, qui est probablement son œuvre la plus célèbre.
03:03Qu'est-ce qui est important dans cette œuvre ? Pourquoi elle est si emblématique de ce qu'est Marc
03:09Bloch ?
03:09Oui, très bonne question, parce que Marc Bloch, en tant qu'historien, est surtout connu comme médiéviste.
03:14Enfin, toute sa carrière, c'est surtout comme médiéviste, spécialiste du Moyen-Âge.
03:18Et il change notre regard sur le Moyen-Âge avec des livres comme La Société féodale ou Les rois Thomas
03:22Turges.
03:23Mais son livre le plus lu aujourd'hui, c'est L'étrange défaite.
03:25Ça, c'est de l'histoire contemporaine.
03:27Donc en fait, Marc Bloch participe à la Seconde Guerre mondiale en tant que soldat.
03:30C'est un ancien poilu.
03:31À la Première Guerre mondiale.
03:32À la Première Guerre mondiale d'abord, et à la Seconde ensuite.
03:35Et il assiste en fait à la débatte de 1939-1940.
03:39Et c'est là qu'il écrit L'étrange défaite.
03:41Et donc L'étrange défaite, il raconte comment la France, qui est la première armée du monde,
03:45est balayée en quelques semaines par l'armée de l'Allemagne nazie.
03:49Même si c'est un combat très violent, très âpre, avec énormément de morts.
03:52C'est très rapide, c'est fulgurant.
03:54Et il se pose la question de pourquoi la France a été balayée si vite,
03:57et pourquoi elle a l'armistice, pourquoi elle a abdiqué, c'est pas le bon mot,
04:02mais elle a cessé les combats aussi vite.
04:05Et à rebours de ce que des gens comme le maréchal Pétain,
04:09d'ailleurs il n'est plus maréchal, il a perdu son titre,
04:12dans ce que Philippe Pétain dit, ou ce que d'autres disent,
04:14que c'est la faute au front populaire, la faute à un pays qui est devenu mou,
04:19la faute à une société devenue décadente,
04:22à un peuple dans son entier, un pays qui s'est ramolli,
04:26Marc Bloch lui dit, non, pas du tout, ce qui s'est passé,
04:29c'est que le pays a pourri par la tête,
04:32c'est-à-dire qu'en fait, c'est pas sa masse populaire qui a perdu,
04:34c'est ses élites, c'est ses décideurs, c'est ses gouvernants.
04:37Pourquoi ? Parce que tous les militaires n'écoutent pas des gens
04:41comme le général de Gaulle par exemple, qui disent qu'il faut mécaniser l'armée,
04:44qu'il faut des chars, et que ça sert à rien d'aller combattre avec des chevaux,
04:48parce que Pétain a refusé de mettre la ligne Maginot au niveau de la forêt des Ardennes,
04:52où vont passer les nazis, et parce que toute une bourgeoisie aussi,
04:56et les plus riches, préfèrent Hitler au Front populaire.
04:58Donc il raconte très bien comment les gens qui sont au sommet
05:01de la chaîne hiérarchique et décisionnelle du pays se sont ramassés.
05:06Dans l'article que tu as écrit pour l'humanité, dont je vous montre un extrait,
05:11il y a cette citation qu'on voit ici, qui est celle de Johan Chapoutot,
05:17qui est l'historien sur le nazisme le plus reconnu probablement aujourd'hui,
05:22qui dit que Marc Bloch était ce qu'on appellerait aujourd'hui un antifa.
05:26Est-ce que c'est pour ça qu'il rentre au Panthéon ?
05:28Alors il y a toujours une tentation un peu de lisser les personnages qui rentrent au Panthéon,
05:34surtout de la part des présidents souvent.
05:37Il rentre à la fois parce que c'est un grand historien, parce que c'est un résistant.
05:40Je ne sais pas si Macron le considère comme un antifa.
05:43En tout cas, l'Élysée le considère comme un homme des Lumières.
05:47C'est leur formule.
05:48C'est comme ça qu'ils le disent.
05:49C'est vrai, c'est un homme des Lumières qui avait choisi l'armée des ombres.
05:52L'armée des ombres, c'est l'armée des résistants et de la clandestinité.
05:55Mais ce qui est sûr, c'est que Marc Bloch est un antifasciste.
05:58Il signe le manifeste des intellectuels antifascistes.
06:01Il est adhérent à la SFIO avant l'assassinat de Jean Jaurès.
06:06Il est mobilisé pour les républicains espagnols contre les franquistes.
06:10C'est un homme de gauche, c'est un républicain.
06:13Un républicain pas au sens du parti Bruno Retailleau, mais un républicain au sens révolutionnaire du terme.
06:19Très très républicain, très laïc.
06:21Il est très très laïc.
06:22Il est juif aussi, même si lui n'a pas la foi.
06:25Il n'est pas intéressé spécialement par les rites juifs.
06:31Il ne croit pas en Dieu.
06:32Mais il dit souvent, quand on lui pose la question, les seuls moments où je me sens juif, où je
06:38me revendique juif, c'est face à un antisémite.
06:40Parce qu'il naît dans une époque où il y a énormément d'antisémitisme.
06:44Il est enfant, en tout cas dans sa jeunesse, il y a l'affaire Dreyfus.
06:48Donc il connaît tout ça.
06:51Et il dit, par exemple, quand on lui pose la question, quand la droite l'attaque et l'extrême droite
06:56l'attaque sur le fait qu'il est juif, il dit « mon grand-père était un soldat de 1793
07:00».
07:00Donc il rappelle, son arrière-grand-père, pardon.
07:02Donc son arrière-grand-père était un soldat de la Révolution française.
07:05Je crois que son grand-père est le premier juif reçu à l'université de Nancy.
07:11Il faudrait que je vérifie, mais il y a son grand-père.
07:13Et son père est un grand historien, un grand médiéviste qui déjà convoque les sciences sociales dans l'histoire.
07:19Donc Marc Bloch est de gauche, c'est un républicain.
07:22Il ne se met pas en avant dans le combat politique, dans l'entre-deux-guerres, à part au moment
07:27où il signe le texte des intellectuels antifascistes.
07:32D'ailleurs, après, il le regrette un peu.
07:34Il dit, il y a un texte où il trouve qu'il s'est mis un petit peu trop en
07:37retrait du combat politique.
07:38Mais c'est un homme de gauche, républicain, authentique.
07:41Et c'est un antifa parce qu'il l'exècre, il déteste tout ce que représentent Pétain, tout ce que
07:48représentent les nazis.
07:49Tout ce que représente la révolution nationale de Pétain, qui est une contratrition totale avec la République issue de la
07:55Révolution et des Lumières.
07:56Donc tu l'as dit, l'Élysée justifie la panthénisation de Marc Bloch avec la formule « cet homme des
08:01Lumières qui a choisi l'armée des ondes ».
08:02Est-ce qu'ils vont plus loin dans cette justification de pourquoi ils ont choisi Marc Bloch ?
08:06Est-ce qu'ils préfèrent des bouts de sa vie ?
08:10Ou est-ce qu'en fait, ils en font un tout ?
08:13C'est pour l'entièreté de l'œuvre de résistants et d'historien de Marc Bloch et d'antifascistes qu
08:18'il y rentre ?
08:18Ou est-ce qu'ils insistent sur un point particulier ?
08:20Alors l'Élysée a ce jeu de mots de dire qu'ils prennent l'histoire en bloc et ils prennent
08:25Marc Bloch en bloc.
08:26Donc ils disent prendre tout.
08:28Après, on verra sur quelle partie insiste Emmanuel Macron dans son discours ce soir.
08:33Auprès des journalistes, pour l'instant, l'Élysée insiste sur la dimension du résistant historien qui a révolutionné notre façon
08:40de faire de l'histoire.
08:41Alors, il y a un début de polémique aussi, on l'a dit, c'était un antifasciste, Marc Bloch.
08:47Et donc à ce titre-là, ses héritiers voudraient respecter sa mémoire en refusant la présence de l'extrême droite.
08:54On écoute ce que disait Suzette Bloch sur France Inter, qui est la petite fille.
09:02On écoute.
09:03Parmi les conditions que vous aviez demandé au président, c'était l'absence du Rassemblement National à la cérémonie de
09:08panthéonisation ce soir.
09:09Ce à quoi le président vous a répondu qu'il y avait des usages du protocole.
09:13Pourquoi est-ce que vous avez considéré que l'ERN n'avait pas sa place à cette cérémonie ?
09:18C'est naturel, j'allais dire c'est naturel, ça tombe de sourds.
09:23L'ERN sont les héritiers des Waffen et SES qui ont assassiné mon grand-père.
09:29Vous faites référence à ceux qui ont fondé le Front National avec Jean-Marie Le Pen ?
09:32Voilà, mais jusqu'à présent, il n'y a pas eu reniement de ce qu'a dit Jean-Marie Le
09:37Pen.
09:38Donc il faut être clair, Marc Bloch était antifasciste.
09:44Alors que maintenant, l'ERN, l'extrême droite, a toujours utilisé, en se revêtant de ses habits de n'importe
09:53qui,
09:53pour pouvoir justifier une idéologie raciste et antidémocratique.
10:00À la pantonisation de Marc Bloch, donc, l'extrême droite du Rassemblement National n'est pas conviée.
10:06D'ailleurs, Bardella a fait savoir qu'il n'y aurait aucun représentant de son parti présent lors de la
10:12cérémonie.
10:12Par contre, il y a une autre élue, elle aussi d'extrême droite, qui a annoncé sa venue, c'est
10:17Sarah Knafo.
10:19Comment est-ce qu'on doit interpréter ça, le fait qu'il y ait malgré tout une personnalité d'extrême
10:25droite qui soit présente ?
10:26Je pense que c'est l'Élysée qui laisse faire.
10:27Tu as dit que l'ERN n'était pas convié.
10:29En réalité, l'ERN, visiblement, est protocolairement convié.
10:32Mais l'ERN a annoncé qu'il respectait, enfin qu'il ne viendrait pas.
10:36Parce que c'est la volonté de la famille.
10:38Sarah Knafo, qui est membre du parti d'extrême droite reconquête, d'Éric Zemmour,
10:43elle a dit qu'elle viendrait.
10:44Donc la famille, là, pense qu'elle essaie de faire un coup de com'
10:47et elle ne veut pas rentrer dans une polémique avec ça.
10:49Mais ils sont très hostiles à sa venue.
10:53Et d'ailleurs, elle le dit, reconquête, c'est un parti qui veut réhabiter le maréchal Pétain.
10:58Le maréchal Pétain, donc Pétain, Philippe Pétain, que Marc Bloch détestait.
11:02Marc Bloch, en tant que juif, il est déchu de la fonction publique à cause des lois anti-juives du
11:08régime de Vichy.
11:09Ensuite, il est en partie rétabli, mais il est sans cesse confronté à l'antisémitisme.
11:13Son appartement est saisi.
11:15Il avait une très, très riche bibliothèque d'environ 6 000 livres.
11:18Elle est expédiée en Allemagne.
11:20Il y a quelques livres qui ont été rendus à la famille avec la pantonisation,
11:22mais la famille n'a récupéré qu'une infime partie de cette bibliothèque.
11:27Et donc la famille, je cite, je vais citer ce qu'ils avaient écrit au moment de l'annonce de
11:33la pantonisation à venir.
11:34Nous rappelons que l'œuvre de ce patriote convaincu, Marc Bloch, est profondément anti-nationaliste,
11:40construite contre le roman national et la réduction de l'histoire française aux frontières nationales.
11:44Cet engagement se concrétisa jusque dans sa mort.
11:47En ce sens, il nous paraît essentiel que l'extrême droite, dans toutes ses formes, soit exclue de toute participation
11:53à la cérémonie.
11:53Alors ce qui se passe, c'est que l'Elysée dit que dans le protocole, ils sont obligés d'envoyer
11:59un carton d'invitation,
12:00si j'ai bien compris, aux dirigeants de partis politiques et aux dirigeants de groupes parlementaires.
12:04Les partis qui sont représentés au Parlement.
12:06Au Parlement.
12:07C'est exactement la même justification, d'ailleurs, qu'ils avaient utilisés lorsqu'Emmanuel Macron avait déjà choisi de panthéoniser
12:12Missac et Méliné Manouchien.
12:15Et lorsqu'on les avait confrontés, on avait eu beaucoup de difficultés à obtenir de la part d'Emmanuel Macron,
12:20déjà des mots indiquant que la présence de l'extrême droite n'était pas souhaitable.
12:25Et il se réfugiait derrière les potentiels...
12:30Le protocole, des règles.
12:31À la fois le protocole et des potentiels déclarations des héritiers, des héritiers potentiels de Manouchien,
12:37qui en l'occurrence, pour sa petite nièce, n'avait pas parlé officiellement du roger de l'extrême droite.
12:43Ce n'est pas le cas pour Marc Bloch.
12:45Oui.
12:45Et donc, il faudrait qu'on enquête, d'ailleurs, sur cette question du protocole des panthéonisations.
12:50Parce que, soit c'est la Macronie qui l'a changée en 2017,
12:54et qui s'oblige, du coup, à inviter tous les partis présents à l'Assemblée nationale.
12:57Ce n'est pas le cas, d'ailleurs, de Reconquête.
12:59Ils ont un groupe parlementaire...
13:00Enfin, elle siège dans un groupe parlementaire au Parlement européen.
13:03Il n'y a qu'une seule élue, en l'occurrence.
13:06Une seule élue au Parlement européen.
13:07Elle est vice-présidente d'un groupe parlementaire, ça c'est vrai, d'extrême droite au Parlement européen.
13:11Mais ce n'est pas un groupe Reconquête.
13:13Reconquête n'a aucune représentation à l'Assemblée nationale ni au Sénat.
13:17Et donc, je ne sais pas si l'Élysée a changé les règles en 2017,
13:20pour dire maintenant, il faut inviter toutes les familles politiques qui ont un groupe à l'Assemblée,
13:25ou s'ils ne les ont pas changées, mais qu'ils les appliquent à la lettre,
13:27ce qui n'était pas le cas avant.
13:28Parce que je ne me souviens pas que pour la panthéonisation de Malraux,
13:32je crois que c'était sous Chirac,
13:34je ne me souviens pas que Jean-Marie Le Pen...
13:36Enfin, remarque qu'il n'y avait pas de groupe parlementaire à l'Assemblée nationale du RN.
13:38Le 86, le 86-88.
13:40Mais par ailleurs, tout ça intervient dans un moment où la montée de l'extrême droite est de plus en
13:45plus forte,
13:45où ils ont de plus en plus d'élus à l'Assemblée nationale.
13:48Et Emmanuel Macron, même s'il a panthénisé beaucoup de résistants...
13:51On va y revenir là-dessus.
13:53On va y revenir.
13:54Ça ne suffit pas, en fait, pour lutter contre l'extrême droite et contre leur Assemblée nationale,
13:57de panthéniser des résistants.
13:59Macron a fait monter sans cesse.
14:01Il est très mauvais pour lutter contre le néo-fascisme.
14:05Si on élargit la focale, ça sert à quoi, le panthéon aurélien, aujourd'hui ?
14:10C'est que ça a quelle fonction ?
14:11C'est une bonne question.
14:12On peut se demander, d'ailleurs, en tout temps, si c'est une bonne ou une mauvaise idée.
14:17Mais le panthéon a été créé en 1791, en pleine Révolution française.
14:22Et donc, l'idée, c'est qu'avant la Révolution française, dans l'Ancien Régime,
14:25les grandes figures, les modèles, c'est les rois et les saints.
14:29À la Révolution française, on rompt avec cette idée-là, avec ce modèle-là.
14:32Et je pense qu'on a très bien fait.
14:33Et donc, il y a l'idée de créer de nouveaux repères, de nouvelles grandes figures,
14:38qui vont être les philosophes.
14:39Donc, entre au panthéon, les philosophes des Lumières, les révolutionnaires.
14:44Le premier qui entre au panthéon, c'est Mirabeau.
14:46C'est à la mort de Mirabeau qu'on se pose la question de créer le panthéon.
14:49Mirabeau qui est le premier entré et le premier sorti.
14:51Parce qu'après, on découvre qu'il avait une correspondance secrète avec Louis XVI
14:55et il se fait dégager du panthéon.
14:57Il y a d'autres révolutionnaires qui sont entrés et sortis, comme Marat aussi.
14:59Donc, on fait rentrer des philosophes, des révolutionnaires, des grands républicains,
15:04des savants, des grands écrivains.
15:07Celui qui a le plus panthéonisé, c'est quelqu'un qui a en partie le fossoyeur de la Révolution française.
15:12C'est Napoléon.
15:14Puisque si je retrouve les chiffres, il a panthénisé 43 personnes sur les 85 qui sont au panthéon.
15:21Et après, ça tombe un peu en désuétude jusqu'à la mort de Victor Hugo.
15:24Où là, c'est une mobilisation populaire énorme.
15:27Il y a des millions de personnes dans la rue et tout de suite, il entre au panthéon.
15:29On se souvient qu'on a le panthéon et tout de suite, il entre au panthéon.
15:32Et Victor Hugo, c'est un peu l'artiste et homme politique total parce qu'il a la foi parlementaire,
15:37grand écrivain, grand penseur.
15:39Et donc, il coche plusieurs cases, si on peut dire, du panthéon.
15:43Et à partir de Victor Hugo, ça reprend dans le cadre de la République.
15:46Pendant longtemps, d'ailleurs, c'est le Parlement qui a la main sur les panthéonisations.
15:48Depuis la Ve République, c'est le président de la République qui décide.
15:51Il n'a pas besoin de faire voter quoi que ce soit.
15:52C'est lui qui décide.
15:54Et donc, il y a une histoire qui est assez tumultueuse, d'ailleurs.
15:57Parce que, par exemple, quand Zola est panthéonisé, Macron a dit qu'il ne voulait pas panthéoniser Gisèle Halimi parce
16:03que c'était trop tôt.
16:04Il fallait laisser du temps dans...
16:05On y reviendra.
16:06Il y a une formule très précise, vous allez voir.
16:07Il y a l'idée qu'aujourd'hui, entre au panthéon, que des gens qui font l'unanimité.
16:11Quand Zola rentre, il y a encore plein d'anti-dreyfusards dans la société qui sont contre son entrée.
16:16Et même Alfred Dreyfus, qui est présent lors de la cérémonie, quelqu'un lui tire dessus.
16:21Il est blessé par balle au bras pendant la panthéonisation de Zola.
16:25Donc, la panthéonisation, ce n'est pas que dans des moments de concorde.
16:29Ça peut aussi être dans des moments d'affrontements politiques très forts.
16:32Et par la suite, il y a beaucoup de résistants qui sont entrés.
16:36Et je crois que Marc Bloch est le onzième résistant à être panthéonisé.
16:42Mais voilà à quoi sert le panthéon.
16:44Il y a beaucoup d'hommes.
16:46Il y a très peu de femmes.
16:46Je crois qu'il n'y a que sept femmes.
16:48La première, c'était Marie Curie.
16:51Marc Bloch est le premier historien à être panthéonisé.
16:53Même si Jean Jaurès, par exemple, a écrit une histoire sociale liste de la Révolution française.
16:58Histoire sociale ou histoire socialiste, il faudrait que je vérifie.
17:01Il n'est pas connu des Français comme historien.
17:03Il n'est pas un historien professionnel.
17:04C'est un directeur de journal, un grand pacifiste, un grand député, un grand humaniste.
17:09D'ailleurs, lisez le journal de Jean Jaurès.
17:11N'hésitez pas à vous abonner.
17:12On a besoin de sub.
17:14N'hésitez pas.
17:16Donc, c'est le, on l'a dit, le sixième panthéonisé d'Emmanuel Macron.
17:21Si on fait la liste, il y a Simone Veil en 2018, Maurice Genevoix en 2020, Joséphine Baker en 2021,
17:25Missac et Méliné Manouchian en 2024, Robert Badinter en 2025.
17:29Et donc, Marc Bloch, là, maintenant, c'est quoi son bilan à Emmanuel Macron en la matière ?
17:35Toi qui as écrit cet article pour l'Huma, ça donne le ton, panthéoniser la résistance tout en racontant n
17:41'importe quoi sur l'histoire de France,
17:42le bilan paradoxal d'Emmanuel Macron.
17:44C'est quoi ce bilan paradoxal ?
17:46Alors, en termes de panthéonisation pure, juste sur les personnes choisies et les discours prononcés pendant les panthéonisations,
17:53Macron a un bon bilan.
17:54C'est peut-être, en tant que président, son meilleur bilan est peut-être à trouver du côté des panthéonisations.
17:59Parce que le reste du bilan, on peut en parler, on en reparlera en émission longuement,
18:02il est très mauvais.
18:03Mais sur les panthéonisations, les personnes choisies, donc Simone Veil, Maurice Genevoix, Joséphine Baker,
18:07Missac et Méliné Manouchian, Robert Badinter, Marc Bloch, c'est tous des gens qui font l'unanimité.
18:14C'est un souffle de cul de contestation.
18:15Voilà, c'est des gens qui forcent le respect, qui ont des parcours et des combats honorables,
18:20qui ont été très courageux toute leur vie.
18:23Et donc là, c'est un bon bilan, c'est des bons choix.
18:26Les discours que prononce Macron pendant les cérémonies sont des discours,
18:30et il y a des choses où il y a des critiques à émettre,
18:33j'ai des critiques à émettre à certains égards,
18:35mais c'est des discours qui, dans leur globalité, sont des discours de qualité,
18:38qui rendent hommage de façon juste et saine et non instrumentalisée aux personnes qui sont panthéonisées.
18:45Par contre, si on se dit « dis-moi qui tu panthéonises, je te dirai qui tu es »,
18:51ça ne marche pas avec Macron.
18:52C'est plutôt « dis-moi qui tu panthéonises et je te dirai qui tu fais semblant d'être ou
18:57qui tu prétends es ».
18:57Parce que même si Macron a un bon bilan en termes de panthéonisation,
19:02en termes de rapport à l'histoire, il y a des choses assez problématiques.
19:06Par exemple, il est capable de dire, lors du bicentenaire de la mort de Napoléon,
19:11quelque chose d'absolument, je le trouve, idiot,
19:14« on aime Napoléon parce que sa vie a le goût du possible et constitue une invitation à être pleinement
19:20soi ».
19:20Donc en gros, Napoléon, c'est une sorte de coach de vie.
19:22Enfin, je ne sais pas ce qui s'est passé au moment où Emmanuel Macron a écrit ça.
19:26Alors même qu'Emmanuel Macron, même s'il épouse complètement l'épopée napoléonienne romantique,
19:31presque adolescente, il y a un rapport très adolescent en France à Napoléon,
19:33« il y a une geste, il y a une fresque, c'est incroyable ».
19:36On ne se pose pas la question du tout de le fait qu'il a fait un coup d'État
19:40contre la Première République,
19:41qu'il a rétabli l'esclavage, qu'il a rétabli l'autorité du policier sur le citoyen,
19:46du mari sur la femme, qu'il a certes modernisé l'État,
19:50mais brisé toutes les conquêtes démocratiques et sociales de la Révolution française.
19:56Mais donc, il raconte n'importe quoi sur Napoléon,
19:59même s'il reconnaît qu'il y avait à la fois un génie et un tyran.
20:03Il le dit à un moment donné, il a une phrase comme ça.
20:05La même année, il y a les 150 ans de la Commune de Paris,
20:08donc la Révolution de 1871, l'Élysée ne fait rien,
20:12et quand on demande à l'Élysée s'ils ont prévu de faire quelque chose,
20:14ils répondent « la République, c'est Thiers »,
20:16donc Adolphe Thiers qui a massacré la Commune de Paris.
20:19Là, il y aurait bien des choses à raconter là-dessus.
20:21Et Macron a eu des propos aussi très problématiques sur Pétain,
20:26en disant « c'est un grand soldat de 14-18 ».
20:28Et c'est toujours ultra glissant de raconter quelque chose comme ça,
20:31parce qu'il y a toujours le risque de réhabiliter derrière le traître à la nation de 39-40.
20:38Par ailleurs, c'est contradictoire avec des propos qu'avait tenus Emmanuel Macron
20:42lors de la pantonisation de Maurice Genevoix,
20:44qui est un poilu, un vétéran de 14-18,
20:47et qui est un écrivain, un très grand écrivain de la Première Guerre mondiale,
20:50puisque lors de la pantonisation, Emmanuel Macron disait qu'il y avait eu des offensives absurdes.
20:55Et c'est vrai que la Première Guerre mondiale, elle est absurde politiquement,
20:58parce que ce n'est pas, on va dire, les résistants contre les nazis,
21:01ce n'est pas les antifascistes contre les fascistes.
21:05Le modèle, le régime politique de l'Allemagne et de la France et des autres pays,
21:08à ce moment-là, c'est les mêmes.
21:09C'est juste une guerre nationaliste absurde et débile.
21:12Et la stratégie militaire, il n'y a plus dans la Première Guerre mondiale
21:15de génie tactique, d'efforts récompensés,
21:20au sens où c'est juste la capacité de deux nations,
21:22enfin, il y en a plus que deux, mais de deux nations, en tout cas entre la France et la
21:25Magne,
21:26à alimenter le front en hommes et en obus de façon industrielle.
21:29J'ajoute parmi les utilisations bancales d'Emmanuel Macron,
21:35des pantonisations, celles de Manouchian,
21:38malgré tout, pour lesquelles on l'avait d'ailleurs interviewé dans le journal,
21:42à deux titres.
21:43La première, c'est qu'il le fait juste après l'adoption de la loi immigration,
21:48avec les voix de la droite et de l'extrême droite,
21:51à le moment où il fait entrer un apatride au Panthéon.
21:56Et en plus, il détourne en réalité, par ailleurs,
22:00les vers d'Aragon en faisant un français de préférence,
22:04qui était bien l'inverse en réalité de ce que prétendait Aragon
22:09en écrivant cette chanson, et de l'esprit magnétien,
22:11qui, au contraire, nul ne semblait vouloir François Lopérovent,
22:14c'est-à-dire que personne, en réalité, ne faisait d'eux des nationalistes,
22:19même s'il avait choisi la France comme combat.
22:21Il n'était pas...
22:22Des patriotes.
22:22Voilà, c'était les patriotes.
22:24Et d'ailleurs, Macron avait assumé, dans nos colonnes,
22:26faire un écart vis-à-vis des vers d'Aragon
22:30pour en faire un français de préférence.
22:32C'est comme ça qu'il l'avait dit.
22:34Tu en as fait la liste, Emmanuel Macron,
22:36il a aussi un truc avec les résistants.
22:39Est-ce que c'est contradictoire avec la politique qui mène ?
22:43C'est totalement contradictoire avec la politique.
22:46Il avait dit, si il votait pour moi dans quelques années,
22:49il n'y aura plus aucune raison de voter pour l'extrême droite.
22:51Manifestement, il a échoué.
22:52Et en fait, depuis 2017,
22:55sur tout ce qu'il ouvre comme front économique et social,
22:58il ne fait que faire augmenter le vote RN.
23:00Ce n'est pas le seul responsable.
23:02La faiblesse de la gauche est aussi analysée là-dessus.
23:06mais Emmanuel Macron, qui fait une politique d'extrême centre
23:10au service des plus riches
23:11et qui se drape dans toutes les vertus républicaines,
23:17et au final pour en trahir de nombreuses,
23:20délégitime toujours plus la promesse républicaine,
23:23l'affaiblit.
23:24Et il a lâché plein de choses à l'extrême droite.
23:28Déjà dans les batailles parlementaires à l'Assemblée nationale,
23:31mais même dans le discours,
23:32il leur a lâché énormément de choses.
23:33Et il accélère, il normalise toujours plus l'extrême droite.
23:36Et pour reprendre son bilan de pantalonisation,
23:39donc quand il fait rentrer Simone Veil,
23:41tout le monde est d'accord, c'est très bien,
23:42c'est très intéressant.
23:43Survivante de la Shoah,
23:45c'est aussi en tant que ministre de la Santé,
23:47elle, qui a permis le droit à l'avortement.
23:50Elle a été ensuite présidente du Parlement européen.
23:55La première présidente du Parlement européen.
23:57De la commission du Parlement.
23:58Du Parlement.
23:59D'ailleurs, moi je m'attendais à ce qu'il instrumentalise un petit peu
24:03cette présidence du Parlement européen
24:05pour faire un discours pro-européen,
24:07dans le sens pro-européen, déconnecté,
24:09où les macronistes sont les seuls vrais bons européens.
24:12Il ne l'avait pas fait, il avait été assez digne.
24:13Mais ensuite, Macron a fait entrer le droit à l'avortement.
24:17Il l'a protégé dans la Constitution.
24:19Donc ça, c'est très bien.
24:19Parce qu'il a été sous pression aussi des associations féministes
24:22et des parlementaires de gauche.
24:24Mais en fait, faire entrer Simone Veil au Panthéon
24:26pour défendre l'avortement, ça ne suffit pas.
24:29Il faut aussi permettre le droit effectif
24:32et l'accès à l'avortement en France.
24:35Et là-dessus, le planning familial a de moins en moins de subventions.
24:39Les hôpitaux, on ferme de plus en plus d'hôpitaux et de cliniques.
24:42Et le droit effectif à l'avortement recule dans le pays.
24:45Donc c'est là où il y a quelque chose de paradoxal chez Emmanuel Macron.
24:47C'est qu'il choisit de bonnes personnes pour le Panthéon.
24:49Il fait de bons discours, mais derrière, la politique ne suit pas.
24:52Et donc c'est pour ça qu'il disait tout à l'heure,
24:53ces panthéonisations disent plus qui il prétend être.
24:55Il se drape dans l'idéal républicain, démocratique et social,
24:58mais derrière, ça ne suit pas du tout suffisamment.
25:01Sur Maurice Genevoix, et des fois, il ne va pas au bout aussi
25:03des intuitions qui peut être là, parce que sur Maurice Genevoix,
25:05il choisit Genevoix plutôt qu'Henri Barbus
25:08ou Roland d'Orgelès, qui était vu par les Poilus
25:10beaucoup plus comme des porte-voix que Maurice Genevoix,
25:13qui est un personnage moins politique.
25:16Même si Maurice Genevoix avait dit publiquement à la télévision
25:19au sujet des mutineries de 1917
25:22et qui ont conduit au fusilier,
25:24pour l'exemple, il avait dit
25:25la question n'est pas de savoir pourquoi les Poilus se sont révoltés,
25:28c'est pourquoi ils ne l'ont pas fait plus tôt.
25:31Et après, Macron dit, je vais faire entrer
25:32tous ceux de 14, toute la génération de 14-18
25:35au Panthéon à travers Maurice Genevoix,
25:37ce qui est assez audacieux de dire,
25:40je vais faire entrer tout.
25:41Donc, y compris les fusils, pour l'exemple,
25:42même s'il n'a pas de mots dessus.
25:44Mais il y a quelque chose d'inclusif.
25:46Hommes comme femmes.
25:46Il insiste bien sur le fait que la victoire de 14-18,
25:50ce n'est pas uniquement les hommes qui sont au front,
25:52c'est aussi toutes les femmes qui, derrière,
25:54ont assuré dans les usines pour faire les balles,
25:56dans les hôpitaux, etc.
25:58Il a une phrase très problématique quand même,
26:00quand il fait rentrer Maurice Genevoix au Panthéon,
26:02c'est qu'il dit que le courage des poilus
26:08est le même courage,
26:09il faut que je retrouve la bonne phrase,
26:11le même qui avait soulevé ceux de 1789,
26:14les volontaires de l'an 2,
26:15et les soldats de toutes nos guerres.
26:16Alors ça, c'est un truc vraiment romonational
26:18qui englobe tout et n'importe quoi,
26:20parce que le courage des révolutionnaires
26:22à Valmy pour défendre la République et la Révolution,
26:26pour défendre la Révolution,
26:27à ce moment-là, je crois,
26:29non, non, pour les deux,
26:31ça n'a rien à voir avec le courage de l'armée française
26:33quand elle envahit le Maghreb, l'Afrique ou l'Indochine.
26:36Les objectifs ne sont pas du tout les mêmes,
26:38ce qui anime les soldats n'est pas du tout la même chose,
26:40et prétendre que le soldat français a toujours la même chose,
26:45un continuum,
26:46alors que la Marseillaise est le drapeau français,
26:50ça peut être vu comme le drapeau et le champ de la Révolution,
26:53et ça, ça nous plaît beaucoup à l'humanité,
26:54mais il faut regarder les choses en face,
26:56tout est contrasté,
26:57la France a plusieurs visages,
26:58et la Marseillaise et le drapeau tricolore,
27:01ça peut aussi être vu comme le drapeau de la colonisation.
27:05Avant de conclure,
27:06on va faire un point sur les rumeurs de panthéonisation,
27:09qui pourraient potentiellement y entrer,
27:12alors attention, prenez votre souffle,
27:14j'ai une liste assez exhaustive,
27:17tu l'as dit, il y a Gisèle Halimi,
27:18qui faisait partie des personnalités,
27:20des dernières personnalités dont on a évoqué le nom,
27:23et je vous montrerai juste après la réponse de l'Elysée,
27:26on a ceux qui veulent faire entrer Molière,
27:28on a vu ces derniers jours,
27:30aussi ces dernières semaines,
27:31une campagne pour faire entrer Samuel Paty,
27:33à laquelle souscrit Édouard Philippe,
27:35qui voudrait aussi faire entrer Irène Joliot-Curie,
27:39pardon, donc fille de Marie Curie,
27:40et également prix Nobel,
27:43il veut faire entrer un industriel également,
27:46ce pourrait être André Citroën,
27:47il y a un comité de panthéonisation qui en tout cas est en place,
27:51il y a les rumeurs aussi pour faire entrer Gustave Eiffel,
27:55il y a un comité pour Georges Sand,
27:57l'Elysée, lorsqu'on les avait interrogés,
27:59avait cité Léon Blum et Pierre Mendès-France,
28:02et Aurélien, toi tu ajoutes,
28:05tu avais d'ailleurs beaucoup écrit sur Ambroise Croizat,
28:08le père de la sécurité sociale,
28:10il y a aussi Martha Derumeau,
28:11il y a beaucoup de noms qui tournent,
28:15commençons par Gisèle Halimi,
28:16peut-être la première citée,
28:18on ne va pas revenir sur tout le monde,
28:19mais c'est vrai que tu l'évoquais tout à l'heure,
28:20je vais vous la montrer,
28:21il y a une phrase assez hallucinante de l'Elysée,
28:28attendez, je vous la trouve,
28:28j'essaie de vous la trouver en même temps,
28:31sur Gisèle Halimi,
28:33il y a peut-être un consensus,
28:35voilà exactement,
28:41où est-elle cette phrase ?
28:43Je l'ai vu passer tout à l'heure.
28:45Voilà, pardon.
28:47Donc à propos de Gisèle Halimi,
28:48un conseiller d'Emmanuel Macron nous disait,
28:50c'est toujours en réflexion,
28:51une panthéonisation ne doit pas être une punition,
28:54ce n'est pas une partie de l'opinion qui dit à l'autre
28:57de l'accepter,
28:58parce que c'est comme ça,
28:59ça doit être un consensus,
29:00sinon c'est nuisible,
29:02et donc il disait que la réflexion encore
29:04sur la panthéonisation de Gisèle Halimi,
29:07donc avocate,
29:09qui a fait beaucoup pour le droit à l'IVG,
29:12mais aussi sur la décolonisation,
29:15dont on se souvient d'ailleurs de la statue
29:18lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques,
29:20avec un pied sur un casque de colon,
29:22c'était passé inaperçu,
29:24ça aurait pu d'ailleurs faire polémique,
29:25selon certains vieux,
29:26mais en tout cas c'était représenté comme ça,
29:28et donc l'Elysée dit,
29:29on n'est pas mûrs.
29:30C'est très bizarre qu'ils disent,
29:31on n'est pas mûrs,
29:32mais il y a deux choses en fait,
29:34il y a déjà un consensus,
29:36on voit bien que dans l'histoire des panthéonisations,
29:38ce n'est pas du tout une règle,
29:39puisque la panthéonisation de Zola n'a pas fait consensus,
29:41et c'était un moment d'affrontement politique très dur.
29:44La question c'est,
29:44qu'est-ce que la République en réalité ?
29:45Donc si des personnes clivent,
29:47parce qu'en fait elles ont respecté les valeurs républicaines,
29:49est-ce qu'on doit attendre,
29:50parce que les anti-Algérie...
29:51Et il dit,
29:52ça ne doit pas être une punition.
29:54Zola,
29:55enfin moi je ne suis pas spécial,
29:56je ne dis pas qu'une panthéonisation doit être une punition,
29:58mais les anti-Dreyfusards l'ont vécu comme une punition.
30:02Et le but c'était d'honorer Zola.
30:04Les pro-Algérie françaises,
30:05ce n'est peut-être pas notre problème que de les offenser aujourd'hui.
30:08Tout à fait.
30:09Ce n'est pas une partie de l'opinion qui dit à d'autres de l'accepter,
30:12ça doit être parce que c'est comme ça.
30:13Il y a quand même un modèle,
30:15on est en République,
30:16il faut défendre la République démocratique et sociale.
30:19Et les panthéonisations servent en partie,
30:21en grande partie à ça.
30:22Il dit,
30:22ce doit être un consensus,
30:23il y a une façon de faire consensus aussi,
30:25c'est de redonner le pouvoir au Parlement sur le sujet.
30:27Avant, c'est les parlementaires qui décidaient de qui on panthéonisait.
30:30Donc il y avait un vote des représentants de la nation.
30:32Et puis bon courage pour les parlementaires ARN
30:34de refuser une panthéonisation de Gisèle Lémy.
30:36En fait, on peut se dire aussi que politiquement,
30:37ça peut être compliqué à assumer.
30:41Aujourd'hui, l'Assemblée nationale est très fracturée,
30:43polarisée,
30:45divisée en trois,
30:46voire en beaucoup plus.
30:48Mais il y a aussi cette solution-là.
30:51On peut aussi organiser des...
30:52Enfin, je réfléchis comme ça,
30:55mais par esprit d'escalier,
30:56tu peux aussi organiser, si tu as envie,
30:57des référendums sur les panthéonisations.
30:59Enfin bref,
30:59là, c'est une chasse gardée du président.
31:02Et il se cache derrière...
31:05Enfin, il se cache complètement derrière quelque chose de faux.
31:09Oui, la sécu au Panthéon.
31:10Oui, montrant cette photo.
31:12L'humanité avait lancé une campagne
31:14et une pétition pour faire entrer Ambrasse-Croisa au Panthéon
31:17parce que son œuvre est gigantesque, civilisationnelle.
31:21Avant Ambrasse-Croisa,
31:22il n'y avait pas de sécurité sociale
31:24qui était d'un niveau meilleur à ce qu'elle est aujourd'hui.
31:26Même s'il y a encore...
31:27Pour le capital, il y a encore des bouts à abattre
31:29en ce qui concerne la sécurité sociale.
31:30Donc la sécu au Panthéon, Ambrasse-Croisa.
31:32Pourquoi ?
31:32Parce que c'est lui qui a généralisé les retraites
31:35pour tous les Français.
31:36Même si c'est une œuvre collective, évidemment.
31:38Il y a plein de choses qui sont très collectives.
31:39Les gens qui vont au Panthéon
31:41incarnent des combats
31:42qui sont évidemment des combats collectifs.
31:45Manouchian entre pour les 23,
31:47les 23, comme dirait Aragon,
31:50du groupe Manouchian.
31:51Du groupe Manouchian.
31:51Et même, il entre pour toute la résistance étrangère,
31:55tous les apatrides.
31:56La résistance communiste.
31:57La résistance communiste.
31:57Même s'il y a Paul Langevin,
31:59c'est le premier résistant panthéonisé.
32:00Paul Langevin est panthéonisé à la fois
32:02comme grand scientifique.
32:03Il est surtout panthéonisé comme grand scientifique
32:05plus que comme résistant.
32:06Mais il était résistant et membre du PCF.
32:08Mais François Hollande,
32:09quand il panthéonise quatre résistants,
32:13laisse de côté,
32:14et il sait qu'il le fait d'ailleurs,
32:15puisque la question lui est posée,
32:16il laisse de côté Missac Manouchian.
32:18Tout à fait.
32:18À l'époque, il y a effectivement un comité
32:20qui s'est monté,
32:21notamment avec Jean-Marc Géramin,
32:24à l'initiative pour demander
32:25est-ce que Manouchian y entre aussi.
32:27Et lorsque j'avais interrogé François Hollande,
32:29la réponse avait été
32:29« Ah, mais si j'avais fait un deuxième mandat,
32:31je l'aurais évidemment fait rentrer au Panthéon. »
32:33Voilà, un peu facile.
32:34Mais au sujet d'Ambras Croizat,
32:37qui est ouvrier,
32:38qui est membre de la CGT,
32:39qui est membre du PCF,
32:40c'est grâce à lui qu'est la Sécurité sociale,
32:42les retraites, les arrêts de maladie,
32:43avant, les travailleurs
32:44vivaient dans la hantise de se blesser,
32:46parce que ça veut dire
32:47qu'ils ne pouvaient plus travailler,
32:48qu'ils ne pouvaient plus manger.
32:49Avant, il n'y avait pas de retraite,
32:50les gens mouraient au travail.
32:53Ou ils arrêtaient de travailler
32:54quand ils n'en pouvaient plus,
32:55ils étaient cassés.
32:57Il n'y avait plus cette retraite
32:58de se dire que c'est un âge de la vie
33:00dont on peut profiter.
33:01Il y a une vie après le travail.
33:02Mais on peut s'arrêter
33:03sur Manouchian et Croizat,
33:05parce qu'en fait,
33:07Manouchian, Missac et Milinet
33:08sont les seules personnes au panthéon
33:09qui sont des ouvriers.
33:10C'est des ouvriers.
33:11Et ça, c'est vraiment quelque chose
33:13qui n'est pas souligné
33:14dans le discours de Macron
33:15au moment de la panthéonisation.
33:17Et quelque part,
33:17les luttes sociales sont en général
33:19le grand absent
33:20de l'imaginaire historique d'Emmanuel Macron.
33:22Donc, ce n'est pas surprenant
33:23qu'ils ne veulent pas faire entrer
33:25en Brasse-Croisat,
33:26d'autant plus qu'ils essayent
33:27de défoncer notre système de retraite.
33:29Ils repoussent la vie de départ.
33:30Non, ils veulent le préserver,
33:31il te dit Aurélien, t'as pas compris.
33:32Ah oui, c'est vrai qu'il préserve,
33:35en détruisant.
33:38Alors qu'ils font tout l'inverse.
33:40Mais oui, donc, les ouvriers,
33:41c'est vraiment le...
33:42Ils sont très peu présents au panthéon,
33:43ils sont très peu présents
33:44dans l'imaginaire historique
33:46d'Emmanuel Macron.
33:47Et même dans l'imaginaire national,
33:49ils n'ont pas...
33:49Même si en 1936,
33:5289 en partie,
33:53il y a mai 68,
33:54il y a des...
33:54Maintenant, on a un regard
33:56sur les grandes grèves,
33:57sur les grandes luttes sociales.
33:58Et puis, il y a la reconstruction
33:59de l'après-guerre.
34:00Enfin, il y a beaucoup d'occasions.
34:03Et Martha Derumeau
34:04pourrait entrer au panthéon
34:05à la fois en tant qu'ouvrière
34:06et résistante.
34:10Et même dirigeante
34:11d'un grand réseau de résistants,
34:14alors que c'est une femme
34:15et que les femmes étaient...
34:16Il y avait beaucoup de femmes
34:17aux résistances,
34:18mais elles n'avaient pas
34:19toujours les premiers postes.
34:20Il y a des noms qui reviennent souvent
34:22que je n'ai pas cités
34:22parce qu'ils sont vite balayés
34:24en général par les chefs de l'État
34:27et leur entourage.
34:28C'est celui de De Gaulle et Clémenceau.
34:30Le président avait d'ailleurs dit
34:32en 2018,
34:34Clémenceau, c'est comme De Gaulle,
34:34il n'a pas besoin de panthéon.
34:37Ça pourra peut-être se discuter
34:39dans les années à venir.
34:40Il y a un nom aussi
34:40qui revient beaucoup,
34:41c'est celui de Molière.
34:44Peut-être que tu peux nous dire
34:45quelle avait été la réaction
34:46de l'Élysée sur Molière.
34:48Je ne sais pas si celle de l'Élysée,
34:50mais celle qu'on entend souvent,
34:51c'est de dire que c'est avant les Lumières.
34:54C'est l'Élysée,
34:55c'est l'un des conseillers d'Emmanuel Macron
34:58qui m'avait répondu
34:59« Le panthéon est le temple des Lumières
35:01et de la construction
35:01de l'édifice républicain.
35:03Il ne peut donc y avoir
35:04de figure antérieure aux Lumières. »
35:06Et c'est pour ça que Molière,
35:07pour Macron,
35:08restera au père Lachaise
35:10et donc ne pourra pas faire
35:11son entrée au panthéon.
35:13C'est-à-dire qu'actuellement au panthéon,
35:14il n'y a que des gens
35:15qui sont soit des contemporains
35:17de la Révolution française
35:18et de la naissance de la République,
35:20et puis ceux qui sont nés ensuite,
35:21soit des philosophes des Lumières
35:23qui ont inspiré la Révolution.
35:26Et donc, il y a des fois des gens
35:28qui se disent
35:28« Mais pourquoi Rabelais n'est pas au panthéon ? »
35:31Parce qu'il est né avant la Révolution française
35:33et il n'était pas philosophe des Lumières.
35:35Pareil pour Molière.
35:37Voilà, et Emmanuel Macron
35:38avait envisagé un temps ici
35:39de faire entrer au panthéon
35:40donc Léon Blum,
35:42le socialiste Léon Blum.
35:44Premier ministre du Front populaire,
35:46et toutes les conquêtes sociales liées.
35:49Et par contre,
35:50si ça n'aurait pas été
35:52une panthéonisation avec le corps
35:53qui aurait été ramené
35:55dans le panthéon,
35:56mais avec un cénotaphe,
35:57comme ce sera le cas d'ailleurs
35:58de Marc Bloch.
35:59Et de beaucoup de personnes
36:00panthéonisées.
36:00Voilà, c'est ce qu'on appelle
36:02un cénotaphe,
36:03où on considère que la mémoire
36:05de la personne panthéonisée
36:07est là,
36:08mais pas son corps.
36:10Et c'était aussi une option
36:11pour Pierre Mendès France,
36:13qui est l'ancien président
36:14radical socialiste
36:15du Conseil des ministres
36:15de la Quatrième République.
36:18Il y en aura sûrement d'autres.
36:20Vous en avez déjà sûrement
36:21vu passer d'autres.
36:23Nous, on continuera en tout cas
36:24de vous parler
36:25des prochaines panthéonisations.
36:26Un dernier mot, peut-être, Aurélien ?
36:27Un dernier mot sur deux aspects.
36:29Tu citais De Gaulle,
36:30donc l'Élysée dit,
36:32il est à Colombes,
36:32à les deux églises,
36:33il a son panthéon pour lui-même,
36:35on ne va pas le faire rentrer
36:35dans l'autre panthéon.
36:36Ce serait comme,
36:37ils ne disent pas ça comme ça,
36:38mais comme le déclasser,
36:39alors qu'il aurait complètement
36:41sa place, évidemment,
36:42au panthéon.
36:42Il y a des fois,
36:43les gens se posent la question
36:44du général Leclerc aussi,
36:45qui lui est aux Invalides.
36:46Aux Invalides,
36:47il y a une sorte de panthéon
36:48des grands militaires.
36:50Il y a Napoléon,
36:51on peut en discuter,
36:53mais autour de Napoléon,
36:54il y a Turène,
36:55il y a des généraux
36:56de la Première Guerre mondiale,
36:57il y a de là,
36:58autour de Tassini,
36:59qui est général
37:00de la Seconde Guerre mondiale,
37:01mais aussi de la guerre d'Indochine.
37:03Il y a toujours des choses
37:04contrastées dans l'histoire.
37:05Et il y a Leclerc,
37:07qui lui ne participe pas
37:08aux guerres de répression
37:09des mouvements d'émancipation
37:10et de colonisation,
37:11parce qu'il meurt
37:11dans un accident d'avion
37:13en 1947.
37:14Mais juste sur une chose,
37:17pour revenir sur,
37:18par exemple,
37:18sur Joséphine Baker
37:19et sur Manouchian,
37:20Macron soulignait
37:21qu'il faisait rentrer
37:22des étrangers.
37:24Et d'ailleurs,
37:25c'est intéressant,
37:25il y avait quelque chose
37:26de l'ordre de l'histoire mondiale
37:27de la France.
37:28Par contre,
37:29Macron,
37:29tous ses deux mandats,
37:31n'a pas du tout facilité
37:32la vie des immigrés
37:33et des étrangers en France.
37:34Au contraire,
37:35il durcit toujours plus les lois,
37:36il augmente toujours plus
37:37les expulsions,
37:38et il rend leur vie
37:40de plus en plus dure.
37:41Donc c'est là aussi
37:41où il y a une contradiction
37:43entre le Macron progressiste
37:45des discours
37:46et des pantalonisations
37:46et la réalité
37:48des actes politiques
37:48qu'il mène.
37:50Il avait même fait
37:50un acte symbolique
37:51fort pour Manouchian
37:52parce qu'il y avait
37:53eu la demande
37:53de lui donner
37:55à titre posthume
37:56la nationalité française
37:57et Macron tenait
37:58à le faire rentrer
37:58en apatride
38:01parce qu'il avait demandé
38:02à plusieurs reprises...
38:03La France a refusé deux fois
38:04de donner la nationalité française
38:06à Manouchian.
38:07Et donc Macron,
38:08tout en disant
38:09qu'évidemment Manouchian
38:10la mérite,
38:11il voulait symboliser,
38:12qu'on se souvienne
38:13que la France
38:13l'a refusé deux fois
38:14et qu'il rentre en apatride
38:15au Panthéon.
38:16Mais c'est vrai
38:17que ça ne collait pas
38:17forcément aux discours,
38:19aux actes politiques
38:20qu'il mettait en œuvre.
38:21Merci Aurélien
38:23pour nous avoir éclairé
38:25sur à la fois
38:25la panthéonisation
38:26de Marc Bloch,
38:27mais qu'est-ce que c'est
38:28que cet outil politique
38:29aussi des panthéonisations
38:30et à quoi sert
38:31le Panthéon
38:32dans notre République.
38:33Merci à vous
38:34de nous avoir suivis.
38:35N'hésitez pas surtout,
38:36n'hésitez pas même,
38:37abonnez-vous,
38:38on a besoin de vous.
38:39Les subs également
38:40ont des preneurs.
38:43Voilà, on compte sur vous.
38:44Merci beaucoup.
38:45A bientôt.
38:46A bientôt.
38:46Et avec l'entrée de Marc Bloch,
38:47donc c'est quelqu'un
38:48qui rentre avec un regard
38:49très critique sur l'histoire,
38:51le Panthéon invite
38:52à avoir un regard
38:54critique sur l'histoire
38:55parce qu'il y a pas mal
38:55de panthéonisations
38:56qui ont été instrumentalisées.
38:57Mais c'est un outil
38:59très intéressant
38:59et garder un œil critique
39:01sur l'histoire.
39:02Salut !
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