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  • il y a 9 heures
Les États-Unis signent un nouvel accord d'expulsion de migrants vers la République démocratique du Congo. Après le Costa Rica et le Cameroun, Washington expulsera des personnes non originaires de la RDC vers ce pays pour une durée indéterminée. Décryptage avec nos journalistes Benjamin König et Thé Bourrieau

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Transcription
00:01Que contient le nouvel accord d'expulsion de migrants entre les Etats-Unis et la République démocratique du Congo ?
00:06Après le Costa Rica et le Cameroun, c'est donc vers la RDC que Washington pourra expulser des exilés.
00:12Avec nous pour en discuter, donc je te représente Benjamin Cunning, chef adjoint de la rubrique Monde et spécialiste du
00:16continent africain.
00:18Avant qu'on parle des enjeux et du contexte global dans lequel s'inscrit cet accord, qu'est-ce que
00:25c'est que cet accord ? Quels en sont les termes ?
00:28Ah ben, justement, c'est toute la difficulté puisqu'il est secret.
00:31Il a été révélé...
00:33Exactement, il a été révélé ce 5 avril, donc c'est avant-hier, par un communiqué, même pas du ministère
00:41de l'Intérieur ou des Affaires étrangères, donc de la RDC, République démocratique du Congo,
00:46mais par un communiqué du ministère de la Communication et des Médias.
00:50Bizarre.
00:50Oui, c'est un peu... En gros, c'est vraiment un communiqué en forme de justification. Rassurez-vous, circulez, il
00:57n'y a rien à voir.
00:58En gros, le texte du communiqué précise que cet accord est encadré, que la RDC contrôle tout, qu'il est
01:08transitoire.
01:09Alors, on ne sait pas trop ce que ça veut dire, c'est un approvisoire. C'est-à-dire qu
01:12'en gros, c'est un accord comme l'Amérique en a signé avec plusieurs pays.
01:18On sait que d'ailleurs, ce n'était pas le seul. On se rappelle qu'avant que l'Angleterre, le
01:22Grande-Bretagne, repasse avec un gouverneur travailliste,
01:24ils avaient envisagé un accord de ce type avec le Rwanda.
01:38Le Rwanda, oui.
01:38C'est-à-dire qu'ils y seraient persécutés.
01:41Ils fuient un contexte politique.
01:42Oui, ou l'orientation sexuelle. Il y a beaucoup de raisons de fuir, évidemment, et de se réfugier.
01:49Et donc, tout simplement, que la RDC pourra en accueillir pendant une période, d'ailleurs, qui n'est même pas
01:56définie.
01:57Alors, il disait dans le communiqué que c'était pour couper court aux rumeurs, aux fake news, etc.
02:02Alors, il se trouve qu'effectivement, cet accord était totalement secret et qu'il s'est négocié non seulement dans
02:08le dos de la population congolaise,
02:10mais aussi dans le dos des élus et des parlementaires congolais qui l'ont découvert eux aussi.
02:16C'est-à-dire que ça n'a pas du tout été discuté, débattu, voté, rien du tout.
02:20Absolument pas. Et ça n'est même pas par le gouvernement.
02:25On s'imagine très bien que c'est un accord de gré à gré entre les deux pouvoirs,
02:29c'est-à-dire entre Donald Trump et Félix Tshisekedi, le président congolais.
02:33On va revenir sans doute sur les raisons qui ont motivé l'acceptation de cet accord.
02:38Mais donc, c'est en train de nous dire que cet accord autoriserait les États-Unis à expulser des exilés
02:45au Congo,
02:46alors qu'ils ne viennent pas du Congo.
02:48Absolument pas. Voilà. Exactement. C'est ça, le principe.
02:51C'est ce qu'on appelle les expulsions vers un pays tiers.
02:56Je ne dis pas que ce serait mieux s'ils venaient du Congo, mais c'est qu'encore moins de
03:00sens, c'est encore plus...
03:01Disons que dans ces cas-là, comme quand la France veut expulser des ressortissants de n'importe quel pays,
03:06il y a des conventions bilatérales entre les deux pays,
03:09et à chaque fois, il doit y avoir une procédure judiciaire
03:13avec la délivrance par le pays de retour d'un laissé-passer consulaire.
03:18C'est d'ailleurs un des objets de la crise entre la France et l'Algérie, par exemple,
03:22où on sait que parfois, l'Algérie disait...
03:26Alors nous, si les expulsions de ressortissants,
03:28parce que la droite et l'extrême droite en France faisaient beaucoup de bruit là-dessus,
03:31l'Algérie accepte, mais il y a une procédure judiciaire respectée
03:36avec la délivrance par l'Algérie d'un laissé-passer consulaire.
03:39Donc ça pourrait être la même chose, on peut l'imaginer.
03:41Mais là, on n'est pas du tout, du tout dans ce cas de figure.
03:44Pas du tout dans ce cas de figure.
03:45À tel point que, justement, on a y compris nous-mêmes des débats au sein de la rédaction,
03:49mais c'est tout simplement, est-ce que ce n'est pas le terme de déportation qui serait plus juste
03:54?
03:55Puisque je suis allé voir un petit peu la définition du droit international, exactement.
04:00Donc déportation désigne le transfert forcé de personnes civiles
04:04ou d'autres personnes protégées par les conventions de Genève
04:06à l'extérieur du territoire où elles ont leur résidence,
04:09vers le territoire de la puissance occupante,
04:11ou tout autre territoire occupé ou non.
04:14Voilà, donc tout est dans le transfert forcé de population
04:19et illégal en plus, puisqu'il n'y a pas d'accord.
04:21Cet accord, en fait, n'a aucune valeur juridique,
04:24puisqu'il n'a même pas été ratifié.
04:26D'ailleurs, truc intéressant, en fait, en creusant un peu le sujet,
04:30j'ai découvert que des accords de ce type,
04:31alors hier, on en parlait, on sait que les États-Unis en ont établi environ 25,
04:36avec 25 pays.
04:37J'ai découvert, par exemple, qu'il y a un accord qui a été mis en place
04:42avec le Ghana, déjà depuis octobre dernier,
04:45et qu'en fait, cet accord, pareil, n'a pas été ratifié du tout par le Parlement.
04:49Donc en fait, il n'a pas, normalement, il est complètement illégal en droit ghanéen.
04:54Et donc, il a été attaqué devant la Cour suprême du Ghana,
04:58qui n'a pas encore rendu son verdict.
04:59Mais c'est, voilà, un point important.
05:01Oui, tu disais que ça a fait débat à la rédaction.
05:03C'est sûr qu'utiliser le terme déportation,
05:04vu comment il est chargé historiquement,
05:07c'est sûr qu'il faut toujours bien réfléchir avant de l'utiliser.
05:10Mais on comprend bien, avec la définition que tu nous as donnée,
05:12que le débat est justifié.
05:14Il faut vraiment se poser la question des mots qu'on utilise.
05:17Exactement.
05:18Et le terme est bien sûr connoté, surtout en français,
05:22puisqu'il correspond vraiment à un terme précis.
05:26On dit les déportés, on pense évidemment souvent à la choix.
05:30Mais il a quand même une définition en droit international,
05:32qui est plus large.
05:34Il ne faut pas l'utiliser à tort à travers.
05:36Ça, on est bien d'accord.
05:37Il faut bien faire attention à...
05:39Mais ce qui me paraît le nœud, là,
05:44justement, bon, après, on dira, c'est qu'un mot,
05:47mais quand même, comme disait l'autre,
05:49mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde.
05:52Donc on va essayer de bien nommer les choses.
05:54Ce n'est pas tant l'emploi du mot,
05:55c'est surtout ce qu'il recouvre comme réalité.
05:58C'est-à-dire un transfert forcé de population
06:02vers un territoire qui n'a rien à voir avec leur pays
06:04et dans des conditions illégales.
06:07Voilà.
06:08Puisque cet accord, en fait, on va y venir maintenant sur le...
06:11Pourquoi la RDC fait ça ?
06:13Eh bien, justement, pourquoi la RDC fait ça ?
06:14Ah, quelle transition !
06:15Tu fais les questions et les réponses, je ne peux rien la faire.
06:18Non, mais tu as commencé à nous parler du président Félix Tchisekedi.
06:21Oui.
06:23Donc c'est un peu lui, j'imagine, l'artisan de cet accord.
06:26Quel est... Déjà, qui sait ?
06:27Parce que je ne suis pas sûr que tout le monde sache très, très bien
06:29qui sait, quelle politique il mène.
06:30Alors on ne va pas faire une histoire de la politique de la RDC.
06:33Surtout que c'est compliqué.
06:34Oui, voilà, j'imagine très bien.
06:36Mais en quelques mots, qui sait ?
06:37Est-ce que c'est bien lui l'artisan ?
06:39Et pourquoi il a été artisan de cet accord-là ?
06:42Oui, alors, effectivement,
06:44D'abord, sur la situation de la RDC en elle-même,
06:48on en parle souvent ici, d'ailleurs,
06:50y compris souvent dans l'international,
06:51sur la guerre dans l'est de la RDC,
06:55qui mine la région depuis 40 ans.
06:59La RDC étant un pays qui compte aujourd'hui
07:016 millions de déplacés internes.
07:03Donc évidemment, déjà, il y a beaucoup de gens en RDC
07:06qui ont réagi en disant...
07:09Enfin, il n'y a même pas eu de discussion.
07:11Les défenseurs des droits humains disent
07:12c'est absolument n'importe quoi.
07:14Déjà, nous, on est en situation de crise absolue,
07:17donc de guerre interne, etc.
07:19Donc c'est très compliqué.
07:21Alors pourquoi Tshisekedi a accepté ?
07:23Donc Tshisekedi, c'est le président congolais.
07:26Il a été réélu, l'année dernière,
07:28il y a deux ans, pour un nouveau mandat.
07:31Il a opéré un virage géostratégique en essayant de s'attirer la protection des États-Unis,
07:40justement dans le cadre du règlement du conflit dans l'est de la RDC,
07:44notamment vis-à-vis du Rwanda et du groupe M23,
07:49dont on parle assez souvent.
07:51Enfin, tous les conflits qui minent l'est de la République démocratique du Congo.
07:56Il y a un accord qui a été signé, qui s'appelle l'accord de Washington,
08:00qui a été signé le 4 décembre dernier,
08:02entre le Rwanda, la République démocratique du Congo,
08:05sous l'égide des États-Unis,
08:08et également aussi du Qatar,
08:09puisqu'il y avait beaucoup de discussions qui se déroulent à Doha.
08:12Cet accord, il dit quoi ?
08:14En gros, il dit que la République démocratique du Congo doit désarmer les groupes paramilitaires.
08:20Notamment le M23, c'est beaucoup lui dont on entend parler, mais il y en a beaucoup d'autres.
08:22Le M23 étant lié au Rwanda, c'est plutôt le Rwanda qui doit arrêter de le soutenir.
08:26Mais le groupe que le RDC doit désarmer, c'est notamment les FDLR.
08:30On a fait une vidéo exactement la semaine dernière sur le sujet.
08:32Je vous invite à aller voir cette vidéo.
08:35Vous verrez que tout est lié, évidemment.
08:37En fait, cet accord de Washington prévoit non seulement
08:40règlement du conflit avec désarmement des groupes militaires,
08:43retrait du Rwanda,
08:45mais il prévoit aussi l'accès aux ressources minières pour tout le monde.
08:48Il y a évidemment le grand enjeu économique de l'AS, de la RDC,
08:52c'est ce qui a attiré Trump.
08:54Mais on peut imaginer...
08:55On imagine bien que Trump n'était pas juste un faiseur de paix en disant
08:57« Non, non, mais ça suffit, mais on a arrêté de vous battre. »
08:59Il y avait bien un enjeu économique derrière.
09:01Je pense qu'il n'aurait même pas su l'existence
09:04de la République démocratique du Congo et du Rwanda
09:07s'il n'y avait pas des intérêts économiques.
09:09Mais on se rend compte qu'effectivement,
09:11dans cet accord, sans doute,
09:13a été négocié, entre présidents,
09:16cet accord d'expulsion, de déportation...
09:20Bon, on va rester sur expulsion,
09:21puisque ça peut être compliqué à utiliser.
09:24– Tu vas te faire taper sur le doigt, après.
09:26– Ah, non.
09:29Cet accord d'expulsion de migrants,
09:34en fait, ça paraît évident que ça a été fait en secret
09:37entre les deux présidents,
09:38et que ça a commencé à se savoir,
09:40puisque ça va être mis en œuvre là, à la fin du mois,
09:42et que donc, tout simplement,
09:43le ministère de la Communication a publié un communiqué
09:45pour dire « Ne vous inquiétez pas, c'est nous qui gérons ».
09:49Comment est-ce que cet accord a été reçu ?
09:51Enfin, l'annonce de cet accord a été reçu par la population ?
09:55Puisque donc, tu nous dis que ça a été révélé
09:58un peu de manière bizarre.
09:59Est-ce que, enfin, qu'en a pensé la population ?
10:01Est-ce qu'il y a eu une réaction ?
10:02Est-ce qu'il y a eu de la contestation par rapport à ça ?
10:04Oui, oui, il y a eu une contestation sur deux points.
10:07De la part des défenseurs des droits humains
10:09qui disent que cet accord est en violation totale
10:12des droits humains.
10:15Et, deuxièmement,
10:17de l'ensemble de la société civile
10:19qui a dit, pardon, mais comme je le disais tout à l'heure,
10:22on est un pays qui connaît la guerre depuis 40 ans,
10:25où il y a 6 millions de Congolais déplacés internes.
10:29Alors, même si c'est limité,
10:31est-ce que c'est vraiment la priorité
10:33d'accueillir des personnes
10:34qui ne connaissent ni d'Eve ni d'Adam le Congo,
10:38qui seraient à Kinshasa.
10:39Ce sera à Kinshasa qui seraient accueillis.
10:43Mais bon, ça suppose...
10:44Alors, un autre truc aussi
10:45qu'il y avait dans le communiqué,
10:46c'est en disant que ça ne coûtera pas un sou au Congo.
10:48C'est-à-dire que c'est tout pris en charge par les Américains.
10:51Mais bon, heureusement,
10:52ça paraît complètement lunaire
10:55comme argumentation.
10:57Je vous invite à aller voir
10:59cet article que j'ai fait
11:00et le communiqué même du ministère
11:03du Congo.
11:03Il y a un article qui est dans le journal du jour.
11:06C'est assez incroyable.
11:08Là, RFI sort de nouvelles...
11:10un petit peu des nouvelles infos
11:12parce qu'ils ont interrogé
11:13le gouvernement congolais
11:14qui répond de façon anonyme.
11:16On voit qu'ils sont très gênés
11:18ou en tournure,
11:19pour le dire correctement.
11:22Ils ne savent pas pour combien de temps c'est.
11:24C'est-à-dire qu'en gros,
11:25les personnes,
11:26elles vont rester 3 mois, 6 mois,
11:28jusqu'à un an, ils disent.
11:29Mais on sait très bien
11:30que dans ces cas-là,
11:32imaginons, je ne sais pas,
11:33une personne qui est réfugiée.
11:35Je ne sais pas,
11:35je prends un exemple du Chili,
11:38mettons.
11:39Ou du Venezuela.
11:40Parce qu'il y en a beaucoup en Amérique.
11:42Un Vénézuélien,
11:43qui se retrouve au Congo.
11:45Déjà, bonne chance.
11:46Et ensuite,
11:47il est pris en charge,
11:48OK.
11:49mais on dit,
11:50oui, mais vous inquiétez pas,
11:51c'est provisoire.
11:52D'accord.
11:54Mais vu qu'il serait dans l'impossibilité
11:57de retourner dans son pays,
11:58quelles que soient les raisons
12:00de cette impossibilité,
12:03comment ça se passe ?
12:04En vrai.
12:05Donc en fait,
12:06on voit bien que c'est la politique
12:07du fait accompli
12:08et que ça va être du provisoire qui dure.
12:10De toute façon,
12:10une fois qu'ils sont là-bas,
12:11ils sont coincés.
12:12Ce n'est pas ni les États-Unis
12:13qui vont payer pour soit leur retour,
12:15soit même leur retour
12:15dans leur pays d'origine.
12:17On se doute bien
12:18que l'objectif de Trump,
12:19ce n'est pas de les faire revenir
12:20dans un an,
12:20c'est de s'en débarrasser définitivement.
12:22Mais c'est bien le problème.
12:24Tout est caché,
12:26tout est non-dit.
12:27C'est vraiment
12:31une dégueulasse risse en nom.
12:32Je suis désolé,
12:32mais je le dis,
12:33c'est comme ça.
12:33Tu peux faire ce que tu veux.
12:36La semaine dernière,
12:38tu as fait une vidéo quasiment,
12:39pas identique,
12:40parce qu'il y a toujours
12:40des choses nouvelles à raconter,
12:41sur le Cameroun.
12:43Tu disais que les États-Unis
12:44multiplient ce genre d'accords.
12:45Alors, est-ce que tu peux résumer
12:48très rapidement
12:49ce qui s'est passé
12:50avec le Cameroun ?
12:51Dans ton papier
12:51que j'ai montré tout à l'heure,
12:52tu parlais aussi du Costa Rica.
12:55Globalement,
12:56qu'est-ce que ça dit
12:57de la tentative des États-Unis
13:00comme ça,
13:00de multiplier le nombre d'accords
13:01avec d'autres pays
13:03pour se débarrasser
13:04des exilés,
13:05des migrants
13:06qu'ils ne veulent pas ?
13:06Eh bien, on se rend compte,
13:07finalement,
13:08en creusant le sujet,
13:09on avait un peu entendu parler
13:11de plusieurs accords,
13:12mais on se rend compte
13:13parce qu'il y a tout à l'heure
13:14le Ghana dont je parlais,
13:16l'Ouganda,
13:16le Costa Rica,
13:17il y en a avec l'Équateur.
13:19On voit qu'en fait,
13:20ça devient un objectif central
13:22de la politique américaine
13:23à l'échelle mondiale.
13:24Et puis,
13:25une méthode presque,
13:26quasiment.
13:26Non, c'est plus...
13:27Alors, la méthode peut être différente
13:28selon les pays.
13:30Elle est axée sur,
13:31en gros,
13:32trois principes.
13:36La menace,
13:37bien sûr,
13:38à la Trump.
13:39La carotte,
13:40en promettant de l'argent.
13:42Ou, là,
13:43en l'occurrence,
13:44il y a la question
13:45qui a été posée
13:45sur la RDC,
13:46mais en quoi c'est bon
13:48pour la RDC ?
13:49Et en gros,
13:50le gouvernement dit
13:51du matériel de sécurité intérieure.
13:53On a compris.
13:54Voilà.
13:54En gros,
13:55étant donné que la RDC
13:57s'est mise sous la protection
13:58des États-Unis
13:59pour régler les conflits
14:01dans l'Est du pays
14:02et pour structurer l'armée,
14:05justement,
14:05fournir des armements,
14:06du renseignement,
14:07ce dont ils ont énormément besoin.
14:09Eh bien, en fait,
14:10c'est, en gros,
14:12du renseignement
14:13et de la fourniture militaire
14:15contre ça.
14:16Donc, on le voit,
14:18c'est vraiment la méthode Trump
14:19mise à nu.
14:20C'est-à-dire le deal,
14:21comme il dit,
14:22le deal d'argent immobilier.
14:23C'est-à-dire,
14:23tu me files ça,
14:24je te donne ça.
14:24Sauf que là,
14:25on parle de vie humaine.
14:27Exactement.
14:28Donc, ça,
14:29c'est vis-à-vis de la RDC.
14:30Donc, clairement,
14:31c'est établi.
14:32C'est du matériel militaire
14:34et de l'aide américaine,
14:35de la protection américaine.
14:36pour le Cameroun,
14:37c'était la menace.
14:38C'était la menace.
14:39C'était le Cameroun.
14:40Pardon,
14:41les États-Unis ont retenu
14:42un paiement
14:42de 30 millions de dollars
14:44qui était destiné
14:46au commissariat,
14:47aux réfugiés,
14:49donc une agence de l'ONU,
14:50mais au Cameroun.
14:53Et on le sait
14:53qu'en fait,
14:54les paiements parfois
14:55des agences,
14:55des trucs de l'ONU,
14:56comme ça,
14:56ça se fait en fait
14:57de pays par pays.
14:59Et là,
15:00les États-Unis,
15:00ils ont dit,
15:01c'est 30 millions de dollars,
15:02soit vous acceptez l'accord,
15:03soit on les retient.
15:04Donc là,
15:05c'était typiquement
15:06par la coercition.
15:07Et puis,
15:08le troisième principe,
15:10c'est tout simplement
15:11de s'adresser
15:11à des pays
15:12idéologiquement proches
15:13de l'extrême droite,
15:15donc de Trump,
15:16donc l'équateur de Noboa,
15:18on peut l'imaginer
15:19avec l'Argentine de Milley,
15:20etc.
15:20Le Chili maintenant.
15:21Ou le Chili de Castes,
15:23bien sûr.
15:23Alors le Chili
15:24qui lui-même
15:24veut virer
15:25ces migrants vénézuéliens,
15:27pardon de parler crûment,
15:29mais c'est exactement
15:29ce qu'ils disent.
15:30Donc je ne suis pas sûr
15:32que ce soit politiquement
15:33acceptable pour lui,
15:34mais en tout cas,
15:34voilà comment ça se passe
15:37la multiplication
15:37de ces accords
15:39à la sauce Trump.
15:41C'est la menace,
15:42la coercition
15:43ou l'accord,
15:44le deal,
15:45par exemple,
15:46sur les équipements militaires
15:48ou ça peut être autre chose.
15:50Merci beaucoup, Benjamin.

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