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  • il y a 8 heures
Au lendemain des élections à Berlin et dans le Land de Mecklembourg-Poméranie-occidentale, qui ont vu dimanche la victoire de la gauche de Die Linke dans la capitale fédérale et une nouvelle percée spectaculaire de l’extrême droite, en tête dans le Land du nord de l’Allemagne, le pays est plongé dans la sidération. Pour le gouvernement du chancelier (CDU) Friedrich Merz, les jours semblent comptés.

Décryptage avec Benjamin König et Bruno Odent.

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00:00 Intro
01:25 La victoire de la gauche à Berlin
06:38 La percée de l'AfD et résistance du SPD
12:20 Crise politique fédérale et l'impopularité de Friedrich Merz
18:50 La stratégie de l'AfD et la fracture Est-Ouest
22:23 Quel avenir pour le gouvernement fédéral ?

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Transcription
00:01Est-ce une nouvelle Zoran Mamdani à Berlin ?
00:03Ce dimanche se tenaient deux élections en Allemagne, l'une dans la capitale fédérale
00:09et l'autre dans le land de Mecklenburg-Poméranie occidental.
00:12Deux semaines après le séisme de la victoire de l'extrême droite avec l'AFD en Saxe-Anhalt,
00:18les résultats sonnent comme une nouvelle gifle, notamment pour le chancelier Friedrich Merz.
00:24À Berlin, c'est donc la gauche de Die Linke qui arrive en tête
00:27et qui pourrait diriger une coalition avec les socialistes et les verts.
00:31Mais dans le land du nord de l'Allemagne, c'est l'extrême droite qui a remporté le scrutin.
00:35Et à Berlin, elle augmente aussi son score de façon spectaculaire.
00:40Donc pour analyser ces résultats, nous recevons Bruno Audan.
00:44Donc Bruno, bonjour.
00:46Bonjour.
00:47Bonjour Bruno.
00:48Donc tu es journaliste à la rubrique Monde et puis tu es spécialiste de l'Allemagne depuis de nombreuses années.
00:54Bruno, on va commencer peut-être par la bonne nouvelle.
00:58C'est la victoire de la gauche, la vraie à Berlin.
01:01Tu as d'ailleurs travaillé sur sa dirigeante, Elif Héralp, qui est arrivée en tête.
01:07Je vais vous montrer un petit papier.
01:10Elif Héralp.
01:11Oui, voilà.
01:13Tu avais fait son portrait il y a quelques jours déjà pour le journal.
01:16Voici cet article.
01:19Vous pourrez le lire sur le site de l'Humanité.
01:22Mais voilà, pour en revenir à notre discussion, Bruno,
01:26qu'est-ce qui explique selon toi cette victoire d'Elif Héralp et de Die Linke à Berlin ?
01:31C'est la question du logement.
01:34La question du logement, elle pèse très lourd dans les préoccupations des Berlinois
01:39parce que leurs loyers, les Allemands, les Berlinois en particulier, sont surtout des locataires.
01:47Ça tient une vieille tradition qui est en train de se perdre un peu
01:51compte tenu de l'explosion des prix des loyers,
01:53mais qui demeurent.
01:55Une majorité d'Allemands, 53-54% qui sont locataires.
02:00Et donc les locataires berlinois se sont retrouvés avec 70% d'augmentation de leurs loyers sur 10 ans.
02:07Et ça continue.
02:08Ça continue parce que ce sont, je dis ce sont,
02:13mais maintenant c'est une société immobilière géante
02:18qui monopolisent les logements à Berlin
02:22et qui se sert de ce monopole pour imposer des prix, des locations et des charges.
02:31On m'a dit que les charges étaient l'une des associations de citoyens
02:40qui se bat contre ça et demande la nationalisation de cette entreprise-là
02:48qui s'appelle Vonovia et qui maintenant gère 500 000 logements
02:56sur l'ensemble du territoire européen
02:59et se trouve être un des piliers de la bourse de Francfort.
03:06– D'accord. Auparavant, Berlin est un cas particulier.
03:12En Allemagne, si j'ai bien compris, c'est à la fois un land qui recouvre la cité.
03:17– Oui, c'est un land capital, un land à une cité-État,
03:21comme Angour et comme Brême, pour des raisons historiques diverses.
03:27– D'accord. Alors pour le reste des résultats,
03:28on a vu qu'en tout cas la gauche de Die Linke pourrait diriger cette région.
03:34Elle aura sans doute quand même besoin d'une coalition.
03:36En deuxième position, c'est la CDU qui limite un peu la casse
03:40avec environ 18% mais qui est en chute libre.
03:42Et puis une progression très forte de l'extrême droite là aussi.
03:46– Limiter la casse pour la CDU, ce n'est pas franchement le terme.
03:49parce qu'elle était à 28%, elle se retrouve à 18%.
03:53Et puis surtout en deuxième position derrière Die Linke.
03:58Et l'écart entre les deux, entre la CDU et Die Linke,
04:02est quand même de plus de 7 points.
04:05Donc ça fait… voilà.
04:08– Die Linke a toutes les…
04:11– Les cartes en main.
04:13– Toutes les cartes en main, surtout la légitimité,
04:18voilà le terme que je cherchais, la légitimité pour devenir,
04:23pour avoir le poste de bourgmestre, je ne sais pas comment l'appeler non plus,
04:28enfin c'est le président…
04:30– Ministre-président comme on dit, oui.
04:32– Dans les autres, l'Endor, c'est ministre-président.
04:34Là, à Berlin, c'est bourgmestre.
04:36– D'accord.
04:37– Et voilà, donc elle a une très large majorité
04:45avec une potentielle coalition avec les Verts et avec l'ESPD.
04:50Le seul problème, c'est que les Verts sont plutôt ouverts
04:55à cette nationalisation qui est revendiquée par les Berlinois
04:59et qui a fait toute la campagne,
05:02qui a fait quasiment toute la campagne de Elif à RALP.
05:08mais il y a l'ESPD qui a manifesté son désaccord avec une nationalisation
05:16et donc les discussions…
05:18Alors, Elif à RALP, elle dit qu'elle allait le convaincre, etc.
05:24– Oui, c'est un point non négociable de son programme, j'imagine, pour enfin…
05:27– Oui, oui, oui, c'est ça.
05:29– Et donc les négociations s'annoncent quand même assez dures,
05:33d'autant qu'il y a une majorité alternative qui est possible.
05:38– Ah oui, laquelle ?
05:38– Entre la CDU, les Verts et le SPD.
05:42– D'accord, donc il est encore possible.
05:44Comment ça se passe le processus ?
05:45Est-ce que par exemple, Elif à RALP serait désigné
05:49pour essayer de former une coalition,
05:51comme ça se passe au niveau fédéral ?
05:53Ou alors, il va y avoir des discussions au Parlement régional ?
05:57– Non, il va y avoir des discussions préalables,
06:00parce qu'il y a trois tours, c'est assez compliqué comme système,
06:03il y a trois tours dans l'élection du ministre président,
06:08dans les Länder, et il y a Berlin aussi.
06:11Et donc le premier tour, il faut une majorité absolue.
06:18Et par contre, au troisième tour, il peut y avoir des abstentions, etc.
06:22Donc majorité relative suffit.
06:23– Donc il va y avoir tous des jours de tractation, pardon.
06:28– Voilà, et puis tout le monde, enfin y compris Die Linke,
06:31va essayer d'éviter absolument un troisième tour.
06:36– On va passer à l'autre scrutin, c'est l'autre renseignement principal,
06:42c'est celui de la percée de l'extrême droite de l'AFD,
06:46l'extrême droite violente de l'AFD.
06:47Tu as beaucoup écrit il y a 15 jours sur la victoire de l'AFD en Sachs-en-Halte,
06:54c'était pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale et le régime nazi,
06:58un land qui pourrait être dirigé par l'extrême droite.
07:01C'est à nouveau le cas là en Mecklenburg-Port-Emerani-Occidental,
07:06tu m'excuseras pour ma prononciation, tu feras mieux que moi.
07:10– Donc dans ce land-là, qui est situé au nord de l'Allemagne, près de la Baltique,
07:15elle augmente son score de près de…
07:17enfin, pardon, elle arrive en tête avec 38% je crois que c'est ça ?
07:21– 38%, oui.
07:23– 38%, elle explose son score,
07:26derrière le SPD arrive en seconde position mais loin derrière,
07:30et alors là, autre renseignement, la CDU s'effondre totalement.
07:34– La CDU s'effondre totalement, certes, mais le SPD, au contraire,
07:38le SPD de la ministre présidente, je fais ci,
07:43elle talonne, enfin, l'extrême droite fait 38% et elle, elle fait 35%.
07:51Donc au départ, elle était donnée, les premiers sondages donnaient un écart
07:58comme en Sachs-Hanalt, un écart très important,
08:05et l'extrême droite, autour de 40%, etc., etc.
08:10– Oui, oui.
08:10– Elle a réussi à faire une espèce de remontada,
08:15comme disent les footballeurs,
08:20mais elle l'a fait sur une base extrêmement critique par rapport à la direction de son parti
08:26qui est totalement impliquée dans le gouvernement avec Friedrich Merz.
08:34– On va y venir, bien sûr.
08:35– Et c'est parce qu'elle a été très critique, notamment sur la mise en cause de l'État
08:45social,
08:46de certaines garanties sociales et tout, maintenant ouvertement mise en cause par Merz et son gouvernement,
08:53et par la partie sociale démocrate de son gouvernement.
08:56Et elle, elle a critiqué ça, elle a tellement bien critiqué cela
09:00qu'il y a une espèce de fronde qui est de plus en plus insistante au sein du SPD
09:07et que cette fronde s'est dit qu'elle pourrait devenir une dirigeante du SPD alternative.
09:18– D'accord, oui.
09:19– Parce que le dirigeant du SPD, c'est Lars Klingbeil,
09:23et il y a une double direction, il y a un homme et une femme, Lars Klingbeil et Berbel Bass,
09:33et lui, le premier, il est vice-chancelier et ministre des Finances,
09:39et elle, elle est ministre du Travail.
09:41Mais le fait que le SPD est perdu au plan national aujourd'hui dans les sondages,
09:50il se retrouve à 12% au même niveau que D-Link.
09:54Donc, ça inquiète beaucoup de militants.
09:57– Bien sûr, bien sûr. C'est en train de bouger rapidement d'ailleurs.
09:58On a vu ce matin qu'y compris le chef dont tu parlais, le chef du SPD,
10:02a commencé à critiquer les réformes, et notamment la réforme des retraites.
10:05On va y venir sur les questions qui se posent au niveau fédéral, au niveau national, en Allemagne,
10:10parce que c'est évidemment une crise politique majeure.
10:13Mais juste pour revenir sur le Land, quelle majorité peut se dégager ?
10:19Est-ce qu'on peut imaginer que l'AFD parvienne à trouver des alliés pour prendre le pouvoir ?
10:25Ou alors, est-ce qu'il peut y avoir une coalition alternative ?
10:27Voilà. Quelle analyse tu fais juste au niveau du Land ?
10:31– Non, il n'y a pas de possibilité que l'AFD s'empare du pouvoir.
10:35Contrairement à la Sachsen-Halz, il n'a pas de majorité, il ne frise pas la majorité absolue comme en
10:41Sachsen-Halz.
10:42Et il n'aura pas le soutien du parti de Sarah Wagenknecht.
10:47C'est cette ex-dissidente de Die Linke qui a créé un parti sur des bases populistes,
10:54anti-migrants et plutôt souverainistes.
10:59Et cette fois, Sarah Wagenknecht n'a pas réussi à franchir la barre des 5%.
11:06Et donc, elle ne sera pas représentée dans le Landtag, dans le nouveau Landtag.
11:11Et donc, la possibilité d'une alliance ou d'une tolérance du BSV,
11:21c'est-à-dire le parti de Sarah Wagenknecht, pour l'extrême droite, n'existera pas.
11:26Contrairement à ce qui s'est passé dans le Landtag de Sachsen-Halz,
11:30où elle a déclaré qu'elle renonçait aux murs parfeux.
11:39Au cordon sanitaire, quoi, comme on appelle ça.
11:41Parfeux, voilà.
11:42C'est plus explicite dans la langue allemande.
11:45C'est le pare-feu antifasciste.
11:47Brand power.
11:50Et donc, tous les partis démocratiques sont pour ce pare-feu,
11:55sauf maintenant Sarah Wagenknecht,
11:59qui a fait aussi, et est passé aussi sous la barre des 5% à Berlin,
12:05ce qui pourrait signifier la fin de son...
12:12Enfin, peut-être pas la fin de son parti, mais en tout cas,
12:18une mise à la tête rapide.
12:21Donc, comme on se disait, venons-en un petit peu aux implications que ça a sur l'ensemble du pays.
12:27On le sait, il y a une crise politique qui est majeure,
12:28qui est ouverte depuis quelque temps.
12:31Friedrich Merz, c'est extrêmement impopulaire.
12:34C'est d'ailleurs une des explications de l'émergence de l'extrême droite
12:39qu'il a favorisé par sa politique.
12:42C'est même le chancelier le plus impopulaire de l'histoire,
12:44depuis la Seconde Guerre mondiale.
12:48Alors, son parti, comme on le disait,
12:49la CDU est purement écartée du Parlement,
12:52du Landtag, donc en Mecklenburg-Pomerani.
12:54Et alors, hier soir, directement, il a dit,
12:58il a dit, il faut continuer, il n'y a rien qui change,
13:00je reste chancelier, je vais continuer parce qu'il faut faire les réformes,
13:04typiquement, c'est ce qu'il a dit.
13:06Les réformes dont tu parlais, dont la destruction de l'État social,
13:08la réforme des retraites,
13:09qui ont des conséquences vraiment antisociales délétères.
13:14Il a aussi déroulé le tapis rouge à l'extrême droite
13:16en reprenant des termes et des éléments de leur politique anti-migrants.
13:22Alors, il est maintenant contesté par les dirigeants du SPD,
13:25mais aussi au sein de son propre parti.
13:27Depuis ce matin, ça tire à boulet rouge.
13:29Une question simple, Bruno, c'est, est-ce qu'il peut tenir ?
13:31Ou est-ce qu'il va devoir démissionner ?
13:33Non, je ne crois pas qu'il puisse tenir très longtemps.
13:38La plupart des journaux allemands titrent sur un chancelier
13:46qui est sur le départ, le crépuscule du chancelier.
13:52Moi, je trouve qu'il est assez gonflé,
13:55l'exercice auquel il s'est donné hier soir,
13:58juste après les premières estimations,
14:00où il ne savait pas encore à ce moment-là
14:03que son parti ne serait pas, même pas sélectionné
14:05dans le land de Mecklenburg-Pomerani.
14:09Mais quand même, c'est vraiment ignorer
14:15la réalité que vivent ces concitoyens.
14:20Parce qu'il y a aussi, comme en France,
14:23le prix de l'essence, le prix de l'énergie,
14:27qui augmente, à Berlin s'ajoutent à cela
14:30les prix des locations, qui explosent.
14:34Non, il est dans une position...
14:38Mais je ne suis pas sûr que le SPD de Friedrich,
14:46de Klingbeil, n'est pas sur des positions
14:51très éloignées de celles de Mertz.
14:55Et je ne sais pas, c'est ça qui fait
15:00le seul suspense qui reste encore
15:03à la survie du gouvernement Mertz.
15:06C'est d'abord l'attitude du SPD,
15:11la montée du mécontentement au sein du SPD
15:13qui va contraindre les ministres
15:17à se faire de plus en plus réticents
15:19à adopter des réformes,
15:21alors que jusqu'ici, ils ont été impeccables.
15:24Mais là, ce matin, il dit qu'il faut revenir
15:26sur la réforme des retraites, justement.
15:27C'est quand même...
15:29Oui, oui, oui.
15:31Mais c'est une partie des réformes engagées.
15:35Et la réforme des retraites,
15:38ce qu'il vise, lui, c'est la réforme,
15:41une réforme qui prévoirait
15:45d'annuler la possibilité
15:49de partir en retraite
15:51quand on a commencé très jeune
15:53et l'on a 45 annuités.
15:57Entends bien ?
15:5845 annuités.
16:00Oui, oui.
16:01Voilà.
16:01Et donc, cette réforme,
16:03cette réforme, elle concerne
16:05beaucoup plus certainement
16:07les électeurs du SPD
16:10puisque ce sont des gens très modestes
16:13et tout qui ont...
16:15Le SPD recrute encore
16:17beaucoup parmi les travailleurs,
16:20les gens modestes.
16:23Mais c'est un truc assez fou.
16:27Il faut savoir que ce système de...
16:30Je ne pense pas que Klingbeil
16:32mette en cause, par exemple,
16:34dans les réformes que veut instaurer MERS,
16:38il y a la capitalisation.
16:41Parce qu'aujourd'hui,
16:43il faut savoir que
16:44le taux de remplacement des retraites,
16:47c'est-à-dire le taux de remplacement,
16:48c'est-à-dire la différence
16:49entre ce que touche le retraité
16:52et entre le dernier salaire net
16:54et ce que touche le retraité aujourd'hui.
16:57mais à quel est le niveau de ce...
17:00Quelle est cette différence ?
17:03Eh bien, aujourd'hui, c'est 48% en Allemagne.
17:0648%.
17:06C'est-à-dire qu'on perd la moitié de son revenu
17:07quand on passe à la retraite
17:09entre son dernier salaire
17:10et sa première retraite.
17:11Plus de la moitié de son revenu qui chute.
17:14Plus de la moitié, des amis allemands
17:16qui avaient un salaire de 2500 euros,
17:18ils se retrouvent aujourd'hui
17:19avec 1300 euros de retraite.
17:21Oui, d'accord.
17:22Ça change quand même la vie.
17:24Bien sûr.
17:24Donc, en tout cas,
17:25la question sociale sera au centre
17:27des discussions
17:28et quand même sur les suites
17:31de cette coalition au pouvoir.
17:32Ou plutôt la question antisociale,
17:34on va dire.
17:34Oui, oui, mais on peut...
17:38Enfin, je ne sais pas si...
17:40Enfin, l'illusion au sein de...
17:44Parmi les dirigeants du SPD,
17:47que ce soit Tenbaïl ou Basse,
17:50l'illusion au sein de ces...
17:52Parmi ces dirigeants,
17:53c'est que...
17:54Enfin, ce n'est pas une illusion,
17:56c'est qu'ils sont convaincus
17:58de la pertinence
18:01d'une casse de coupe sociale,
18:05d'une nécessité de coupe sociale
18:07pour obtenir une compétitivité
18:12des industriels allemands
18:13qui est en chute libre.
18:14Oui, oui.
18:15OK.
18:16Et donc, parce que,
18:17voilà, en ce moment,
18:18il y a 100 000 suppressions d'emplois.
18:20Bien sûr.
18:20La question, évidemment,
18:21de la crise profonde industrielle.
18:24Elle nourrit d'ailleurs
18:25la crise politique.
18:26Tu l'as pas mal analysée
18:27dans tes papiers.
18:28Tu as encore fait pas mal
18:30de papiers,
18:31notamment sur l'annonce
18:33du plan de licenciement majeur
18:34chez Volkswagen,
18:35qui était un peu le fleuron.
18:36Moi, je voulais te poser
18:37une dernière question, là,
18:38sur cette élection,
18:40sur, quand même, l'AFD,
18:43sur la droite,
18:44ou les droites en Allemagne.
18:47Bon, ce matin,
18:48il y avait une conférence de presse
18:49de l'état-major
18:50de l'extrême droite,
18:51de l'AFD, là,
18:52et la présidente,
18:53la dirigeante Alice Weidel,
18:55qui a rappelé l'objectif.
18:58Elle a dit qu'en gros,
18:58l'AFD,
18:59l'objectif de l'extrême droite
19:00était de remplacer
19:02purement et simplement
19:03la CDU.
19:04Est-ce que c'est un petit peu
19:05ce qui se passe
19:06et sur quelle base politique
19:08pour toi ?
19:10Oui, c'est un petit peu
19:11ce qui se passe
19:11dans les lenders
19:15de Sachsen-Anhalt
19:16et de Mecklenburg-Pomerani.
19:18Ce n'est pas tout à fait
19:20ce qui se passe à Berlin.
19:21Ça, c'est intéressant.
19:22Berlin, il y a une force antifasciste
19:26qui arrive en tête.
19:27Donc, ça coûte quand même
19:30à réduire...
19:33Et puis, l'extrême droite
19:35est à stress.
19:35Mais si on n'analyse que la droite,
19:37pardon, excuse-moi,
19:37mais si on n'analyse que
19:38le rapport de force
19:39à l'intérieur de la droite,
19:41y compris à Berlin,
19:42la CDU baisse
19:42et l'AFD monte, quoi.
19:44Oui, c'est ça.
19:45Oui, oui, bien sûr.
19:47Mais on n'en est pas quand même.
19:49C'est Die Linke qui m'a dit
19:51qu'il devrait diriger
19:53le land de Berlin.
19:54Ce n'est pas la même situation
19:56que dans ces deux autres lenders
19:58où la situation sociale aussi,
20:01je te donne tout à fait raison,
20:03la situation sociale
20:04est bien plus dégradée.
20:06Dans les lenders de l'Est
20:09de l'Allemagne,
20:09l'ancienne RDA,
20:10ils sont passés très très vite,
20:15la réunification a été en fait
20:17une annexion par l'Allemagne de l'Est
20:20par l'Allemagne de l'Ouest
20:21et ils ont imposé très vite
20:24des réformes.
20:27Avant, en Allemagne de l'Ouest,
20:29il y avait un modèle
20:30qu'on appelait le modèle rennant
20:31qui compte tenu de la concurrence
20:34de l'Est justement
20:36accordait beaucoup d'avantages
20:38à ses salariés,
20:39des retraites très élevées,
20:42un système de sécurité sociale
20:47le meilleur d'Europe, etc.
20:51Et là, quand il y a eu la réunification,
20:54on n'a plus besoin de ça.
20:56Et donc maintenant,
20:58le souci,
20:59et c'était le souci du chancelier Schroeder
21:02du SPD au début des années 2000,
21:04c'est le souci,
21:06c'est d'anglo-saxoniser,
21:09si je peux me permettre ce terme,
21:11le modèle allemand.
21:13Et déjà, c'est bien commencé,
21:16et l'Est a servi de laboratoire,
21:20de laboratoire pour ça.
21:21Il faut savoir qu'à l'Est,
21:24il y a, pour ce qui peut parler au français,
21:27il y a moins d'un salarié sur trois
21:30qui est couvert par une convention collective.
21:33Le reste, c'est la précarité,
21:36la politique des plateformes internet
21:37à grande échelle, etc.
21:39Et ça, ça nourrit l'extrême droite pour toi ?
21:42Bien sûr, ça nourrit l'extrême droite
21:44avec peut-être le paradoxe,
21:46c'est que l'extrême droite
21:47est pour une dérégulation économique
21:49encore plus importante.
21:51C'est encore le degré plus important.
21:52On a toujours fait le faux-semblant, quoi.
21:54Oui, c'est ça.
21:55Et puis le faux-semblant,
21:56c'est les boucs émissaires habituels,
21:59les étrangers,
22:02en Saxe-Hanalt,
22:03ils ont remis sur le devant de la scène
22:06cette idée de la remigration,
22:09c'est-à-dire de la déportation des migrants
22:12à l'extérieur de l'Allemagne.
22:14Alors maintenant,
22:15pour les prochaines échéances,
22:17est-ce que là,
22:18il y a eu une séquence électorale
22:19en 15 jours, 3 semaines,
22:20est-ce qu'il y a d'autres élections
22:21prévues prochainement ?
22:24Prochainement, non,
22:24mais l'année prochaine, oui.
22:26D'accord.
22:27Ok, donc d'ici là,
22:28on verra s'il y a toujours
22:31cette montée de l'extrême droite
22:32sur ces bases-là.
22:35Et puis évidemment,
22:36on va voir ce qu'il en est
22:37du gouvernement fédéral.
22:40Oui, c'est ça,
22:41le gouvernement fédéral,
22:42est-ce qu'il tiendra jusque-là ?
22:44Vraiment, la question est posée.
22:46Si Merthe s'est poussé à la démission,
22:48est-ce qu'il y a de nouvelles élections ?
22:50Non, pas forcément,
22:52parce que s'il y a de nouvelles élections,
22:55le premier parti dans les sondages,
22:57c'est l'AFD à 30%.
22:59Merthe ne fait plus que...
23:01La CDU de Merthe ne fait plus que 20%.
23:04Et je disais tout à l'heure
23:05que le SPD a été réduit à 12%
23:07et est au même niveau que D-Link.
23:12Donc il cherchera une nouvelle coalition,
23:13plutôt.
23:16Donc, il se peut qu'il y ait une révolte
23:18au sein de la CDU,
23:19parce que tu parlais ce matin
23:20des réactions assez rudes
23:22qu'il y avait dans le parti.
23:25et qu'il cherche à renégocier
23:28avec le SPD
23:29un autre chancelier.
23:31Un chancelier qui serait
23:33peut-être
23:34moins antisocial,
23:37je ne sais pas.
23:40Et qui...
23:41Ce qui permettrait de...
23:43Voilà.
23:43Je vous encourage à lire ce papier.
23:45Alors, j'ai justement
23:46fait un petit papier ce matin
23:48pour donner les premiers éléments
23:50qui sont tombés ce matin,
23:52après celui que tu avais écrit
23:53hier.
23:55Voilà.
23:56On va essayer de le mettre à jour
23:57et de continuer ça
23:59aujourd'hui,
23:59notamment pour savoir
24:00les développements
24:01de ce dont on parlait
24:02avec toi, Bruno,
24:03sur la suite,
24:04les suites
24:05pour le gouvernement.
24:06Merci beaucoup.
24:08D'accord.
24:09Merci.
24:09Merci à toi.
24:10À bientôt.
24:20À bientôt.

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