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  • il y a 16 heures
Les premiers résultats lors des élections locales au Royaume-Uni qui se sont tenues, jeudi 7 mai, confirment un véritable revers pour le Premier ministre britannique et sa formation, le Parti travailliste. Au pouvoir depuis 2024, Keir Starmer a promis de nouvelles mesures. Le Parti conservateur connaît aussi de nombreux échecs au profit de la formation d’extrême droite de Nigel Farage, Reform UK. Le point avec Vadim Kamenka et Théo Bourrieau.

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Transcription
00:01Le Premier ministre britannique va-t-il démissionner ?
00:03Jeudi 7 mai, le parti travailliste de Kersthermer a subi une défaite cuisante lors des élections locales.
00:09Depuis, de plus en plus de voix demandent sa démission.
00:12Démission qu'il a écartée hier, lundi 11 mai, lors d'un discours.
00:15Je comprends votre frustration. Je reconnais que les résultats sont difficiles à accepter, a-t-il déclaré,
00:21admettant avoir une responsabilité à assumer.
00:23Mais j'ai aussi la responsabilité de mettre en œuvre les changements pour lesquels nous avons été élus
00:27et que nous avons promis à ce pays. Et je tiendrai à cette promesse.
00:31Bref, Sthermer partira ou ne partira pas ?
00:34C'est la question qu'on va se poser avec toi, Vadim Kamenkar, responsable du service monde de l'humanité.
00:38Bonjour, Vadim. Bienvenue.
00:40Bonjour, merci.
00:41Avant qu'on rentre dans le vif du sujet sur la démission potentielle de Kersthermer,
00:47il faut qu'on fasse un petit point sur les élections qui sont déroulées la semaine dernière.
00:51Est-ce que tu peux nous faire un petit récap ?
00:53C'était des élections locales, c'était pour élire qui ?
00:56Des représentants locaux dans différentes grandes villes et grandes périphéries en Grande-Bretagne.
01:02Il y avait 5 000 postes qui étaient à nouveau organisés et ce scrutin portait sur ces 5 000 postes.
01:11Il y avait aussi deux autres élections importantes qui étaient en Écosse et au Pays de Galles,
01:15qui étaient indépendantes, notamment des législatives en Écosse,
01:17où le parti indépendantiste est arrivé en tête.
01:20Donc ça, ce sera un autre sujet. Je pense qu'il faudra y revenir plus tard,
01:22parce qu'on est en pleine...
01:23Pareil, ça relance toutes les négociations autour du référendum d'indépendance de l'Écosse.
01:29En attendant, sur les élections locales, oui, sur ces 5 000 sièges,
01:32en gros, puisque le décompte est assez lent au Royaume-Uni, ça a pris plusieurs jours.
01:41Hier, je crois qu'on était aux alentours bientôt de 1 400, 1 500 sièges perdus par le parti travailliste,
01:46le débat.
01:471 406, j'ai vu hier soir.
01:49Voilà, c'est ça. Donc c'est quand même une sacrée claque.
01:53Les conservateurs font guère mieux parce qu'ils perdent aussi un certain nombre de sièges.
01:58Et finalement, les deux, trois grandes formations qui en bénéficient,
02:03c'est surtout le parti UK Reform, le parti d'extrême droite de Nicol Farage,
02:07personnalités qui avaient soutenu, par exemple, le Brexit à base de campagnes, on va dire,
02:14mensongères, désinformations et tout, en expliquant aux gens que le Brexit allait ramener
02:19de l'emploi à une meilleure économie.
02:21On a vu depuis 10 ans maintenant que ça n'a pas été le cas.
02:25Mais voilà, c'est un personnage central dans cette refonte de l'extrême droite
02:29et cette apparition des mouvements nationalistes en Grande-Bretagne.
02:31Ce parti ressortit en tête avec 1 444 sièges au décompte d'hier.
02:35Voilà, donc ça veut dire qu'aujourd'hui, ils ont gagné 1 400 sièges.
02:38C'est énorme.
02:40Voilà, après la question, mais je pense qu'on pourra peut-être revenir dessus plus tard,
02:44c'est est-ce que c'est un plafond de verre ?
02:45Parce qu'il y a des éditorialistes en Grande-Bretagne qui estiment que, mine de rien,
02:49ils font moins bien qu'aux élections précédentes, il y a un an,
02:52où ils avaient fait, je crois, plus 30%.
02:55Voilà, ça serait une question qui va se poser dans les semaines qui viennent.
02:58En tout cas, c'est inquiétant parce que ça montre que l'extrême droite
03:01et les mouvements nationalistes progressent aussi en Grande-Bretagne.
03:03On pensait que c'était un peu en dehors de ce contexte-là.
03:07On voit que ça, c'est plus le cas.
03:09Et l'autre formation, en fait, qu'en profite, et ça, c'est un vrai signal vis-à-vis du
03:13labor,
03:13c'est le parti vert qui a une ligne beaucoup plus sociale que le parti travailliste
03:19et qui, elle, enfin, en tout cas, ce parti et cette formation ont rangé un certain nombre de victoires.
03:23Oui, 515 sièges au décompte dire.
03:25Voilà, et donc, appelle justement un changement de ligne du gouvernement travailliste,
03:29que ce soit aussi bien sur les questions nationales, mais internationales,
03:32puisque ça fait partie des formations qui appellent à des sanctions vis-à-vis d'Israël
03:37pour tout ce qui se passe autour du Gaza et du Liban.
03:39Voilà, sur ces deux grandes thématiques.
03:42En tout cas, ils sont vraiment à la pointe sur ces deux grandes questions.
03:47Voilà pour un petit récap' des élections dont les résultats, maintenant, sont quasiment confirmés.
03:52Il reste encore des sièges à déterminer.
03:54Non, là, ça y est...
03:54Quelques-uns, mais franchement, c'est à la marge.
03:56En tout cas, la défaite est claire.
03:59Les grands équilibres sont déjà connus.
04:01Il n'y a pas grand-chose qui changera.
04:02Donc, on a parlé de l'extrême droite.
04:04On a parlé des forces progressistes, notamment avec les Verts, qui ont gagné des sièges.
04:10Mais ça pose aussi une grosse question sur Kerstheimer, le Premier ministre britannique,
04:15qui est à la tête du parti travailliste.
04:18C'est un gros revers pour lui.
04:19C'est un énorme revers pour lui.
04:21Mais ce n'est pas le premier.
04:23Ça s'inscrit dans un contexte de multiples difficultés dans laquelle il est englué depuis plusieurs semaines, mois, voire deux
04:31ans, en fait,
04:32depuis qu'il est devenu Premier ministre.
04:35Un premier de ce gros revers, c'est le scandale de Peter Mandelson.
04:39Est-ce que tu peux nous rappeler rapidement c'est quoi ce scandale et comment est-ce que ça a
04:43impacté et mis en difficulté Kerstheimer ?
04:47Oui, parce que du coup, Kerstheimer est retourné au pouvoir avec le parti travailliste en 2024,
04:50après des années de...
04:52Le pays a été dirigé par le parti conservateur.
04:58Son retour au pouvoir, puisque c'est l'aile, on va dire, plutôt libérale au sein du laboratoire,
05:02il y a plusieurs tendances, donc une aile plutôt gauche, une aile plutôt libérale, économique, centriste.
05:10Donc c'est lui qui l'a emporté.
05:12Et donc, quand il est arrivé à la tête du gouvernement en Grande-Bretagne, en 2025,
05:17il y avait la fameuse nomination de Peter Mandelson comme ambassadeur aux États-Unis.
05:25Il y a eu plusieurs services, en fait, qui ont alerté sur...
05:29Un, sur le fait qu'il soit mouillé au scandale lié à...
05:34Oui, c'est un proche de Jeffrey Einstein.
05:36Il y avait des liens connus et reconnus avec Jeffrey Einstein.
05:38Oui, il y avait des fuites de documents qui ont été facilitées par lui du gouvernement,
05:43de l'ancien gouvernement britannique, parce qu'à l'époque, il y avait aussi un poste important
05:47quand c'était Tony Blair et après Gordon Brown qui étaient au pouvoir.
05:51Donc il a fait fuiter un certain nombre de documents secrets auprès de Jeffrey Einstein.
05:58Et donc là, il y avait quand même plusieurs services qui ont alerté sur cette nomination,
06:03et notamment sur des failles sécuritaires, en confiant un poste aussi important à cette personne.
06:13Kerstemer a s'est défendu d'être au courant, etc.
06:16Puisque mine de rien, six mois après, il y a le scandale de l'affaire Epstein qui reprend avec toutes
06:20les révélations.
06:20Donc il démissionne de son poste forcé.
06:24Et c'est là où, en gros, un certain nombre de révélations du Guardian et d'autres quotidiens britanniques
06:29qui disent qu'en fait, il avait été au courant d'un certain nombre de choses
06:32et qu'en gros, il s'est défendu à chaque fois de les avoir reçues sur son bureau.
06:38En tout cas, ça le plonge dans une vraie crise politique.
06:41Il y avait déjà eu des appels à sa démission à ce moment-là.
06:45Mais elle est doublée en effet, c'est parce que ce n'est pas la seule crise,
06:48mais toute sa politique économique, sociale et notamment vis-à-vis de l'immigration
06:53qui avait fait un autre scandale puisqu'il y avait plusieurs mouvements,
06:56plusieurs rassemblements contre des centres de réfugiés en Grande-Bretagne.
07:00Et on sait que Kerstemer a tenu des propos.
07:03Alors je ne sais plus exactement la nature des propos.
07:06Mais en gros, on est en train de dire, oui, de toute façon, la Grande-Bretagne va rester aux Britanniques.
07:10Oui, c'est à la fois ces déclarations et la politique anti-immigration que son gouvernement a menée
07:16est plus ou moins alignée sur les propositions de l'extrême droite.
07:21Voilà. Donc en fait, il a surtout, dans le cadre de ces protestations,
07:25plutôt que de maintenir, on va dire, quand même un programme clair du Parti travailliste,
07:31il a laissé ouvert la porte à rejoindre un certain nombre de propositions des partis d'extrême droite.
07:38Ce qui a amené à des larges débordements lors de ces protestations,
07:43puisqu'il y a eu des centres de réfugiés qui ont été roulés ou attaqués.
07:48Il y a eu quand même des ratonnades.
07:51Et ça, pour le coup, le Parti travailliste a eu du...
07:56Il a apparu assez faible durant toute cette séquence-là.
08:00Donc forcément, ça, couplé d'une politique, on va dire, sociale entre les coupes budgétaires, etc.,
08:07qui n'ont pas apporté des réponses claires à toute une partie de son électorat,
08:14fait qu'aujourd'hui, il est à la peine, aussi bien suite aux élections,
08:18mais suite à la politique qu'il mène aujourd'hui au niveau national.
08:21– Et on parle aussi de ça aujourd'hui, puisque les élections ont eu la semaine dernière.
08:26Il a tenu un discours hier, dont je vous ai donné quelques éléments.
08:30Mais aujourd'hui, si j'ai bien compris, et tu vas pouvoir compléter,
08:36qu'est-ce qui se passe aujourd'hui ?
08:37Pourquoi est-ce qu'aujourd'hui, on va peut-être savoir s'il va être contraint de démissionner ou pas
08:41?
08:41En tout cas, la pression qui va le pousser à la démission s'accentue aujourd'hui encore un peu plus.
08:47– Tout à fait. La pression est maximale, un, parce qu'il y a une réunion du cabinet ministériel
08:51qui a lieu ce matin, après en effet le discours que tu as donné hier.
08:56En fait, il y a déjà plus de 70 députés, 77 exactement, je crois, qui appellent à sa démission.
09:02– Des députés de travailler, c'est un député de son propre parti.
09:05– Voilà. Et la nouveauté aujourd'hui, c'est que, bien sûr, il y avait l'aile gauche
09:11qui demandait une réorientation de sa politique sociale et économique.
09:15mais on voit qu'aujourd'hui, ils sont rejoints par toute une partie de sa propre mouvement,
09:19c'est-à-dire plutôt de centre droit au sein du Lébord, qui appelle aujourd'hui à sa démission.
09:23Et là, ce matin, à la veille, pendant ce cabinet ministériel,
09:27il y a une ministre qui a démissionné de son gouvernement, justement,
09:31pour appeler à sa démission.
09:33Donc on voit que la pression est maximale.
09:35Alors cette ministre, c'est Mathias Faboulé, qui est le ministre des communautés, etc.
09:44Mais ça veut dire qu'on a quand même des membres de son gouvernement qui démissionnent
09:47pour que lui-même démissionne à son tour.
09:52On voit que la pression quand même s'accentue chaque jour un peu plus.
09:55Parce que je pense qu'en effet, le discours d'hier n'a pas du tout rassuré
09:58sur les orientations qu'il souhaitait mettre en place.
10:01Un certain nombre de syndicats, en effet, ont appelé à ce qu'il change complètement sa politique.
10:06Et on voit qu'en plus, il est poussé, mine de rien, par le score, aujourd'hui, du Parti vert,
10:10qui est clair sur un certain nombre d'efforts budgétaires
10:12et de réorientations économiques,
10:15qui fonctionnent, puisque les électeurs leur font conscience.
10:18Donc ça veut dire que là, aujourd'hui, toute une base du Parti travailliste
10:24réclame des mesures d'urgence.
10:26En effet, alors hier, et même pendant les différents jours de débrouillement du scrutin,
10:33lui avait maintenu en disant, je ne démissionnerai pas, je ne démissionnerai pas.
10:36En effet, j'annoncerai des grandes mesures.
10:37Or, aujourd'hui, à part la nationalisation de British Steel,
10:40donc une entreprise énergétique en Grande-Bretagne,
10:44il n'y a pas eu d'annonce fracassante sur des mesures
10:47qui pourraient faire changer le cours, aujourd'hui, du Parti travailliste.
10:52Et donc, un certain nombre de personnes s'inquiètent,
10:55puisque c'était exactement la même chose pour le Parti conservateur,
10:58c'est-à-dire qu'il s'est délité petit à petit, au fur et à mesure des années
11:01où il dirigeait la Grande-Bretagne.
11:02Et pas mal de gens s'inquiètent que le Parti travailliste, finalement,
11:05fasse de même au profit, notamment, de formations nationales.
11:10Tu parlais des syndicats.
11:11Je lis juste une toute petite citation que tu as mis dans ton papier
11:14de la semaine dernière, donc juste après les élections.
11:17Donc, on parlait des syndicats, justement.
11:18La secrétaire générale de TSSA, donc un syndicat des transports,
11:22Mariam Eslom-Doust, a réclamé la démission de Kerstarmer.
11:25Dans un communiqué, elle affirme
11:27« Nous ne resterons pas les bras croisés face à ce désastre électoral
11:29et ne laisserons pas Kerstarmer ouvrir la voie
11:32à un gouvernement d'extrême droite dirigé par Nigel Farage. »
11:34Elle rappelle qu'en 2024, le pays n'a pas voté simplement
11:37pour repeindre le banc des députés en rouge,
11:39mais pour un changement significatif.
11:41Donc, effectivement, cette demande de changement,
11:42de grande mesure, il est attendu par une très large partie,
11:45à la fois de la population et des représentants politiques.
11:48Un changement qui tarde à venir.
11:51Et donc, à la fois, là, on parle de Kerstarmer
11:53et d'une potentielle, d'une possible démission.
11:55Mais en fait, tu nous dis que c'est aussi la reconfiguration
12:01du système politique britannique
12:03qui est peut-être en train aussi de voir le jour.
12:05Et puis surtout, je pense que s'il y a démission,
12:08ça va être une deuxième bataille,
12:10puisque déjà, on voit quand même la pression au maximum,
12:12donc ça pourrait arriver.
12:13Mais c'est surtout pour faire qu'à la politique,
12:15parce que si, encore une fois,
12:18c'est des grandes figures du Parti travailliste,
12:20plutôt de centre droit libéral,
12:22qui prennent la succession de Starmer,
12:24si c'est pour appliquer exactement les mêmes mesures
12:27que leurs prédécesseurs,
12:29ça ne va pas changer grand-chose la défiance
12:31d'un certain nombre d'électeurs du Parti travailliste,
12:35des syndicats.
12:36Et donc, ça veut dire qu'on va être dans le même cas de figure,
12:38avec une montée forcément de l'extrême droite.
12:40Parce que, voilà, sur tout un tas de mesures,
12:42on sait que, par exemple, il y a plusieurs rapports
12:44qui sont sortis dernièrement encore en Grande-Retanne
12:46qui démontrent que les inégalités
12:47ne cessent de s'agrandir.
12:49En fait, les plus riches ne cessent de s'enrichir.
12:52On voit qu'à un certain nombre d'accès,
12:53que ce soit aux services publics,
12:55à l'éducation, à la santé, etc.,
12:57sont de plus en plus difficiles
12:59pour un certain nombre de travailleurs,
13:00comme en France.
13:02Mais en tout cas, ça s'accentue grandement.
13:05Parce que, forcément,
13:05ce n'est pas le même système de sécurité
13:08qu'on peut avoir en France et en Grande-Bretagne,
13:10même si leur sécurité sociale est quand même importante.
13:12C'est un des deux gros moteurs en Europe,
13:15avec la France et le Royaume-Uni.
13:17Mais tout un tas de services publics,
13:18aujourd'hui, sont dégradés.
13:20Et un certain nombre d'électeurs
13:21attirent l'attention là-dessus.
13:23Et il n'y a aucune avancée sur ces politiques-là.
13:28Sous-titrage Société Radio-Canada
13:30Sous-titrage Société Radio-Canada
13:32...

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