00:01Je m'appelle Danerine Mendieta, je suis une étudiante péruvienne en France et à partir du 1er juillet 2026, je
00:12ne bénéficie plus de mes appels.
00:15A partir de ce 1er juillet 2026, les étudiants étrangers hors Union européenne et sans bourse reconnue par l'État
00:20ne toucheront plus les APL, les aides personnalisées au logement.
00:23Environ 100 000 étudiants seraient concernés.
00:26Pour Danerine, étudiante péruvienne en master d'affaires publiques à Sciences Po Paris, l'arrêt de cette aide va la
00:31mettre en grande difficulté.
00:32J'ai touché 240 euros de l'appel et du coup j'ai payé à peu près 1000 euros de
00:39loyer.
00:40Après que j'ai fait la connaissance de la suppression, j'ai décidé d'essayer de trouver autre logement.
00:46Je ne crois pas arriver à payer le loyer de la même manière que je l'ai fait avant.
00:51Je pensais aussi qu'en plan B, trouver autre boulot à côté.
00:55Cette nouvelle suppression s'inscrit dans le projet de loi de finances pour 2026, porté notamment par le ministre de
01:00la Ville et du Logement, Vincent Jambrun.
01:02Le but serait de réaliser des économies qui se chiffreraient selon lui.
01:06Il y a autour de 200 millions en année pleine.
01:0810% des APL étaient dirigés vers les étudiants étrangers avant la promulgation de ce nouveau décret.
01:13La charge déjà d'être étudiant étranger en France, c'est dur parce que ce n'est pas que valider
01:19les matières, passer les examens.
01:21C'est à côté de gérer toute l'administration française et faire un travail à côté.
01:2962% des bénéficiaires des aides d'urgence du CRUS, dont la vocation est d'améliorer les conditions de vie
01:34des étudiants, sont internationaux.
01:36Ce nouveau décret intervient aussi avec la multiplication par 16 des frais de scolarité pour les étudiants extracommunautaires.
01:43Mais on n'est pas illégal, on n'est pas des étudiants qui ont décidé de profiter d'un système.
01:48On est des personnes qui ont subi déjà dans notre pays des différents enjeux, des différentes barrières,
01:53qui ont décidé déjà d'investir notre temps, pas que l'argent, notre temps, nos connaissances,
01:59et tout notre volontaire et l'énergie pour faire notre vie nouvelle en France.
02:04On est des personnes qui ont décidé, bien sûr, après de finaliser les études, d'être diplômées,
02:10travailler en France, c'est-à-dire de payer les impôts d'ici, d'être régulière,
02:14de formaliser notre voie d'une manière autre, professionnelle,
02:19pour contribuer à la même manière comme on était déjà bénéficiaires au moment de ce type d'aide.
02:24Selon une étude de Campus France en 2022, 88% des étudiants internationaux ayant étudié en France
02:29voudraient travailler dans une entreprise française.
02:31Loin de représenter un coût pour les finances publiques, les étudiants internationaux rapportent à la France.
02:37C'est le constat de cette même enquête qui chiffre leur contribution à 1,35 milliard d'euros pour l
02:42'État français.
02:43C'est l'angoisse. Je sais que c'est une angoisse collective, parce que ce n'est pas que moi.
02:49Quand même, je crois que tous les migrants, pour éclairer ça,
02:52ne sont pas décidés forcément de quitter notre pays pour profiter des aides sociales.
02:58Je ne crois pas. Je trouve que toujours il y a des différentes raisons qui nous motivent au moment de
03:04ressortir de notre pays.
03:05peut-être parfois la violence, la guerre, les inégalités, les risques de perdre la vie.
03:14La mesure est dénoncée par les associations d'accès au logement et les organisations étudiantes,
03:18dont certaines dénoncent l'instauration d'une préférence nationale.
03:22La France prévise d'une manière ou d'autres principes.
03:28Fraternité, liberté et surtout égalité.
03:31Et pour moi, c'est pas égalité.