Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 8 minutes
Michel Barnier, ancien premier ministre et député LR de Paris, répond aux questions de Laurence Ferrari.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Sur CNews et sur Europe 1, c'est Michel Barnier. Bonjour à vous.
00:02Bonjour, Laurence Ferrarie.
00:03Monsieur le Premier ministre, député à l'air de Paris.
00:05On va parler des lycéens. Le mouvement va repartir dès ce matin.
00:09Demain, journée nationale d'appel à manifester.
00:1217 octobre également, le préfet de police de Paris, Patrick Faure,
00:15se dit très inquiet de la présence de nombreux black-bolts de tirs de mortiers
00:19contre les forces de l'ordre.
00:21Qu'est-ce que vous dites ce matin à ceux qui cassent ?
00:23Ça suffit, Michel Barnier ? Ça suffit ?
00:25Laurence Ferrarie, vous dites que le mouvement va repartir.
00:27Est-ce que c'est le mouvement qui va repartir et que ces violences
00:30instrumentalisées par l'extrême-gauche, par LFI,
00:33qui cherchent à tester ses propres réseaux,
00:36qui cherchent à tester les forces de police,
00:38qui cherchent à tester aussi sa capacité de...
00:42De nuisance ?
00:43De créer dans le pays une atmosphère insurrectionnelle.
00:48Je suis député depuis un an, député de Paris, du centre de Paris.
00:52Et je retrouve une assemblée que j'ai connue il y a quelques années
00:56où il y a, à bien des moments, en raison de l'attitude de l'extrême-gauche,
01:00une attitude pré... une atmosphère pré-insurrectionnelle.
01:04Donc, est-ce que c'est le mouvement qui va repartir avec le dialogue ?
01:06Est-ce que c'est le dialogue qui repart ?
01:07Je le souhaite, parce qu'il y a de vraies préoccupations chez les jeunes.
01:10Il y a une angoisse sur l'avenir qui n'existait pas en 68, par exemple.
01:14Il y a des questions sur Parcoursup,
01:17il y a des problèmes de professeurs qui manquent,
01:19il y a des locaux que les régions pourtant subventionnent et modernisent.
01:23Mais là, vous dites qu'il faut stopper la violence avant de négocier quoi que ce soit ?
01:26Non, je dis qu'il faut... Bien sûr qu'il faut stopper la violence.
01:29Et la violence, quand elle est là, il faut la stopper.
01:31Et il faut que les casseurs payent.
01:32Il faut que ceux qui cassent, qui bousculent ou qui violentent des professeurs ou des policiers
01:39payent et soient sanctionnés.
01:41Que la justice doit passer très vite et sans faiblesse.
01:45Mais après, il faut que le dialogue reprenne.
01:46Il faut que les vraies préoccupations des jeunes,
01:49pas seulement dans les villes, en province,
01:51mais aussi dans les campagnes où il y a d'autres préoccupations,
01:54d'autres raisons parfois de désespoir ou de colère.
01:59Parfait de la justice, Michel Barnier, un tout petit mot sur la réponse pénale.
02:026 800 interpellations.
02:04Vous savez combien de personnes ont été placées en détention provisoire ?
02:0621.
02:07C'est ça la réponse pénale ?
02:09Ce n'est pas la première fois qu'on constate que des jeunes qui sont relâchés
02:13ont grand désespoir.
02:14Ce sont des mineurs, 86% de mineurs qui ont été interpellés.
02:16Je ne vais pas commenter ça, je pense qu'il faut que la justice paye,
02:19que les gens soient sanctionnés, que les peines courtes soient rétablies
02:22et qu'elles soient rapides.
02:24Voilà ce que je pense.
02:25Et que ceux qui payent, ceux qui cassent payent,
02:28ou leurs familles payent ce qu'ils ont cassé.
02:30La plupart sont insolvables ?
02:31Maintenant, il faut trouver, les familles ne le sont pas forcément,
02:34il faut qu'on trouve le moyen de dialoguer plus régulièrement
02:38sans être obligés d'aller vers ces violences.
02:40Vous comprenez le ras-le-bol des forces de l'ordre.
02:43Plus de 700, 800 blessés parmi les policiers en arbre.
02:45Évidemment, je comprends le ras-le-bol des forces de l'ordre.
02:47Ils sont pointés du doigt.
02:48Manque d'empathie, aurait dit le Président.
02:50Et puis ils ont le ras-le-bol de l'impunité aussi.
02:52Donc c'est aussi le problème que nous soulevons avec Bruno Rotaillot
02:55qui a commencé à agir quand il était le ministre de l'Intérieur
02:59dans le gouvernement que je dirigeais
03:00et qui doit pouvoir continuer.
03:01Vous avez été Premier ministre.
03:03Comment soutenir les policiers ?
03:04En disant très clairement que tous ceux qui portent la main sur la policier
03:10vont en prison.
03:11C'est aussi simple que ça.
03:12Et leur affirmer en permanence notre soutien
03:15comme nous le faisons à l'Assemblée nationale.
03:16Ce sont des moments d'ailleurs, à l'Assemblée nationale,
03:19nous parlons du soutien aux policiers,
03:21des moyens qu'on doit leur donner.
03:23L'autre jour, j'ai présenté avec un jeune député,
03:25Charles Routuel, à une proposition de loi dite Philippine
03:28qui a été adoptée finalement,
03:30qui avait porté en son temps Olivier Marlex.
03:32J'ai porté ce texte, j'ai vu dans le débat à l'Assemblée nationale
03:35cette atmosphère pré-insurrectionnelle,
03:38cette violence, cette intolérance, cette haine,
03:41cette violence des mots qui d'ailleurs souvent entraîne la violence des actes.
03:45Vous avez évoqué la réponse à apporter
03:48aux revendications légitimes, dites-vous, des lycéens.
03:50Est-ce que celle du gouvernement est à la hauteur ?
03:52On parle de 3 000 profs remplaçants sans affectation
03:55qui vont être déployés.
03:56Les aujourd'hui, je vous demande pourquoi ils ne l'ont pas fait avant.
03:58C'est mieux que rien.
03:59C'est très bien que M. Geoffrey, qui est d'ailleurs un homme que je respecte,
04:02ait trouvé ces 3 000 postes.
04:04Est-ce qu'on n'aurait pas pu les trouver plus tôt ?
04:05Ça, ça pose un autre problème, Laurence Ferreri,
04:07qui est celui de cette centralisation généralisée dans ce pays
04:10où on doit faire des violences,
04:13faire tout, remonter vers Paris.
04:15Ça suffit, il va falloir qu'on donne un coup d'oxygène
04:18et de respiration dans ce pays en décentralisant,
04:20notamment en matière d'éducation nationale.
04:22C'est-à-dire que vous comprenez les violences, Michel Barnier ?
04:23Non, je ne les comprends pas.
04:25C'est-à-dire que c'est le seul moyen de se faire entendre aujourd'hui ?
04:27Non, je regrette.
04:28On sait très bien qu'elles sont instrumentalisées.
04:30Et les jeunes, d'ailleurs, la plupart d'entre eux,
04:32si on engage un vrai dialogue, comme c'est le cas aujourd'hui,
04:35sur ces questions de professeurs, de locaux, avec les régions,
04:38il faut donner un coup de chapeau aux régions.
04:40Regardez ce que fait Valérie Pécresse avec la région Île-de-France.
04:44Il faudrait d'ailleurs que la ville de Paris l'accompagne
04:46plutôt que de la bloquer.
04:48Ce sont des efforts considérables que l'État serait incapable de faire.
04:51C'est-à-dire que les départements qui gèrent des collèges
04:53font des travaux, parfois de très beaux collèges.
04:57L'État serait incapable de le faire.
04:58Donc il faut donner un coup de chapeau aux collectivités locales.
05:00Ce qui prouve d'ailleurs qu'il faut décentraliser.
05:03Parcours, on supprime, on modifie.
05:05Jean-Luc Mélenchon parle de l'école du vice, Michel Barnier.
05:08Oui, mais M. Mélenchon a l'habitude d'utiliser des mots,
05:11des mots violents pour exacerber les tensions.
05:16Et ce n'est pas ce qu'il faut faire d'entre pays.
05:17En ce moment, il y a suffisamment de tensions.
05:20Il faut évaluer Parcoursup, objectivement,
05:23et puis réformer ou changer.
05:25On a besoin d'un système...
05:26Mais pas le supprimer.
05:27Pas le supprimer, et aussi réfléchir au fait d'orienter un peu mieux
05:31les jeunes vers des filières, notamment professionnelles,
05:34des métiers qui ne soient pas tous intellectuels,
05:37mais qui soient des métiers manuels,
05:39où il y a de l'avenir et du travail.
05:41Vous avez parlé de Jean-Luc Mélenchon, de la France insoumise.
05:44Est-ce que vous estimez que ce mouvement politique
05:46instrumentalise ce qui se passe aujourd'hui ?
05:47On a vu la présence de nombreux élus
05:49sains de leurs écharpes tricolores
05:51devant les blocus délités dans les manifestations.
05:54Je peux le répéter autrement.
05:55Je pense que la France insoumise,
05:57dans la lignée de son attitude à l'Assemblée nationale,
05:59qui est très violente, faite de haine,
06:02d'intolérance généralisée,
06:04les faits ne comptent plus,
06:05le raisonnement ne compte plus.
06:06Il n'y a jamais de nuance.
06:07C'est ça qui est insupportable.
06:09Dans cet esprit-là, on voit bien qu'ils instrumentalisent,
06:12mais il faut faire attention.
06:12Il faut faire attention à la France insoumise.
Commentaires

Recommandations