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Louis Aliot, vice-président du RN et maire de Perpignan, répond aux questions de Laurence Ferrari.
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00:00La grande interview Europe 1 C News, Laurence Ferrari.
00:04Et notre invitée ce matin dans la grande interview sur C News et sur Europe 1, c'est Louis Alliot.
00:08Bonjour à vous.
00:09Bonjour.
00:10Vice-président du RN et maire de Perpignan.
00:12On va évoquer les mobilisations lycéennes qui reprennent aujourd'hui.
00:15Mais d'abord, cet adolescent de 14 ans qui ouvre le feu sur ses professeurs, qui vise d'autres élèves.
00:19On pensait que ça n'arrivait qu'aux Etats-Unis et pourtant c'est à Aubagne que ça s'est
00:22produit hier.
00:23Plus rien n'en dit la violence.
00:25Comment mettre fin à ce cycle de violence débridée, Louis Alliot ?
00:28Alors sur ce cas, apparemment, il s'agit quand même d'un litige bien particulier, qui n'a rien à
00:32voir avec les revendications lycéennes.
00:35Simplement, on peut s'interroger sur le fait que le principal du collège, l'ancien principal du collège, n'avait
00:43voulu aucune mesure de sécurité.
00:45Aucun portique.
00:46Aucun portique.
00:47Et donc, il faut rappeler quand même, je pense aujourd'hui, qu'il faut évidemment, à l'entrée des collèges
00:52et des lycées, un arsenal de mesures qui permettent de filtrer les objets qui y rentrent.
00:57Que ça ? On peut proposer des portiques ? On ne peut pas proposer le rétablissement de l'autorité ?
01:01En plus du reste.
01:02Mais là, pour le coup, et comme mesure d'urgence, je pense que c'est une des solutions.
01:07Mais c'est vrai que c'est la société et la jeunesse qui deviennent de plus en plus violentes.
01:11Il faut s'interroger sur les causes et les conséquences de cela.
01:15L'école ne peut pas tout faire, a dit hier Édouard Jeffray, effectivement, ministre de l'Éducation nationale.
01:20Les parents ont un rôle qu'ils ne tiennent plus. Ils ont démissionné, les parents, en France.
01:24Louis Alliot ?
01:25Ils sont de plus en plus absents parce que je pense qu'aujourd'hui, les jeunes sont un peu laissés,
01:30avec les réseaux sociaux notamment,
01:32avec tout ce qui leur est amené à connaître en dehors du cercle familial, l'abaissement de la cellule familiale
01:40aussi.
01:40Et donc, effectivement, j'ai l'impression qu'une certaine jeunesse fait sa vie, en quelque sorte, sur des réseaux
01:46parallèles.
01:47Et on se retrouve dans des situations très compliquées aujourd'hui.
01:50Et ça touche les villes, d'ailleurs, comme la campagne.
01:53Les professeurs ne sont pas épargnés non plus.
01:54Alors, lors des mobilisations lycéennes, on l'a dit, ça n'a rien à voir.
01:58Ils ont été, pour certains, roués de coups, aspergés d'essence.
02:01On est, encore une fois, là, sur des professeurs qui sont des cibles, comme les policiers.
02:06Ils le sont devenus, au fur et à mesure, les professeurs sont devenus des cibles.
02:10Ce n'est pas la première fois.
02:11On est un pays où on a eu...
02:14On commémorera effectivement les assassinats de Dominique Bernard et Samuel Paty.
02:17Exactement, et Samuel Paty.
02:18Et pourtant, on voit toujours des résistances sur les inaugurations que l'on peut faire les uns et les autres,
02:23sur des collèges ou des lycées Samuel Paty.
02:26Donc, on voit bien que le problème est toujours là, qu'il n'est pas réglé.
02:28Et que les gouvernements successifs ont reporté les problèmes d'une année sur l'autre sans rien régler.
02:34D'ailleurs, c'est marrant, parce qu'on voyait l'autre jour, je crois, sur votre chaîne, un reportable sur
02:38Lionel Jospin,
02:39concernant la crise des lycées.
02:40Et c'était exactement les mêmes mots que les ministres aujourd'hui.
02:44On va faire un plan d'urgence, on va faire ceci, on va faire cela.
02:47Bon, on voit bien qu'on ne fait rien, ou pourquoi pas grand-chose.
02:49Et que la situation est systématiquement la même, au fur et à mesure que nous avançons.
02:53Et c'est quoi le problème sous-jacent, alors, dans notre pays, Louis Alléau ?
02:55C'est le mal-être d'une jeunesse qui n'a pas d'avenir, qui n'arrive pas à se
02:58projeter.
02:58Il y a encore 40-50 ans, la jeunesse savait qu'il y avait du travail, qu'elle pouvait fonder
03:03une famille, qu'il y avait un avenir.
03:05Aujourd'hui, les jeunes, avec le développement de l'IA, aujourd'hui, avec les emplois qui sont de plus en
03:11plus à l'extérieur de la France,
03:13eh bien, se demandent quel va être leur avenir.
03:15Et j'ai l'impression qu'ils expriment aussi ce mal-être par des comportements d'ailleurs inadmissibles, mais pas
03:20tous.
03:21Et encore une fois, ces grèves lycéennes, on a focalisé sur la violence, et il le faut pour montrer qu
03:27'il y a certains qui n'ont rien à faire dans les lycées,
03:29mais la grande majorité des lycéens, il faut le dire...
03:33Donc vous entendez leur revendication, lesquelles ?
03:35Mais moi j'entends leur revendication...
03:36Sans nombre de profs, sans parcours sup, vous voulez l'annuler, le supprimer par cours sup ?
03:38Oui, il faut supprimer par cours sup.
03:40On supprime par cours sup.
03:40On a trouvé 4000 profs du jour à lundemain, je me demande bien où est-ce qu'ils étaient.
03:45On voit bien que...
03:46Sans affectation.
03:46Le ministère est mal géré, et il faut s'interroger aussi sur la responsabilité des organisations syndicales dans le dérèglement
03:55qui frappe les établissements scolaires.
03:57Moi je pense qu'il faut quand même que tout le monde s'interroge sur ses propres responsabilités dans ce
04:03que nous vivons aujourd'hui.
04:03Ces 3000 profs, effectivement, qui ont été sortis du chapeau, qui étaient sans affectation.
04:06Voilà.
04:07Est-ce qu'il faut encore une fois faire en sorte qu'il y ait un professeur devant chaque classe
04:10?
04:11Chaque candidat le promet, personne n'arrive à le tenir, Louis Alliot.
04:14En tout cas, il faut essayer et s'interroger de savoir pourquoi il n'y en a pas d'abord,
04:17pourquoi beaucoup sont en maladie,
04:19et j'allais dire, et ces 4000 profs qui tombent du ciel, où étaient-ils, que faisaient-ils,
04:24et pourquoi ils n'étaient pas en poste au moment précisément où on en parle.
04:27Que propose le RN sur l'éducation nationale ? Vous avez un plan déjà, un programme ?
04:31On a un plan que Marine présentera, évidemment, dans les semaines qui arrivent,
04:35mais tout simplement, le respect dû à l'autorité et évidemment au corps professoral,
04:41et la revalorisation aussi du métier de professeur, notamment par une augmentation des rémunérations,
04:48mais il faut bien le dire aussi, par une réorientation de l'ensemble des débouchés des filières,
04:53parce qu'on voit bien, dans un certain nombre de lycées, des jeunes qui, soit n'ont rien à y
04:59faire,
04:59sont des mal-orientés. Donc, réhabilitation des filières professionnelles, c'est ce que vous nous dites ?
05:02Aussi, exactement, parce que dans la filière professionnelle, il y a des débouchés,
05:06et moi je peux vous dire qu'en tant que maire, je vois les demandes des entreprises
05:10sur ces filières professionnelles, qui n'arrivent pas à trouver leur public,
05:14et ça, il y a une désadéquation entre l'offre et la demande,
05:18qui est fatale, je veux dire, à une certaine partie de la jeunesse.
05:20Nous, à Lyon, on a évoqué les revendications légitimes des lycéens,
05:24il y a aussi les violences que vous avez signalées dès le début, inadmissibles.
05:28Vous comprenez le ras-le-bol des forces de l'ordre, on en est à près de 800 blessés dans
05:31leur rang.
05:32Est-ce qu'il y a un risque de rupture d'obéissance de leur part,
05:34quand on entend le président Macron dire qu'ils ont parfois manqué d'empathie ?
05:38Oui, de toute façon, ça fait longtemps que nous disons que les policiers sont sous pression.
05:42Ils ont connu quand même successivement, depuis Hollande,
05:46les grèves qu'il y a eu avec les casseurs, il y a eu les gilets jaunes,
05:50il y a eu les attentats, il y a eu systématiquement,
05:52c'est quand même la police qui paie les pots cassés,
05:54je veux dire, du désordre de la société.
05:56Ce désordre, ce n'est pas la police qui le crée, c'est le gouvernement en place.
05:59Et donc, évidemment, il faut être derrière la police,
06:01qui est, je le rappelle, le socle de notre contrat républicain.
06:06S'il n'y a plus de police, il n'y a plus de règles.
06:08S'il n'y a plus de règles, c'est l'anarchie.
06:09Et là, on verra encore plus de violences dans les rues.
06:11Donc, il faut être évidemment derrière la police.
06:13Mais il y a un risque, j'ai écouté l'autre jour un syndicaliste policier,
06:17qui a dit, s'il y a un mort chez nous, ou plusieurs morts,
06:22à ce moment-là, nous arrêterons de faire ce que nous avons à faire.
06:26Vous voulez envisager ça, la rupture d'obéissance des policiers,
06:28qui sont dévoués, évidemment, à la République ?
06:31En tout cas, je n'aimerais pas que ça arrive,
06:34mais je comprends que, face au manque de soutien,
06:37notamment du président de la République,
06:39et d'un certain nombre de politiques dans le pays,
06:42ils puissent s'interroger sur leur mission et sur leur fonction.
06:44Et ça, malheureusement, ce serait gravissime,
06:47parce que, je le dis, il n'y a pas que les manifestations,
06:51il y a la sécurité du quotidien.
06:53Et dans la sécurité du quotidien,
06:55police nationale et police municipale
06:58sont, j'allais dire, au travail tous les jours,
07:02avec la chaîne pénale, évidemment, et avec la justice.
07:04Mais si vous rompez cette harmonie-là,
07:07eh bien, vous rompez aussi l'équilibre de la société.
07:09Nous allions vous évoquer la chaîne pénale,
07:116 800 interpellations à peu près depuis le début de ce mouvement,
07:1485% de mineurs.
07:16Aujourd'hui, on en est à une vingtaine de placements en détention.
07:19Est-ce que vous voyez le ratio ?
07:21Est-ce que, en fait, c'est un permis de cassé qu'on octroie ?
07:24Mais de toute façon, il n'y a plus de place dans les prisons.
07:26Et de toute façon, aujourd'hui,
07:28vous arrêtez 20 fois un dealer dans la rue,
07:3020 fois il est libéré, etc., etc., etc.
07:33Là aussi, tous les secteurs français,
07:38quels qu'ils soient, économiques, sociaux ou civils,
07:41sont dans une très grave difficulté.
07:44M. Macron aura laissé le pays en faillite.
07:47Faillite totale, avec des conséquences graves.
07:50Et la justice est l'une de ces faillites-là.
07:52Sur les mineurs, on sait que vous proposez d'abaisser la majorité pénale à 16 ans.
07:56Est-ce qu'il faut aller plus loin ?
07:58Qu'est-ce que vous proposez au RN ?
08:00Il faut déjà que chaque peine soit exécutée.
08:03Et donc, déjà, on propose aussi la construction de prisons,
08:06ou en tout cas de centres fermés pour les jeunes.
08:08Mais sur les prisons, il y a eu, encore une fois,
08:10beaucoup de promesses qui n'ont pas été tenues.
08:12On est un pays, aujourd'hui, avec, je crois,
08:15qui dépasse le taux d'incarcération de, je ne sais pas, de plus de 100 %,
08:19ce qui est humainement une honte.
08:21Et donc, il faudra évidemment, tout de suite,
08:23mettre en œuvre un grand plan de construction de prisons.
08:26Jean-Luc Mélenchon propose à nouveau le droit de vote des 16 ans.
08:29Qu'est-ce que vous lui dites ?
08:30Bonne idée, mauvaise idée ?
08:31Il dit à 16 ans, on peut aller en prison,
08:33alors on peut voter, a priori.
08:35Oui, mais ça l'arrange, puisque les sondages disent
08:36qu'une certaine partie de la jeunesse le soutient à partir de cet âge-là.
08:40Mais je pense que ce serait trop tôt.
08:42Il faut laisser la majorité à 18 ans.
08:44C'est ce qu'on disait quand la majorité pour le vote était à 21 ans.
08:48C'est vrai.
08:48Ça coûtait l'élection de Giscard, d'ailleurs, de l'avoir abaissé à 18 ans.
08:51Mais pour le reste, voilà, je pense qu'il faut laisser les jeunes aussi
08:54se faire leurs armes idéologiques, politiques,
08:58dans leur vie étudiante et lycéenne,
09:01et ne pas tomber dans la politisation que souhaiterait M. Mélenchon.
09:04Justement, on parle de l'instrumentalisation de la France insoumise dans ces mouvements.
09:08Est-ce que vous dites, comme d'autres, que Jean-Luc Mélenchon est responsable,
09:11je cite, de la bordélisation de ce mouvement ?
09:13Oui, d'ailleurs, ils l'ont mis en place à l'Assemblée nationale,
09:15et ils essayent de faire pareil dans la société,
09:17et ainsi tenter de peser sur le premier tour de l'élection présidentielle,
09:22dans une certaine cacophonie.
09:24Tout ça est lié, vous pensez, à l'élection présidentielle ?
09:25Moi, je pense que dans sa stratégie, il y a cette stratégie-là,
09:29de semer la perturbation, pour attirer à lui, évidemment,
09:32la lumière et les feux de l'actualité,
09:35et puis, il faut bien le dire, pour vampiriser,
09:37et finir d'éteindre le Parti Socialiste,
09:39qui est pratiquement à l'agonie aujourd'hui,
09:41et dont on a pu voir avec cette primaire,
09:42que ce n'est pas cette année encore qu'il va briller par ses scores.
09:46M. Glucksmann n'est pas le candidat de la gauche idéale
09:49dont vous pensez qu'il pourrait l'emporter ?
09:51Alors, pour moi, la gauche idéale, ça n'existe pas,
09:53mais M. Glucksmann fait partie de la social-démocratie européenne,
09:58et le fait qu'il ait pris la main sur le Parti Socialiste...
10:01Alors, il y a eu un bon côté,
10:03c'est qu'il refuse toute alliance avec la France insoumise,
10:05on verra, on verra.
10:07Est-ce que vous êtes sûr ?
10:07Non, je ne suis pas sûr du tout.
10:09Donc, en fait, il le dit aujourd'hui, on verra bien demain.
10:11La gauche, c'est toujours se rassembler ?
10:12Oui, oui, surtout sur le dos des autres,
10:15mais le personnage lui-même, très honnêtement,
10:17quand vous n'avez que comme programme de lutter contre le Rassemblement National,
10:23en fait, c'est que vous n'avez pas de programme.
10:24Et donc, je ne pense pas que le Parti Socialiste arrive à rassembler
10:27au-delà de sa petite sphère d'influence.
10:30Donc, vous pensez quand même que ce mouvement lycéen,
10:32à part les revendications légitimes,
10:34est une espèce de prélude avant ce qui pourrait se passer
10:37si Marine Le Pen accédait à l'Elysée, c'est ça ?
10:39Écoutez, il y a plusieurs choses dans ce mouvement lycéen.
10:41Il y a effectivement l'instrumentalisation de la gauche,
10:44et puis vous avez, qui sort comme ça de l'actualité,
10:46la petite Louise, qui est un rayon de soleil...
10:49Montangon.
10:50Qui est un rayon de soleil...
10:51La vitalité de l'Uni-Bordeaux.
10:52Exactement.
10:53Au milieu...
10:54Et en carte Téhérén, ce qui ne marcherait pour vous, j'imagine.
10:57Au milieu de ce brouillard de gauche,
10:59mais ça fait plaisir de voir aussi une jeunesse
11:01qui est là pour rappeler un certain nombre de positions
11:04d'ordre, de respect des lois de la République
11:07face, il faut bien dire, à ce que le général de Gaulle
11:09appelait la chien-lis.
11:10Les Français sont aussi préoccupés par le pouvoir d'achat
11:13qui est évidemment au cœur de leur quotidien.
11:16Le prix du gasoil devrait baisser dès le mois de novembre
11:18de 12 à 18 centimes par litre.
11:21C'est une bonne chose que le gouvernement
11:23ait décidé de libérer les stocks stratégiques
11:25pour faire baisser la pression sur les prix à la pompe ?
11:26C'est une mesure temporaire pour permettre cela.
11:29Donc tout ce qui ne sera pas pris dans la poche du contribuable
11:33et de l'usager est une bonne chose.
11:35Mais nous le disons, nous le rappelons, il faut aller plus loin.
11:37Il faut baisser les taxes sur le carburant,
11:40baisser la TVA, parce qu'aujourd'hui,
11:41l'essence n'est pas un produit de luxe.
11:43Elle est un produit de première nécessité.
11:46Il n'y a bien que les écologistes et la gauche
11:49qui pensent que c'est un produit aujourd'hui de luxe.
11:53Aujourd'hui, tout le monde a besoin d'aller travailler,
11:55d'aller chercher ses enfants et d'avoir une voiture
11:56avec de l'essence dedans.
11:58Et aujourd'hui, ça pénalise les ménages les plus modestes.
12:01Et cette mesure-là va contribuer...
12:04Elle ne serait pas temporaire pour l'ERN,
12:05cette mesure de baisse de la taxe ?
12:06On ne pourra pas qu'elle soit temporaire.
12:08Elle serait définitive.
12:09C'est une mesure de pouvoir d'achat.
12:11Si on ne fait pas ça,
12:12on est en train de ruiner une partie
12:15des petites épargnes des Français
12:16et de rendre difficile la vie à des millions d'autres.
12:19Avec des questions sur le financement,
12:21évidemment, de cette mesure
12:22qui coûterait 10 milliards d'euros.
12:23Oui, mais on parle de financement...
12:24On aura l'occasion d'interroger Marine Le Pen jeudi.
12:26De nos mesures,
12:27mais on ne parle jamais des mesures du gouvernement
12:29qui vont encore aggraver les déficits de la nation
12:32à leur prochain budget
12:33et qui vont faire des dépenses supplémentaires.
12:35Donc, ces gens-là donnent des leçons
12:36mais sont incapables de se les appliquer à eux-mêmes.
12:39Louis Alliot,
12:39on sait que Marine Le Pen veut utiliser beaucoup le référendum
12:42pour notamment une révision constitutionnelle.
12:45Ce matin, en fait, il y a quelques jours plus tôt,
12:47le président du Conseil constitutionnel,
12:49Richard Ferrand,
12:50la met en garde
12:51parce qu'il dit que ce ne serait pas
12:53au motif de l'article 11
12:54qu'elle pourrait ainsi modifier la Constitution
12:57mais qu'il faudrait en passer.
12:58C'est un peu technique, mais c'est important.
13:00Par l'article 89
13:01qui exige un texte voté en termes identiques
13:03par l'Assemblée nationale et le Sénat
13:04puis voté par les trois cinquièmes de congrès
13:06ou par référendum.
13:08Ça modifie un peu les choses,
13:10ça change d'alonne.
13:11Je ne crois pas à la science constitutionnelle de M. Ferrand.
13:13Pourquoi ? Il y en est le président ?
13:15Il y en est le président
13:16mais je pense qu'il n'en a pas les compétences.
13:19Et il est parti...
13:20C'est grâce comme accusation.
13:21Bien sûr, mais il est parti sur un sujet hasardeux
13:23en disant qu'on n'est pas De Gaulle qui veut.
13:24Il n'en demeure pas moins
13:26que le général De Gaulle l'avait appliqué,
13:28que le président Mitterrand,
13:30qui doit être son idole,
13:31c'est un ancien socialiste,
13:33l'avait accepté comme tel
13:35et que c'est rentré, on va dire, aujourd'hui
13:37dans l'ordre constitutionnel français.
13:40Oui, l'article 11
13:41est une autre manière de réviser la constitution.
13:43Contrairement à ce que dit M. Ferrand.
13:44Vous balayez l'argument
13:45du président du Conseil constitutionnel ?
13:47On ne balayait pas,
13:47mais il devrait quand même garder
13:49un minimum de neutralité dans sa fonction
13:51et ne pas s'engager sur des voies politiques.
13:53Il se politise dans ça, selon vous ?
13:55C'est un argument politique et pas juridique ?
13:57Il n'y a qu'un seul souverain dans la République,
13:58c'est le peuple.
13:59M. Ferrand est le président du Conseil constitutionnel.
14:02Il devrait s'appliquer une neutralité
14:04à sa fonction et à ses paroles.
14:06Malheureusement, il ne le fait pas.
14:07Donc Marine Le Pen maintient
14:08qu'elle passera par l'article 11
14:10pour organiser ce référendum.
14:11On développera un certain nombre de référendums
14:13et l'article 11 sera l'un des outils pour le faire.
14:16Louis Alliot, le président du RN,
14:18Jordan Bardel, a été en déplacement hier à Ceuta,
14:20l'enclave espagnole,
14:21où ont débarqué fin juillet
14:23près de 70 000 migrants.
14:25Il dénonce le danger le plus important
14:27de ces prochaines années,
14:28à savoir l'immigration.
14:29C'est une façon pour lui de tourner la page
14:31des accusations désormais hebdomadaires
14:33de Mediapart
14:34concernant des propos antisémites
14:36qu'il aurait tenus lorsqu'il avait 17 ans ?
14:37C'est l'occasion de refaire de la politique.
14:39Sans tomber dans le piège
14:41que nous tend l'extrême-gauche médiatique
14:44que représente Mediapart
14:46et qui tente par des contre-feux
14:48de masquer ses propres responsabilités
14:50dans un certain nombre de propos d'ailleurs
14:52et d'attitudes.
14:53Donc de ce côté-là,
14:54je pense que nous, en tout cas,
14:56on tourne la page
14:57et on va parler maintenant
14:59de ce qui intéresse les Français
15:00et pas de l'écume des choses.
15:02Est-ce que vous ne pensez pas
15:02que les Français peuvent être
15:04interpellés par ces accusations ?
15:06Est-ce que ça ne se voit pas dans les sondages ?
15:07C'est très clair pour l'instant,
15:08Marine Le Pen reste en tête
15:09dans tous les cas de figure.
15:11Mais est-ce que vous ne pensez pas
15:12que ça peut être un poison lent
15:13s'il y a des informations
15:14qui sont distillerées toutes les semaines ?
15:16Les Français ont des problèmes
15:17de logement,
15:18de pouvoir d'achat,
15:20de transport,
15:21de sécurité,
15:23etc.
15:24Vous croyez qu'ils vont
15:26systématiquement
15:27répondre aux provocations
15:29de Mediapart
15:29dont on connaît d'ailleurs
15:30la responsabilité de son chef
15:32dans un certain nombre de propos ?
15:33Non.
15:34Il faut le dire,
15:35ils ont autre chose à penser
15:36que ces choses-là.
15:37Très bien.
15:37Marine Le Pen, en tout cas,
15:38a toujours été claire
15:39sur l'antisémitisme.
15:41Elle a même éjecté
15:42son propre père
15:42du Front National à l'époque.
15:44Elle serait intransigeante
15:46s'il s'avérait
15:47que ces accusations
15:47étaient fondées ?
15:48Mais elle a toujours été
15:50intransigeante sur cela.
15:51Et quand vous voyez
15:51que le ministre israélien
15:53de la lutte contre l'antisémitisme
15:54a apporté son soutien
15:56à Jordan Bardella,
15:57je pense que l'épisode est clos.
15:58Voilà.
15:59Et que, encore une fois,
16:00une certaine presse
16:01tente de semer le trouble
16:03parce que la dynamique électorale
16:05est là
16:06et qu'elle va conduire,
16:08en tout cas,
16:08c'est mon souhait
16:09et je le soutiens
16:11de toutes mes forces,
16:12Marine Le Pen à l'Élysée,
16:13tout simplement.
16:14Et la dénégation,
16:14c'est la meilleure des solutions
16:15pour Jordan Bardella ?
16:16Mais voilà,
16:17il a déposé plainte
16:18et on verra ce que la justice
16:19dira plus tard.
16:19Mais il y aura une enquête,
16:21il y aura un certain nombre
16:22d'éléments.
16:22Mais aujourd'hui,
16:23nous n'en sommes plus là.
16:24Aujourd'hui,
16:25il y a l'actualité
16:26et l'actualité,
16:27c'est l'élection présidentielle
16:28et les difficultés
16:29que la France connaît.
16:29Et cette perspective de 2027
16:31dans le contexte de violence
16:32que l'on vient d'évoquer,
16:34est-ce que vous pensez
16:34qu'il y a une digue à gauche
16:36contre Jean-Luc Mélenchon
16:38comme le proclame
16:38Raphaël Glucksmann
16:39dont on a évoqué
16:40il y a quelques instants
16:41l'élection ?
16:41Le problème,
16:42c'est qu'on a une longue pratique
16:43de la gauche
16:44qui fait toujours
16:44des effets d'annonce
16:45et qui ne tient jamais
16:46aucune de ses promesses.
16:47On l'a vu en 2024
16:48aux législatives.
16:49Ces gens-là,
16:50y compris M. Attal,
16:51quand il s'est agi
16:52de se prononcer
16:53contre le RN,
16:55on trouvait les chemins
16:56pour se rassembler
16:57même lorsqu'ils sont d'accord
16:58sur rien.
16:59Donc,
16:59je ne crois plus
17:00ce que dit la gauche,
17:01quel qu'il soit à gauche
17:02et je pense
17:03que le peuple français
17:04saura se rassembler
17:06sur la candidature
17:07de Marine Le Pen
17:07et sur un programme large
17:09pour éviter
17:10à ce que la gauche
17:10ne revienne aux affaires.
17:11Le bloc central,
17:13peut-être mal nommé,
17:14mais qui va
17:15de Bruno Retailleau
17:16jusqu'à Gabriel Attal,
17:17a du mal
17:18à se mettre d'accord,
17:19à trouver un seul candidat.
17:20Est-ce qu'il faut
17:21une primaire
17:22ou est-ce que vous vous dites
17:23peu importe,
17:23de toute façon,
17:24personne n'est en mesure
17:25de rivaliser avec Marine Le Pen
17:26aujourd'hui sur le plan électoral.
17:27Ils ont tous gouverné.
17:28Donc, vous savez,
17:29les Français aujourd'hui,
17:29ils ont l'expérience
17:31de l'exercice du pouvoir.
17:32Ils savent très bien
17:33qui portent la responsabilité
17:34de l'État
17:35de la France aujourd'hui
17:36et M. Attal
17:37et M. Philippe notamment
17:38sont les grands responsables
17:40du marasme
17:41dans lequel nous sommes.
17:42Concernant M. Retailleau,
17:43c'est encore autre chose.
17:44On verra
17:46ce que nous dira
17:46l'avenir
17:47par rapport à lui.
17:48C'est-à-dire ?
17:48Vous ouvrez la porte
17:49à une éventuelle alliance,
17:50une main tendue
17:51à Bruno Retailleau,
17:52M. Alliot ?
17:53On a toujours tendu la main.
17:54Je crois que c'est Éric Ciotti
17:55qui l'a fait encore
17:56il n'y a pas très longtemps
17:56en lui disant
17:57mais s'il se revendique
17:58de droite,
17:59il doit regarder
18:00sur sa droite
18:01et pas l'ornier
18:02vers le centre
18:02dont on sait
18:03que lui-même
18:05l'orne vers la gauche.
18:06Donc c'est la responsabilité
18:07de M. Retailleau.
18:09Moi je n'aime pas
18:09les anathèmes
18:10ou les propos critiques
18:11contre qui que ce soit
18:12mais je pense
18:13qu'il ferait bien
18:14de réfléchir
18:15à la manière
18:16dont, pour l'avenir,
18:18il pourrait travailler
18:18d'une certaine manière
18:19avec nous.
18:20D'accord.
18:20Donc entrer dans un gouvernement
18:22éventuellement dur...
18:22Ça je ne me demande pas
18:23ce n'est pas ma responsabilité
18:24mais en tout cas
18:25parler, j'allais dire,
18:27pour une grande alliance
18:28contre les socialistes
18:29et Mélenchon.
18:30Une stratégie d'ouverture
18:31du RN
18:32que vous esquissez
18:32devant nous ce matin,
18:33Louis Alliot,
18:34parce qu'on sait bien
18:34que l'élection présidentielle
18:35en fait a quatre tours,
18:37il y a aussi les deux tours
18:37des législatives
18:38qui viennent derrière,
18:39il faudra une majorité
18:39et donc il faut des alliés,
18:41c'est bien cela,
18:41qui iraient peut-être
18:42jusqu'à Éric Zemmour,
18:43pourquoi pas ?
18:43Vous dites qu'il n'y a pas
18:44d'anathème.
18:45Mais c'est ce que j'ai fait
18:46moi à Perpignan,
18:46vous savez,
18:47j'ai réuni,
18:48il y a des gens du DLR
18:49qui font partie
18:50de ma majorité
18:51ou ex-LR
18:52mais c'est comme ça
18:53que nous y sommes arrivés.
18:54Concernant Éric Zemmour,
18:55c'est encore autre chose,
18:57il passe son temps
18:58à attaquer Marine Le Pen
19:00et Jordan Bardella,
19:01je pense qu'il devrait
19:02lui aussi rester plus modeste
19:04et développer son programme
19:05sans attaquer les gens
19:07qui d'une certaine manière
19:08sont dans une orientation similaire.
19:11Il avait fini par appeler
19:12à voter pour Marine Le Pen
19:13en 2022 ?
19:14Oui, bien sûr,
19:15mais moi je...
19:16Donc vous ne méprisez pas
19:17ni Éric Le Monde
19:17ni ses électeurs ?
19:18Je ne méprise personne
19:19mais je dis que
19:20le moment est historique
19:21qui est très important
19:22et qu'il faudra trouver
19:23les chemins du rassemblement
19:25pour le deuxième tour
19:26et pour gagner
19:26cette élection présidentielle.
19:28Louis Alliot était
19:28notre invité ce matin.
19:29Merci beaucoup
19:30d'être venu
19:30vice-président du RN
19:31et maire de Perpignan.
19:32Bonne journée à vous
19:33sur CNews et sur Europe.
19:34Merci Louis Alliot,
19:35merci Laurence Ferrari.
19:36Restez avec nous sur Europe 1
19:37dans un instant
19:38vos signatures du mardi.
19:39On va retrouver
19:39Eugénie Bastier,
19:41Pascal Prolivier de la Garde
19:42et Nicolas Carreau.
19:43A tout de suite sur Europe 1
19:448h33.