- il y a 2 minutes
Avec Manuel Bompard, député des Bouches-du-Rhône et coordinateur national de LFI
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NewsTranscription
00:00L'invité politique, Jacques Cardoz.
00:05Il est 8h30 sur Sud Radio, bienvenue si vous nous rejoignez.
00:08C'est l'heure du grand entretien politique et aujourd'hui, Jacques, vous recevez Manuel Bompard,
00:14débuté des Bouches-du-Rhône et coordinateur national de la France Insoumise.
00:17Manuel Bompard, bonjour.
00:18Bonjour.
00:19Commençons par le drame à Aubagne, vous êtes député des Bouches-du-Rhône,
00:22un élève de 14 ans a donc tiré à plusieurs reprises, y compris dans une classe,
00:25à l'aide d'un fusil de chasse dans son collège, blessant trois personnes.
00:28Est-ce que, comme le dit Édouard Geffray, c'est le symbole d'une violence débridée,
00:33un phénomène sociétal global, selon vous ?
00:35D'abord, c'est un événement dramatique et je veux dire évidemment mon soutien aux personnes qui ont été visées
00:42et mon salut, mes remerciements aussi au personnel de l'établissement qui a intervenu,
00:47aux services de secours qui sont arrivés aussi rapidement.
00:51Donc évidemment que c'est un événement dramatique et ça pose un certain nombre de questions.
00:55Comment un jeune de 14 ans aujourd'hui peut avoir accès comme ça à des armes à feu ?
00:59Comment il peut s'engager dans un acte aussi terrible ?
01:04Et je trouve que ça ouvre des débats sur la circulation des armes, sur la santé mentale des jeunes.
01:09Et je pense que ces débats, il faut y apporter un certain nombre de réponses politiques.
01:13Vous auriez des suggestions notamment en matière de circulation des armes ?
01:17Oui, pour notre part par exemple, ça fait depuis maintenant plusieurs années qu'on défend un plan
01:21pour mettre fin à la libre circulation des armes en France.
01:24Il y a plusieurs millions d'armes à feu qui circulent.
01:26On peut quand même se poser la question de comment c'est possible qu'un jeune de 14 ans
01:30se retrouve avec une carabine entre les mains.
01:33Apparemment les armes étaient au domicile familial puisque le père est militaire.
01:37Oui, ça pose la question du contrôle de l'utilisation de ces armes.
01:41Ça pose évidemment la question de, je disais, la santé mentale des jeunes
01:45parce que comment un jeune de 14 ans peut avoir cette idée dans la tête ?
01:48Et donc là, je trouve que là aussi, ça ouvre un certain nombre de débats
01:51sur le nombre de psychologues scolaires à l'école par exemple
01:53et je trouve qu'il faut y apporter des réponses qui sont des réponses politiques.
01:55Est-ce que vous rejoignez l'analyse du ministre de l'Éducation nationale
01:58qui dit qu'il parle d'une violence débridée, d'un phénomène sociétal global ?
02:02Heureusement, tous les jeunes n'ont pas ça en tête.
02:05Non, mais on voit bien qu'il y a quand même une forme de violence
02:07qui s'exprime un peu partout, pas seulement à l'occasion de ce fait d'hier.
02:10Il faut faire en sorte de s'attaquer, de se confronter à ce climat de violence
02:16parce qu'effectivement, il est extrêmement problématique.
02:18D'ailleurs, quand il cible des personnels de l'Éducation nationale
02:21comme quand il cible d'autres élèves par exemple.
02:23Et donc oui, c'est évidemment une difficulté, un fléau sur lequel il faut lutter.
02:26Il faudra le condamner ce garçon en tous les cas, il a 14 ans.
02:30Évidemment qu'un même jeune de 14 ans qui commet un acte d'une telle gravité,
02:36il y a des procédures judiciaires, il y a une enquête qui est en cours
02:38et ça donnera lieu à des sanctions.
02:40Dans le concert politique actuel, la France Insoumise est souvent montrée du doigt.
02:43Vos concurrents expliquent que vous entretenez une forme de violence globale dans le discours
02:49et que Bruno Retailleau par exemple estime que cela s'inscrit dans un climat de violence et d'impunité,
02:53que la France Insoumise, il vous cite, contribue à entretenir.
02:56Qu'est-ce que vous lui dites ?
02:57Moi d'abord je veux dire que quand il y a un acte terrible comme ça,
03:01je pense que la responsabilité des responsables politiques, s'ils sont effectivement responsables,
03:07c'est d'être capable de faire preuve d'unité, de rassemblement,
03:10et d'avoir une condamnation qui soit unanime,
03:12de ne pas être en capacité ou en recherche immédiate, d'instrumentaliser.
03:17Mais écoutez, quand je lis M. Retailleau, quand je lis M. Bardella,
03:20quand je lis M. Attal, qui font un lien entre cet acte terrible et la mobilisation lycéenne en cours,
03:26alors que le préfet des Bouches-Durane a dit lui-même
03:29il n'y a aucun lien entre cet acte et la mobilisation,
03:32je pense qu'ils font quelque chose qui est quelque chose d'assez ignoble,
03:36d'assez ignominieux pour vous dire la vérité,
03:37c'est-à-dire d'utiliser un drame terrible pour essayer de stigmatiser une formation politique.
03:41La France insoumise, elle n'a évidemment aucun rapport avec ce type d'acte
03:46et avec la violence de manière générale,
03:47elle défend des modalités d'action qui sont des modalités d'action non-violentes,
03:50on l'a toujours dit, je le redis, on l'a re-redis.
03:52Il n'y a pas de responsabilité de violence d'atmosphère,
03:54c'est un peu ça qui est dit aussi,
03:56c'est qu'on a le sentiment que parce que la France insoumise entretient aussi ce discours,
04:00un certain nombre de politiques veulent vous faire porter la responsabilité aussi.
04:03Quel discours, monsieur ?
04:04Par exemple, Valérie Pécresse qui cite vos défis TikTok sur les départs de feu,
04:09je passe là évidemment à la mobilisation des lycéens.
04:13Donc aucun rapport avec l'acte dont on a parlé tout à l'heure, vous en êtes d'accord ?
04:16Non, mais il n'y a pas de lien direct et personne n'établit de lien direct.
04:18Si, si, certains ont essayé de le faire, pas vous,
04:20mais certains responsables politiques ont essayé de le faire et c'est ce que je dénonce.
04:22C'est ce que, en tous les cas, si je lis Bruno Retailleau ou d'autres,
04:25ils disent qu'il y a effectivement une forme de violence d'atmosphère
04:30qui est expliquée par la France insoumise.
04:32Mais Bruno Retailleau, il dit chaque jour une bêtise sur la France insoumise
04:35en espérant par là-même gagner un peu de lumière
04:38parce que sa campagne est en train de dégringoler absolument
04:41et qu'il a absolument disparu du paysage.
04:43Donc il cherche le buzz, bon, mais il n'est pas obligé de le faire sur notre dos,
04:46vous comprenez.
04:47Pour le reste...
04:48Vous ne vous sentez pas responsable, en tous les cas, la France insoumise ?
04:50Écoutez, la France insoumise, elle défend un programme,
04:52elle défend des propositions, elle se présente aux élections,
04:55elle appuie, elle soutient des mobilisations pacifiques, calmes et déterminées.
04:59Voilà, ça c'est le programme de la France insoumise.
05:00Donc je ne peux pas vous dire davantage que ça.
05:02En tous les cas, aujourd'hui, cinquième journée avec le soutien de plusieurs syndicats
05:05de l'éducation nationale, cinquième journée de mobilisation pour les lycées,
05:08cette fois-ci la CGT, FSU, FO, plusieurs également des gilets jaunes
05:13qui pourraient également participer.
05:15Est-ce que vous appelez tous les Français à rejoindre les lycéens aujourd'hui ?
05:17Évidemment, moi j'appelle tous les Français à appuyer cette mobilisation
05:22parce que c'est une mobilisation qui part de revendications,
05:27qui sont des revendications légitimes.
05:29Mais je pense que n'importe quelle personne qui nous écoute sera d'accord pour dire
05:32que ce n'est pas normal que nos gamins étudient dans des lycées
05:35qui sont des lycées absolument délabrés.
05:37Mais est-ce que le gouvernement peut faire plus que ce qu'il a déjà annoncé ?
05:38Oui, il peut faire plus, on va y venir.
05:40Quoi par exemple ?
05:40Je vais vous dire, mais je veux juste terminer sur le constat.
05:43Ce n'est pas normal qu'on soit dans des lycées qui sont absolument délabrés.
05:46Ce n'est pas normal qu'en France, aujourd'hui, vous avez une heure de cours sur dix
05:49qui ne peut pas être assurée parce qu'il y a des problèmes de remplacement des professeurs.
05:53Ce n'est pas normal que notre jeunesse soit mise dans une situation d'angoisse et d'inquiétude
05:57parce qu'il y a un système absolument indigne qui s'appelle Parcoursup
06:00qui fait que même quand vous travaillez bien, vous n'êtes pas sûr d'avoir une place à l'université.
06:03Ce n'est pas normal, cette situation.
06:04Je pense que tous les gens peuvent le comprendre et, à mon avis, le partager.
06:08Et d'ailleurs, c'est ce que disent les enquêtes d'opinion
06:10qui disent qu'une majorité des Français appuient ses revendications.
06:12Qu'est-ce que le gouvernement peut faire ? C'était ça, votre question.
06:14Je vais y répondre.
06:16Premièrement, il y a une discussion budgétaire qui s'ouvre aujourd'hui à l'Assemblée nationale.
06:19Le gouvernement prévoit de supprimer 1 600 postes d'enseignants supplémentaires.
06:22Il prévoit de faire encore des coupes dans le budget de l'éducation nationale.
06:25Première étape, il faut annuler tout ça.
06:27Franchement, ce n'est pas raisonnable dans le moment dont on est en train de parler.
06:30Deuxièmement, il y a des dispositifs qui ont été mis en place par les macronistes
06:33et qu'il faut annuler.
06:34Parcoursup, il faut le supprimer, pas juste l'aménager.
06:37L'arrêter comme ça, en plein milieu ?
06:38Mais évidemment.
06:40Comment vous faites la sélection ? Comment vous la remplacer ?
06:42Je vais vous répondre très simplement en créant des postes à l'université supplémentaire.
06:46Quand on a des jeunes qui veulent pouvoir rentrer à l'université,
06:50pourquoi en France, on ne serait pas en capacité aujourd'hui
06:52de faire en sorte que toutes les personnes qui veulent aller à l'université
06:54puissent aller à l'université ?
06:55Il n'y a pas forcément de place pour tout le monde.
06:56Donc, il faut créer des places supplémentaires.
06:58Et vous pensez que...
06:58C'est assez simple.
07:00Mais d'un point de vue philosophique, vous pensez qu'il faut que tout le monde trouve une place à
07:03la faculté ?
07:04Certains disent qu'il faut aussi pouvoir diriger ceux qui sont en échec vers d'autres filières.
07:09Mais d'abord, il n'y a pas que l'université.
07:11Il faut valoriser toutes les filières de l'enseignement.
07:13Il y a l'enseignement professionnel qui est très important aussi.
07:15Mais quand vous avez des jeunes qui veulent aller étudier à l'université,
07:18évidemment qu'il faut faire en sorte qu'ils puissent étudier à l'université.
07:20Enfin, vous savez qu'on est dans un pays, en France,
07:22où notre force principale, notre richesse principale, c'est la matière grise.
07:26On a intérêt qu'un maximum de notre génération, de cette génération,
07:30puisse avoir accès à des diplômes, qui sont des diplômes qualifiants,
07:33à des formations, qui sont des formations universitaires,
07:35et de faire élever le niveau d'enseignement général qui existe dans notre pays.
07:40Ça, c'est la réponse politique.
07:41Mais qu'est-ce qui va se passer dans la rue aujourd'hui ?
07:43Si, à nouveau, il y a ce blocage, il y a la perspective,
07:46du mouvement de samedi prochain.
07:48Qu'est-ce que vous espérez à la France Insoumise ?
07:50Bordeliser le pays ?
07:51Non, pas du tout, justement.
07:53Nous, on espère qu'il y ait des mobilisations qui sont des mobilisations
07:56les plus larges possibles, les plus massives possibles.
07:59Et comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire à plusieurs reprises,
08:02moi-même, Jean-Luc Malenchon et l'ensemble des dirigeants de la France Insoumise,
08:04pour qu'une mobilisation puisse être très large,
08:06il faut qu'elle soit non-violente, il faut qu'elle soit pacifique.
08:09C'est ça l'objectif des journées d'action comme celle d'aujourd'hui.
08:12Vous appelez une convergence des luttes pour le samedi ?
08:14Ah ben, ensuite, vous me posez la question de qu'est-ce qui va se passer ensuite ?
08:17J'ai envie de vous répondre, mais ça, en fait, ça appartient un peu au gouvernement.
08:20Si le gouvernement continue de faire la sourde oreille
08:23et de ne pas répondre politiquement aux revendications,
08:25je crois que le mouvement se poursuivra.
08:27Il se poursuivra en particulier ce samedi, 17 octobre,
08:30puisque c'est une date de mobilisation, de longue date,
08:33qui concerne aussi la question des prix des carburants,
08:35la question des salaires.
08:36Et donc oui, évidemment, on la soutiendra.
08:38Manuel Bompard, certains disent dans les rangs, dans les cortèges,
08:41est-ce que ce mouvement pourrait durer, pourquoi pas, jusqu'à la présidentielle ?
08:44Vous le souhaitez ?
08:44Moi, je souhaite d'abord que ce mouvement,
08:46il obtienne la satisfaction de ses revendications.
08:49Et donc, il durera le temps qu'il doit durer
08:52pour obtenir la satisfaction de ses revendications.
08:54Pourquoi pas, jusqu'à la présidentielle ?
08:55Mais moi, ce que je préfère, c'est que le gouvernement annonce
08:58la fin de Parcoursup, un plan d'urgence de 10 milliards d'euros
09:01sur la rénovation du bâtiment scolaire.
09:02C'est réaliste, franchement, 10 milliards d'euros dans le contexte actuel ?
09:04Je ne sais pas.
09:05Par exemple, regardez, par rapport au budget précédent,
09:07le gouvernement va baisser d'environ 3 à 4 milliards d'euros
09:11la contribution des très grandes entreprises,
09:14des 400 plus grandes entreprises du pays par rapport à l'année dernière.
09:17Donc oui, on a des marges de manœuvre financière,
09:18c'est une question de priorité politique.
09:19Est-ce que vous ne pensez pas que c'est une priorité politique
09:21que nos lycéens puissent étudier dans des lycées qui sont de bonne qualité ?
09:25Franchement, moi, je pense que oui.
09:26Donc je crois que ça doit être une des priorités politiques
09:28de cette discussion budgétaire.
09:29Le gouvernement débloque des stocks stratégiques.
09:32Je parle évidemment du carburant avec le prix du diesel
09:35qui va baisser à la pompe de 8 à 12 centimes chez Total.
09:38Vous remerciez Total ?
09:39Non, pas du tout.
09:39D'abord, le gouvernement débloque des stocks stratégiques
09:45en nous disant que ça va faire baisser les carburants quasiment de 20 centimes.
09:48Et puis Total nous dit non, finalement, de 10 centimes.
09:49C'est 20 centimes pour les non-routiers, pour les non-professionnels.
09:52Non, non, mais les annonces de M. Lecornu initialement,
09:54elles n'étaient pas de 8 à 12 centimes.
09:56Elles étaient supérieures.
09:57Donc pourquoi Total ne répercute que 8 à 12 centimes ?
09:59Parce que le reste, il se le met dans sa poche.
10:01Et d'ailleurs, depuis le début de cette crise
10:03qu'on connaît depuis maintenant plusieurs mois,
10:05les marges de Total ont été multipliées par 7,5.
10:09Donc ce n'est pas la crise pour tout le monde.
10:11Permettez-moi de vous le dire quand même.
10:12Donc la seule mesure qui permet d'avoir un effet immédiat
10:15et réel sur le prix des carburants,
10:17c'est la mesure que l'on propose.
10:18C'est de décider de bloquer les prix,
10:20de les ramener à 1,70 euro au prix auquel ils étaient
10:23avant le déclenchement de la crise
10:24et de faire payer Total qui n'a pas à se faire
10:26des marges extraordinaires dans cette période.
10:28Donc vous ne remerciez pas Total pour ce geste ?
10:31Non, parce qu'en plus, vous savez,
10:32Total utilise une stratégie qui est une stratégie commerciale.
10:35C'est-à-dire qu'ils plafonnent leurs propres prix
10:36parce que comme ils maîtrisent l'ensemble de la chaîne,
10:39ils peuvent se permettre de le faire.
10:40Mais en faisant ça, non seulement ils continuent
10:42à s'en mettre plein les poches,
10:43mais en plus ils mettent en difficulté
10:45tous les distributeurs indépendants
10:46qui, eux, ne bénéficient pas du contrôle
10:48de l'approvisionnement, du raffinage, etc.
10:51Donc c'est une stratégie qui est absolument déloyale.
10:53C'est pour ça qu'il faut bloquer les prix
10:54pour que tout le monde soit à égalité.
10:55Passons à la victoire de Raphaël Glucksmann.
10:57Jean-Luc Mélenchon n'a pas voulu réagir
10:59et n'a pas réagi à cette victoire.
11:00Pourquoi ?
11:01Parce que ce n'est pas vraiment notre sujet.
11:03Nous, vous savez, on est engagé dans cette campagne
11:05depuis maintenant le mois de mai.
11:07On défend nos propres propositions,
11:08notre propre programme.
11:10Je crois qu'on a fait encore le week-end dernier
11:12à Clermont-Ferrand, un meeting formidable
11:15qui démontre l'extraordinaire dynamique
11:17qu'il y a autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon.
11:18Raphaël Glucksmann, vous le considérez
11:20comme un adversaire ?
11:21Non, mais justement, j'allais vous répondre.
11:23Nous, vous savez, nos adversaires
11:25dans cette campagne,
11:26aujourd'hui, ils sont dans le bloc central
11:30avec celles et ceux qui veulent perpétuer
11:31la politique macroniste
11:32et ils sont à l'extrême droite.
11:33Donc on n'a pas l'intention de passer notre temps
11:35à commenter les faits et les gestes
11:37de M. Glucksmann, qui, j'ai bien vu,
11:39lui veut en permanence attaquer
11:40la France Insoumise et Jean-Luc Mélenchon.
11:42Mais nous, ce n'est pas vraiment notre sujet,
11:44pour être tout à fait honnête.
11:45Si ça, peut-être que ça clarifie aussi
11:47un peu le paysage politique à gauche,
11:49est-ce que, par exemple, vous dites aux écolos
11:51qu'ils ont plus à faire avec nous
11:53qu'avec Raphaël Glucksmann ?
11:54Ça, moi, c'est ce que je dis
11:55depuis le début de l'année,
11:56c'est-à-dire qu'il me semble que
11:58d'un point de vue des propositions,
12:00du programme politique que l'on porte,
12:01vous savez, à l'Assemblée nationale,
12:02moi, je suis député,
12:03je vote avec les députés écologistes
12:05dans 80 à 90 % des cas,
12:07avec les députés communistes
12:08dans 90 % des cas.
12:09Donc, je leur dis, il me semble
12:10qu'il y a une convergence assez naturelle
12:12d'un point de vue des propositions.
12:13Et donc, celles et ceux
12:14qui veulent participer de la campagne
12:16autour de Jean-Luc Mélenchon,
12:17d'une campagne collective,
12:18évidemment, ils sont les bienvenus.
12:19Oui.
12:20Raphaël Glucksmann a promis
12:21qu'il n'y aurait aucune alliance
12:22avec LFI lors des prochaines législatives.
12:25Ça veut dire que,
12:25si vous êtes à l'Élysée,
12:27vous n'aurez pas forcément de majorité ?
12:28Ah non, ça ne veut pas dire ça.
12:29Ça veut dire qu'on a pris acte
12:31de la déclaration de M. Glucksmann
12:32et que, dans les prochaines semaines,
12:34la France Insoumise engagera
12:36la mise en place de ses candidats
12:38aux élections législatives
12:39et donc, on désignera des candidats,
12:41y compris dans les circonscriptions
12:42dont les députés sortants
12:44sont du Parti Socialiste
12:46ou de Place Publique
12:46puisqu'ils ont l'intention
12:47de refuser toute alliance avec nous.
12:50Bon.
12:50Donc, en practe,
12:51qu'est-ce que vous voulez
12:52que je vous dise de plus ?
12:52Mais avec le risque quand même
12:53qu'il n'y ait pas d'alliance,
12:54du coup, avec Place Publique ?
12:56Mais ça, c'est les Françaises
12:57et les Français qui décideront
12:58à qui, à quel candidat,
13:00à quelle démarche politique
13:01ils ont envie de donner
13:01un maximum de force.
13:02Pour l'instant,
13:03avec Jean-Luc Mélenchon,
13:04on est à près de 420 000 soutiens,
13:06on fait des meetings
13:06qui sont extraordinaires.
13:08Je crois que la dynamique,
13:09elle est assez manifestement
13:10de notre côté.
13:10L'enfarinage de Glucksmann
13:12à la sortie de son QG dimanche soir,
13:13est-ce que c'est l'œuvre
13:14d'un militant de la France Insoumise ?
13:15Non, pas du tout
13:16et je trouve que la manière
13:17avec laquelle M. Glucksmann
13:19et un certain nombre
13:20de ses amis
13:22immédiatement accusent
13:23la France Insoumise
13:24sans aucune preuve,
13:25je vais vous dire les choses franchement.
13:26La France Insoumise,
13:27ça ne fait pas partie
13:28de ses méthodes.
13:29La France Insoumise,
13:29elle mène des débats politiques
13:31sur la base de programmes,
13:32dans des confrontations démocratiques.
13:34Donc je ne sais pas
13:35qui a fait ça,
13:36mais en tout cas,
13:36ce ne sont pas les méthodes
13:37de la France Insoumise.
13:37Il vous demande
13:38de désavouer cette violence ?
13:40Mais moi,
13:41je ne suis pas d'accord
13:41avec ce type de pratique.
13:43Voilà,
13:44mais alors M. Glucksmann,
13:45il va falloir qu'il soit cohérent
13:46parce que quand,
13:47dans une vidéo
13:48qu'il produit par exemple,
13:49il dit,
13:49excusez-moi du terme,
13:50mais c'est les termes
13:51que lui l'employait,
13:52qu'il va pisser
13:52sur Jean-Luc Mélenchon
13:53quand il attient
13:54des propos sexistes
13:55à l'égard de Mme Royale,
13:57il devrait commencer
13:57à balayer devant sa porte.
13:59Vous ne portez pas
14:00de ruban rose ce matin,
14:03Manuel Bompard ?
14:04Non,
14:04je n'en porte pas,
14:05ça m'est arrivé de le porter
14:06parce que,
14:07évidemment que je pense
14:08que tout le monde partage
14:10la cause de la lutte
14:11contre le cancer,
14:13mais vous faites référence
14:13à expliquer
14:14qu'elle boycotterait
14:15cette manifestation
14:16à sa position.
14:19Est-ce que c'est responsable
14:20de la part d'une femme
14:21d'adopter ce genre d'attitude
14:22à l'égard d'autres femmes
14:24qui sont peut-être en danger ?
14:25On va avoir écouté
14:26ce que dit...
14:26On l'a dit,
14:27on l'a dit sur cette antenne.
14:28Oui, mais vous me permettez
14:28de le représenter,
14:29Mathilde Panot,
14:30elle relaie une campagne
14:31qui est menée
14:31par un collectif
14:33de lutte contre le cancer,
14:34d'ailleurs qui est un collectif
14:35qui comprend dans ses rangs
14:37des victimes du cancer,
14:38donc je pense qu'ils savent
14:39et ils ont aussi
14:40le droit de s'exprimer
14:41et qui disent
14:42qu'il y a une forme
14:43d'hypocrisie
14:43dans cette initiative
14:45puisque cette initiative
14:46de porter un ruban rose,
14:47elle provient
14:48d'une entreprise
14:49qui est une entreprise
14:50qui est un géant
14:52de la fabrication
14:52des pesticides.
14:53Or, un certain nombre
14:54de pesticides
14:55ont un lien avéré
14:57avec la production
14:58de cancers dans la société,
14:59sont cancérigènes.
15:00Donc il y a une forme
15:01d'hypocrisie dans cette initiative.
15:03Est-ce que ça veut dire
15:03que toutes les personnes
15:04qui portent le ruban rose
15:05sont eux-mêmes hypocrites ?
15:07Évidemment que non,
15:07il y a plein de gens
15:08qui le font
15:08parce qu'ils ont envie
15:09d'exprimer
15:09et on le comprend
15:10leur indignation
15:11contre le cancer
15:11et la nécessité
15:12de lutter contre le cancer.
15:13Mais oui,
15:14on peut dire
15:14qu'il y a dans cette initiative
15:15une certaine forme
15:16d'hypocrisie
15:17et qu'il y a
15:17des grandes entreprises
15:18qui essayent de se repeindre
15:19en défenseurs
15:21de la lutte
15:22contre le cancer
15:22alors qu'ils produisent
15:23eux-mêmes
15:24des produits
15:24qui fabriquent
15:25des cancers.
15:26Donc je pense
15:26qu'on peut aussi
15:27comprendre
15:28et écouter
15:28ce que dit Mathilde Panot
15:29que je comprends
15:30en ce qui me concerne
15:31en tout cas totalement.
15:32Manuel Bompard,
15:32député des Bouches-du-Rhône
15:33et coordinateur national
15:34de la France Insoumise
15:35est donc notre invité
15:36ce matin.
15:37Dans la deuxième partie
15:37de cet entretien,
15:39un auditeur vous interrogera
15:40et puis il y aura
15:41également l'actualité
15:42des réseaux
15:43avec Benjamin Gleize
15:44et puis je crois
15:45que dans vos trois minutes
15:46pour convaincre,
15:46vous avez souhaité
15:47nous parler du budget
15:48du choix
15:49du gouvernement.
15:50Absolument,
15:51c'est l'actualité.
15:52On vous retrouve
15:52dans quelques secondes.
15:55Le Grand Matin Sud Radio
15:587h10h
15:58Jacques Cardoz
15:59Manuel Bompard,
16:00député des Bouches-du-Rhône
16:01et coordinateur national
16:02de la France Insoumise
16:03est notre invité
16:04ce matin sur Sud Radio.
16:06Manuel Bompard,
16:07on va commencer
16:08par votre carte blanche.
16:09Vous avez souhaité
16:10nous parler du budget.
16:12Vous avez trois minutes
16:13pour nous convaincre
16:14que c'est un mauvais budget.
16:15C'est un mauvais budget
16:16donc ça commence aujourd'hui
16:18à l'Assemblée nationale
16:18donc ça me paraissait
16:19important d'en parler.
16:20Ça concerne évidemment
16:21l'ensemble des Françaises
16:22et des Français
16:22et c'est un mauvais budget
16:24parce que le Premier ministre
16:25prétend ramener en quelque sorte
16:27de l'ordre dans les comptes publics
16:29mais en faisant payer la facture
16:31à chacune et chacun d'entre nous.
16:33C'est les gens qui gagnent
16:34plus de 1200 euros
16:34de pension de retraite
16:35qui perdraient du pouvoir d'achat
16:37l'année prochaine.
16:38C'est les fonctionnaires
16:39qui verraient leur point d'indice
16:40ne pas être réindexés à nouveau.
16:42C'est les étudiants
16:43qui verraient les APL
16:44être gelés
16:45alors que les prix eux
16:47augmentent.
16:48C'est des économies
16:49dans le budget de la santé
16:49c'est des économies
16:50dans le budget de l'éducation nationale
16:51c'est des économies
16:52dans le budget de l'écologie
16:53bref.
16:54C'est des coupes
16:55qui vont avoir des conséquences
16:56immédiates
16:56dans les conditions de vie
16:57des Françaises
16:58et des Français.
16:59C'est par exemple
17:00la non-indexation
17:01de la prime d'activité
17:02que touchent
17:03tous les travailleurs pauvres
17:05en France
17:05et travailleurs qui ont
17:05des faibles rémunérations
17:06et en plus de leur salaire
17:08ce qu'on appelle
17:08la prime d'activité
17:09qui ne seraient pas indexés
17:10l'année prochaine
17:11sur l'inflation.
17:11Donc c'est plein de mesures
17:13qui vont impacter
17:14l'ensemble des Français
17:14et puis par contre
17:15celles et ceux
17:16qui ont les moyens
17:17les très grandes entreprises
17:18qui ont fait des super profits
17:19en raison de la crise
17:20que l'on connaît
17:21les ultra riches
17:22qui ont largement
17:23les moyens
17:23de contribuer davantage
17:24eux on leur dit
17:25non non
17:25à vous on ne touche pas
17:27et c'est une politique
17:29qui est absolument injuste
17:30mais en plus
17:31c'est une politique
17:31qui est inefficace
17:32d'un point de vue économique
17:33parce que quand vous êtes
17:34dans un pays
17:34la France
17:35où la moitié de la croissance
17:37elle est tirée
17:37par la consommation
17:38quand vous avez
17:39une politique de baisse
17:40du pouvoir d'achat
17:41ça se traduit par une moindre croissance
17:42d'ailleurs je lisais cette nuit
17:43que alors que les prévisions
17:45de croissance
17:46de la zone euro
17:46sont plutôt révisées
17:47à la hausse
17:48les prévisions de croissance
17:50pour la France
17:50cette année
17:51sont révisées à la baisse
17:52parce que c'est les conséquences
17:52du budget
17:53de l'année dernière
17:54donc franchement
17:54c'est vraiment un très mauvais budget
17:56et nous on va évidemment
17:57le combattre
17:57vous allez le combattre
17:58ça signifie
17:59qu'il n'y a pas de garantie
18:02sur le fait
18:03que ce budget
18:03soit voté
18:06vous pensez
18:07qu'il vaut mieux
18:07qu'il n'y ait pas de budget
18:09et que la France
18:09soit bloquée
18:11qu'il y a un risque
18:11aussi que le gouvernement
18:12je préfère un bon budget
18:14je préfère un bon budget
18:15en l'état
18:16le gouvernement
18:17ne semble pas vouloir
18:18infléchir sa position
18:19ah bah voilà
18:20mais dans ce cas là
18:20il en assumera évidemment
18:21la responsabilité
18:22mais comprenez que
18:23ça fait depuis maintenant
18:24plusieurs années
18:25qu'on dit chaque année
18:26votre budget
18:27votre logique économique
18:28elle va nous conduire
18:29dans le mur
18:29mais il y a une nécessité
18:30de réduire la dépense publique
18:31c'est ça qui est intéressant
18:32c'est que chaque année
18:33on nous dit
18:34il faut faire ses coupes
18:35parce qu'en faisant ses coupes
18:36l'année prochaine
18:36on va réduire le déficit
18:38chaque année
18:38ils font les coupes
18:39et l'année d'après
18:40le déficit continue à augmenter
18:41donc à un moment
18:42je ne sais pas
18:43il n'y a pas besoin
18:43d'être très intelligent
18:44pour se dire que
18:45quand il y a une fois
18:45deux fois
18:46ça n'a pas marché
18:46il faut peut-être changer
18:47de logique
18:48peut-être qu'on se dit aussi
18:49que les économies
18:51n'ont pas été suffisamment faites
18:52les économies
18:54elles ont été faites
18:55les coupes
18:55qu'a annoncé le gouvernement
18:56elles ont eu lieu
18:58et cette année
18:58vous êtes d'accord avec moi
18:59le déficit va être
19:00au moins aussi important
19:01que l'année dernière
19:02donc à un moment
19:03il faut peut-être comprendre
19:04que ça veut dire
19:05que les choix économiques
19:06ne sont pas bons
19:06pour la raison
19:07que je vous ai indiqué
19:08tout à l'heure
19:08qu'est-ce qui crée
19:09des recettes pour l'Etat
19:10des recettes fiscales
19:11en particulier
19:11c'est la consommation
19:12c'est la TVA par exemple
19:14et donc si vous réduisez
19:15le pouvoir d'achat des gens
19:16les gens en fait
19:16ils ne vont plus consommer
19:17donc vous dites
19:18cette logique elle est absurde
19:20il faut faire exactement
19:21l'inverse
19:22et l'inverse
19:22c'est avoir une politique
19:23de relance
19:23de la consommation
19:25de relance de l'activité
19:26donc il faut avoir
19:27une politique de défense
19:28du pouvoir d'achat
19:28il faut augmenter les salaires
19:29donc il faut avoir
19:31une politique
19:31d'investissement public
19:32parce que c'est ça
19:33qui crée de l'activité économique
19:34si vous mettez
19:35des dizaines de milliards d'euros
19:36par exemple
19:37dans la rénovation thermique
19:38des bâtiments
19:39dans la construction
19:39de nouveaux logements
19:40et bien vous avez par exemple
19:41je prends cet exemple là
19:42tout un secteur économique
19:43et le secteur du BTP
19:44qui va tourner
19:45et donc vous allez créer
19:46des emplois
19:48vous allez avoir de la consommation
19:49parce que les gens
19:49ils vont avoir des salaires
19:50qui sont des salaires meilleurs
19:51il faut changer absolument
19:53de logique
19:53en tout cas c'est ce qu'on propose
19:54avec Jean-Luc Mélenchon
19:55et la France Insoumise
19:56Manuel Bompard
19:57un auditeur a souhaité
19:58vous poser une question
20:00Bonjour monsieur Bompard
20:01Samy Delion
20:02vous souhaitez abaisser
20:04le droit de vote à 16 ans
20:05mais Jean-Luc Mélenchon
20:07fustige Parcoursup
20:08et dénonce une machine
20:09qui oblige les jeunes
20:10à rédiger une lettre de motivation
20:12dans votre raisonnement
20:13donc à 16 ans
20:14on est capable de voter
20:15et de choisir
20:16une orientation politique
20:17mais par contre
20:18on est incapable
20:19de choisir
20:19et de formuler
20:20son orientation professionnelle
20:21n'est-ce pas
20:22totalement contradictoire ?
20:24Merci
20:24D'abord merci pour la question
20:26je pense que c'est une bonne question
20:28alors si on critique Parcoursup
20:30c'est pas parce qu'on pense
20:31que les jeunes
20:31sont pas suffisamment intelligents
20:33pour faire leur choix
20:33c'est parce que c'est une machine
20:35qui est une machine
20:36à créer de l'angoisse
20:38à créer de la souffrance
20:39et une machine
20:40qui oblige à mentir
20:41parce qu'on demande aux jeunes
20:42de dire
20:43quels sont leurs 10 choix
20:44d'orientation
20:45et donc en fait
20:46la vérité c'est qu'ils vont pas faire
20:4710 choix d'orientation
20:48donc ils peuvent en faire un
20:49ils peuvent en faire deux
20:49et puis au bout d'un moment
20:50comme ils ne peuvent pas avoir
20:51ils peuvent ne pas avoir
20:52le premier ou le deuxième
20:53on leur demande d'inventer
20:54d'autres choix
20:55donc c'est une machine
20:56qui est une machine malhonnête
20:57et qui crée beaucoup de souffrance
20:58donc c'est pour ça
20:58qu'on critique Parcoursup
20:59pour le reste
21:00un jeune aujourd'hui
21:01quand il a 16 ans
21:02il est responsable
21:03il peut aller en prison
21:04un jeune quand il a 16 ans
21:05il peut voter aux élections professionnelles
21:07donc oui on considère
21:08qu'un jeune quand il a 16 ans
21:09il devrait pouvoir voter
21:10moi ce que j'observe
21:10dans ce mouvement lycéen
21:11c'est un haut niveau
21:12de conscience politique
21:13un haut niveau
21:14de maturité politique
21:15un haut niveau
21:16dans la formulation
21:16des revendications
21:17et je pense que ce serait
21:18une richesse pour notre pays
21:19que cette jeune génération
21:20elle puisse aussi participer
21:21au scrutin
21:21on passe à l'actualité
21:23des réseaux sociaux
21:23avec vous Benjamin Glaze
21:24bonjour Manuel
21:25je voulais vous faire réagir
21:27un visuel qui fait polémique
21:29de la France Insoumise
21:30du compte Instagram
21:31en l'occurrence
21:32de la section LFI
21:33de Surenne
21:34dans les hautes scènes
21:35ils ont lancé une série
21:35je cite le titre
21:37ces vieux qui nous font la misère
21:38dans le cadre de cette série
21:40ils s'en prennent
21:40un proviseur
21:41le proviseur d'un lycée
21:42de la commune
21:43ces militants assurent
21:44que ce chef d'établissement
21:45aurait envoyé le message suivant
21:47aux parents d'élèves
21:47je vous le lis
21:48je rappelle que l'ensemble du lycée
21:50à bord, cours et circulation
21:51bénéficient d'une vidéoprotection
21:53avec enregistrement vidéo
21:54et que si d'aventure
21:55des élèves participaient
21:56à des actes de blocus
21:57ou à toute autre violence
21:58ils seraient immédiatement
21:59traduits devant le conseil
22:00de discipline
22:01et feraient l'objet
22:02de poursuites judiciaires
22:04sur ce visuel
22:04créé par le compte LFI
22:06de Surenne
22:06le nom du proviseur
22:08est affiché
22:09son visage également
22:10est-ce qu'à travers
22:11ce type de démarche
22:13on ne met pas
22:13d'une certaine manière
22:14une cible dans le dos
22:15d'un proviseur ici
22:16en tout cas
22:17il ne s'agit évidemment pas
22:18de mettre une cible
22:18dans le dos de proviseur
22:19moi je n'ai pas vu ce visuel
22:20mais ce que je peux vous dire
22:21c'est que je trouve
22:22absolument inacceptable
22:23de la part d'un proviseur
22:24d'envoyer des menaces
22:25aux familles
22:27parce que
22:28en leur disant
22:29si vos enfants
22:29participent d'un événement
22:31qui est un événement
22:32pacifique
22:33qui se tient devant
22:34l'établissement scolaire
22:35ils pourraient être sanctionnés
22:36de blocus
22:36et de violence en l'occurrence
22:38non non
22:38un blocus
22:39ce n'est pas de la violence
22:40un blocus
22:41ce n'est pas de la violence
22:41il ne faut pas tout mélanger
22:42la violence
22:43c'est quand on dégrade
22:44la violence
22:44c'est quand on s'épreuve
22:45à des gens
22:45de bloquer l'accès
22:47à un établissement
22:47d'accord
22:48mais ça
22:48ça participe
22:49des modalités d'action
22:50parce que vous savez
22:51quand les agriculteurs
22:54ils n'avaient pas le droit non plus
22:55et pourtant
22:56monsieur Attal
22:57qui était ministre à l'époque
22:58il est même allé les voir
22:59sur le point de blocus
23:00et il allait casser la croûte
23:01avec eux
23:01et je ne le reproche pas
23:02de l'avoir fait
23:02je pense que les agriculteurs
23:03avaient raison
23:04mais à l'époque
23:05personne n'a dit
23:06oh là là
23:06les agriculteurs
23:07c'est illégal
23:08ce qu'ils sont en train de faire
23:09on a dit quoi
23:10et même monsieur Darmanin
23:11l'avait dit à la télévision
23:12on a dit
23:13il y a des colères
23:13qui sont des colères légitimes
23:14et il faut être capable
23:15d'apporter des réponses
23:17à ces revendications
23:17donc je ne suis pas d'accord
23:19pour qu'on mélange
23:19est-ce que vous appelez
23:20vos militants
23:21à dénoncer publiquement
23:23les proviseurs
23:24qui s'opposeraient
23:24au blocage
23:25au blocus
23:26c'est le fait
23:27de montrer du doigt
23:28à quelqu'un
23:28j'appelle
23:29j'appelle
23:29j'appelle
23:30l'ensemble des personnels
23:32de l'éducation nationale
23:34à ne pas tomber
23:34dans une forme de répression
23:36de la mobilisation
23:37et d'ailleurs
23:37l'immense majorité
23:38d'entre eux
23:39ne le font pas
23:39et je désapprouve
23:40cette initiative du procureur
23:41et en ce qui concerne
23:42les militants insoumis
23:43je les appelle
23:44comme je l'ai toujours fait
23:45et je continue à le faire
23:46à se focaliser
23:48sur des modalités d'action
23:50qui sont évidemment
23:51des modalités d'action
23:51non violentes
23:52ça me paraît simple
23:54et vous avez entendu
23:55ce que j'ai dit aussi
23:55aux insoumis
23:56parce que je l'ai dit
23:57à plusieurs reprises
23:58mais manifestement
23:58ça a plus de mal
23:59à l'entendre
24:00les modalités d'action
24:01de la France insoumise
24:02sont des modalités
24:03d'action non violentes
24:03vous pouvez essayer
24:04par tous les bouts
24:05vous pouvez trouver
24:06à essayer de nous coller
24:07une image de violents
24:08mais ça ne correspond pas
24:09à nos modalités d'action
24:10c'est à travers un visuel
24:11mais un visuel
24:12qui dénonce une prise
24:13de position politique
24:14il donne le nom
24:15d'un proviseur
24:15il dénonce une prise
24:16de position politique
24:18et cette prise
24:19de position politique
24:20du proviseur
24:21je la trouve absolument
24:22inacceptable
24:22donc vous ne demanderez pas
24:23à ces militants
24:24de supprimer ce visuel
24:25ben non
24:26je n'ai pas vu le visuel
24:27donc je ne sais pas
24:28à quelle forme il a
24:29évidemment je ne suis pas d'accord
24:30je trouve qu'il faut
24:31être très vigilant
24:32de faire la distinction
24:33entre la dénonciation
24:35d'une prise de position politique
24:36et la dénonciation
24:37d'un individu
24:38on ne s'en prend pas
24:38aux individus
24:39on s'en prend aux positions politiques
24:40qui peuvent être exprimées
24:41il faut être vigilant là-dessus
24:42je n'ai pas vu le visuel
24:43si ce visuel fait une confusion
24:45entre les deux
24:46je le dirai évidemment
24:47mais je pense qu'il ne faut pas
24:48mélanger les choses
24:49et qu'il y a un certain nombre
24:50de prises de position
24:50que je ne trouve pas acceptables
24:51et que je suis d'accord
24:52pour qu'on les dénonce
24:53Manuel Bompard
24:54on a le sentiment
24:55depuis le début
24:56de ce mouvement lycéen
24:58qu'au départ
25:00les responsables
25:01de la France Insoumise
25:02étaient aux côtés
25:03des lycéens
25:04et que d'une certaine façon
25:05aujourd'hui
25:05vous ne savez plus
25:06comment éteindre cet incendie
25:07non pas du tout
25:08on sera encore aux côtés
25:09des lycéens
25:09cet après-midi
25:10on y sera jeudi
25:11on y sera après-demain
25:12on y sera après-après-demain
25:13il ne vous dépasse pas
25:13ce mouvement
25:14en fait non
25:15ce n'est pas ça
25:15qui s'est passé monsieur
25:16pardon
25:16ce qui s'est passé
25:17c'est que vous avez
25:18un gouvernement
25:18qui au déclenchement
25:20de ce mouvement
25:21plutôt que de répondre
25:22à ses revendications légitimes
25:23a essayé de
25:25de quelque sorte
25:25de répandre
25:26une théorie assez complotiste
25:27qui était
25:28ah non c'est la France Insoumise
25:29qui est derrière
25:29ce qui était absolument absurde
25:30puisque évidemment
25:31s'il y a eu des lycéens
25:32qui se sont mobilisés
25:33c'est parce qu'ils avaient des raisons
25:34de se mobiliser
25:34parce que la France Insoumise
25:36il y a eu aussi des responsables
25:37de la France Insoumise
25:38Louis Boyard
25:38ou Bali Bagayouco
25:39qu'on a vu à côté des lycéens
25:41dès le début du mouvement
25:42mais évidemment
25:42mais c'est notre devoir
25:43la question que vous devrez me poser
25:44c'est pas pourquoi vous avez fait ça
25:45c'est pourquoi le gouvernement
25:46ne l'a pas fait
25:47le gouvernement aurait dû venir
25:48rencontrer les lycéens
25:49écouter leurs revendications
25:50c'est notre devoir
25:51c'est notre fierté même
25:52de l'avoir fait
25:52sans avoir allumé la mèche au départ
25:54mais c'est pas une histoire de mèche
25:56il y a eu une mobilisation
25:58qui a commencé à naître
26:00dans un lycée
26:01parce qu'il manquait
26:02plein de professeurs
26:03et que les conditions d'éducation
26:04étaient absolument indignes
26:05qu'est-ce qu'on a fait
26:06on est allé appuyer cette mobilisation
26:07et on continue de le faire
26:08avec beaucoup de fierté
26:09mais depuis le premier jour
26:10l'Inde a toujours dit la même chose
26:11vous pouvez même retrouver
26:12mes déclarations
26:13il y a plusieurs années
26:13celle de Jean-Luc Mélenchon
26:14toujours dit
26:15les modalités d'action
26:16elles doivent être pacifiques
26:17et non-violentes
26:17et c'est le cas
26:18si je peux me permettre
26:19quand même de le dire
26:20de l'immense majorité
26:22de cette mobilisation
26:23donc moi j'appuie ça
26:24je soutiens ça
26:25et cette manière d'essayer
26:25de la stigmatiser
26:27comme l'a fait le gouvernement
26:28elle est absolument indigne
26:29mais il y a eu des dégâts
26:30vous le reconnaissez
26:31sur certains lycées
26:35qui doit payer
26:36s'il y a des actions
26:38individuelles de dégradation
26:40il y a une responsabilité individuelle
26:41en France
26:42et dans cette responsabilité individuelle
26:44un tribunal
26:45quand il condamne quelqu'un
26:46il peut y compris
26:46le condamner à des amendes
26:47ça existe déjà
26:48mais cette manière
26:49avec laquelle le gouvernement
26:51n'a pour seule réponse
26:52à ce mouvement
26:53de venir introduire
26:54à l'Assemblée Nationale
26:54une loi qu'ils ont appelée
26:55casseur-payeur
26:56qui en fait n'est pas du tout
26:57une loi casseur-payeur
26:58c'est une loi qui vise à dire
26:59si vous avez été sur un blocus
27:01et qu'il y a eu des dégradations
27:02dans ce blocus
27:02même si vous n'en êtes pas
27:03personnellement responsable
27:04vous allez payer
27:05vous trouvez ça normal
27:06c'est une loi absolument
27:07inconstitutionnelle
27:07le principe élémentaire
27:09du droit en France
27:10c'est que vous pouvez
27:11être sanctionné
27:11pour des faits
27:12que vous avez commis vous-même
27:13pas pour des faits
27:14qui ont été commis par d'autres
27:15et si le gouvernement
27:16n'a que ça à répondre
27:17à la colère des lycéens
27:18franchement ils n'auront
27:18absolument rien compris
27:19à la situation
27:20qu'on est en train de vivre
27:20Et Valérie Pécresse
27:20qui dit vouloir envoyer
27:22la facture à Bali Bagayoko
27:24Bah moi je lui enverrai
27:26peut-être la facture à elle
27:27si elle nous l'envoie
27:28on lui renverra
27:28à Madame Pécresse
27:30Ah vous ne savez pas
27:31ce qu'elle a cassé
27:31Madame Pécresse
27:32bah faites le tour
27:33des lycées d'Ile-de-France
27:34et vous allez voir
27:34ce qu'elle a cassé
27:35du sous-investissement
27:36chronique pendant des années
27:37et des années
27:38qui se traduit
27:39franchement elle devrait
27:40se faire toute discrète
27:41Madame Pécresse
27:41parce que si le mouvement
27:42est né en Ile-de-France
27:43c'est pas pour rien
27:44parce que si elle trouve ça
27:45normal que vous alliez
27:46dans un établissement
27:46dans lequel les toilettes
27:48ne ferment pas
27:48dans lequel il fait trop chaud
27:50l'été
27:50il fait trop chaud l'hiver
27:52Elle les a tellement améliorées
27:55que le mouvement
27:57est né
27:57et agrandi
27:58et s'est diffusé
28:00comme une traînée de poudre
28:01dans les lycées franciliens
28:02donc peut-être que
28:03Madame Pécresse
28:04elle a une petite responsabilité
28:05c'est elle qui est en charge
28:06de l'entretien des lycées
28:07que personne ne l'oublie
28:08Merci Emmanuel Bompard
28:10coordinateur de la France Insoumise
28:12député des Bouches-du-Rhône
28:13vous étiez notre invité
28:13ce matin sur Sud Radio
28:14on se retrouve dans quelques secondes
28:16pour la vérité en face
28:17à tout de suite