Pourquoi l'espérance de vie sans incapacité stagne-t-elle à 64 ans alors que nous vivons de plus en plus longtemps ? Pourquoi la santé des hommes chute-t-elle plus brutalement dès les premières fragilités ?
À l'occasion de Futurapolis Santé, événement organisé par Le Point, Sophie Guyonnet (chercheuse à l'IHU HealthAge), Françoise Néant (déléguée générale de l'Institut Danone France) et Jean-Marie Robine (démographe et directeur de recherche émérite à l'Inserm) répondent aux questions d'Anne Jeanblanc, responsable éditoriale de Futurapolis Santé.
Au cœur des échanges :
- L'énigme des différences hommes - femmes face au vieillissement
- Le dépistage précoce des fragilités via le programme ICOPE de l'OMS pour préserver nos facultés fonctionnelles
- Le pouvoir de la prévention au quotidien (nutrition, activité physique, lien social) pour préserver son capital santé dès le plus jeune âge
- Les révolutions de la géroscience
§ #LePoint #LPT #Sciences #Futurapolis #AudreyRenard #Gérontologie #Vieillesse #Âge #Santé #Danone
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À l'occasion de Futurapolis Santé, événement organisé par Le Point, Sophie Guyonnet (chercheuse à l'IHU HealthAge), Françoise Néant (déléguée générale de l'Institut Danone France) et Jean-Marie Robine (démographe et directeur de recherche émérite à l'Inserm) répondent aux questions d'Anne Jeanblanc, responsable éditoriale de Futurapolis Santé.
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00:03Quelques chiffres pour commencer.
00:05Donc actuellement, l'espérance de vie dans notre pays est de 85,9 ans pour les femmes et 80,3
00:12ans pour les hommes.
00:13Mais l'espérance de vie sans incapacité est respectivement de 64,1 et de 63,7 ans, donc pratiquement la
00:22même chose.
00:23Alors comment l'expliquer ? Comment permettre aussi aux femmes de gagner des vies en bonne santé et aux hommes
00:28d'augmenter leur longévité ?
00:30Ces questions, évidemment, nous concernent tous et toutes.
00:33De nombreux scientifiques qui travaillent dans leur laboratoire et en attendant de nouvelles découvertes, il est déjà possible d'agir.
00:39C'est ce qu'on va voir, que l'on soit senior ou qu'on ait la chance d'être
00:42encore plus jeune.
00:43Alors pour en parler, merci d'être présente.
00:46Donc je vous présente Sophie Guyonnet, qui est maître de conférence des universités, praticien hospitalier à l'IHU Hills Age,
00:54responsable de l'accord translationnel inspiré au CHU de Toulouse.
01:00Et vous êtes chercheuse INSERM, UMR 1295, c'est précis, membre de l'équipe de vieillissement Maintain.
01:07Voilà.
01:08Françoise Néant, déléguée générale de l'Institut d'Anon France.
01:12Et Jean-Marie Robin, qui est démographe et épidémiologiste de formation, spécialiste de la longévité humaine,
01:18directeur de recherche émérite à l'INSERM et directeur d'études émérite à l'école pratique des hautes études.
01:24J'ai tout dit, ou presque, pour l'instant.
01:27Françoise, l'an dernier, vous étiez présente.
01:29Déjà, nous avons parlé des femmes, et plutôt des femmes et de leur santé au moment de la ménopause.
01:33Cette fois, on va aborder l'impact du genre.
01:36Pourquoi ? Pourquoi ils s'attendent fait ?
01:38Alors effectivement, pendant deux ans, l'Institut d'Anon France s'est intéressée à la santé des femmes pendant la
01:44transition ménopausique,
01:45dans cet objectif d'accompagner le bien-vieillir aux féminins.
01:49Parce qu'on sait qu'elles ne sont pas forcément accompagnées comme elles le souhaiteraient.
01:52Et ces travaux ont conduit à une publication en début d'année, justement, sur l'évaluation des apports nutritionnels.
01:58Et nous avons voulu continuer ce travail.
02:01Mais pour comprendre la santé des femmes, il faut aussi s'intéresser à celle des hommes.
02:06D'où cette approche de bien-vieillir avec une approche genrée.
02:10Et donc, on va s'intéresser à décrypter ce qui se cache derrière ce que vous avez évoqué,
02:17ces différences entre les hommes et les femmes au moment du vieillissement et le fait qu'il y a plus
02:22d'incapacité.
02:24Et donc, comprendre, c'est le premier élément.
02:26Ensuite, il va falloir détecter ces premières fragilités.
02:30Et puis après, pour l'ensemble de la population, pouvoir accompagner les citoyens et faire des campagnes de prévention.
02:38Les deux autres intervenants, quelques mots sur cette différence de genre.
02:41On va rentrer après dans les aspects beaucoup plus biologiques et expliqués.
02:45Mais est-ce que pour vous, pour Jean-Marie Robin, je ne pense pas, vous êtes des chercheurs.
02:50Ce n'est pas une nouveauté, cette différence.
02:53Elle est quand même assez importante.
02:57Oui, alors, les différences de genre en termes d'espérance de vie ou d'espérance de vie en bonne santé
03:04sont effectivement très différentes.
03:06Les femmes vivent beaucoup plus longtemps que les hommes.
03:09Cinq, six ans de plus en moyenne.
03:11Donc, ce qui est considérable.
03:13Alors, comme vous l'avez dit, effectivement, quand on fait des calculs d'espérance de vie en bonne santé ou
03:17sans incapacité,
03:19on ne voit pas vraiment de différence.
03:21C'est-à-dire que les hommes et les femmes vivent aussi longtemps en bonne santé.
03:24Alors, un grand mystère, et on ne sait pas trop pourquoi, c'est dès que la santé se détériore chez
03:31les hommes,
03:32ils s'effondrent littéralement.
03:34Et on a pour ça un certain nombre d'indicateurs, parce que quand on regarde, par exemple, le nombre d
03:40'incapacités dont les individus sont porteurs,
03:43on pourrait penser, ce qu'on voit, par exemple, chez les femmes, qu'avec une incapacité, la mortalité augmente un
03:49petit peu,
03:49avec deux incapacités, un petit peu plus.
03:51En fait, non.
03:52Chez les hommes, quel que soit le nombre d'incapacités, dès que l'incapacité apparaît, leur survie s'effondre littéralement,
03:59alors que chez les femmes, il y a une réponse tout à fait proportionnelle au nombre d'incapacités.
04:05On ne sait pas pourquoi.
04:06Sophie, quelques mots.
04:07Moi, ce que je voulais, le sujet sur lequel je voulais rebondir, c'est peut-être voir qu'est-ce
04:12qu'aujourd'hui on appelle vieillir en bonne santé.
04:15On vient de parler d'incapacité, mais aujourd'hui, on a la chance d'avoir une définition qui nous a
04:21été apportée par l'OMS
04:22pour nous dire que vieillir en bonne santé, c'est continuer à faire ce qui est important pour nous,
04:28le plus longtemps possible, maintenir ses fonctions et vivre dans un environnement de vie adaptée.
04:34Donc aujourd'hui, quand on aborde ce concept de vieillissement en santé, on aborde ces différentes définitions-là.
04:40Et parmi les fonctions, il y a six fonctions qui sont essentielles.
04:44La mémoire, et on voit à quel point aujourd'hui ça rassemble.
04:47Il y a la locomotion, il y a tout ce qui est en lien avec notre alimentation, notre vitalité,
04:53tout ce qui est sensoriel, l'audition, la vision et le bien-être psychologique.
04:57Donc aujourd'hui, aller vers ce vieillissement en bonne santé, c'est maintenir ces fonctions-là qui sont indispensables.
05:04Alors avant de rentrer dans l'explication plus biologique sur la différence homme-femme,
05:07Jean-Marie, je voudrais savoir si l'écart a tendance à se réduire,
05:11si finalement les hommes maintenant restent plus longtemps en meilleure santé.
05:15Comment ça évolue actuellement, la longévité et la longévité en bonne santé ?
05:20Alors, en fait, pendant une trentaine d'années, entre le début des années 70 et 2010,
05:31donc ça fait plus, pendant 40 ans en fait,
05:33pendant 40 ans, on a eu une augmentation très très forte de l'espérance de vie dans les pays avancés.
05:40C'était un an par trimestre, on disait.
05:41C'était trois mois par an.
05:42Oui, c'est ça.
05:43C'était trois mois par an, donc c'était un an d'espérance de vie gagnée tous les quatre ans.
05:48Et donc en 40 ans, c'est dix ans d'espérance de vie gagnée.
05:52Et donc, moi j'ai appelé ça la révolution de la longévité,
05:55c'est repris maintenant un peu à l'international.
05:57C'est vrai qu'on ne s'y attendait pas du tout.
05:59Et à l'époque, dans les années 70, on pensait que dans le futur pouvaient se produire trois scénarios.
06:07Il pouvait y avoir une explosion de la morbidité.
06:11Si l'espérance de vie sans incapacité ou en bonne santé stagnait,
06:17alors que l'espérance de vie totale continuait à augmenter,
06:20il pouvait y avoir une compression de la morbidité.
06:23Si à l'inverse, l'espérance de vie en bonne santé augmentait plus vite que l'espérance de vie totale,
06:28ou un espèce d'équilibre dynamique entre, finalement, l'espérance de vie totale,
06:34l'espérance de vie en bonne santé et l'espérance de vie en mauvaise santé.
06:38Et alors la réponse est ?
06:39La réponse, c'est que pendant ces 40 ans de très forte croissance de l'espérance de vie,
06:45l'espérance de vie en bonne santé a suivi, mais sans entraîner une compression de la morbidité.
06:53Donc tout a augmenté.
06:54L'espérance de vie totale, l'espérance de vie en bonne santé,
06:58et l'espérance de vie en mauvaise santé.
07:00Mais depuis 2010, on assiste dans les pays les plus avancés,
07:05comme le Japon, la France, l'ensemble des pays d'Europe du Nord,
07:08à une certaine stagnation dans la croissance de l'espérance de vie,
07:12alors qu'on ne la voit pas pour l'espérance de vie sans incapacité.
07:17Et donc depuis une dizaine d'années, du côté des femmes en tout cas,
07:20on voit très clairement une compression de la morbidité.
07:24L'espérance de vie en bonne santé ou sans incapacité continue à progresser,
07:28alors que l'espérance de vie totale augmente très faiblement.
07:32Alors on va revenir maintenant, Sophie, au niveau biologique.
07:34Donc quelles sont les différences entre les hommes et les femmes,
07:37qui pourraient expliquer cette différence de longévité ?
07:41Alors je pense que ce qui est important, là encore, je vais encore apporter un concept,
07:45c'est de parler de l'âge biologique.
07:47C'est que derrière ce vieillissement, cette espérance de vie qui s'allonge
07:51avec et sans incapacité, on a des phénomènes biologiques.
07:54Et aujourd'hui, notre challenge, c'est de pouvoir, et c'est la géroscience,
07:58aller mesurer ces processus biologiques du vieillissement
08:01qui vont nous aider à donner l'âge biologique d'un individu.
08:05Alors oui, on a des hypothèses, des travaux de recherche
08:07qui montrent que d'un point de vue biologique, ces processus biologiques,
08:11ils peuvent être altérés peut-être plus précocement chez les hommes.
08:16Par exemple, la sénescence, l'inflammation sont des marqueurs
08:20qui seraient touchés plus précocement et qui s'altèrent aussi beaucoup plus vite
08:23chez les hommes que chez les femmes.
08:25Mais ce qu'il faut bien avoir en tête, c'est qu'au-delà de ces processus biologiques,
08:30il y a d'autres interactions à prendre en compte, il n'y a pas que la biologie.
08:34Il va y avoir aussi tous les facteurs qui sont liés à notre style de vie.
08:37Nos comportements de vie, notre réseau social qui va impacter
08:43et puis aussi notre environnement de vie.
08:45Donc ce n'est pas que l'affaire de la biologie, je pense.
08:48Pendant longtemps, on disait qu'on a l'âge de nos artères,
08:50mais c'est bien plus complexe que ça finalement.
08:52Oui, c'est plus complexe. Il y a plus d'interactions probablement.
08:56Alors quelles sont justement les grandes interactions ?
08:59Vous en avez cité quelques-unes, mais qu'est-ce qui vous semble le plus important ?
09:04Alors déjà, ce qui me semble important, c'est que quand on parle de style de vie,
09:08ce sont des facteurs sur lesquels on peut agir.
09:11Donc ça veut dire que quelque part, on est acteur.
09:13Ça, c'est quelque chose que l'on va maîtriser.
09:15Et parmi ces facteurs liés au style de vie, vous connaissez tous,
09:19notre alimentation, notre activité physique, la sédentarité aussi,
09:23c'est un facteur contre lequel il faut lutter.
09:26Notre réseau cognitif, social, il faut véritablement rester engagé
09:30à la fois sur le plan cognitif, mais aussi sur le plan social.
09:35Et puis aussi, on en a parlé, le sommeil.
09:39Voilà, c'est un élément qu'il ne faut absolument pas oublier,
09:42parce que c'est aussi un facteur aujourd'hui qui a sa place à jouer.
09:46Mais qu'est-ce qui fait qu'une femme qui a une pathologie la même qu'un homme,
09:49elle réussisse à vivre plus longtemps que sa pathologie
09:51et que l'homme en décède plus vite ?
09:52Alors ça, je crois qu'aujourd'hui, on est encore dans les challenges
09:55et dans l'exploration et des études.
09:57Je ne sais pas si Jean-Marie ou Françoise peuvent compléter,
10:00mais de mon point de vue, alors on a un petit peu l'idée de se dire
10:04qu'à la ménopause, il y a pas mal de choses avec la transition ménopausique
10:09et les modifications hormonales qui vont évoluer,
10:11mais il y a beaucoup plus de facteurs.
10:14J'ai parlé de l'immunosénescence, tout ça sont d'autres facteurs.
10:18Mais on est en train d'explorer toutes ces pistes-là.
10:21Alors, je vais vous raconter un secret.
10:23On a fait une réunion préparatoire, on a parlé plein de choses,
10:25et Jean-Marie, qui était le seul homme, dit,
10:27mais moi, je vais vous dire quand même,
10:29les mecs, quand ils n'ont plus de boulot et plus de copains,
10:31il n'y a plus rien qui compte.
10:33Jean-Marie, c'est aussi ça qui fait qu'un homme meurt plus vite d'une pathologie ?
10:38Mais oui, alors, en fait, par rapport à ce que vient de dire Sophie,
10:43où on commence à essayer d'étudier quel est l'impact
10:46de tous ces facteurs de risque ensemble et de leur interaction,
10:51on a beaucoup étudié, à travers les enquêtes épidémiologiques,
10:54on a beaucoup étudié les facteurs sociaux, finalement,
10:57ou les facteurs culturels.
10:59Et effectivement, ce qu'on voit très nettement,
11:03c'est qu'au cours de leur vie,
11:05les femmes ont beaucoup plus d'activités
11:08et beaucoup plus d'intérêts que les hommes,
11:13alors que, bien souvent, la vie des hommes se résume
11:17à leur travail, à leurs copains, à l'extérieur de la maison,
11:21et qu'effectivement, dès qu'à la retraite,
11:27ils n'ont plus de travail, ils ne savent plus trop quoi faire,
11:29et que souvent, l'incapacité commence par des difficultés de déplacement
11:36et que s'ils ne peuvent pas sortir de la maison
11:39qui reste souvent dans ces générations anciennes,
11:42le domaine des femmes, finalement,
11:45la vie vaut plus grand-chose pour eux
11:47s'ils ne peuvent pas retrouver les copains à l'extérieur
11:49dans les bistrots ou ailleurs.
11:51Et donc, on voit bien que là,
11:54ce que ça soulève, c'est l'importance, finalement,
11:58de facteurs psychologiques
12:00dans le fait que, quand la santé décline,
12:05est-ce qu'on se bat contre ?
12:06Est-ce qu'on s'adapte à ce déclin ?
12:08Est-ce qu'on considère que, malgré tout,
12:10on s'accroche à la vie ou pas ?
12:12On a vraiment l'impression,
12:14et ça, on a eu des témoignages,
12:17où, effectivement, par exemple,
12:19des femmes qui sont pourtant dans des états de santé
12:21très dégradés disent
12:23« Mais non, je n'ai pas du tout prévu de mourir.
12:25Je vois bien que, même si je ne peux plus rien faire,
12:28même si je suis confinée dans mon lit
12:30et dans mon fauteuil,
12:31même si, au moins, je peux encore écouter ma petite-fille
12:35me raconter ces histoires. »
12:37On n'a pas de témoignages d'hommes
12:39nous ayant dit la même chose.
12:40Françoise, c'est l'effet enfant-petit-enfant ?
12:43Oui, moi, je pense que le côté social
12:47et la relation est très importante.
12:49J'ai envie de dire, comme Sophie l'a évoqué,
12:51il y a un triptyque important,
12:54c'est l'activité physique, l'alimentation,
12:57la nutrition et la relation sociale,
12:59se sentir utile.
13:01C'est vrai qu'il existe quelques initiatives
13:03où, effectivement, tout est regroupé.
13:05Et, en fait, la vie reprend du sens pour certains.
13:10Et si je peux rebondir par rapport
13:11aux différences hommes-femmes,
13:13c'est vrai qu'on dit que la femme,
13:15bon, elle gère la maison,
13:17les enfants, ses parents aussi, souvent.
13:21Et, en fait, elle a tellement de choses à faire
13:24que, finalement, le fait d'arriver à la retraite
13:28impacte peut-être moins son quotidien
13:30qu'un homme qui, effectivement,
13:32n'a pas eu à gérer tout ça,
13:35même si les choses changent, heureusement.
13:37Oui, ça va changer, ça, c'est sûr,
13:38avec les jeunes générations.
13:40Mais au niveau, aussi, comportement face à la maladie,
13:44est-ce que les femmes sont plus observantes ?
13:45Est-ce que les femmes se soignent plus rapidement ?
13:49Je pense qu'il y a des différences.
13:51Alors, moi, je laisserai compléter
13:53les deux autres orateurs.
13:55Moi, je pense que les femmes ont tendance
13:57à se mettre en retrait,
13:59c'est-à-dire qu'elles s'occupent toujours
14:01de leurs enfants, de leurs maris, de leurs parents.
14:04Et quand quelque chose ne va pas,
14:07elles ont tendance à dire, ça va passer.
14:09Et peut-être que, si elles avaient pu consulter
14:11et être accompagnées,
14:13elles n'auraient peut-être pas un état
14:15aussi détérioré, finalement.
14:17Donc, c'est l'inverse de ce que je vous proposais
14:19comme possibilité.
14:20Moi, je pensais que, quand elles étaient malades,
14:22alors, on va parler prévention après,
14:24parce que c'est vraiment extrêmement important,
14:25mais dans la gestion de la maladie,
14:28je pensais que les femmes étaient plus sérieuses
14:30dans leur suivi.
14:31Jean-Marie ?
14:32Oui. Il y a depuis très longtemps,
14:34et ça a été bien démontré par les historiens,
14:36une grande complicité entre les femmes et les médecins.
14:39Et qu'effectivement, par exemple,
14:44sur l'allaitement,
14:48les médecins étaient conscients
14:50que mettre les enfants en nourrice
14:55n'étaient pas une bonne situation.
14:58Et c'est à travers tout un mouvement au XIXe siècle
15:02entre des femmes qui voulaient effectivement déjà s'émanciper
15:06et les médecins,
15:07que c'est amorcé une lutte contre les nourrices
15:10et en faveur, finalement,
15:12d'un allaitement maternel par les vraies mères.
15:16Mais ce que je voudrais dire,
15:17c'est qu'en fait,
15:18les petits garçons,
15:20tant qu'ils sont des petits garçons,
15:22je ne sais pas, jusqu'à 12-13 ans,
15:24sont conduits chez le médecin par leur maman.
15:27Et puis, ça s'arrête,
15:29parce qu'ils ont 15 ans,
15:30ils sont trop grands,
15:31et la maman ne s'en mêle plus.
15:33Alors qu'au même âge,
15:35une jeune fille,
15:36parce qu'on ne parle plus d'une petite fille,
15:38une jeune fille va avoir des soucis,
15:40parce qu'elle va vouloir
15:44contrôler, finalement, sa sexualité,
15:46d'une certaine façon,
15:47et d'une façon ou d'une autre,
15:49elle va se rapprocher du monde médical
15:51pour éviter d'avoir des enfants
15:53et quand même avoir une vie amoureuse
15:55ou un début de vie amoureuse.
15:58Et puis, pendant tout un certain temps,
16:00il s'agira de la contraception,
16:02mais soudainement,
16:04soit elle sera très amoureuse
16:06ou elle aura envie des enfants,
16:07elle voudra avoir des enfants
16:09et elle voudra les avoir tout de suite.
16:11Et donc là, à nouveau,
16:13pour ces raisons-là,
16:15elle se rapprochera à nouveau
16:16du corps médical.
16:16Donc la vie d'une femme
16:17est plus médicalisée que la vie d'un homme.
16:18Et donc, en fait,
16:19il y a toute une série,
16:21voilà, tout au long de sa vie,
16:22puis après,
16:23elle va avoir un bébé
16:24et il va falloir s'occuper du bébé.
16:25Donc il y aura...
16:28D'abord, il y aura la grossesse,
16:31et puis après, il y aura l'accouchement,
16:32puis il y aura le bébé.
16:33Et puis après, il y aura des jeunes enfants
16:35et puis des parents qui vont tomber malades,
16:37comme vous dites.
16:38Et toute sa vie,
16:40pas pour elle,
16:41mais elle sera dans un contact permanent
16:44avec les médecins
16:46et elle sera le complice des médecins.
16:49Et donc, effectivement,
16:50on voit très bien,
16:51de toute façon,
16:51tous nos collègues médecins le disent,
16:54les hommes, non,
16:55l'observance chez les hommes,
16:56elle est très, très mauvaise,
16:58alors que l'observance,
16:59c'est-à-dire suivre les conseils
17:00ou l'ordonnance du médecin,
17:01est très élevée chez les femmes.
17:02Alors, il y a un autre sujet
17:04qui diffère aussi
17:05chez les hommes et les femmes,
17:07c'est la prévention.
17:08Ça, c'est un sujet
17:09qui vous tient vraiment à cœur, Françoise.
17:12Qu'est-ce qu'on peut faire,
17:13justement, pour aider les gens
17:15plus sensibles à la prévention,
17:17en sachant que les femmes
17:18font un petit peu plus d'attention
17:19que les hommes, quand même ?
17:20Oui, alors, effectivement,
17:22la prévention,
17:22c'est un élément important.
17:23et c'est l'affaire de toute une vie,
17:25comme je le disais dans la vidéo.
17:28On peut faire,
17:30on peut adapter
17:31des nouveaux comportements
17:34à tous les âges de la vie,
17:36qu'on soit un homme,
17:37qu'on soit une femme.
17:38Et ce n'est pas parce qu'on n'a pas fait
17:40de sport quand on était petit,
17:41ce n'est pas parce qu'on n'en a pas fait
17:42pendant qu'on était à l'âge adulte,
17:44en train de travailler,
17:45qu'on ne peut pas se mettre
17:46à faire de l'activité,
17:48de la marche, etc.
17:51Et donc, il n'est jamais trop tard.
17:53Donc, effectivement,
17:55là encore, je pense que le lien social
17:57fait qu'on peut être entraîné
17:59pour aller vers ce type d'activité.
18:03Et comme Sophie le mentionnait,
18:05il y a des choses en termes de prévention
18:07sur lesquelles on peut agir,
18:09adopter ses bons comportements
18:11en termes d'alimentation,
18:12de sédentarité ou autre.
18:13Par contre, il y a effectivement
18:14des facteurs sur lesquels
18:15on ne va pas pouvoir agir soi-même.
18:18Et ça, c'est aussi le monde
18:19de la recherche qui va peut-être
18:20apporter des solutions dans le futur
18:23pour accompagner la population.
18:27Un mot sur la prévention ?
18:28Alors, moi, ce que je voudrais dire,
18:30c'est que je pense quand même
18:31qu'il y a un petit peu un virage
18:33par rapport à la prévention.
18:35Je pense que ça fait 10 ans, 15 ans
18:38que les choses ont évolué
18:39et qu'on se sent quand même plus concerné
18:41et plus attiré par cette notion
18:43de prévention.
18:44Alors, effectivement,
18:45peut-être qu'il y a toujours
18:46un petit peu plus de femmes
18:47que d'hommes qui sont engagées
18:49dans la prévention,
18:50mais je crois que le message,
18:52il change.
18:53Et les personnes, effectivement,
18:55tout à l'heure,
18:55je parlais de cette notion
18:56de se sentir acteur,
18:57de son vieillissement.
18:58Je crois qu'il y a quand même
18:59une réelle prise en compte de ça.
19:03Je suis complètement d'accord
19:04avec Françoise pour dire
19:05que c'est vraiment quelque chose
19:07qui est tout au long de la vie.
19:09Avoir des bons comportements de vie,
19:11un bon style de vie,
19:12c'est quelque chose
19:13qu'on va mettre en place
19:14tout au long de notre vie
19:16et qui va nous permettre,
19:17finalement,
19:18d'aborder les âges
19:19les plus avancés
19:20avec un maximum
19:21de réserves physiologiques
19:22pour venir.
19:24Donc ça,
19:24c'est effectivement
19:26extrêmement important.
19:27Et tout à l'heure,
19:28on évoquait,
19:29j'évoquais la notion
19:30du vieillir en bonne santé
19:31selon l'OMS,
19:33les six fonctions
19:34qu'ils sont essentiels
19:35de prévenir.
19:36Et l'OMS a mis en place
19:37un programme
19:38qui s'appelle
19:38le programme ICOP
19:39à partir de 60 ans
19:41qui nous aide
19:42à suivre l'évolution
19:43de ces six fonctions
19:44pour que les gens
19:46qui aillent bien
19:46continuent à aller bien
19:47le plus longtemps possible
19:48et surtout pour nous permettre
19:50de repérer précocement
19:52quand on a des petits décrochages
19:54à l'une de ces six fonctions
19:55pour nous permettre
19:56d'avoir une prise en charge adaptée
19:58et de rebasculer
19:59vers une trajectoire
20:00plus optimale.
20:01Donc c'est le dépistage
20:02des fragilités.
20:03On n'est plus vraiment
20:03dans la prévention
20:04mais on est au moment
20:05où ça pourrait
20:06un petit peu basculer.
20:07Non, parce qu'à 60 ans,
20:08on est encore dans le moment
20:10où ça va bien
20:10mais justement,
20:11on veut que ça aille bien
20:12le plus longtemps possible
20:13et on veut repérer
20:14le petit décrochage
20:15dès qu'il va arriver
20:16parce que plus on va
20:17le repérer tôt,
20:18plus on sera efficace
20:19dans la prise en charge.
20:21Donc c'est encore en amont
20:22des fragilités.
20:23Ça nous permet
20:24de repérer des fragilités
20:25mais c'est encore en amont
20:26quand tout va encore très bien
20:28parce que c'est encore là
20:29qu'il faut faire en sorte
20:30que tout aille bien
20:31le plus longtemps possible.
20:32Jean-Marie,
20:33la prévention,
20:34quelques mots ?
20:37Oui, alors,
20:39je suis comme mes partenaires,
20:41je crois absolument
20:42dans la prévention,
20:43c'est absolument essentiel
20:45mais ce que je pourrais dire
20:47c'est que,
20:49en fait,
20:50la prévention,
20:51ça veut dire
20:52faire attention,
20:53empêcher quelque chose
20:54d'arriver dans le futur.
20:55Donc il y a un côté prévision.
20:59Et je pense
21:00je pense qu'on a beaucoup parlé
21:03de préparer sa retraite
21:06mais ça fait très longtemps
21:07qu'on en parle.
21:08Moi, j'ai l'impression
21:09toute ma vie,
21:09j'ai entendu dire
21:10qu'il fallait préparer sa retraite
21:11parce que c'était le problème.
21:13Je pense que les gens,
21:14il y a 30 ans ou 20 ans,
21:15ne préparaient pas
21:16ou pas bien leur retraite.
21:17Je crois qu'aujourd'hui,
21:18cette idée,
21:19elle est vraiment passée
21:20dans la tête
21:21ou dans la tête
21:22de la majorité des gens
21:23et j'ai l'impression
21:24qu'aujourd'hui,
21:26les jeunes retraités
21:27ou les jeunes vieux,
21:28je ne sais pas comment les appeler,
21:30entre 60 et 75 ans
21:33ou 80 ans,
21:34finalement,
21:35ils vont bien.
21:36Et effectivement,
21:37je crois qu'on a bien intégré
21:39ce côté,
21:40c'est une prévention
21:40au sens très large,
21:42mais c'est quand on est
21:43un adulte
21:44en bonne santé,
21:45jeune,
21:46avant 60 ans,
21:47c'est penser
21:48qu'il faut peut-être
21:50déménager
21:50quand on n'a plus d'enfants
21:53à la maison,
21:54il faut peut-être
21:54se rapprocher
21:55des centres bourgs,
21:56des commerçants
21:57ou réorganiser sa vie,
21:59avoir d'autres activités.
22:02Par contre,
22:03ce qui est nouveau,
22:05et c'est ce que je disais
22:05tout à l'heure,
22:06c'est que,
22:07et c'était totalement imprévu,
22:09entre le début
22:11des années 70
22:12et 2010,
22:13on a gagné
22:14collectivement
22:1410 ans
22:15d'espérance de vie.
22:16Et ça,
22:17ça veut dire
22:18que tout le monde
22:19rentre
22:20dans ce qu'on a appelé
22:21à un moment
22:22le quatrième âge,
22:23au-delà de l'âge
22:24de la retraite,
22:25du troisième âge,
22:26c'est effectivement,
22:28d'ailleurs aujourd'hui,
22:30l'âge le plus fréquent
22:32au décès,
22:32ce qui n'est pas la même chose
22:33que l'espérance de vie,
22:34parce que l'espérance de vie,
22:36c'est un indicateur
22:37qui est tiré vers le bas
22:38par la mortalité infantile.
22:40Mais l'âge le plus fréquent
22:41au décès,
22:42il est supérieur
22:43à 90 ans
22:44chez les femmes
22:45et il est un petit peu
22:46inférieur à 90 ans
22:47chez les hommes,
22:4888 ans.
22:49Ça veut dire
22:49que l'écrasante majorité
22:51des gens
22:52rentrent dans ce quatrième âge
22:54avant de décéder.
22:55Heureusement,
22:56il n'y a pratiquement
22:56plus de décès
22:57avant 70 ans
22:58et ça,
23:01je trouve que
23:02pour l'instant,
23:03on n'a pas du tout
23:04anticipé ce passage
23:05du troisième
23:06au quatrième âge.
23:07Il n'y a pas de risque
23:08quand on est dans le troisième âge,
23:09on va bien,
23:10comme disait Sophie,
23:11on n'a pas de risque
23:12de rentrer dans une EHPAD
23:14en catastrophe,
23:15parce que tout va bien
23:16et ça,
23:18ce changement
23:18ne le prépare pas
23:19et je crois que ça doit être ça
23:21l'objet de la prévention
23:22aujourd'hui.
23:23Mais on a une chance,
23:24c'est qu'on a des chercheurs
23:25qui cherchent
23:25et des chercheurs qui trouvent.
23:27Donc,
23:27on va finir sur cet aspect recherche.
23:29Vous travaillez tous les deux
23:30dans l'institut de recherche.
23:32Sophie,
23:33faites-nous rêver
23:33pour l'avenir,
23:34pour nous faire bien vieillir.
23:36Alors,
23:36je ne sais pas
23:37si je vais vous faire rêver,
23:38mais en tout cas,
23:38je vais vous faire...
23:39Essayez.
23:39On est très,
23:40très investis.
23:42Tout à l'heure,
23:42je vous disais
23:43qu'il y avait cette notion
23:44d'âge biologique.
23:46Derrière ce vieillissement,
23:47il y a des processus biologiques
23:48et donc,
23:49aujourd'hui,
23:50on parle de la géroscience.
23:51pendant très longtemps,
23:53on a pensé
23:53que le vieillissement,
23:54c'était quelque chose
23:55qui est né inéluctable.
23:56Et aujourd'hui,
23:57ce qu'on nous dit,
23:58c'est qu'on comprend mieux
24:01du vieillissement
24:02et en venant moduler
24:03ces processus biologiques,
24:05on pourrait arriver
24:06à retarder
24:08la perte des fonctions
24:09et la survenue des maladies.
24:11Donc ça,
24:11c'est le challenge
24:12des années à venir.
24:13C'est une recherche
24:14qui est très active.
24:15On comprend mieux
24:16les processus biologiques
24:18pour identifier
24:18des cibles
24:20pour des médicaments futurs
24:21qui sont,
24:22par exemple,
24:22ce qu'on appelle
24:23les géroprotecteurs.
24:24Et il y a des cibles
24:25par rapport à la sénescence
24:27qui sont aujourd'hui testées.
24:30avant que c'est...
24:31Oui,
24:31il faut nous donner
24:31un exemple
24:32de ces géroprotecteurs.
24:33Alors,
24:34c'est des médicaments
24:35pour limiter
24:36la sénescence
24:37des cellules,
24:38par exemple.
24:39Mais aujourd'hui,
24:40on est dans des phases
24:43exploratoires d'études.
24:44On fait des essais cliniques
24:45pour démontrer
24:45que ça marche.
24:46Demain,
24:47on aura probablement
24:48les médicaments
24:49que l'on pourra tester
24:51chez l'homme.
24:52Mais en attendant,
24:53et on reviendra
24:54sur ce qu'on a déjà évoqué,
24:55ce qui est important,
24:56c'est d'agir
24:57sur notre style de vie.
24:58Et on sait que
24:59l'activité physique,
25:01l'alimentation,
25:02tout ce qu'on a évoqué,
25:03ça va avoir
25:03un impact important.
25:04Donc déjà,
25:05la prévention,
25:06on peut la commencer
25:07sur des choses
25:08qui sont accessibles
25:09à nous tous.
25:10Et par rapport
25:10à tout ce qu'on a dit,
25:12je pense qu'il ne faut pas
25:12qu'on oublie
25:13l'environnement de vie.
25:14Parce que ça se prépare.
25:16Ça se prépare
25:17quand on a 60, 70,
25:19tout va bien.
25:19mais on imagine
25:20qu'à 85, 90,
25:22on va avoir quand même,
25:23malgré tout,
25:24quelques limitations.
25:25Mais si on a anticipé
25:26et si on est dans
25:27un environnement
25:28de vie adapté,
25:29on va pouvoir continuer
25:30à faire ce qui est
25:31important pour nous.
25:32Donc il y a une recherche
25:33très active
25:34qui est nationale,
25:36internationale,
25:36sur ces médicaments
25:37de demain,
25:38pour agir sur ces processus
25:39biologiques du vieillissement,
25:41pour retarder
25:42cette perte de fonction.
25:43Mais déjà,
25:43en attendant,
25:44on peut nous tous
25:45agir sur nos comportements
25:47de vie quotidienne
25:48et anticiper
25:49notre environnement
25:50de vie.
25:51Alors Jean-Marie,
25:51vous vous travaillez
25:52avec Jean-Marc Lemaitre.
25:53Jean-Marc Lemaitre,
25:53on ne le présente plus
25:54à Montpellier.
25:55C'est quand même
25:55l'homme de la recherche
25:57sur le vieillissement.
25:59Quelles sont les pistes
26:00qui vous semblent
26:01les plus intéressantes ?
26:02Alors, en fait,
26:04ce que je vais dire,
26:05c'est un tout petit peu
26:07différent de ce que
26:07vient de dire Sophie.
26:09On travaille beaucoup
26:10ensemble,
26:12mais il y a
26:13des petites différences.
26:14D'ailleurs,
26:15actuellement,
26:16Jean-Marc Lemaitre
26:16et je suis conseiller
26:18scientifique auprès de lui,
26:20cherche à développer
26:21un institut de la longévité
26:22en bonne santé
26:25à Montpellier
26:26sur la base
26:27de son équipe
26:29Inserm.
26:30Et la différence,
26:32alors c'est embêtant
26:33parce que vous avez
26:34beaucoup parlé
26:35de vieillissement.
26:36En fait,
26:39ce qu'il faudrait,
26:40il nous manque
26:40un mot en français
26:42qui serait
26:43prendre de l'âge.
26:44Un verbe
26:44qui voudrait dire
26:45prendre de l'âge
26:46comme en anglais,
26:47il y a le verbe
26:47aging,
26:49ce qui est
26:49prendre de l'âge.
26:50Et c'est vrai
26:51que quand on parle
26:52en anglais,
26:53et souvent on parle
26:54en anglais,
26:54de healthy aging,
26:56c'est très bien,
26:57c'est exactement
26:57ce que nous on veut,
26:59c'est prendre de l'âge,
27:01vivre longtemps
27:02en bonne santé.
27:04Ça veut dire,
27:04et là on ne parle pas
27:05de vieillissement.
27:06Le vieillissement,
27:07on voudrait le voir
27:08que comme biologique,
27:09que comme la sénescence,
27:10le vieillissement biologique,
27:12parce qu'on pense
27:13que ce vieillissement-là,
27:15mais uniquement ce vieillissement biologique,
27:17c'est une maladie,
27:19en fait.
27:19Et c'est ça l'hypothèse
27:22derrière la création
27:23de cet institut,
27:24mais ça rejoint un peu
27:25ce qu'a dit Sophie,
27:27c'est que si on est capable
27:28d'identifier,
27:31bien identifier,
27:33tous les affaiblissements
27:35biologiques
27:36qui se produisent
27:37essentiellement avec l'âge,
27:38avec le fait
27:39qu'on prend de l'âge,
27:40et qu'on est capable
27:41de lutter contre,
27:43on doit pouvoir
27:44éliminer
27:45le principal facteur de risque
27:47de ce qu'on appelle
27:47les maladies liées
27:48au vieillissement,
27:49du vieillissement,
27:50c'est-à-dire en éliminant
27:51le vieillissement biologique
27:53lui-même.
27:54Alors,
27:54les pistes,
27:55puisque c'est de ça
27:55dont vous voulez
27:56que je vous parle,
27:58et je vais vous en parler
28:00volontiers,
28:01alors la première,
28:02celle sur laquelle
28:03l'équipe de Jean-Marc Le Maître
28:04a beaucoup travaillé,
28:06c'est sur la reprogrammation
28:09épigénétique.
28:09Vous savez,
28:11on est tous
28:12constitués de gènes,
28:14mais ce patrimoine génétique
28:17est modifié
28:18au cours de la vie
28:19par des altérations
28:21dites épigénétiques
28:23qui viennent effectivement
28:24s'ajouter dessus
28:26sur ces gènes
28:27et qui finalement
28:30sont des témoins
28:31du temps passé
28:33quelque part.
28:34Donc,
28:34il y a une idée
28:35de reprogrammation
28:37pour essayer
28:38de reculer
28:39dans le temps,
28:40de rajeunir
28:40d'une certaine façon,
28:42mais c'est plutôt
28:42de reprogrammer
28:43et ça a été fait
28:45jusqu'à présent,
28:46en tout cas
28:47dans le laboratoire
28:48de Jean-Marc,
28:49chez des souris
28:50essentiellement.
28:51Mais ça a été aussi,
28:52et ça marche,
28:53et ça marche bien,
28:54et pour vous donner
28:54un exemple,
28:55c'est que
28:55quand on fait
28:56une reprogrammation
29:01chez les souris,
29:02on arrive,
29:04si on le fait
29:05une seule fois,
29:05quand elle a environ
29:07deux mois,
29:08les souris vivent
29:09environ deux ans,
29:11donc vous voyez
29:12deux mois,
29:14on gagne à peu près
29:1515% de vie
29:17en bonne santé,
29:18c'est-à-dire
29:18la souris est active,
29:21elle a un beau pelage,
29:22etc.
29:23Et si on le fait
29:25en continu
29:26à partir de deux mois,
29:28on gagne à peu près
29:2930%
29:29sur la vie
29:30d'une souris
29:31qui ne dure
29:31que...
29:34Rien à voir
29:35quand même
29:35avec la vie humaine,
29:36on parle de 100 ans
29:37versus
29:39deux ans.
29:40Mais
29:41ce qui n'a pas été fait
29:42en France,
29:43ce qui n'a pas été fait
29:44chez nous,
29:44il y a eu d'autres résultats
29:46qui ont été faits
29:46chez des singes,
29:48vous savez,
29:48dans la mise au point
29:51de possibles médicaments,
29:53après avoir démontré
29:54que ça marche
29:55chez des souris,
29:56il faut montrer
29:56que ça marche
29:57chez des singes,
29:58et il y a une autorisation
30:00qui vient d'être donnée
30:01aux Etats-Unis
30:02par la FDA,
30:03la Food and Drug Administration,
30:05pour le glaucome,
30:06pour permettre
30:07de faire
30:07une reprogrammation
30:10épigénétique
30:11des cellules
30:11de l'œil
30:12pour essayer
30:13de réduire
30:14le génome,
30:15le glaucome.
30:17Donc vous voyez
30:17qu'on est très très proche.
30:19Ça avance.
30:20Ça avance quand même.
30:21Et le gros projet
30:22qu'on a actuellement
30:23dans l'unité,
30:28c'est de combiner
30:29cette approche
30:29de reprogrammation
30:32épigénétique
30:32avec une approche
30:34dite scénolithique,
30:35c'est-à-dire
30:36d'éliminer
30:37les cellules
30:38vieillissantes.
30:39Parce qu'en fait,
30:40les cellules
30:41qu'on reprogrammerait,
30:42c'est les cellules
30:43qui sont fonctionnelles,
30:45qui restent fonctionnelles,
30:46mais on continuerait
30:48en même temps
30:49à essayer
30:49d'éliminer
30:50les cellules
30:51qui sont vieillissantes,
30:52qui aussi,
30:53on le sait,
30:54alors nous,
30:54on n'a pas fait ça
30:55pour l'instant,
30:56dans l'espoir
30:57qu'il y a un effet
30:59multiplicatif des deux
31:00et qu'on arrive
31:02effectivement
31:02par des interventions,
31:04vous voyez,
31:04on est à peu près
31:05comme dans la prévention,
31:06c'est-à-dire qu'il faut
31:06faire les choses
31:06en même temps,
31:07on arriverait,
31:08en reprogrammant
31:09certaines cellules
31:10et en éliminant
31:11d'autres cellules,
31:12à effectivement
31:13lutter efficacement
31:14contre le vieillissement
31:15biologique,
31:16pas le vieillissement social.
31:17Ça, Françoise,
31:18c'est demain,
31:19mais aujourd'hui,
31:19le mot de la fin.
31:21Alors, peut-être
31:21je peux ajouter une phrase
31:23sur l'engagement
31:24de l'Institut d'Anon France,
31:25effectivement,
31:26nous, nous soutenons
31:27des projets de recherche
31:28qui visent à comprendre
31:29les mécanismes
31:30du vieillissement
31:32chez les hommes
31:33et chez les femmes,
31:34comprendre les différences
31:35encore une fois,
31:35c'est très important
31:36et donc dans ces projets,
31:38on va regarder
31:40le mode de vie,
31:41les trajectoires de vie,
31:43est-ce qu'il y a
31:43des moments
31:43dans la vie
31:46où on voit
31:47un impact important
31:48sur la trajectoire
31:49de santé
31:50et donc l'objectif,
31:52c'est de soutenir
31:53les gérosciences,
31:54de faire de la nutrition
31:55un levier de la longévité
31:57en bonne santé.
31:58Ça va prendre du temps.
31:59Pour nous,
32:00c'est le début de l'histoire.
32:01Ce sont quelques mois
32:02de recul
32:03et le mot de la fin,
32:06je pense que vous l'aurez compris,
32:09on construit
32:10notre capital santé
32:11dès la naissance,
32:12voire même avant.
32:13C'est important
32:13de l'entretenir
32:14et on ne vieillit pas
32:17au moment de la vieillesse,
32:18on vieillit
32:19dès notre naissance.
32:20Donc, c'est pour ça
32:21qu'il faut bien
32:22prendre soin de soi
32:22tout au long de la vie
32:23et agir comme
32:25les orateurs
32:26ont pu l'exprimer.
32:28Merci.
32:30Sous-titrage Société Radio-Canada
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