- il y a 6 jours
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Aujourd'hui, dans les "4V", Francis Letellier revient sur les questions qui font l'actualité avec David Amiel, ministre de l'Action et des Comptes publics.
Aujourd'hui, dans les "4V", Francis Letellier revient sur les questions qui font l'actualité avec David Amiel, ministre de l'Action et des Comptes publics.
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00:01Bonjour Baya, bonjour à tous et bienvenue dans l'équipe de vérité, bonjour David Amiel.
00:05Vous êtes ministre du budget en un mot, le budget dont on va beaucoup parler dans les jours qui viennent.
00:09Et au moment où les lycéens et les étudiants seront dans la rue aujourd'hui,
00:12eux, ils estiment qu'il faut 10 milliards pour remettre à niveau les lycées.
00:16Dans le budget de l'année prochaine, il y a 1 milliard de plus pour l'éducation.
00:18Est-ce que vous êtes prêt à un coup de pouce ?
00:20D'abord, vous avez commencé par parler de la question budgétaire.
00:24Il y a beaucoup de demandes des lycéens qui portent sur les emplois du temps,
00:26qui portent sur la réforme de Parcoursup, qui portent sur le remplacement des enseignants,
00:30qui ne sont pas directement budgétaires.
00:32Ensuite, vous avez raison, il y a des questions de moyens qui sont posées.
00:35Mais là, moi, ce qui m'a frappé dans les dix derniers jours, c'est l'hypocrisie collective.
00:39Parce qu'on ne peut pas aller à la télé soutenir les lycéens et aller ensuite à l'Assemblée les
00:45trahir.
00:45Or, c'est pourtant ce qu'on a vu depuis une semaine.
00:48Parce qu'on a vu les mêmes partis politiques qui prétendent soutenir les jeunes,
00:52voter contre toutes les mesures qui demandaient le moindre effort de retraités
00:55et dégrader le déficit public.
00:56de 8 milliards d'euros.
00:588 milliards d'euros pour que les gens se rendent compte,
00:59ce serait l'équivalent de 150 000 enseignants.
01:02Alors justement, les lycéens demandent 10 milliards,
01:041 milliard d'euros dans l'éducation en plus l'année prochaine,
01:06c'est ce que vous avancez.
01:07Est-ce que ça pourrait être plus qu'un milliard d'euros ?
01:09Il y aura des débats dans le cadre du Parlement
01:11pour pouvoir voir comment on dégage des efforts supplémentaires.
01:12Donc ça pourrait être plus éventuellement qu'un milliard d'euros ?
01:14Vous savez, les efforts que demande le gouvernement,
01:17des efforts qui sont souvent critiqués,
01:18des efforts qui ont été pour partie supprimés dans les débats en commission.
01:22Ils visent justement à donner la priorité à la jeunesse.
01:24Parce que dans la proposition du gouvernement, dans le texte initial,
01:27le budget civil qui augmente le plus, vous savez lequel c'est ?
01:30C'est celui de l'éducation nationale.
01:31Mais ça pourrait être encore plus que ce qui est prévu, c'est ça que je vous demande.
01:33Parce qu'on aura l'occasion de venir sur les mesures que nous prenons
01:36en matière de santé, en matière de retraite.
01:37Ça pourrait être encore plus que ce qui est.
01:39Pour avoir cette priorité, la priorité, elle doit toujours aller à la jeunesse.
01:42S'il y a des mesures supplémentaires,
01:43elles devront être financées par des économies ailleurs
01:46et le gouvernement, il sera toujours prêt.
01:47Mais la porte n'est pas fermée à éventuellement des dépenses supplémentaires,
01:50c'est ce que j'entends.
01:50Le prix du gazole, lui, va baisser à partir du 1er novembre,
01:52c'est ce qu'a dit Sébastien Lecornu,
01:54grâce à l'afflux de carburant qui viennent des stocks stratégiques.
01:56Est-ce que ça coûte cher à l'État, cette opération ?
01:58Non, parce qu'ensuite, ce sont des stocks stratégiques
02:00qui auront vocation à être reconstitués l'année prochaine
02:02quand les prix auront, on l'espère, baissé.
02:04D'accord, mais ça dépend du marché mondial.
02:06C'est un pari.
02:07Ce n'est pas un pari, c'est une organisation des stocks stratégiques
02:10qui sont précisément faits pour cela.
02:11À condition pour les remplir et que les cours soient plus bas quand même.
02:15Mais à quoi servent les stocks stratégiques ?
02:16Ils servent précisément à pouvoir être utilisés dans des périodes de crise aiguës
02:20comme celles que nous traversons pour pouvoir soulager les Français.
02:23Et c'est le cas avec des baisses à la prise à la pompe dès le 1er novembre.
02:26Alors, à l'inverse, l'État est accusé régulièrement
02:28de profiter de la hausse des prix via la TVA pour remplir ses caisses.
02:32Est-ce que ça a été le cas ces derniers mois ?
02:34Non, c'est faux.
02:35C'est archi faux et c'est faux depuis le début.
02:36Et c'est la raison pour laquelle on fait à chaque étape toute la transparence.
02:40À l'heure où je vous parle,
02:41quand on compare ce qui s'est passé entre le début de l'année et aujourd'hui,
02:45les recettes fiscales liées au carburant, je ne parle là que du carburant,
02:48ont baissé pour l'État de 357 millions d'euros.
02:52Donc, on a une perte de 357 millions d'euros
02:55à la fois au titre des Axis et de la TVA,
02:58c'est-à-dire les deux impôts qui pèsent sur le carburant.
03:00Et donc, heureusement qu'on n'a pas écouté
03:02ceux qui nous appelaient à redistribuer une cagnotte imaginaire
03:05parce qu'il n'y aurait pas de cagnotte du tout.
03:07On s'est organisé autrement pour pouvoir financer
03:10les aides ciblées aux Français
03:12et avec les stocks stratégiques pour soulager le prix à l'âme.
03:14357 millions qu'il va falloir trouver ailleurs.
03:16C'est effectivement la raison pour laquelle
03:17on a pris depuis le début de la guerre dans le détroit d'Hormuz
03:21des mesures d'économie pour contenir le déficit public
03:24et pour pouvoir financer des aides aux secteurs et aux Français
03:27qui en avaient le plus besoin.
03:28Ce matin, ça fait un trou de 357 millions dans la caisse de l'État.
03:31Top départ des débats à l'Assemblée aujourd'hui sur le budget 2027.
03:36Le Parti Socialiste a d'ores et déjà déposé une motion de rejet.
03:38Ça veut dire que si elle était adoptée,
03:40hop, les débats s'arrêteraient en tout cas à l'Assemblée nationale.
03:42Est-ce que ce serait un coup dur pour vous ?
03:44Ce serait un coup dur pour la démocratie parlementaire
03:46parce qu'une motion de rejet, c'est une motion de boycott.
03:49Aujourd'hui, les taux d'intérêt flambent.
03:51Le Parlement ne peut pas regarder ailleurs.
03:52On a besoin d'avoir un débat à l'Assemblée nationale.
03:55Il viendra ensuite au Sénat.
03:58Pour savoir comment on réduit le déficit public.
04:00On a réussi avec les socialistes à forger des compromis en 2025, en 2026,
04:06qui ont permis de doter la France d'un budget.
04:08Là, ça démarre mal.
04:08Moi, je crois que nous pouvons à nouveau réussir cela.
04:13A fortiori, dans le contexte que nous vivons,
04:15c'est-à-dire celui où les taux d'intérêt sont au plafond.
04:17David Amiel, vous voyez bien que ça part mal
04:19parce que les socialistes qui déposent déjà une motion de rejet,
04:21ça donne un peu l'ambiance.
04:23Mais nous allons avoir ensuite des semaines de travail.
04:26Moi, j'entends des demandes du Parti socialiste qui veulent parler de justice sociale,
04:30qui veulent parler de justice fiscale.
04:32Il faudra qu'on en parle.
04:34Que les plus fortunés fassent un effort.
04:36Quand le pays est dans une situation difficile,
04:38c'est évidemment de la décence ordinaire.
04:41Nous aurons l'occasion de débattre avec le Parti socialiste
04:43de la manière de le faire, du moment que c'est crédible économiquement.
04:46Il n'y aura jamais de tabou en la matière de notre part
04:49pour lutter contre l'optimisation fiscale,
04:51pour lutter contre certaines rentes.
04:53Ça, c'est un discours, je ne vais pas dire nouveau,
04:55mais plus affirmé que d'habitude.
04:57Parce que justement, la gauche défend une augmentation des impôts
04:59pour les plus riches.
05:00Et jusque maintenant, dans le budget,
05:02ce n'est pas tellement des mesures qui vont dans ce sens-là.
05:04Est-ce que vous êtes prêts à donner des gages,
05:06j'allais dire, à la gauche,
05:07sur les grands patrimoines, les grandes fortunes,
05:09par exemple, pour que la gauche vote le budget,
05:11ou s'abstienne ?
05:12Regardez d'ores et déjà ce qu'il y a dans la copie initiale.
05:16L'année dernière a été adoptée une augmentation
05:19de la fiscalité sur les revenus du capital.
05:21C'est évidemment poursuivi en 2027.
05:24On a une augmentation de la taxation
05:27des revenus du capital supplémentaires pour les plus riches,
05:30ce qu'on appelle la contribution différentielle sur les revenus.
05:32C'est évidemment poursuivi.
05:33On a dans le texte initial des mesures supplémentaires.
05:36Vous ne les avez pas évoquées là,
05:37mais on réforme des boîtes noires fiscales
05:39qui permettent à des plus fortunés
05:41de pouvoir échapper à l'impôt ordinaire.
05:43C'est proposé ou pas dans le texte initial ?
05:45C'est proposé.
05:45Nous allons évidemment pouvoir continuer
05:48à discuter avec le Parti socialiste
05:50de mesures supplémentaires.
05:52Moi, j'ai toujours tenu la même ligne.
05:53J'ai toujours tenu la même ligne.
05:57Le plus important,
05:58c'est de tenir l'objectif de déficit public.
06:00Mais on a compris, David Amiel,
06:02que vous faites un pas vers la gauche
06:03en disant qu'il n'y a pas de tabou vraiment.
06:05Nous pouvons discuter du comment,
06:07nous ne pouvons pas discuter du combien.
06:08L'objectif du déficit public,
06:10il doit être de 5,0% maximum.
06:13Mais il n'y a pas de tabou sur la taxation des plus riches.
06:15Mais il n'y a pas de tabou
06:17sur tout ce qui peut permettre
06:18de contenir le déficit public
06:19du moment que c'est crédible économiquement
06:21et du moment que ça ne crée pas
06:22une déstabilisation fiscale
06:24parce que le Premier ministre l'a rappelé,
06:26la stabilité fiscale,
06:27c'est ce que nous devons aux concitoyens
06:28et à nos entreprises.
06:29Les débats sur le budget
06:30pourraient durer très longtemps,
06:31éventuellement jusqu'en décembre.
06:32Ça a été le cas l'année dernière
06:33avant d'avoir un budget
06:34avec évidemment plein de péripéties.
06:35Mais vous voyez bien,
06:36et vous l'avez dit,
06:37que la France est sous surveillance
06:38des agences de dotation,
06:40des créanciers qui prêtent à la France,
06:43est-ce que vous préféreriez
06:44que ça aille plus vite,
06:45éventuellement à 49,3% tout de suite,
06:46comme ça c'est réglé
06:47et puis on a un budget tout de suite ?
06:49Moi ce que je veux,
06:50c'est qu'il y ait un budget
06:50qui soit adopté
06:51et un budget qui réduise
06:53le déficit public.
06:54Pour ça, il faut qu'il y ait
06:56un compromis à l'Assemblée nationale,
06:58au Sénat.
06:58Mais ça va demander du temps.
06:59Or, vous avez la pression des marchés,
07:01la pression des agences de notation.
07:02Oui, mais parce que ça demande du temps,
07:04parce qu'il faut pouvoir trouver
07:05ces accords.
07:07Évidemment qu'on serait
07:08les premiers heureux
07:09si cet accord se dessinait
07:10là tout de suite.
07:11Vous avez raison de le rappeler
07:12dans le début de votre interview.
07:13Ça va prendre du temps.
07:14C'est comme ça,
07:15la démocratie parlementaire.
07:17Donc les marchés financiers
07:18sont priés d'attente.
07:18Il faut pouvoir,
07:20surtout,
07:20ce qui est très important,
07:21c'est qu'on puisse tenir
07:23collectivement un accord
07:24qui tienne cet objectif
07:25qui n'est pas de 5,1,
07:26qui n'est pas de 5,2,
07:28qui est de 5,0%
07:29de déficit public maximal.
07:31C'est notre seule ligne rouge
07:32dans le budget.
07:33Pas de décimal de plus.
07:34Pour terminer,
07:35c'est la campagne très essentielle.
07:36Il y a toujours des gens
07:37qui ont des projets.
07:38Par exemple,
07:39vous avez vu,
07:39la semaine dernière,
07:40Marine Le Pen propose
07:40140 milliards d'économies
07:42sur 5 ans.
07:43Bruno Retailleau,
07:44qui fait partie
07:44de votre box centrale,
07:45on va dire ça pour faire simple,
07:46lui, il propose
07:47200 milliards et 400 000
07:48postes de fonctionnaires
07:49en moins.
07:49Est-ce que c'est crédible ?
07:50D'abord,
07:51Marine Le Pen,
07:52elle ne propose pas
07:53140 milliards d'économies.
07:55Elle affiche un chiffre
07:56dans une présentation
07:57PowerPoint.
07:58Mais quand on regarde
08:00ce qu'il y a derrière,
08:01il n'y a aucune économie
08:03qui tient.
08:03Sur les 78 milliards
08:04d'euros d'économies
08:05pour l'année prochaine
08:06que propose Marine Le Pen,
08:07il y en a près de 60
08:08qui ne fonctionnent pas.
08:10Mais vous savez,
08:11il y a beaucoup de plans
08:12qui proposent des centaines
08:13de milliards d'euros
08:13d'économies
08:14les prochaines années.
08:15Moi, ce qui m'importe,
08:16c'est qu'on trouve déjà
08:16les moyens
08:17de faire les 43 milliards
08:19d'euros d'économies nouvelles,
08:2054 milliards d'euros
08:21au total,
08:21dont on a besoin.
08:22Il y a des chances
08:22qu'on vous revoit
08:23dans les jours
08:24ou dans les semaines
08:24qui viennent.
08:25Merci David Amiel
08:26de nous avoir dit ce matin
08:27que la baisse
08:29des carburants
08:30ne rapportait pas autant
08:31dans les caisses de l'État.
08:32C'est même 353 millions
08:34de moins cette fois-ci.
08:35Merci à vous Maya.