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  • il y a 1 semaine
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Aujourd'hui, dans les "4V", Francis Letellier revient sur les questions de l'actualité avec Manuel Bompard, coordinateur de la France Insoumise et député des Bouches-du-Rhône.

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Transcription
00:00– Bonjour Maïa, bonjour à tous et bienvenue dans les 4 vérités.
00:06Les prix qui augmentent, c'est du carburant pour le débat sur le pouvoir d'achat
00:09et la gauche qui, pour la prochaine présidentielle, compte désormais un candidat de plus.
00:13Depuis hier soir, c'est le communiste Fabien Roussel.
00:15Mon invité aujourd'hui, Emmanuel Bompard, bonjour.
00:18– Bonjour.
00:18– Le ordinateur de la France insoumise et député des Bouches-du-Rhône.
00:20On va d'abord revenir sur la victoire de l'extrême droite de l'AFD hier en Sachs-Analt en
00:24Allemagne.
00:24C'est une première depuis la fin de la guerre et Jean-Luc Mélenchon a été le premier à réagir
00:27en y voyant une catastrophique démonstration de l'aveuglement des politiques centristes européennes.
00:32Est-ce qu'il faut y voir un avertissement aussi pour la France ?
00:34– Évidemment, d'abord c'est un signal d'alerte extrêmement grave.
00:38Je rappelle qu'on parle d'un parti qui est un parti ouvertement néo-nazi,
00:43nostalgique du nazisme et portant des propositions extrêmement graves,
00:47notamment cette idée de remigration, c'est-à-dire que des personnes qui auraient la nationalité allemande,
00:52on pourrait en quelque sorte leur enlever la nationalité pour les renvoyer dans des pays d'origine.
00:55– Alors, quels enseignements pour la France ?
00:57– Le premier des enseignements, c'est que quand la gauche et la droite gouvernent ensemble,
01:03comme ça a été le cas en Allemagne pendant des années et des années,
01:06– Et pour la France ?
01:07– Attendez, je vais vous répondre, vous allez voir.
01:10Ça produit évidemment une recherche d'alternatives.
01:13La chance que nous avons en France, c'est que nous avons une alternative
01:16à l'alternance de la droite et du parti socialiste,
01:19et cette alternative c'est celle que nous représentons avec la France insoumise
01:23– Ça veut dire que le macronisme aujourd'hui peut amener à l'élection de Marine Le Pen,
01:27ce que vous voulez dire ?
01:28– Ça veut dire que le macronisme et la succession des alternances
01:31entre une gauche qui fait la même politique que la droite
01:34et une droite qui fait la même politique que la gauche,
01:36ça produit une volonté dans la population de rechercher des alternatives.
01:39Et que quand il n'y a que l'extrême droite comme alternative,
01:42comme c'est le cas en Allemagne, évidemment ça facilite le travail de l'extrême droite.
01:44Mais en France, il n'y a pas que l'extrême droite.
01:46Et d'ailleurs, je pense que tous les gens qui nous écoutent doivent comprendre
01:49que Mme Le Pen était pendant dix ans dans le même groupe au Parlement européen
01:54que les membres de l'AFD, qu'il y a encore deux ans,
01:56qu'il y a encore deux ans, Mme Marion Maréchal-Le Pen,
01:59que Mme Le Pen veut manifestement réintroduire dans son dispositif de campagne,
02:03disait que le projet de remigration de l'AFD faisait partie de ces projets à elle aussi.
02:07Donc tout le monde est prévenu.
02:08– En tout cas, l'immigration est au cœur du débat dans la présidentielle aussi.
02:11La gauche n'est pas toujours à l'aise, voire en défensive sur ces sujets-là.
02:14– Quelle sera la part de l'immigration dans le programme de Jean-Luc Mélenchon ?
02:18– L'immigration fait partie des sujets, mais je crois que dans le contexte…
02:22– Vous reconnaissez que ça fait partie des sujets ?
02:23– Évidemment, ça fait toujours partie des sujets.
02:25Mais je crois qu'au moment où la pauvreté attend des records
02:28qu'on n'a pas vus depuis les années 70,
02:30après l'été cataclysmique qu'on vient de vivre par exemple,
02:33je pense que si le débat ne tourne que sur la question de l'immigration,
02:36on va passer à côté d'un certain nombre de grandes questions.
02:39Pour le reste, nous avons une position très claire sur ce sujet.
02:43nous voulons la régularisation des travailleuses et des travailleurs sans papier.
02:47Et je note que par exemple en Espagne,
02:49c'est des annonces qui ont été faites il y a quelques mois
02:51et qu'aujourd'hui la croissance en Espagne est trois fois plus importante
02:54que la croissance en France.
02:55– En revanche, vous parlez de la croissance, des salaires aussi,
02:57puisque Jean-Luc Mélenchon a mis la question des salaires
03:00dans le débat public depuis sa rentrée politique.
03:03Il appelle à augmenter les salaires.
03:05Mais ce que je voudrais que vous m'expliquiez aujourd'hui,
03:07c'est est-ce que c'est une augmentation au rythme de l'inflation
03:09pour couvrir l'inflation, ce qui fait que les Français, ce sera à somme nulle quasiment,
03:13ou est-ce que c'est plus que l'inflation ?
03:14– Non, il faut aller au-delà.
03:16– Plus que l'inflation ?
03:17– Sinon, comme vous l'avez dit vous-même…
03:18– Donc il faut augmenter les salaires de 3-4% ?
03:20– C'est une stagnation du pouvoir d'achat, oui, d'autant plus que…
03:22– De combien il faut les augmenter ?
03:23– Et ça, ce n'est pas à moi, Emmanuel Bompard, de décider
03:26qu'est-ce qu'on peut faire aujourd'hui.
03:28D'abord, on peut augmenter le SMIC,
03:29parce que ça, c'est une décision qui est une décision gouvernementale,
03:32d'augmenter le SMIC.
03:32– Mais augmenter le SMIC plus que le niveau de l'inflation ?
03:35– Évidemment.
03:36– Donc là, c'est combien, par exemple, le SMIC ?
03:37– Nous proposons le SMIC à 1 700 euros net,
03:40c'est la proposition que nous avons mise sur la table.
03:42Et puis ensuite, Jean-Luc Mélenchon l'a dit à Lille,
03:45on peut décider de convoquer une nouvelle session
03:47des négociations annuelles obligatoires,
03:49c'est-à-dire des réunions entre le patronat,
03:52les organisations syndicales, dans les entreprises,
03:55pour faire en sorte que les salaires augmentent
03:57et que ce ne soit pas seulement le SMIC qui augmente.
03:58– Dans les entreprises, mais est-ce que c'est possible
04:00dans toutes les entreprises ?
04:01Vous savez bien qu'il y a une différence entre les grosses entreprises
04:03et les petites et moyennes entreprises, par exemple, ou les artisans ?
04:06– Bien sûr qu'il y a une différence,
04:07mais bien sûr qu'il faut augmenter les salaires
04:09dans toutes les entreprises.
04:10– Pour tout le monde ?
04:11– Oui, mais ensuite…
04:11– Mais pour les petites entreprises ?
04:12– Justement.
04:13Ensuite, il faut se poser la question de savoir
04:14comment on aide les petites entreprises
04:16pour qu'elles puissent augmenter les salaires.
04:19Et là, nous avons un certain nombre de propositions
04:20à mettre sur la table.
04:22Rétablir des tarifs réglementés de l'électricité.
04:24Aujourd'hui, les petites entreprises souffrent beaucoup
04:25de l'augmentation du tarif de l'électricité.
04:28Mettre en place un crédit, un pôle public bancaire
04:30pour faciliter l'accès au crédit
04:32et rendre progressif l'impôt sur les sociétés.
04:35Ce n'est pas normal que les petites entreprises
04:37payent le même impôt sur les sociétés
04:38que les multinationales.
04:39Voilà quelques propositions qui aident les petites entreprises
04:41à augmenter les salaires.
04:42– Je le disais tout à l'heure,
04:43nouveau candidat à gauche pour la présidentielle,
04:45Fabien Roussel du Parti communiste,
04:46comme il y a exactement cinq ans.
04:48C'est un concurrent de plus à gauche.
04:49Est-ce que c'est une mauvaise nouvelle ?
04:51– C'est la décision du Parti communiste.
04:53Moi, vous savez, je m'adresse à l'ensemble
04:55des électrices et des électeurs
04:56et je leur dis aujourd'hui, à gauche,
04:58il y a une candidature qui est en mesure
05:00non seulement de se qualifier au second tour
05:02de l'élection présidentielle,
05:03mais ensuite de l'emporter,
05:04c'est la candidature de Jean-Luc Mélenchon.
05:05– Donc vous faites un appel aux électeurs communistes,
05:07ne votez pas Fabien Roussel ?
05:08– Non, moi je fais un appel à tous les électeurs.
05:10– Non, mais vous parlez là en l'occurrence.
05:11– Oui, mais attendez, vous inquiétez pas, M. Luté.
05:12– Je ne m'adresse pas.
05:13– Je m'adresse à tous les électeurs, évidemment.
05:15Quant aux électeurs communistes,
05:17je fais remarquer à tout le monde
05:19qu'à l'Assemblée nationale,
05:20les insoumis et les députés communistes
05:23votent à 90% les mêmes votes
05:28– Je pense que les électeurs se rendront compte
05:31qu'il y a une telle proximité dans les votes
05:33à l'Assemblée nationale
05:34qu'ils comprendront qu'à mon avis,
05:36la candidature de Jean-Luc Mélenchon
05:37porte l'essentiel des idées
05:39qui peuvent être les idées aujourd'hui
05:41de l'idéal communiste que Jean-Luc Mélenchon représente aussi.
05:44– Il n'y a pas de différence
05:44entre le programme communiste
05:46et le programme de la France insoumise par exemple ?
05:48– Vous trouverez toujours une ou deux différences,
05:50mais quand à 90% des fois
05:52on vote la même chose à l'Assemblée nationale,
05:54oui, je pense qu'on devrait être capable de faire ensemble.
05:56– Alors comment vous expliquez la candidature de Fabien Roussel ?
05:59– C'est à lui qu'il faut poser la question.
06:00– Non mais vous, vous avez un avis, j'imagine.
06:01– Monsieur Letellier, non mais moi je ne veux pas avoir
06:05quelques propos désobligeants que ce soit,
06:07moi vous savez, mon adversaire dans cette campagne
06:09c'est l'extrême droite et c'est la Macronie.
06:12Et il me semble que Jean-Luc Mélenchon
06:13est le seul aujourd'hui en mesure de se qualifier au second tour,
06:15je l'ai déjà dit, je le redis
06:16parce que ça me paraît important
06:17et que chacune et chacun retirera les conséquences dans son vote.
06:20– Souvenez-vous, il y a cinq ans,
06:22Jean-Luc Mélenchon avait reproché justement à Fabien Roussel
06:24de l'avoir empêché d'accéder au second tour.
06:26Est-ce que ce scénario pourrait se répéter ?
06:27– Je souhaite que ça ne se reproduise pas.
06:30– Évidemment, mais je pense que ce souvenir assez douloureux,
06:35vous avez raison, de 2022,
06:36je pense que de nombreux sympathisants communistes,
06:40adhérents communistes l'ont en tête
06:41et je pense que dans leur vote,
06:42ils en tireront les conclusions.
06:44– Marine Tondelier, pour les écologistes,
06:46elle a l'appel à l'Union de la Gauche pour 2027,
06:48une seule candidature éventuellement pour la présidentielle,
06:50elle n'a pas encore dit comment.
06:51Qu'est-ce que vous lui répondez ?
06:53– Mais moi, je lui réponds qu'il n'y aura pas
06:56une seule candidature pour l'élection présidentielle
06:58et le Parti Socialiste est en train d'organiser une primaire
07:01pour désigner son propre candidat.
07:03Et malheureusement, je ne sais pas,
07:05mais c'est factuel, il n'y aura pas qu'une seule candidature.
07:07Et je lui rappelle que pour gagner l'élection présidentielle,
07:10le problème, ce n'est pas le nombre de candidats,
07:11c'est le nombre d'électeurs.
07:13Et donc, si Marine Tondelier, là aussi, veut contribuer à faire en sorte
07:18que la victoire soit possible à gauche,
07:21elle décidera bien ce qu'elle veut,
07:22mais je pense qu'il y a autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon
07:25une candidature qui porte un programme écologiste.
07:27– Donc, elle devrait se retirer ?
07:28– Mais, pourquoi vous voulez…
07:30– Non, mais je vous pose la question.
07:32– Ce n'est pas moi qui décide à la place des autres.
07:34Moi, ce que je dis, et c'est vrai pour le Parti Communiste
07:36comme c'est vrai pour les écologistes,
07:38nous, au mois d'avril dernier, nous avons proposé une candidature commune.
07:42Pour l'instant, ils l'ont refusée, c'est leur choix,
07:44mais je crois que le programme que nous portons
07:46dans cette élection présidentielle,
07:48ça peut être le programme des militants communistes
07:50et des militants écologistes.
07:52– Dernière question, il y a une première socialiste,
07:53vous l'avez évoquée, selon le gagnant,
07:54est-ce que ça peut changer les choses ?
07:55Je m'explique.
07:56Si c'est Raphaël Guxman, c'est plus facile, j'allais dire,
07:58de taper sur lui que si c'est Olivier Faure ou Ségorène Royal, non ?
08:01– Vous voulez à tout prix que je tape sur les autres, M. Le Puy.
08:03– De faire la différence ?
08:04– Non, mais les gens feront très bien la différence.
08:05– C'est plus facile de faire la différence avec Raphaël Guxman
08:07qu'avec Ségorène Royal ou Olivier Faure, par exemple ?
08:09– Ça dépend des moments, j'ai l'impression.
08:11Olivier Faure, en fonction des années,
08:13des fois, il porte des propositions qui sont proches
08:16de celles de la France insoumise,
08:17et puis après, il refuse de censurer le gouvernement.
08:19On ne comprend pas bien pourquoi.
08:21Donc moi, je ne sais pas quel sera le résultat de cette primaire.
08:23Là aussi, ça ne me regarde pas,
08:24et en tout état de cause,
08:25ça ne nous empêchera pas de continuer cette campagne
08:27avec l'objectif de gagner pour transformer la société
08:30et pour répondre aux grandes crises
08:31auxquelles on est confrontés aujourd'hui.
08:33– Merci, Manuel Bonpard.
08:34– Vous avez accepté notre invitation dans les cas de vérité.
08:36Vous avez lancé aujourd'hui cet appel aux électeurs communistes
08:40pour Jean-Luc Mélenchon.
08:41Merci, à demain pour les cas de vérité.
08:43À vous, Maya.
08:43– Sous-titrage Société Radio-Canada
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