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  • il y a 2 mois
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Aujourd'hui, dans les "4V", Francis Letellier revient sur les questions de l'actualité avec Jean-François Copé, maire (LR) de Meaux et ancien président de l'UMP.

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Transcription
00:04Bonjour Maya, bonjour à tous. Patrick Bruel, accusé de violence sexuelle par une trentaine de femmes et mis en examen
00:10pour viol, annule sa tournée, on en parle beaucoup.
00:13C'est un événement politique aussi. Bienvenue dans les cas de vérité et bienvenue à vous, mon invité, Jean-François
00:18Copé, maire Les Républicains de Meaux et ancien président de l'UMP.
00:22Patrick Bruel annule sa tournée. Beaucoup de maires avaient dit qu'il n'est pas question qu'ils viennent se
00:27produire dans notre ville.
00:28Est-ce que vous comprenez ces maires qui avaient fait pression, on peut le dire, sur l'artiste ?
00:32Moi, je respecte toutes les décisions des maires, oui, bien sûr.
00:35Pas une décision, c'est une prise de position.
00:36Ou les positions. En tout cas, si la question est est-ce que ça aurait été la mienne, non.
00:40C'est-à-dire ?
00:41Non, parce que moi, je suis très attaché à l'état de droit.
00:44Et dans l'état de droit, il y a le fait que, surtout dans cette période où tout le monde
00:47s'érige en procureur,
00:49il y a quelque chose qui s'appelle la présomption d'innocence, c'est le travail de la justice.
00:53Et tant qu'une personne n'est pas condamnée, elle est réputée innocente.
00:57Donc, on n'est pas tous là à se mettre à la place des juges d'instruction ou des procureurs.
01:02On les laisse travailler dans la sérénité.
01:04En d'autres termes, si Patrick Bruel avait dû se produire à mot dans votre ville,
01:08vous n'auriez pas rejoint les maires qui auraient dit, il ne faut pas qu'il vienne dans ma ville
01:12?
01:12Absolument pas.
01:13Parce que vous estimez que...
01:15Pour la raison que je viens de vous dire.
01:16Oui, mais vous pensez même que ça va plus loin, c'est presque une dérive politique de la part de
01:19ces maires ?
01:19Non, ça a toujours existé.
01:21Il y a toujours des gens qui, dès qu'un soupçon existe,
01:24viennent prendre des positions avant même de connaître le dossier.
01:26Moi, je suis avocat, je sais qu'un dossier, c'est complexe, ça se regarde dans le détail,
01:30et c'est le travail des magistrats.
01:32Et tant que ceux-ci ne se sont pas définitivement prononcés au nom de la loi
01:35et dans le cadre de la République, on est présumé innocent.
01:38Vous connaissez bien Patrick Bruel, ça ne vous aimez, on peut dire ?
01:41Non, non, ce n'est pas un de mes amis, je le connais.
01:43Vous le connaissez ?
01:44Ce n'est pas un ami au sens de Montaigne et la Boétie.
01:47D'accord, d'accord.
01:47Est-ce que vous avez été surpris des révélations autour de Patrick Bruel ?
01:51Écoutez, ni surpris, ni pas surpris, je n'en sais rien.
01:53Vous attendez qu'en casse-t-il ?
01:54Oui, ça relève de sa vie personnelle.
01:56S'il y a eu des choses qui sont contraires à la loi, c'est au juge d'en décider.
01:59S'il doit être condamné, il le sera.
02:01Les jours passent, c'est toujours la même cacophonie à droite.
02:04Au début de l'été, vous aviez dit, quand va arriver l'automne,
02:07l'un des trois moins bien placés pour se présenter à la présidentielle,
02:11les deux, devront se retirer.
02:14Alors, on va les prendre, Édouard Philippe, Gabriel Attal, Bruno Rotaillot.
02:17À l'heure qu'il est, quels sont les deux moins bien placés qui devraient se retirer ?
02:20Non, d'abord, les deux moins bien placés aujourd'hui,
02:23ou plus exactement celui qui est le mieux placé, ça reste Édouard Philippe aujourd'hui.
02:26C'est-à-dire ce que j'avais dit avant l'été.
02:27Moi, j'ai un combat aujourd'hui, Francis Letté, très simple.
02:30Et je crois qu'il est partagé non seulement par de très nombreux responsables politiques de droite,
02:34mais par des millions de Français de droite.
02:36C'est qu'il n'y ait qu'un seul candidat.
02:37Et pour vous, c'est Édouard Philippe ?
02:39J'en sais rien, mais aujourd'hui...
02:40Vous avez dit que le mieux placé, c'est Édouard Philippe.
02:42Non, mais encore une fois, si la question est ce que je dois me prononcer,
02:47je ne le ferai pas aujourd'hui.
02:48Donc, ne perdons pas de temps là-dessus, on n'a déjà pas beaucoup de temps.
02:51Mon sujet aujourd'hui, il est d'œuvrer, avec tous mes amis,
02:55pour convaincre ceux qui, grosso modo à la fin de l'année,
02:59seront, donc on sera dans l'automne, les deux moins bien placés,
03:02acceptent de se retirer dans l'intérêt de la France.
03:05Parce que, sinon, ça veut dire la confrontation au deuxième tour
03:09entre les deux extrémistes, de gauche, extrême-gauche et extrême-droite,
03:12et c'est la catastrophe absolue.
03:14Édouard Philippe veut créer une confédération de partis
03:16pour rassembler la droite et le centre.
03:18Il dit, mais je ne veux pas recréer l'UMP.
03:20J'ai rappelé que vous aviez été président de l'UMP.
03:22Il devrait plutôt s'en inspirer, au contraire ?
03:24Écoutez, on est au début de l'histoire.
03:26Il y a un objectif qu'il a évoqué, et que je partage à 1000%,
03:30c'est qu'il ne faut pas qu'une élection à la présidence de la République,
03:33il faut une majorité absolue à l'Assemblée.
03:35Sinon, le pays continuera d'être bloqué.
03:37On le paye très cher, avec la folie de cette dissolution par Emmanuel Macron.
03:41Mais ce rassemblement, c'est une bonne idée.
03:42Donc, il faut qu'il en parle dès maintenant.
03:43Si on veut y arriver, vu le poids des extrêmes RN et LFI,
03:48à cause de cette folie, autre folie d'avoir gouverné au centre pendant 10 ans,
03:52il faut absolument recréer un clivage droite-gauche,
03:55dire aux Français que, dans ce contexte-là,
03:57nous avons besoin d'une majorité absolue.
03:59Si on veut y arriver, il ne faut pas qu'il y ait 36 candidats de droite
04:01aux législatives, comme aux présidentielles.
04:03Donc, on est obligé, dès maintenant, et il a eu raison de le faire,
04:06d'anticiper, et il est dans une posture de présidentiable,
04:10d'anticiper, il faut donc une majorité absolue.
04:12Donc, il faut des candidats uniques.
04:13Si on veut des candidats uniques dans chaque circonscription,
04:15mieux vaut quand même une grande formation politique.
04:18Alors, que ce soit une confédération ou un grand parti,
04:21moi, personnellement, je pense que si on recrée un jour
04:23un grand parti de droite et de centre-droit...
04:26– Qui pourrait s'appeler l'INP ?
04:27– Ce n'est pas très grave, le nom peut trouver autre chose.
04:29Mais en tout cas, ça permet de créer une clarté,
04:32une cohérence, dans lequel il y aurait des différences de sensibilité.
04:35– Donc, la démarche d'Édouard Philippe est bonne de ce point de vue ?
04:37– Elle est totalement...
04:38Moi, je la défends pour le coup totalement,
04:40mais je vais même plus loin.
04:42J'observe que les trois candidats,
04:44que ce soit Bruno Retailleau, Édouard Philippe ou Gabriel Attal,
04:48ils ont des programmes qui sont de plus en plus proches
04:50et qui sont vraiment des programmes de droite.
04:52Je note qu'ils sont d'accord sur la baisse des dépenses publiques,
04:55le fait de ne pas augmenter les impôts,
04:57de faire la réforme des retraites,
04:59d'être très ferme sur le rétablissement de l'ordre
05:01dans la rue, à l'école, aux frontières.
05:04Ça commence à faire mal, hein ?
05:05– Attention, il y a quand même une différence sur l'immigration, par exemple,
05:08parce qu'il y a la ligne dure et la ligne plus ouverte, j'allais dire.
05:10Par exemple, Bruno Retailleau dit qu'il faut stopper l'immigration.
05:13Édouard Philippe dit qu'on a besoin de l'immigration de travail,
05:16hors de question de faire l'immigration zéro.
05:18Il y a deux camps, les pragmatiques et réalistes ?
05:20– Oui, je crois qu'en réalité, tout le monde se retrouve assez vite,
05:23parce qu'il y a les annonces, mais enfin, évidemment,
05:25qu'il y a un certain nombre de métiers en tension,
05:28dans lesquels, comme tous les autres pays du monde,
05:30on peut avoir besoin de faire venir des immigrés.
05:33– Mais Bruno Retailleau, il ne le reconnaît pas, ça.
05:35– Écoutez, je ne sais pas, j'en ai pas reparlé avec lui.
05:36– Il ne le dit pas comme ça.
05:37– Oui, OK, écoutez, moi, je ne sais pas, je suis président de l'hôpital
05:40à Meaux-Josigny-Coulomier, c'est un énorme hôpital.
05:43Nous avons des médecins, des personnels soignants
05:46qui sont de nationalité étrangère,
05:48et comme on a une pénurie, on est content de les avoir,
05:51donc il ne faut pas être excessif.
05:53En revanche, là où et Bruno Retailleau,
05:55et Édouard Philippe, et Gabriel Attal ont raison,
05:57ils le disent tous les trois,
05:58c'est qu'on va stopper ces flux complètement incontrôlés.
06:02On a d'ailleurs commencé de le faire,
06:03mais il faut aller beaucoup plus loin, c'est évident.
06:05– Un autre sujet dans le débat, c'est la polémique
06:07et le débat relancé par le Rassemblement national
06:09sur l'interdiction du voile islamiste dans l'espace public.
06:15Là-dessus, quelle doit être la position de la droite ?
06:17– Comme vous le savez, je suis celui qui a fait
06:19la loi d'interdiction de la burqa en France.
06:21– Justement.
06:22– Bon, donc on ne peut pas me soupçonner
06:23d'être particulièrement mou sur ces questions.
06:26Au contraire, je combats l'intégrisme religieux,
06:30et notamment islamiste,
06:32je suis très attaché à la laïcité,
06:34et le même qui vous dit tout cela,
06:37vous dit de la même manière,
06:38c'est trop tard, donc on va l'assumer,
06:40de dire on va interdire le voile dans l'espace public.
06:43On l'a à l'école,
06:44les signes religieux à l'école, ça,
06:45on maintient bien sûr,
06:46mais dans l'espace public,
06:47il aurait fallu peut-être le décider,
06:49et encore il y a 25 ans ou 30 ans,
06:51mais aujourd'hui, ça n'est pas réaliste.
06:54Bon, et je note que le RN,
06:56qui n'en est plus à une contradiction près,
06:59est empêtré dans des contradictions gigantesques,
07:02parce qu'au fond d'eux,
07:04les gens du RN,
07:05ils savent très bien que c'est impraticable,
07:08donc on ne va pas envoyer les carabiniers
07:09pour arracher les voiles,
07:10enfin il y a un moment,
07:11c'est absurde, voilà.
07:12Et donc, en réalité,
07:13et en plus c'est contraire à la Constitution,
07:15puisque ça veut dire une mesure sur les uns
07:17et pas sur les autres.
07:18Donc tout ça ne tient pas la route.
07:19– Une dernière question.
07:19– Je suis content de voir que les trois candidats de droite
07:21rejoignent cette position,
07:23parce qu'au début, ça grinçait les dents.
07:25– Une dernière question sur les retraites.
07:26Dans le cadre des économies,
07:27Sébastien Lecornu étudie la possibilité
07:29de ne pas réindexer les retraites les plus élevées.
07:32Est-ce que vous le soutenez là-dessus, en deux mots ?
07:34– Oui, je pense qu'il va falloir de toute façon
07:35qu'on prenne un certain nombre de décisions.
07:37– Notamment sur les retraites les plus élevées ?
07:39– Voilà, il n'y a pas que cela,
07:39il y a beaucoup d'autres sujets.
07:41Je note là encore
07:41qu'entre les partis de gouvernement de droite
07:44qui sont responsables
07:45et les extrémistes RN et LFI
07:47qui racontent n'importe quoi,
07:49cette campagne électorale,
07:50elle va être passionnante
07:51et elle va nous amener à dire aux Français
07:52écoutez bien tout le monde
07:54et ensuite, c'est vous qui verrez.
07:56– Merci Jean-François Coppé
07:57d'avoir été l'invité des 4 vérités
07:59où vous en avez dit ce matin
08:00votre différence avec d'autres maires
08:02qui demandaient l'annulation
08:03des concerts de Patrick Bruel.
08:05Merci.
08:05– Au nom de l'État de droit
08:06et de la présomption d'il est temps.
08:07– Merci Maya, à vous.
08:09– Merci.

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