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  • il y a 16 minutes
Mardi 13 octobre 2026, retrouvez Alexandre ATTAL (Directeur de la Gestion Multi-actifs, France, RUSSELL INVESTMENTS) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Pauline Gratelle.

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Transcription
00:00Générique
00:06...
00:08Bienvenue dans Smart Bourse, votre émission quotidienne consacrée à l'écoute des marchés.
00:12Chaque jour, vous nous suivez en direct à la télévision à 12h30 et à 17h30.
00:16Vous nous retrouvez en rattrapage, en replay sur notre site bismart.fr
00:21et vous pouvez également nous écouter en podcast sur l'ensemble de vos plateformes d'écoute.
00:25préférée au sommaire de cette édition ce midi, l'escalade se poursuit au Moyen-Orient.
00:31L'Arabie Saoudite a intercepté de nouveaux missiles balistiques lancés par les Houthis du Yémen
00:37en direction de Riyad notamment.
00:39Ces frappes répétées qui ont paralysé l'aéroport international de la capitale saoudienne
00:44dresse un bilan lourd, au moins 18 morts et plus de 300 blessés.
00:49Il s'agit des attaques les plus meurtrières enregistrées dans la région
00:52depuis le début de la guerre en Iran.
00:56En février, face à cette situation, les États-Unis soutiennent Riyad en renseignement et en ravitaillement
01:03tandis que Donald Trump affirme envisager une intervention directe contre la milice pro-iranienne.
01:10Malgré ces tensions géopolitiques et cette instabilité dans la région,
01:13les prix du pétrole évoluent en repli à la mi-journée.
01:17Le baril de Brent cède un petit peu moins de 2% mais reste autour de 105 dollars
01:22tandis que le WTI américain évolue autour de 90 dollars, légèrement supérieur à 90 dollars.
01:29Au moment où on parle dans ce contexte, on continue évidemment à regarder le marché obligataire mondial,
01:35en particulier le marché obligataire français.
01:38On va y revenir un mot du monde avant de parler plus en détail de la situation française.
01:46Le rendement américain à 10 ans se détend aujourd'hui de plus de 5 points de base
01:50et repasse autour de 5,20%.
01:53Le rendement américain à 30 ans évolue de son côté autour de 5,55%.
01:58Il cède également environ 5 points de base.
02:02Un mot sur le Japon aussi où le rendement à 10 ans avait atteint un plus haut historique.
02:07La semaine dernière à 3,12%.
02:09On en avait parlé sur ce plateau.
02:12Il cède du terrain et évolue aujourd'hui autour de 3%.
02:15Maintenant un mot de l'Europe.
02:17Le rendement allemand à 10 ans se détend également autour de 3,40%.
02:21Et le rendement français de même échéant cède une dizaine de points de base autour de 4,80%.
02:28Le spread franco-allemand se traite toujours autour des 140 points de base
02:32et ce depuis quelques jours maintenant après que ce spread est touché,
02:37est quasiment touché les 160 points de base la semaine dernière.
02:40En effet c'est le risque politique qui continue de peser sur la France
02:44entre le budget, le déficit, la dette, l'élection présidentielle
02:48et bien sûr l'élection législative du mois de juin.
02:51On peut attendre que cette situation reste tendue pour encore quelques temps.
02:56Et puis c'est le top départ de la saison des résultats.
03:00On attend aujourd'hui les publications des banques américaines
03:02avec JP Morgan ou Goldman Sachs, Wells Fargo Citigroup
03:07aujourd'hui avant l'ouverture des marchés américains.
03:11Demain ce sera au tour de Bank of America, Morgan Stanley ou encore BlackRock de publier.
03:16Hier en France on a regardé les comptes de LVMH qui fait état dans un chiffre d'affaires
03:20inférieur aux attentes au troisième trimestre et le VMH qui cède 2% ce matin
03:26après avoir perdu plus de la moitié de sa valorisation depuis 2023.
03:31Alors que ASML et TSMC s'apprêtent également à publier leurs comptes cette semaine,
03:36la chute des fabricants de puces s'accentue aujourd'hui sur les marchés
03:41à l'image de Samsung et SKNX qui ont fait plier le COSPI sud-coréen.
03:46Un COSPI qui a clôturé en repli de plus de 5% face à la crainte d'une concurrence chinoise
03:54de plus en plus agressive.
03:55Les investisseurs vendent leurs actions.
03:57Conséquence, l'indice SOX des semi-conducteurs a décroché hier
04:01à son plus bas niveau depuis trois semaines.
04:13Un invité avec nous tous les midis pour décrypter les enjeux à la mi-journée,
04:17les tendances de cette semaine et aujourd'hui avec nous Alexandre Attal.
04:20Bonjour.
04:21Bonjour Pauline.
04:22Vous êtes directeur de la gestion multi-actifs chez Russell Investments France.
04:25Alexandre, les tensions sont toujours présentes au Moyen-Orient.
04:30Je rappelais en intro, les prix du pétrole restent élevés,
04:33au-delà évidemment du seuil de 100 dollars depuis plusieurs semaines maintenant.
04:37Est-ce que ce choc énergétique pourrait-il selon vous raviver l'inflation
04:42et retarder la baisse des taux d'intérêt, Alexandre ?
04:44C'est déjà le cas.
04:45Oui, on a une inflation qui est repartie à la hausse depuis plusieurs mois.
04:50Et finalement, la dynamique baissière qu'on a pouvant anticiper en début d'année
04:52a été un petit peu perturbée dans sa trajectoire.
04:55On a la Fed qui a dû ajuster sa politique monétaire, la BCE aussi,
04:58et les principales banques centrales ont finalement pris en compte
05:01une dynamique inflationniste qui est différente,
05:03avec un choc énergétique en termes de prix de l'énergie qui vient perturber.
05:09Vous le mentionnez, on a le baril du pétrole qui est sur ses plus hauts niveaux.
05:13On n'est pas sur les niveaux des tensions qu'on a pu connaître au mois d'avril.
05:17On avait été chercher les 115-120 dollars à un moment donné.
05:19On voit qu'on se stabilise autour de ce range,
05:23cette fourchette 90-100 en fonction, soit si on regarde le Brent ou le WTI.
05:28Mais finalement, on est plutôt sur un niveau élevé,
05:30bien plus élevé que celui qui était pré-guerre en Iran.
05:33Donc ça perturbe les banques centrales, ça perturbe leur politique monétaire,
05:37ça perturbe la dynamique des investisseurs aussi en termes de taux d'intérêt.
05:41On va sûrement y reparler.
05:42C'est vrai qu'on a l'habitude à ce que les banques centrales façonnent un petit peu
05:46la dynamique des marchés, un peu comme s'ils avaient de l'argile entre les mains.
05:51Mais on voit que, face à un choc énergétique,
05:53elles sont un petit peu plus contraintes à tenir compte de ces éléments-là.
05:57Alors c'est vrai que la Fed a dû ajuster son programme de baisse,
06:01malgré l'élection d'un nouveau président,
06:03malgré le fait que Donald Trump accentue sa pression,
06:06ou ce n'est pas forcément dans son agenda politique d'avoir des taux qui augmentent,
06:12notamment à l'approche des mid-terms au mois de novembre.
06:15Tout ça, mis bout à bout, fait qu'effectivement,
06:17les banques centrales doivent s'ajuster, prendre compte.
06:20Selon nous, on n'est pas forcément sur un cycle haussier de taux des banques centrales
06:25qui va perdurer de manière longue dans les mois à venir.
06:30On est plus dans une logique où il y a un ajustement à faire,
06:33parce qu'il y a potentiellement un risque inflationniste à ne pas laisser déraper.
06:39Mais finalement, on n'est pas non plus dans un risque de récession forte
06:42lié à ces hautes hautes taux.
06:44Et c'est dans notre agenda d'allocation, dans notre politique de gestion,
06:50finalement, aujourd'hui, on intègre la prime de risque d'inflation, forcément.
06:53Ça fait partie des enjeux d'allocation d'actifs.
06:57Mais ça ne modifie pas notre positionnement plutôt constructif à moyen terme,
07:01en termes d'allocation globale sur les différents classes d'actifs,
07:04notamment avec des actions en portefeuille, au sein de portefeuilles multi-actifs.
07:07Oui. On va revenir, justement, sur ces anticipations d'inflation,
07:12parce que l'inflation américaine est attendue cette semaine, Alexandre.
07:15En attendant, vous le rappeliez, les dynamiques d'investissement changent.
07:19Et justement, parlons de ce marché obligataire.
07:22Alors, deux questions.
07:24Peut-être d'abord sur la France, avec sa situation bien à elle.
07:28La hausse des rendements reflète-t-elle, selon vous, des inquiétudes durables des investisseurs
07:35concernant, justement, ces finances publiques françaises,
07:37à l'heure où, justement, le budget est en train d'être examiné ?
07:40C'est vrai que, finalement, l'agenda politique français est venu un petit peu perturber
07:44le contexte obligataire mondial dans le sillage de ce qu'on disait tout à l'heure,
07:49avec des prix du pétrole qui augmentent et qui sont élevés.
07:53Même si, depuis deux jours, on le voit, il y a beaucoup de forces compensatrices.
07:59C'est le feu en Ukraine, sur la partie énergétique, avec la Russie,
08:02ça fait baisser un petit peu les prix, mais il y a des tensions toujours à Armouz.
08:05Les banques centrales sont piégées et l'inflation est là.
08:08C'est vrai que ça a généré une hausse des taux globale.
08:10Et la France est venue un petit peu, dans cet agenda-là, le mauvais élève,
08:14le talon d'Achille, peut-être, de l'Europe, sur cette séquence de hausse des taux.
08:21Avec, oui, j'ai envie de dire, plein de petits éléments qui, mis bout à bout,
08:26viennent perturber et générer un peu d'inquiétude aux investisseurs.
08:29Le budget qui va démarrer, on sait qu'on est sur un budget de fin de mandat,
08:33donc potentiellement un peu plus de position politique de la part des différents groupes
08:38à l'Assemblée nationale, parce qu'ils savent qu'ils ont une carte à faire valoir
08:41pour l'élection qui se situe trois, quatre mois après.
08:44Même s'il n'y a pas formellement d'élection législative anticipée au mois de juin,
08:48pour l'instant, parce qu'avec la dissolution en 2024, elles sont reportées,
08:51on s'attend à ce que le futur président mène une dissolution pour retrouver une majorité,
08:56une capacité d'adaptation et de dérouler sa politique sur laquelle il aura été élu.
09:01Et donc, on a toute cette séquence politique qui est, pour l'instant, dans le flou,
09:05avec des sondages qui, effectivement, peuvent générer des inquiétudes pour les investisseurs
09:11en termes de candidats potentiellement éligibles et présents au second tour.
09:16Donc oui, la France vient, entre guillemets, se greffer sur un contexte mondial
09:21qui n'est pas forcément aussi le plus simple.
09:23Et donc, ça rajoute du risque au risque ou du stress au stress.
09:26Et c'est vrai qu'on voit cet écartement des spread qui est assez violent sur les marchés obligataires,
09:32notamment pour la France.
09:32Alors, c'est vrai qu'il y a un risque conjoncturel, ou en tout cas,
09:37peut-être une volonté de certains investisseurs de chercher à perturber la séquence à venir.
09:44On n'est pas pour autant sur une inquiétude totalement démesurée ou totalement folle sur la France.
09:50On sait qu'il y a quand même des forces de rappel.
09:54La France est une grande économie de l'Europe, la deuxième.
09:57La BCE qui est vigilante.
09:59On l'avait vu à l'époque, la BCE qui était très vigilante pour des pays,
10:02on va dire plus périphériques.
10:04Comme l'Italie, par exemple.
10:05Comme avait pu l'être Mario Draghi pour l'Italie, ou pour la Grèce, ou pour le Portugal, ou pour
10:10l'Espagne.
10:11Donc, on imagine bien que la France, compte tenu de son poids, de son ampleur,
10:16et de son importance dans le rôle de l'économie européenne et de l'économie mondiale,
10:20la BCE est aux aguets.
10:22Donc, oui, ça génère un petit peu de volatilité sur le marché de la dette obligataire.
10:26Le 10 ans français qui a été chercher les 4,90 il y a quelques jours.
10:30Même encore hier.
10:31Voilà.
10:32Là, même si aujourd'hui, ça se détend un petit peu, on reste quand même à 4,80,
10:36des niveaux très, très hauts par rapport à ce qu'on avait pu connaître il y a quelques mois.
10:40Donc, oui, on va avoir cette volatilité qui va peut-être évoluer ponctuellement
10:44en fonction du budget, en fonction des élections, en fonction de l'endettement
10:50et de cette capacité et de l'inflation aussi.
10:53Parce que finalement, l'inflation globale interagit avec l'inflation plutôt locale.
10:59Mais on est conscient aussi qu'il y a des forces de rappel et des garde-fous,
11:04notamment la BCE.
11:05Donc, c'est dans ce cadre-là que finalement, au sein de nos portes obligataires,
11:08on essaye plutôt d'ajuster et d'avoir une approche plus globale que domestique.
11:12C'est aussi pour ça que nos clients viennent nous chercher,
11:14d'avoir cette vision plus internationale, une vision purement locale.
11:19Et puis, c'est le meilleur moyen en termes de diversification
11:21de diminuer le risque idiosyncratique qu'on peut avoir sur un pays,
11:24sur un titre ou sur une obligation.
11:26– Justement, reparlons de l'inflation.
11:29On disait tout à l'heure que l'inflation, le CPI américain est attendu.
11:33Cette semaine, à 3,6%, en progression évidemment de 3,6%
11:38et en version cœur, en hausse de 2,5%.
11:42À quoi peut-on s'attendre justement sur cette inflation américaine, Alexandre ?
11:48Et quels autres grands catalyseurs de marché surveillez-vous pour cette semaine ?
11:54– Bon, sur l'inflation, effectivement, demain, un chiffre attendu en hausse,
11:59en hausse continue par rapport aux chiffres du mois précédent.
12:03Donc oui, on a toujours cette dynamique qui n'est pas forcément celle
12:06que les investisseurs auraient voulu avoir
12:08et qui vient perturber un peu le calendrier de la fête tel qu'on l'a évoqué
12:12parce que toutes les tensions inflationnistes ou les tensions géopolitiques
12:15pour l'instant ne sont pas résorbées.
12:16On parle même parfois, à certains moments, d'une reprise de la guerre
12:20avant ou après les mid-terms.
12:23Donc potentiellement de rajouter une prolongation de niveau plus élevé
12:27des prix de l'énergie, notamment du pétrole.
12:31Et puis on va rentrer dans la séquence hivernale,
12:33sur la demande du gaz aussi.
12:35On va avoir une tension qui reste totalement, plutôt élevée.
12:38Donc une inflation qui est pour l'instant,
12:41on ne voit pas une inflexion à venir,
12:43mais on ne s'attend pas non plus à ce qu'on retrouve une inflation galopante
12:45telle qu'on avait pu l'avoir en 2022.
12:47La configuration de marché n'est pas la même.
12:49On est potentiellement davantage par une inflation par les coûts
12:52qu'une inflation par la demande telle qu'on était post-Covid.
12:56Et on sait qu'à un moment donné, une inflation par les coûts
12:58pèse sur le pouvoir d'achat, pèse sur cette capacité aussi
13:01des marges des entreprises à pouvoir faire répercuter
13:04cette hausse des coûts aux consommateurs.
13:06Donc il y a une sorte de niveau plafond,
13:08au niveau d'inflexion qu'on va surveiller.
13:11Et justement, on va le surveiller à la lecture des résultats des entreprises.
13:14Qui ont commencé dès vendredi dernier avec Delta.
13:18Il nous reste vraiment 10 secondes pour parler très rapidement
13:20des résultats, Alexandre.
13:22Des résultats finalement qui, pour l'instant,
13:23sont tenus en très très forte hausse.
13:25Toujours un très très bon trimestre.
13:26Près de 30% de croissance attendue aux Etats-Unis,
13:2920% en Europe, donc des chiffres fous.
13:32Avec une vigilance d'investisseurs sur l'IA.
13:34On l'a vu ce matin, dès qu'il y a un petit peu
13:36finalement de concurrence sur l'IA ou la technologie
13:40qui apparaît avec la Chine, telle qu'on l'a vu ce matin,
13:42tout de suite le marché réagit et s'ajuste.
13:44Donc les investisseurs vont regarder à la fois la rentabilité,
13:47cette capacité à générer du cash avec les investissements
13:51et surtout se projeter sur la dynamique,
13:55sur cette fin d'année.
13:56Donc oui, résultat, des beaux chiffres attendus,
13:59beaucoup de sélectivité, de discrimination.
14:00Et pour le moment, on ne change pas notre ajustement
14:05ou notre allocation d'actifs, voire même,
14:06et on l'a fait tout récemment, entre hier et aujourd'hui,
14:10on rajoute un petit peu de duration, de stratégie obligataire
14:15dans nos portefeuilles parce que les rendements sont très attractifs
14:17en termes de yield.
14:18Donc c'est aussi des points d'entrée intéressants
14:19en termes d'allocation d'actifs.
14:21Merci beaucoup Alexandre Attal.
14:22Vous êtes directeur de la gestion multi-actifs
14:24chez Russell Investments France.
14:26Merci d'avoir été avec nous ce midi.
14:28Merci à vous de nous avoir suivis.
14:30On se retrouve ce soir à 17h30 sur Bsmart.

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