- il y a 5 minutes
Les banques américaines sont attendues tout au long de la semaine pour lancer cette saison. En France, LVMH fait état d’un chiffre d’affaires inférieur aux attentes au troisième trimestre. Alors qu’ASML et TSMC s’apprêtent à publier cette semaine, la chute des fabricants de puce s’accentue sur les marchés, à l’image de Samsung et SK Hynix qui ont fait plier le Kospi.
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:10Un invité avec nous tous les midis pour décrypter les enjeux à la mi-journée, les tendances de cette semaine
00:15et aujourd'hui avec nous Alexandre Attal.
00:17Bonjour. Bonjour Pauline. Vous êtes directeur de la gestion multi-actifs chez Russell Investments France.
00:22Alexandre, les tensions sont toujours présentes au Moyen-Orient, je le rappelais en intro, les prix du pétrole restent élevés
00:30au-delà évidemment du seuil de 100 dollars depuis plusieurs semaines maintenant.
00:33Est-ce que ce choc énergétique pourrait-il selon vous raviver l'inflation et retarder la baisse des taux d
00:40'intérêt Alexandre ?
00:41C'est déjà le cas. Oui, on a une inflation qui est repartie à la hausse depuis plusieurs mois et
00:46finalement la dynamique baissière qu'on a pu anticiper en début d'année a été un petit peu perturbée dans
00:50sa trajectoire.
00:51On a la Fed qui a dû ajuster sa politique monétaire, la BCE aussi et les principales banques centrales ont
00:56finalement pris en compte une dynamique inflationniste qui est différente avec un choc énergétique en termes de prix de l
01:03'énergie qui vient perturber.
01:05Vous le mentionnez, on a le baril du pétrole qui est sur ses plus hauts niveaux.
01:10On n'est pas sur les niveaux des tensions qu'on a pu connaître au mois d'avril, on avait
01:13été chercher les 115-120 dollars à un moment donné.
01:15On voit qu'on se stabilise autour de ce range, cette fourchette 90-100 en fonction soit si on regarde
01:22le Brent ou le WTI, mais finalement on est plutôt sur un niveau élevé, bien plus élevé que celui qui
01:27était pré-guerre en Iran.
01:29Donc ça perturbe les banques centrales, ça perturbe leur politique monétaire, ça perturbe la dynamique des investisseurs aussi en termes
01:36de taux d'intérêt, on va sûrement y reparler.
01:38C'est vrai qu'on a l'habitude à ce que les banques centrales façonnent un petit peu la dynamique
01:43des marchés, un peu comme s'ils avaient de l'argile entre les mains,
01:47mais on voit que face à un choc énergétique, elles sont un petit peu plus contraintes à tenir compte de
01:53ces éléments-là.
01:53Alors c'est vrai que la Fed a dû ajuster son programme de baisse, malgré l'élection d'un nouveau
01:59président, malgré le fait que Donald Trump accentue sa pression,
02:02où ce n'est pas forcément dans son agenda politique d'avoir des taux qui augmentent, notamment à l'approche
02:09des mid-terms au mois de novembre.
02:11Tout ça, mis bout à bout, fait qu'effectivement les banques centrales doivent s'ajuster, prendre compte.
02:16Selon nous, on n'est pas forcément sur un cycle haussier de taux des banques centrales qui va perdurer de
02:23manière longue dans les mois à venir.
02:26On est plus dans une logique où il y a un ajustement à faire, parce qu'il y a potentiellement
02:31un risque inflationniste à ne pas laisser déraper.
02:35Mais finalement, on n'est pas non plus dans un risque de récession forte lié à cette hausse des taux.
02:41Et c'est dans notre agenda d'allocation, dans notre politique de gestion.
02:47Finalement, aujourd'hui, on intègre la prime de risque d'inflation, forcément.
02:49Ça fait partie des enjeux d'allocation d'actifs, mais ça ne modifie pas notre positionnement plutôt constructif à moyen
02:57terme,
02:57en termes d'allocation globale sur les différents taux d'actifs, notamment avec des actions en portefeuille au sein de
03:02portefeuilles multi-actifs.
03:03Oui. On va revenir justement sur ces anticipations d'inflation, parce que l'inflation américaine est attendue cette semaine, Alexandre.
03:11En attendant, vous le rappeliez, les dynamiques d'investissement changent.
03:15Et justement, parlons de ce marché obligataire.
03:18Alors, deux questions. Peut-être d'abord sur la France, avec sa situation bien à elle.
03:25La hausse des rendements reflète-t-elle, selon vous, des inquiétudes durables des investisseurs
03:31concernant justement ces finances publiques françaises, à l'heure où justement le budget est en train d'être examiné ?
03:37C'est vrai que finalement, l'agenda politique français est venu un petit peu perturber le contexte obligataire mondial,
03:43dans le siège de ce qu'on disait tout à l'heure, avec des prix du pétrole qui augmentent et
03:48qui sont élevés.
03:50Même si depuis deux jours, on le voit, il y a beaucoup de forces compensatrices.
03:55Si c'est le feu en Ukraine, sur la partie énergétique, avec la Russie, ça fait baisser un petit peu
03:59les prix,
04:00mais il y a des tensions toujours à Armouz.
04:01Les banques centrales sont piégées et l'inflation est là.
04:05C'est vrai que ça a généré une hausse des taux globale,
04:07et la France est devenue un petit peu dans cet agenda-là, le mauvais élève,
04:11le calon d'Achille peut-être de l'Europe, sur cette séquence de hausse des taux,
04:17avec, oui, j'ai envie de dire, plein de petits éléments qui, mis bout à bout,
04:22viennent perturber et générer un peu d'inquiétude sur l'investisseur.
04:25Le budget qui va démarrer, on sait qu'on est sur un budget de fin de mandat,
04:29donc potentiellement un peu plus de position politique de la part des différents groupes à l'Assemblée nationale,
04:35parce qu'ils savent qu'ils ont une carte à faire valoir pour l'élection qui se situe 3-4
04:39mois après.
04:41Même s'il n'y a pas formellement d'élection législative anticipée au mois de juin pour l'instant,
04:45parce qu'avec la dissolution en 2024, elles sont reportées,
04:48on s'attend à ce que le futur président mène une dissolution pour retrouver une majorité,
04:52une capacité d'adaptation et de dérouler sa politique sur laquelle il aura été élu.
04:57Et donc on a toute cette séquence politique qui est pour l'instant dans le flou,
05:02avec des sondages qui, effectivement, peuvent générer des inquiétudes pour la part,
05:06pour les investisseurs, en termes de candidats potentiellement éligibles et présents au second tour.
05:12Donc oui, la France vient, entre guillemets,
05:15se greffer sur un contexte mondial qui n'est pas forcément aussi le plus simple,
05:19et donc ça rajoute du risque au risque ou du stress au stress.
05:22Et c'est vrai qu'on voit cet écartement des spreads qui est assez violent sur le marché obligataire,
05:28notamment pour la France.
05:29Alors c'est vrai qu'il y a un risque conjoncturel,
05:32ou en tout cas peut-être une volonté de certains investisseurs
05:36de chercher à perturber la séquence à venir.
05:40On n'est pas pour autant sur une inquiétude totalement démesurée
05:45ou totalement folle sur la France.
05:46On sait qu'il y a quand même des forces de rappel.
05:50La France est une grande économie de l'Europe, la deuxième.
05:53La BCE qui est vigilante.
05:55On l'avait vu à l'époque, la BCE qui était très vigilante
05:58pour des pays, on va dire, plus périphériques.
06:00Comme l'Italie par exemple.
06:01Comme avait pu l'être Mario Draghi pour l'Italie,
06:05ou pour la Grèce, ou pour le Portugal, ou pour l'Espagne.
06:07Donc on imagine bien que la France,
06:09compte tenu de son poids, de son ampleur,
06:12et de son importance dans le rôle de l'économie européenne
06:15et de l'économie mondiale,
06:17la BCE est aux aguets.
06:18Donc oui, ça génère un petit peu de volatilité sur le marché de la dette obligataire.
06:22Le 10 ans français qui a été cherché les 4,90 il y a quelques jours.
06:27Même encore hier.
06:27Voilà, et là même si aujourd'hui ça se détend un petit peu,
06:31on reste quand même à 4,80,
06:32des niveaux très très hauts
06:34par rapport à ce qu'on avait pu connaître il y a quelques mois.
06:37Donc oui, on va avoir cette volatilité
06:38qui va peut-être évoluer ponctuellement
06:41en fonction du budget,
06:42en fonction des élections,
06:44en fonction de l'endettement
06:47et de cette capacité à...
06:48et de l'inflation aussi.
06:49Parce que finalement, l'inflation globale
06:52interagit avec l'inflation plutôt locale.
06:55Mais on est conscient,
06:57aussi qu'il y a des forces de rappel
06:59et des gardes-fous,
07:00notamment la BCE.
07:01Donc c'est dans ce cadre-là
07:03que finalement, au sein de nos portes obligataires,
07:05on essaye plutôt d'ajuster
07:06et d'avoir une approche plus globale que domestique.
07:08C'est aussi pour ça que nos clients viennent nous chercher,
07:10d'avoir cette vision plus internationale,
07:13une vision purement locale.
07:15Et puis c'est le meilleur moyen,
07:16en termes de diversification,
07:17de diminuer le risque idiosyncratique
07:19qu'on peut avoir sur un pays,
07:20sur un titre ou sur une obligation.
07:23Justement, reparlons de l'inflation.
07:25On disait tout à l'heure que l'inflation,
07:28le CPI américain, est attendu.
07:30Cette semaine, à 3,6%,
07:32en progression évidemment de 3,6%,
07:34et en version cœur, en hausse de 2,5%.
07:38À quoi peut-on s'attendre justement
07:40sur cette inflation américaine, Alexandre ?
07:44Et quels autres grands catalyseurs de marché
07:48surveillez-vous pour cette semaine ?
07:51Bon, sur l'inflation, effectivement,
07:53demain, un chiffre attendu en hausse,
07:56en hausse continue par rapport aux chiffres
07:58du mois précédent.
07:59Donc oui, on a toujours cette dynamique
08:01qui n'est pas forcément celle
08:03que les investisseurs auraient voulu avoir
08:04et qui vient perturber un peu le calendrier de la fête
08:07tel qu'on l'a évoqué,
08:08parce que toutes les tensions inflationnistes
08:10ou les tensions géopolitiques,
08:11pour l'instant, ne sont pas résorbées.
08:13Et on parle même parfois,
08:14dans certains moments,
08:15d'une reprise de la guerre
08:16avant ou après les mid-terms.
08:19Donc potentiellement,
08:20de rajouter une prolongation
08:22de niveau plus élevé
08:24des prix de l'énergie,
08:26notamment du pétrole.
08:27Et puis on va rentrer dans la séquence hivernale,
08:29donc sur la demande du gaz aussi,
08:31on va avoir une tension
08:32qui reste totalement, plutôt élevée.
08:34Donc une inflation qui est pour l'instant,
08:37on ne voit pas une inflexion à venir,
08:39mais on ne s'attend pas non plus
08:40à ce qu'on retrouve une inflation galopante
08:41telle qu'on avait pu l'avoir en 2022.
08:44La configuration de marché n'est pas la même.
08:46On est potentiellement davantage
08:47par une inflation par les coûts
08:48qu'une inflation par la demande
08:49telle qu'on était post-Covid.
08:52Et on sait qu'à un moment donné,
08:53une inflation par les coûts
08:54pèse sur le pouvoir d'achat,
08:55pèse sur cette capacité aussi
08:57des marges des entreprises
08:58à pouvoir faire répercuter
09:00cette hausse des coûts aux consommateurs.
09:02Donc il y a une sorte de niveau plafond,
09:05au niveau d'inflexion qu'on va surveiller.
09:08Et justement, on va le surveiller
09:09à la lecture des résultats des entreprises.
09:10Qui ont commencé dès vendredi dernier avec Delta.
09:14Il nous reste vraiment 10 secondes
09:16pour parler très rapidement des résultats, Alexandre.
09:18Des résultats finalement qui,
09:19pour l'instant, sont tenus
09:20aux très très fortes hausses.
09:21Toujours un très très bon trimestre.
09:22Près de 30% de croissance attendue
09:24aux Etats-Unis, 20% en Europe.
09:26Donc des chiffres fous.
09:28Avec une vigilance des investisseurs sur l'IA.
09:30On l'a vu ce matin,
09:31dès qu'il y a un petit peu de concurrence
09:34sur l'IA ou la technologie qui apparaît
09:36avec la Chine telle qu'on l'a vu ce matin,
09:38tout de suite le marché réagit et s'ajuste.
09:40Donc les investisseurs vont regarder
09:42à la fois la rentabilité,
09:43cette capacité à générer du cash
09:46avec les investissements.
09:47Et surtout, se projeter sur la dynamique,
09:51sur cette fin d'année.
09:52Donc oui, résultat,
09:54des beaux chiffres attendus,
09:55beaucoup de sélectivité, de discrimination.
09:57Et pour le moment,
09:58on ne change pas notre ajustement
10:01ou notre allocation d'actifs,
10:02voire même,
10:03et on l'a fait tout récemment,
10:04entre hier et aujourd'hui,
10:06on rajoute un petit peu de duration,
10:10de stratégie obligataire dans nos portefeuilles
10:12parce que les rendements sont très attractifs
10:13en termes de yield.
10:14Donc c'est aussi des points d'entrée intéressants
10:15en termes d'allocation d'actifs.
10:17Merci beaucoup Alexandre Attal.
10:18Vous êtes directeur de la gestion multi-actifs
10:20chez Russell Investments France.
10:22Merci d'avoir été avec nous ce midi.
10:25Merci à vous de nous avoir suivis.
10:26On se retrouve ce soir à 17h30 sur Bsmart.