00:00Menaces de mort, agressions, établissements incendiés ou saccagés, plus d'une centaine de personnels blessés, le bilan humain et matériel
00:10s'avère extrêmement lourd.
00:14Depuis le début de cette séquence, que faites-vous pour prévenir ces agressions ?
00:20Quelles mesures avez-vous prises pour protéger les proviseurs, les enseignants, l'ensemble des personnels ?
00:27Vous intervenez toujours après les faits, vous les commentez, vous vous déplacez dans les établissements.
00:35Mais ce qu'attendent les équipes éducatives, c'est de venir au travail sans la peur au ventre.
00:41Au-delà, tout démontre que l'impunité nourrit cette violence désinhibée.
00:47Où sont les sanctions contre les agresseurs, contre les auteurs des dégradations ?
00:52Monsieur le ministre, quand allez-vous exiger la réunion des conseils de discipline pour que les élèves, auteurs de ces
01:01actes inacceptables, soient définitivement exclus dans leurs établissements ?
01:09Enfin, allez-vous publier le bilan de ces conseils ?
01:15Combien de protections fonctionnelles auront été accordées aux personnels depuis le début de ces événements ?
01:21La France attend du concret.
01:23Elle n'attend pas des concertations dont la finalité est d'abord de gagner du temps jusqu'au congé d
01:29'octobre,
01:29qui, espérons-le, interromperont cette épouvantable séquence.
01:34Merci, monsieur le député. La parole est à monsieur Édouard Jetra, ministre de l'Éducation nationale.
01:43Merci, madame la présidente.
01:44Monsieur le député, vous faites le lien entre des événements qui témoignent tous d'une violence débridée,
01:51mais qui ne sont pas directement liés les uns aux autres.
01:54L'auteur criminel de l'acte qui s'est passé hier est distinct du contexte lycéen,
02:01mais il y a effectivement une violence débrée dans notre société qui se tourne, notamment contre l'institution scolaire.
02:08Et depuis le début du mouvement lycéen, il y a certains éléments qui ont perverti ce mouvement, très clairement,
02:16avec comme objectif de s'en prendre aux proviseurs, aux professeurs, au personnel et à l'institution.
02:23Nous avons eu 147 blessés depuis le début du mouvement, ce qui est inédit dans l'histoire de l'éducation
02:28nationale.
02:29Inédit.
02:30Et il y a plusieurs, évidemment, millions d'euros de dégâts qui ont été causés sur nos bâtis.
02:37Alors, par rapport à ça, il y a deux types de réponses.
02:40Il y a une première réponse, bien sûr, qui relève du ministre de l'Intérieur
02:42et qui consiste, comme il a dit, à intervenir à partir du moment où il y a des réactions ou
02:45des comportements violents.
02:48Il y a une deuxième réponse, qui est la réponse interne de l'institution.
02:51Et là-dessus, c'est très clair.
02:53Tout élève qui s'est rendu coupable de destruction ou d'atteinte aux biens et aux personnes
02:59connaîtra d'un conseil de discipline.
03:01Et tous ceux qui s'en sont pris au personnel, physiquement au personnel,
03:06seront par construction, en tout cas très probablement,
03:08je ne vais pas préempter l'édition des conseils de discipline,
03:10mais très probablement exclue.
03:15Ceci, ceci, ceci n'empêche pas que, par ailleurs,
03:20pour ceux des lycéens qui s'expriment dans un cadre légal,
03:23comme le droit de manifester,
03:25nous puissions effectivement collecter leurs paroles.
03:27À l'heure où je vous parle, il y a effectivement 88 000 lycéens ou groupes de lycéens
03:31qui ont effectivement participé à une plateforme démocratique.
03:33Et je crois que nous avons arrêté les deux visages de la contestation.
03:36Une petite minorité ultra-violente,
03:38à la violence débridée et banalisée,
03:40qu'il faut évidemment sanctionner,
03:43et dont derrière il faut s'interroger sur, j'allais dire, le profil,
03:46et une réponse démocratique.
03:48Je vous remercie.