Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 10 heures
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:0114h15, c'est l'heure du crime sur RTL, avec Jean-Alphonse Richard.
00:06Il faut surtout retrouver qui c'est qui a fait ça et surtout nous dire pourquoi.
00:11Pourquoi ? Parce que voilà, quelqu'un, ça n'est pris un gamin de 13 ans, 1m53, inoffensif,
00:18et apparemment il n'avait aucune chance devant quelqu'un comme ça.
00:21Donc pourquoi ? Pourquoi ?
00:24Bonjour, Alexandre Junca, 13 ans, collégien, disparu un soir du printemps 2011 à Pau.
00:31Son corps démembré sera retrouvé dans la rivière locale.
00:34Un acte de pure barbarie.
00:36Les policiers vont suivre longtemps la piste d'un maniaque,
00:39avant qu'un petit mot dans le registre de condoléances change tout.
00:45Alexandre Junca, la rivière du cauchemar, l'heure du crime.
00:49Votre rendez-vous 100% fait diverser tout de suite.
00:52sur RTL.
01:00Dimanche 5 juin 2011, 19h30,
01:03Philippe Junca et son épouse Valérie sont au commissariat de Pau.
01:08Venu signaler la disparition de leur fils Alexandre, 13 ans,
01:12il en aura 14 dans deux mois.
01:14Le collégien qui passait le week-end chez son père n'est pas rentré de la nuit.
01:19La veille, à 21h52, il a envoyé un texto à son père en lui disant qu'il rentrerait à 23h.
01:28Philippe Junca a essayé de le joindre jusqu'à 1h du matin, en vain, le portable resté sur messagerie.
01:35Les parents sont vraiment très inquiets, car Alexandre n'est pas du tout du genre à disparaître sans prévenir.
01:42Cette fois, il n'a envoyé aucun message, ni à eux, ni à sa grande sœur Virginie, 17 ans.
01:48Samedi après-midi, Alexandre a quitté le domicile paternel, non loin du centre-ville,
01:53pour retrouver des amis qui font du skate, à Lons, une commune limitrophe.
01:58Il était venu vêtu d'un jean, d'un t-shirt blanc et de baskets noires.
02:03Il est parti à vélo, sans argent ni carte d'identité.
02:08Quelques heures après la visite au commissariat, le papa découvre le vélo de son fils,
02:12attaché dans une rue à 80 mètres du domicile.
02:16La bicyclette est en bon état, elle a été laissée ici avec son antivol bouclé,
02:22un endroit où l'adolescent ne l'attache jamais.
02:28Lundi 6 juin 2011, lendemain du signalement,
02:32un avis de recherche avec la photo d'Alexandre Junca est publié dans les journaux.
02:36Les policiers de la sécurité publique départementale établissent que le samedi 4 juin,
02:42l'adolescent ne s'est pas rendu au skatepark à Lons,
02:46comme il l'avait pourtant annoncé à son père.
02:49Alexandre a retrouvé des amis du collège Clermont, dans le quartier Saragosse.
02:53Il y avait une fête locale.
02:56Le petit groupe a regardé le feu d'artifice.
02:59Vers 22h45, tout le monde s'est séparé.
03:02Alexandre ne voulait pas traverser le quartier tout seul,
03:05il a demandé à ses copains de l'accompagner,
03:07assure la maman dans le journal La République des Pyrénées.
03:11Les images de vidéosurveillance du centre-ville confirment
03:15qu'Alexandre a bien pris la route pour rentrer chez lui, à vélo.
03:19À 22h51, on le voit pédaler.
03:21On perd sa trace 400 mètres plus loin, là où on a retrouvé la bicyclette.
03:27Un hélicoptère survole le quartier Saragosse,
03:29et le gave la rivière qui traverse Pau.
03:32Des immeubles sont visités, des caves inspectées,
03:36des bouches d'égout sondées.
03:39On perquisitionne même chez des proches de la famille Junca.
03:42Trois semaines de recherche, sans résultat.
03:48Dimanche 26 juin, 15h.
03:51Deux SDF, qui ont leurs habitudes sur la rive droite du gave de Pau,
03:56alertent la police.
03:57Ils ont trouvé un membre humain, échoué dans 5 centimètres d'eau.
04:01Il s'agit d'une cuisse.
04:03Les chairs ont été découpées.
04:04Le démembrement a été réalisé post-mortem.
04:08Les légistes estiment que des outils, scies, couteaux, tranchoirs,
04:13ont pu être utilisés.
04:14Quatre jours plus tard, les expertises ADN confirment que la cuisse droite
04:18retrouvée, et bien celle d'Alexandre Junca,
04:22le procureur de Pau, Jean-Christophe Muller,
04:25annonce lui-même la terrifiante nouvelle aux parents,
04:28convoqués au palais de justice.
04:30Une information judiciaire est alors ouverte pour assassinat.
04:36Un mois après la disparition, évidemment,
04:38l'espoir de retrouver vivant Alexandre Junca s'envole.
04:42D'autres restes de corps vont d'ailleurs être découverts au fil des jours,
04:46le long de cette rivière, le gave de Pau.
04:49On a voulu anéantir le coélégien qui est rentré chez lui.
04:53Un mot dans le registre des condoléances qui avaient été déposées à la mairie,
04:57le jour des obsèques.
04:59Ce mot va changer le cours de l'histoire de l'enquête,
05:02et le cours de l'enquête.
05:03On va en parler évidemment dans la suite de cette heure du crime.
05:07Il faut reprendre au début cette histoire
05:09avec la disparition d'Alexandre Junca.
05:12Bonjour Philippe Demaria.
05:14Bonjour Jean-Alphonse.
05:15Merci beaucoup d'être avec nous en direct dans cette heure du crime.
05:18Vous êtes notre correspondant RTL en Grande Aquitaine.
05:21Vous êtes le patron du bureau RTL à Bordeaux.
05:24Vous avez suivi tout ce dossier.
05:26Alors évidemment, on pense tout de suite à une fugue,
05:28mais ce n'est pas vraiment dans la personnalité de ce garçon.
05:31Non, parce qu'Alexandre est un ado sans problème.
05:34Il est en cinquième, il a redoublé, mais il travaille dur.
05:37Et sa photo, dont vous le disiez, est placardée partout en ville,
05:40à Pau, même sur des 4x3 dans la ville de Pau.
05:42C'est un visage d'enfant avec une mèche stylée, comme on dit.
05:46Alors tout de suite, il y a une inquiétude qui s'installe,
05:49parce qu'effectivement, ce n'est pas un fugueur, vous l'avez dit.
05:53On se pose des questions.
05:55Oui, et la famille évidemment s'interroge.
05:58Au moment de la disparition d'Alexandre, il dort chez son père, Philippe,
06:02dans le quartier Saragossa-Pau.
06:04Moi, je rencontre sa mère et son beau-père,
06:07puisque le couple est divorcé.
06:09Moi, je le rencontre pour relayer sur RTL.
06:11Leur appel à témoins, c'est avant les découvertes terribles
06:14dont vous parliez dans la rivière.
06:16Ils ont évidemment toujours l'espoir de retrouver leur enfant vivant.
06:20La famille vit dans un joli pavillon, dans une zone calme à l'entrée de la ville.
06:24Et Valérie Lance, sa mère, elle est terrorisée tout simplement à l'idée d'ignorer
06:28où peut bien se trouver son ado de fils.
06:30Elle veut croire à une fille, une fugue évidemment.
06:32Et Daniel Lance, c'est son beau-père, il est présent aussi.
06:35Et le couple aussi, vous en doutez, entre espoir évidemment et terreur,
06:40en tout cas dans mon souvenir.
06:41Évidemment, on en saura moins avec ce genre de disparition aussi soudaine.
06:45D'autant plus qu'encore une question, Philippe de Maria.
06:49Alexandre, il n'a même pas 15 ans, Alexandre.
06:52Il balade, il va voir des copains.
06:54Il a un peu menti, parce qu'il a dit qu'il allait faire du skate avec des amis.
06:58Il n'est pas allé faire du skate, il est parti avec des copains.
07:01Alors là, ça pose une petite interrogation déjà.
07:04Mentir, oui.
07:04C'est une rencontre, je pense.
07:06En tout cas, c'est ce que raconte un peu l'histoire.
07:08C'est-à-dire qu'il avait prévu de se rendre sur un skatepark.
07:10Finalement, il fait une rencontre de copains dans son quartier.
07:13Il participe à une fête, c'est le hasard.
07:15C'est un hasard évidemment terrible au final,
07:17parce que ça va conduire au pire en tout cas pour ce jeune garçon.
07:20Oui, effectivement, on va y venir avec ses premières découvertes
07:23sur la rive droite du Gave de Pau.
07:25Bonjour Jean-Christophe Muller.
07:28Bonjour.
07:29Merci infiniment d'être avec nous aujourd'hui dans cette heure du crime.
07:33Vous étiez à l'époque procureur de la République de Pau.
07:35Et aujourd'hui, vous êtes procureur général à la cour d'appel de Caen.
07:40Jean-Christophe Muller, évidemment, ce dossier, il vous a beaucoup marqué.
07:43Vous allez nous dire pourquoi.
07:44Mais lors des premiers pas de cette enquête,
07:48lors de cette disparition, évidemment, le parquet de Pau,
07:50et vous, le procureur, vous êtes en première ligne dans ce dossier.
07:54On sait quelque chose avec certitude,
07:56c'est que l'adolescent Alexandre Junca,
08:00il a pris son vélo et il rentrait effectivement chez lui.
08:02Il y a la vidéosurveillance, on peut le suivre dans cette ville.
08:05C'est bien ça ?
08:06C'est un peu comme ça que ça s'est passé.
08:08Effectivement, la dernière image,
08:11qui est une image très, très, très, très fugitive,
08:14si vous voulez, la dernière image qu'on a de l'adolescent,
08:18c'est captée par le faisceau de la vidéosurveillance
08:23d'un distributeur automatique de billets.
08:26On le voit passer, on voit passer une silhouette à vélo
08:29qui correspond à la physionomie de l'enfant dans la soirée,
08:34dans ce faisceau de vidéos.
08:36C'est la dernière image que l'on a, évidemment.
08:39Et là, effectivement, on se dit que ce n'est pas une fugue,
08:41parce que ce garçon rentre chez lui, c'est bien ça.
08:45Oui, tout de suite.
08:47Effectivement, quand un enfant, un adolescent disparaît,
08:51le premier réflexe, c'est de penser à une fugue,
08:54de penser à un enlèvement,
08:56de mobiliser les dispositifs qui existent dans ce type de circonstances.
09:00Là, on est d'emblée dans quelque chose de différent.
09:03Parce qu'évidemment, il y a cette vidéo,
09:05et puis on va retrouver le vélo.
09:06Bref, il y a tout un nombre d'indices
09:10qui laissent penser qu'on n'est pas en présence d'une fugue,
09:13mais bien d'une affaire criminelle.
09:15Philippe Demaria, affaire criminelle, qui se confirme,
09:18il y a un mois après,
09:19la disparition, cette découverte macabre,
09:22une cuisse, et c'est bien celle d'Alexandre Junca.
09:26Ça, évidemment, dans cette ville de peau,
09:28c'est extrêmement frappant.
09:30Oui, parce que c'est l'espoir qui s'écroule.
09:33Non seulement, il est évident qu'Alexandre a perdu la vie,
09:37mais en plus, toutes les hypothèses les plus monstrueuses sur les causes de sa mort
09:42sont envisageables.
09:44Donc, évidemment, ça tourne en boucle.
09:45On imagine, en tout cas, dans la tête de sa famille.
09:48C'est l'horreur ultime.
09:49Oui, et effectivement, et dans la tête des enquêteurs aussi,
09:51parce qu'on se demande qui a pu faire commettre une erreur aussi,
09:56une horreur aussi épouvantable.
09:58Il n'y a pas tellement de mots, là,
09:59pour décrire ce que l'on voit et ce que l'on découvre.
10:03Jean-Christophe Muller, je voudrais un mot là-dessus,
10:04parce que vous avez eu la pénible tâche,
10:07et je pense que c'est vous qui l'avez souhaité,
10:09d'annoncer aux parents cette découverte.
10:11Est-ce que vous pouvez nous en dire un mot là-dessus ?
10:13Pourquoi c'était important que vous vous adressiez tout de suite aux parents ?
10:19C'est important parce que c'est quelque chose,
10:23effectivement, extrêmement difficile, extrêmement violent.
10:28Et moi, j'ai pensé qu'il était préférable
10:32que les parents apprennent la nouvelle,
10:37c'est-à-dire le résultat des analyses ADN
10:39du fragment de corps qu'on avait retrouvé.
10:42J'ai estimé préférable qu'ils apprennent ça
10:46par une voie officielle
10:48plutôt que par des fuites de presse
10:52ou des on-dit ou des choses qui sont de cette nature-là
10:57et qui auraient sans doute avivé leur douleur
11:01qui étaient déjà immenses.
11:02Je crois qu'on se situait dans le cadre
11:04d'une procédure judiciaire,
11:06d'une procédure officielle,
11:07d'une procédure criminelle
11:08et il fallait que dans ces conditions,
11:11il y ait un appui institutionnel
11:14qui soit apporté aux parents.
11:16Juste un petit mot encore, Jean-Christophe Muller,
11:18lorsqu'il y a cette découverte épouvantable,
11:20c'est quoi ?
11:21Vous au parquet avec les personnes qui travaillent avec vous,
11:26avec la police, c'est la stupeur ?
11:28Vous êtes complètement abasourdi par cette découverte ?
11:31C'est quelque chose, effectivement,
11:33de particulièrement choquant.
11:36On est effectivement dans une ville
11:38qui est quand même réputée paisible,
11:45dans un environnement sûr
11:48et on découvre quelque chose, finalement,
11:52qui saute aux yeux avec une violence extrême.
11:56Alors évidemment, tous les enquêteurs,
11:57toute la police judiciaire de Pau,
12:00tous les experts,
12:02tous les magistrats et les avocats
12:03qui ont participé à cette affaire,
12:05ils ont été saisis par ça,
12:06évidemment, moins que la famille,
12:08mais évidemment, tout aussi saisis.
12:10Et tout aussi concerné.
12:12Quelques lignes maladroites
12:13laissées à la mairie
12:14sur un bulletin de condoléances.
12:16Alexandre Junca,
12:17la rivière du cauchemar.
12:19J'étais énervé,
12:20je lui ai donné un violent coup de marteau
12:22sur la tête.
12:22L'enquête de l'ordre du crime.
12:23On se retrouve dans un instant sur RTL.
12:32Bonne journée sur RTL.
12:37L'heure du crime,
12:38présentée par Jean-Alphonse Richard,
12:40sur RTL.
12:42L'heure du crime,
12:43consacrée à l'affaire Alexandre Junca,
12:45ce collégien de Pau,
12:4613 ans,
12:47avait disparu le 4 juin 2011.
12:49Il est rentré chez lui à bicyclette.
12:51Un mois plus tard,
12:52l'une de ses cuisses
12:53a été découverte
12:54le long du gave de Pau.
12:56Les enquêteurs vont reconstituer
12:58un puzzle macabre,
13:00l'œuvre d'un dépeceur.
13:05Mardi 18 octobre 2011,
13:07au matin,
13:084 mois après la disparition
13:09et la mort d'Alexandre Junca,
13:11les fouilles reprennent
13:12le long du gave de Pau,
13:13sur le chantier
13:14de la centrale hydroélectrique
13:16du pont d'Espagne.
13:17La mère d'Alexandre,
13:20Valérie,
13:20a absolument voulu
13:21assister aux recherches.
13:23Des chiens spécialisés
13:24détectent
13:25des restes humains.
13:26Il s'agit bien
13:27de ceux du collégien.
13:29En 48 heures,
13:3080% du corps
13:32sont retrouvés,
13:33dont la tête,
13:34qui repose avec d'autres membres
13:36sous un gros rocher.
13:37Un puissant coude
13:39sur le crâne
13:40donné par ce qui
13:41pourrait être un marteau
13:42est sans doute
13:43à l'origine du décès.
13:44Pour les experts,
13:45le dépeuseur
13:46serait une personne
13:47ayant des connaissances
13:48pratiques de l'anatomie,
13:50mais certainement
13:51pas professionnelle.
13:53Le téléphone d'Alexandre,
13:55ses vêtements,
13:56sa chaîne en or,
13:57ne seront jamais retrouvés.
14:00Aucune empreinte utilisable,
14:02aucun témoignage,
14:03l'enquête fait du sur place.
14:07Lundi 2 juillet 2012,
14:09un an après la mort
14:11d'Alexandre Junca,
14:12ses obsèques sont célébrés
14:13à Pau.
14:14Quelques jours plus tard,
14:15Valérie, la maman,
14:16remet à la police
14:17le registre de condoléances
14:19ouvert à la mairie.
14:20Un message a attiré
14:22son attention.
14:22Il est écrit
14:23« Je connais
14:24ce qui est arrivé.
14:26Celui qui t'a fait ça
14:27est sous terre. »
14:30Le mot est signé
14:30d'un certain Mike,
14:32SDF.
14:33Des vérifications sont menées
14:34chez les sans-abri.
14:36Le profil d'un homme,
14:38Michael Bartel,
14:3926 ans,
14:40intéresse alors
14:41les investigations.
14:42Il a déjà été condamné
14:43pour des vols,
14:44des violences.
14:45Il est alors en prison
14:47pour une agression
14:48au marteau.
14:48C'était un peu plus
14:50d'un mois
14:50après la disparition
14:51d'Alexandre Junca.
14:53Le marteau est retrouvé
14:54dans les scellés,
14:55mais pas de traces
14:56ADN d'Alexandre.
14:58L'outil reste toutefois
14:59compatible
15:00avec l'arme
15:01qui a frappé
15:02la tête du collégien.
15:03Le téléphone
15:04de Michael Bartel
15:05a borné
15:06dans le secteur
15:08de la disparition
15:08le 4 juin au soir.
15:10À partir de 23h11,
15:13le suspect a passé
15:14de nombreux coups de fil.
15:19Mercredi 3 avril 2013,
15:21Michael Bartel
15:22et trois autres personnes
15:23sont en garde à vue.
15:25Bartel dit
15:25ne rien savoir
15:27de l'affaire
15:27Alexandre Junca.
15:28La nuit du drame,
15:29il était chez sa copine,
15:31Fatima.
15:32Après plusieurs auditions,
15:33il se met à table.
15:34Il reconnaît avoir donné
15:36un violent coup
15:37de marteau
15:37sur la tête d'Alexandre.
15:39Un autre SDF,
15:40depuis décédé,
15:42l'a aidé
15:42à dissimuler le cadavre.
15:44Cette nuit-là,
15:45il a appelé
15:46un de ses amis,
15:47Claude Ducot,
15:48Cet homme,
15:5074 ans,
15:51célibataire,
15:52chasseur chevronné,
15:54serait venu chercher
15:55le corps
15:55avec sa voiture.
15:57Barrel raconte
15:58que quand il a revu
16:00son ami chasseur,
16:02quelques jours plus tard,
16:03c'était pour disperser
16:04le corps démembré.
16:06Scénario qui sous-entend
16:07que Claude Ducot
16:08pourrait être
16:09le dépeuseur.
16:10Les 4,
16:11gardés à vue,
16:13sont mis en examen
16:13pour enlèvement,
16:14séquestration,
16:15actes de torture
16:16et de barbarie,
16:17assassinat.
16:17Barrel,
16:19suspect numéro 1,
16:20va revenir sur ses aveux.
16:22Depuis sa prison,
16:23il a pourtant écrit
16:24à sa copine
16:25qu'il a sûrement commis
16:27l'irréparable.
16:30Et il faut désormais
16:32étayer les propos
16:33de Michael Barrel.
16:34Le suspect numéro 1,
16:35il a avoué,
16:37il s'est rétracté.
16:38Il va falloir savoir
16:39qui a fait quoi
16:40dans ce groupe de personnes,
16:41savoir si le dépeuseur
16:42est bien celui
16:42que l'on croit.
16:43La scène du traquenard
16:45dans lequel est tombé
16:46Alexandre Junca
16:47va finir par s'éclaircir.
16:48Ce sera à suivre
16:49dans le prochain chapitre
16:51de cette émission.
16:53Philippe Demaria,
16:54vous êtes avec nous
16:55dans cette heure du crime,
16:55vous nous aidez
16:56à mieux comprendre
16:57comment a été construite
16:59cette enquête.
17:00Vous êtes notre correspondant
17:01RTL en Grande-Aquitaine
17:02et dans cette région
17:04du sud-ouest.
17:05Philippe Demaria,
17:06il y a ce puzzle macabre
17:08sur les rives
17:09du Gave de Pau.
17:10Alors le travail
17:11des légistes,
17:11il est capital
17:12parce qu'ils vont pouvoir
17:14quand même déterminer
17:14la façon dont
17:16Alexandre Junca
17:17a été tué.
17:19Oui, Jean-Alphonse
17:20est juste avancé.
17:20Il y a quand même
17:21un énorme travail
17:21pour retrouver
17:22la dépouille du garçon.
17:24Il y a 400 mètres cubes
17:25de terre
17:26qui ont été remets
17:26en bord de rivière.
17:28C'est la PJ
17:30dirigée depuis Bordeaux
17:31avec ses antennes
17:32à Bayonne et à Pau
17:33qui est à l'oeuvre.
17:34C'est un énorme travail
17:35sur le chantier
17:36d'une centrale hydroélectrique
17:38vous l'avez dit.
17:38Détermination des enquêteurs.
17:40Ils sont évidemment
17:40très motivés
17:41pour cette recherche
17:42d'un jeune garçon innocent.
17:44Et ensuite,
17:44le travail de reconstitution,
17:46ça se fait
17:47à l'Institut Médico-Légal
17:48de Bordeaux
17:49la quasi-totalité
17:50du corps de la victime
17:51est retrouvée
17:51et c'est l'ADN
17:52de la dépouille
17:52qui matche
17:53avec celle d'Alexandre.
17:55C'est ça.
17:56Et donc là,
17:57il n'y a plus de doute.
17:58Effectivement,
17:59il a été tué,
18:01ce garçon,
18:02et surtout,
18:02il a été dépecé,
18:03Alexandre Junca.
18:05Oui,
18:06alors là,
18:06on part dans
18:08le plus terrible,
18:09on va dire,
18:09de cette histoire.
18:11C'est-à-dire qu'effectivement,
18:13on a retrouvé
18:14son corps a été
18:16démembré.
18:16par quelqu'un,
18:17vous le disiez,
18:18qui s'y connaît,
18:19entre guillemets.
18:20Alors,
18:20qui s'y connaît,
18:21quelle profession
18:24peut se connaître,
18:25peut connaître
18:26ce type de technique,
18:27c'est assez compliqué.
18:29Mais bon,
18:29pour les enquêteurs
18:32de la police judiciaire,
18:33évidemment,
18:33ce sont des éléments
18:34très importants
18:35qu'ils analysent
18:35de fond en comble.
18:37Oui,
18:37alors on exclut
18:38effectivement
18:39un légiste,
18:40on exclut un médecin,
18:41on exclut même
18:42un boucher,
18:42parce que les découpes,
18:43je suis désolé de dire ça,
18:44mais les découpes,
18:45elles ne sont pas
18:45très professionnelles.
18:47Jean-Christophe Muller,
18:48à l'époque,
18:48vous étiez procureur
18:49de la République à Pau
18:50et vous êtes avec nous
18:51dans cette heure du crime.
18:53Pas facile,
18:53cette enquête.
18:54On a reconstitué
18:55quasiment le corps,
18:58l'endroit
18:58où on l'a trouvé,
19:00mais c'est compliqué,
19:01il n'y a pas d'empreinte,
19:02il n'y a pas de témoignage,
19:03c'est bien ça ?
19:04Exactement,
19:05c'est un défi
19:05tout à la fois
19:06sur le plan scientifique,
19:08évidemment,
19:09pour travailler
19:12sur les restes
19:13qui ont été découverts,
19:15et puis c'est un défi
19:16sur le plan policier.
19:20Les opérations techniques
19:21qu'il a fallu faire
19:22pour découvrir
19:23le reste du corps
19:24qui avait été déposé
19:25là sciemment,
19:26alors qu'on savait
19:28qu'il y avait des travaux
19:29et on savait
19:29que des tonnes de terre
19:30seraient déversées
19:31à cet endroit-là,
19:32c'est un premier point,
19:35et puis
19:37tirer le fil
19:38d'une pelote
19:39dès qu'on l'a trouvée,
19:41et cette pelote
19:41elle a commencé
19:42à se dévider
19:42à partir du moment
19:43où on a axé
19:44les recherches,
19:45non pas sur
19:49l'extérieur de la ville,
19:51des pistes extérieures,
19:53étrangères,
19:54mais sur une piste
19:55qui nous ramenait
19:56directement
19:57dans le centre-ville de Pau
19:59à quelques mètres
20:00du lieu des faits.
20:01Il y a donc cet effet
20:02de contraste,
20:03c'est tellement violent
20:04qu'on imagine
20:05que ça nous est extérieur,
20:07qu'en réalité,
20:08en réalité,
20:10et la vérité,
20:11elle était au plus près
20:13du lieu des faits,
20:14au plus près
20:15du domicile
20:16d'Alexandre Juncker.
20:17Oui, et ça c'est passionnant
20:19ce que vous racontez
20:19Jean-Christophe Muller
20:20parce qu'effectivement
20:21on a souvent tendance
20:22à élargir le spectre,
20:24mais là effectivement
20:25la clé,
20:26elle est tout près
20:26du domicile d'Alexandre,
20:28il était sur le point
20:29de rentrer chez lui
20:30quand il a été rattrapé
20:32par ce malheur immense,
20:34Philippe de Maria,
20:35alors il va y avoir
20:36un déclic,
20:37mais le déclic,
20:37il est étonnant,
20:38vous allez nous le raconter,
20:39c'est ce registre
20:41de condoléances,
20:42c'est la maman
20:42qui emmène ce petit mot écrit
20:44parce qu'elle a des doutes
20:45sur ce qui est écrit.
20:47Oui, parce qu'elle est
20:47très attentive,
20:48elle a lu évidemment
20:49tout ce qui a été écrit,
20:50vous savez,
20:51dans les obsèques généralement
20:52il y a des enquêteurs
20:53qui regardent un peu
20:54qui est là,
20:54qui fait quoi,
20:55qui écrit quoi,
20:56notamment sur ces registres.
20:57C'est signé Mike.
20:59Alors c'est des mots troublants
21:00parce qu'il dit savoir des choses
21:01sur l'expiration d'Alexandre,
21:02ok, alors ça c'est plutôt intéressant
21:04pour l'enquête,
21:04mais c'est aussi incohérent
21:05parce que ça écrit
21:07celui qui t'a fait ça
21:08est sous terre.
21:09Oui, c'est...
21:09On connaît un petit peu la suite,
21:10ça n'a pas beaucoup de sens en fait.
21:11On dit,
21:12ça montrerait que
21:14la personne qui s'en est prise,
21:16Alexandre,
21:16n'est plus de ce monde.
21:17En fait,
21:18ce n'est pas tout à fait la vérité.
21:19En tout cas,
21:19c'est une porte d'entrée
21:20pour les enquêteurs.
21:21Oui, c'est une porte d'entrée.
21:23Je l'ai dit,
21:23on va enquêter
21:24dans le milieu des SDF.
21:26Jean-Christophe Muller,
21:27juste un petit mot,
21:28le suspect numéro 1
21:29qui apparaît,
21:30Mickaël Barrel,
21:31qui est-il SDF,
21:32c'est ça ?
21:34C'est un homme effectivement
21:35qui est SDF,
21:37qui est devenu SDF.
21:40Rupture,
21:40Fabilia,
21:41rupture sociale,
21:42professionnelle,
21:44économique,
21:45enfin bref,
21:45tout le mécanisme
21:46de la précarité
21:48qui vit habituellement
21:49dans le centre-ville
21:50de Pau,
21:51aux alentours
21:53du domicile
21:55du père
21:56d'Alexandre Jinka.
21:57C'est quelqu'un
21:58qui a déjà été condamné
22:00pour des faits de violence,
22:02violence,
22:03alcoolisme,
22:04précarité.
22:05Voilà,
22:05tout ce qu'il caractérise.
22:09Le collégien est mort
22:10à cause de son téléphone.
22:12Alexandre Jinka,
22:13la rivière du cauchemar.
22:15Je n'ai pas découpé
22:16la victime,
22:16je ne découpe d'ailleurs
22:17jamais le gibier
22:18que je tue.
22:20L'enquête de l'ordre du crime,
22:21quel est le véritable scénario
22:22de la mort du collégien ?
22:23Qui a fait quoi
22:24et où a été découpé le corps ?
22:26Eh bien,
22:27c'est à suivre
22:27dans un court instant
22:28sur RTL.
22:30Merci d'écouter RTL.
22:38RTL
22:41Votre radio
22:42L'heure du crime
22:43présentée par Jean-Alphonse Richard
22:45sur RTL
22:46Moi,
22:47j'ai gardé espoir
22:47jusqu'au 30 juin
22:48où on m'a annoncé
22:49qu'Alexandre était décédé.
22:50Je suis la maman d'Alexandre,
22:52je vais porter mon fils
22:53devant eux,
22:54je vais leur montrer
22:55qu'il a existé
22:56et je vais leur montrer
22:57ce qu'ils nous ont pris.
22:59Retour
23:00dans l'heure du crime
23:01sur l'affaire Alexandre Junca.
23:02Un collégien de Pau,
23:0313 ans,
23:04tué alors qu'il rentrait
23:05chez lui en juin 2011.
23:06Son corps retrouvé démembré
23:08près de la rivière
23:09qui traverse la ville.
23:11Un SDF a avoué
23:12deux ans plus tard,
23:13récit confus,
23:15cinq personnes
23:15vont être impliquées.
23:19Les enquêteurs
23:20s'intéressent beaucoup
23:21au chasseur
23:21Claude Ducot.
23:23Il est soupçonné
23:24d'avoir transporté
23:25le corps sans vie
23:26d'Alexandre Junca
23:26dans sa voiture.
23:28une Peugeot 605.
23:30Ce véhicule
23:31est introuvable.
23:32Ducot l'a fait détruire
23:34trois mois après le crime.
23:35Il avait expressément demandé
23:37à un ferrailleur
23:38de le découper
23:39et de revendre les pièces.
23:41Claude Ducot,
23:42chasseur émérite,
23:43est suspecté
23:44d'avoir découpé
23:45le corps d'Alexandre Junca
23:46dans un endroit
23:47suffisamment abrité,
23:49selon les légistes.
23:50Plusieurs perquisitions
23:51sont menées
23:52dans sa propriété,
23:53elle ne donne rien.
23:54des hectares de terrain,
23:56une caravane abandonnée,
23:58des fourgons,
23:59une salle de découpe
24:00du gibier
24:00sont expertisés,
24:01mais aucune trace génétique
24:03du collégien
24:04n'est retrouvée.
24:05Ducot,
24:06mis en cause
24:07par Barrel,
24:08nie en bloc
24:09les accusations.
24:10Il se dit étranger
24:12à l'affaire
24:12Alexandre Junca.
24:14Il n'a pas
24:15démembré
24:16le collégien.
24:17Il ne sait même pas,
24:17dit-il,
24:18découper le gibier
24:19qu'il tue.
24:23Dimanche 27 avril 2014,
24:26trois ans,
24:26après la mort
24:27d'Alexandre Junca,
24:28Michael Barrel
24:29confirme qu'il a bien
24:30tué le collégien.
24:32Déclaration,
24:32cette fois,
24:33beaucoup plus précise.
24:34Il explique
24:35qu'Alexandre
24:36avait été agressé
24:37dans la rue
24:37par un autre SDF,
24:39un certain
24:39Christophe Camille.
24:41Il lui a volé
24:42son portable.
24:43Barrel
24:44est intervenu,
24:45il a frappé l'adolescent.
24:46Le corps a été
24:47transporté
24:48dans une cave,
24:48dans l'immeuble
24:50de sa compagne
24:50Fatima.
24:51Camille
24:52confirme le récit.
24:53Ce soir-là,
24:54il a effectivement
24:55abordé Alexandre
24:56sous prétexte
24:57de lui demander
24:57l'heure.
24:58Il lui a alors
24:59arraché son portable.
25:01Alexandre est allé
25:02attacher son vélo.
25:03Il est revenu
25:03pour récupérer
25:04son téléphone.
25:06Et c'est là
25:06que le drame
25:07s'est déroulé.
25:09J'ai vu Michael
25:10le frapper de face
25:11sur le crâne,
25:12affirme Camille.
25:13Il s'est enfui.
25:14Il ignore
25:15ce qui s'est passé
25:16ensuite.
25:18Une liste de suspects
25:20qui s'allonge.
25:21Beaucoup de personnes
25:21étaient au courant
25:22de ce crime épouvantable
25:24au cœur même
25:24de la ville de Pau.
25:26Alors,
25:26il y a tout de même
25:27un homme qui attire
25:28l'attention.
25:29Jean-Christophe Muller,
25:30un mot avec vous là-dessus.
25:31Vous étiez à l'époque
25:32procureur de la République
25:32de Pau.
25:33Dans cette liste
25:34de suspects,
25:36il y a un homme
25:36qui attire l'attention.
25:37On va parler de Barrel
25:38dans un instant,
25:39mais c'est Claude Ducot,
25:40le chasseur.
25:41Parce que lui,
25:41il est intéressant
25:42parce que ce n'est pas
25:43un SDF,
25:43contrairement à toutes
25:44les autres personnes.
25:46Il a pignon sur rue,
25:47il vit dans une ferme,
25:48il est célibataire
25:49et surtout,
25:51il connaît bien le gibier.
25:52Donc,
25:53on va se dire,
25:53lui,
25:54il aurait pu découper
25:55cette adolescence.
25:57C'est ce que pensent
25:57les enquêteurs,
25:58Jean-Christophe Muller ?
26:00Effectivement,
26:00il y a plusieurs.
26:01D'abord,
26:01c'est quelqu'un
26:02qui n'a rien à voir
26:03avec les autres
26:04mis en cause du dossier.
26:05Il a 50 ans de plus.
26:06Il est d'origine
26:11dans une famille
26:12d'agriculteur.
26:13Il vit à plusieurs
26:13dizaines de kilomètres
26:14de la ville
26:15et il n'y a vraiment
26:16pas de points communs
26:17avec les SDF.
26:19Mais on va s'apercevoir
26:20qu'en réalité,
26:22il y a des points communs
26:25entre eux,
26:26notamment avec l'auteur
26:29de la mort d'Alexandre Jinka.
26:32Des relations se sont nouées.
26:36Ducos va lui rendre visite
26:38en prison.
26:38En réalité,
26:39il y a des relations
26:40homosexuelles entre eux,
26:42des relations tarifées
26:43et on comprend assez vite
26:45comment fonctionne
26:47un petit peu ce groupe.
26:49On s'aperçoit,
26:50Philippe Demaria,
26:51pour poursuivre
26:52ce que dit
26:53Jean-Christophe Muller,
26:54le procureur
26:54à l'époque
26:54de la République de Pau.
26:57Philippe Demaria
26:58faisait notre correspondant
27:00à Bordeaux
27:01pour poursuivre
27:02cette discussion.
27:04Effectivement,
27:05les deux,
27:05Barrel et
27:07le chasseur
27:09Claude Ducos,
27:09ils sont vraiment liés.
27:11Là,
27:11il y a vraiment
27:12un lien effectif
27:13de connaissances.
27:15Ah oui,
27:15comme le disait
27:16M. le procureur Muller,
27:17effectivement,
27:18ils se connaissent
27:18très bien.
27:19Et même intimement.
27:21Il y a encore une fois
27:23des relations tarifées
27:24entre les deux hommes
27:25qui n'ont effectivement
27:26pas du tout
27:26du tout le même âge.
27:27Ce n'est pas du tout
27:28du tout le même milieu
27:29comme le disait
27:30M. le procureur.
27:31effectivement
27:31d'un milieu
27:32de personnes
27:33SDF
27:34qui donnent
27:35dans le quartier
27:35de Saragosse.
27:36C'est ce monsieur
27:36qui est donc
27:37d'origine
27:37plutôt paysanne
27:38entre guillemets
27:39et qui vit
27:40à plusieurs dizaines
27:41de kilomètres.
27:42Lui,
27:42effectivement,
27:43il est chasseur,
27:45il a un véhicule,
27:46il dispose d'une maison
27:46isolée
27:47ou aucune trace
27:49de cinétique.
27:50En tout cas,
27:50Alexandre ne sera jamais
27:51retrouvé.
27:51Et tout au long
27:52de l'affaire,
27:52on le souligne évidemment,
27:53il va nier les faits
27:54jusqu'à sa condamnation
27:56ultime.
27:57Jean-Christophe Muller,
27:58on ne sait pas
27:59où a été effectivement
28:01démembré,
28:03découpé,
28:03Alexandre Juncker.
28:04Ça,
28:04c'est un mystère
28:05dans cette affaire ?
28:07C'est un des mystères
28:08de cette affaire.
28:09Ce qui est moins mystérieux,
28:12c'est les éléments
28:13qui accablent
28:16du cause.
28:17Ces éléments,
28:18c'est la téléphonie.
28:20On sait qu'il se trouve
28:22grâce au téléphone,
28:23on sait qu'il se trouve,
28:24si vous me passez l'expression,
28:25au bon endroit,
28:26au bon moment.
28:28Et puis,
28:30il y a sa voiture,
28:31sa voiture dont Béret nous dit
28:33qu'elle a servi
28:33au transport du corps,
28:39voiture dont il va se défaire,
28:41mais dont il va se défaire
28:43de façon particulièrement habile,
28:47puisqu'il va racheter
28:48un même modèle de véhicule,
28:50il va lui laisser
28:50la même plaque d'immatriculation.
28:52Donc,
28:52il s'en défait,
28:53sans s'en défaire,
28:54tout en s'en défaisant,
28:55sans la moindre explication,
28:57bien évidemment,
28:59logique à tout ça.
29:01Donc,
29:01il y a quand même
29:01des éléments
29:02tout à fait précis,
29:05au-delà de ce que dit
29:07Bérel,
29:08qui le mettent en cause
29:10et qui ont motivé
29:11sa condamnation.
29:12Philippe de Maria,
29:14le scénario qui apparaît,
29:15c'est une altercation,
29:17finalement,
29:17une bagarre
29:18entre CSDF
29:19et le collégien.
29:20Le collégien,
29:20il s'est sans doute défendu,
29:22il voulait récupérer
29:23son téléphone portable
29:24avant de rentrer chez lui.
29:28Philippe de Maria.
29:31Oui,
29:32enfin,
29:32bagarre très égale,
29:33parce qu'une fois,
29:34ils sont deux.
29:35Effectivement,
29:36j'espère.
29:37Je vous entends,
29:38je vous entends,
29:38Philippe de Maria,
29:39allez-y.
29:40Est-ce que vous êtes là ?
29:43Allez-y,
29:44on va vous retrouver
29:46dans un instant.
29:47Quatre personnes
29:48vont être jugées.
29:51Alexandre Junca,
29:52la rivière du cauchemar.
29:53Depuis cinq ans,
29:55j'attends que mon fils
29:56rentre de l'école.
29:57Il n'y a plus de Noël
29:58sans pleurs.
29:59L'enquête de l'heure du crime.
30:00On se retrouve dans un instant
30:01sur RTL.
30:05Toute la journée,
30:10RTL vous accompagne.
30:13L'heure du crime,
30:14présenté par Jean-Alphonse Richard
30:16sur RTL.
30:18Au programme de l'heure du crime,
30:19l'affaire Alexandre Junca,
30:20un collégien de peau,
30:2113 ans,
30:22tué par un coup de marteau
30:23en 2011.
30:24Son corps retrouvé démembré
30:26au bord de la rivière
30:27qui traverse la ville.
30:28Un SDF a avoué le meurtre,
30:30mais il n'a pas dépecé
30:32le cadavre,
30:33jugé avec trois autres personnes
30:35cinq ans plus tard.
30:39Mardi 7 juin 2016,
30:41Mickaël Barrel,
30:4330 ans,
30:44Christophe Camille,
30:4528 ans,
30:45Claude Ducot,
30:4676 ans,
30:47et Fatima et Nadja,
30:4950 ans,
30:49sont devant la cour d'assises
30:50des Pyrénées Atlantiques
30:52à Pau.
30:52La salle est pleine,
30:54Valérie Lance,
30:55la maman d'Alexandre Junca,
30:57ne cesse de fixer les accusés,
30:59espérant saisir dans leurs yeux
31:01une lueur d'explication.
31:02Le président de la cour
31:04veut que l'on parle,
31:05avant tout,
31:06de la victime.
31:07Une enquêtriste de personnalité
31:09décrit Alexandre comme un garçon
31:11qui avait peur du noir
31:12qui avait peur du noir
31:13et de l'orage.
31:14Il détestait toutes les injustices.
31:16Philippe Junca,
31:17le papa,
31:18peine à trouver ces mots.
31:20Il parle de son petit gars,
31:22gentil,
31:22serviable.
31:23Il prenait de l'assurance,
31:25dit-il.
31:25Valérie Lance déclare
31:27« Depuis cinq ans,
31:28j'attends qu'Alexandre
31:30rentre de l'école.
31:31Je cherche son sourire.
31:32Elle décrit le tsunami
31:34qui a balayé la famille.
31:36Il n'y a plus de Noël
31:37sans pleurs,
31:38dit-elle.
31:39Elle attend que tous les accusés
31:40soient déclarés coupables.
31:42Aucun d'eux ne bronche. »
31:47Michael Barrel,
31:48qui a reconnu avoir tué
31:49Alexandre Junca,
31:50décrit une terrifiante
31:52mise à mort.
31:52Il a donné un premier coup
31:54de marteau.
31:54Il a cru que l'enfant
31:55était mort.
31:57Le corps a été transporté
31:59dans l'immeuble
31:59de sa compagne Fatima.
32:01Ici,
32:02Alexandre est revenu à lui.
32:03De l'entendre pleurer,
32:05ça m'a rendu fou.
32:06J'ai asséné
32:07plusieurs coups de marteau.
32:08Cette fois,
32:08il était mort.
32:10Barrel l'assure.
32:11Nuit et jour,
32:12je vois le visage d'Alexandre.
32:14Je vois les coups
32:15que j'ai mis.
32:15Je vois son regard.
32:17Ses yeux me poursuivent.
32:18Ils me disent
32:19« Me tape pas ! »
32:21raconte-t-il.
32:22Il dément
32:23avoir dépecé l'enfant.
32:24Il désigne le chasseur
32:25Claude Ducot,
32:26lequel répond
32:27qu'il n'a rien à faire
32:27aux assises.
32:28Il n'a jamais trempé
32:29de près ou de loin
32:30dans cette affaire.
32:31Ses avocats avancent
32:32qu'il n'y a aucune preuve
32:33contre lui.
32:34Après huit jours de procès,
32:35Mickaël Barrel
32:36est condamné
32:37à la perpétuité.
32:38Quinze ans
32:38pour Christophe Camille,
32:40le voleur de portable.
32:41Trois ans
32:41pour Claude Ducot,
32:42pour recel de cadavres.
32:44Trois ans également
32:45pour Fatima Enadja,
32:46pour non-dénonciation
32:48de crime.
32:50Et dans cette heure du crime,
32:52on retrouve
32:52Jean-Christophe Muller
32:53à l'époque procureur
32:54de la République à Pau
32:55et vous étiez
32:56avocat général
32:57à ce procès.
32:58Jean-Christophe Muller,
32:59merci encore une fois
33:00d'être avec nous.
33:02Étonnant procès,
33:02en mots là-dessus,
33:03c'est important.
33:04Le président de la Cour,
33:05il donne la priorité
33:07à la victime.
33:08J'avoue que ce n'est pas
33:09si fréquent
33:09parce que vraiment,
33:11là,
33:11il vient y avoir
33:11tout un déroulé
33:13sur la victime.
33:14Qui est-elle ?
33:15Les parents,
33:16les amis sont entendus.
33:17C'est à la fois émouvant
33:18et très frappant.
33:20Mais c'est très frappant,
33:21mais en réalité,
33:22c'est tout à fait normal.
33:23Dans un procès d'assise,
33:25on donne de l'importance
33:27et c'est normal au fait.
33:28On donne de l'importance
33:29à la personnalité,
33:31à la personne des accusés.
33:32Ça, c'est bien normal.
33:35Mais moi,
33:36c'est un peu
33:36ma pratique professionnelle.
33:37Moi, j'ai toujours été frappé
33:38par le fait
33:39qu'on ne donnait pas
33:40à la victime
33:42la place qu'elle mérite.
33:44Vous avez raison.
33:44C'est-à-dire
33:45ne donne pas d'incarnation.
33:47Donc moi,
33:48j'avais fait réaliser
33:48dans ce dossier
33:49une enquête
33:50de personnalité complète
33:51pour que la personnalité
33:53d'Alexandre Jinka,
33:57qui transparaissait
33:58des témoignages
33:59de ses parents,
33:59de ses amis,
34:00bien sûr,
34:01fasse l'objet
34:02d'un exposé,
34:03si je puis dire,
34:03un peu complet
34:04et qu'on ait vraiment
34:05la vraie image
34:07de la victime.
34:08C'est, je crois,
34:09un peu un tournant
34:10parce que ça se fait
34:11maintenant de façon
34:12assez habituelle
34:13dans les grands procès criminels.
34:15Oui, effectivement.
34:15On le voit encore
34:16sans doute trop rarement.
34:18Effectivement,
34:18c'est un pas en avant
34:19qui a été donné
34:20lors de ce procès.
34:21On ne peut que
34:22vous en féliciter,
34:23M. Muller.
34:24Philippe Demaria,
34:25notre correspondant RTL
34:26en Grande-Vaquitaine,
34:27et vous avez bien connu
34:29toute cette affaire,
34:29vous l'avez suivi
34:30de A à Z.
34:31Il y a ces accusés,
34:33cette rangée d'accusés.
34:34À quoi est-ce qu'ils ressemblent,
34:35ces hommes et cette femme ?
34:37Moi, je me souviens surtout
34:38du principal accusé,
34:39c'est Michael Bérel.
34:40Il a les cheveux très courts,
34:43le menton volontaire,
34:44il porte une chemise,
34:45une veste de costume.
34:47Les autres sont plus effacés.
34:49Dans mon souvenir,
34:50ça remonte quand même
34:50à plus de dix ans.
34:53Et pour vous dire un mot
34:53quand même sur l'ambiance,
34:54Jean-Alphonse est lourde,
34:55très lourde
34:56dans le palais de justice de Pau
34:57que connaît le procureur Muller.
34:58Je revois les parents d'Alexandre
35:00qui traversent dignement
35:01la longue salle des pas perdus
35:03pour se rendre jusqu'à la cour d'assises.
35:05Tout au fond,
35:06ils veulent la vérité.
35:07Mais elle est tellement horrible,
35:10terrible à entendre cette vérité.
35:12C'est un crime sur un enfant.
35:13La violence ultime
35:15qui est difficilement compréhensible.
35:19Difficilement compréhensible,
35:20effectivement,
35:20une violence terrifiante.
35:21Un mot là-dessus,
35:22Jean-Christophe Muller,
35:23il y a le récit de Michael Barrel.
35:26J'ai envie de dire,
35:27je ne sais pas,
35:27moi je n'étais pas à ce procès,
35:28évidemment,
35:29mais vous l'avez suivi en direct,
35:30vous étiez aux premières loges.
35:32C'est un récit presque inhumain
35:33qui est fait de cette misère
35:35mise à mort de ce collégiant.
35:39Il y a deux choses à dire,
35:40effectivement,
35:41sur ce point.
35:43D'abord,
35:44oui,
35:44c'est un récit tout à fait glaçant,
35:46mais qui rencontre la vérité
35:48de ce qui s'est passé.
35:49Alors la vérité,
35:50je ne sais pas qui a dit ça,
35:51mais la vérité,
35:52c'est un petit peu comme le soleil.
35:54Ça permet de tout éclairer,
35:56ça permet de tout voir,
35:58mais c'est difficile
35:59de regarder en face aussi.
36:02ça,
36:02c'est le premier point.
36:03Et puis,
36:03il y a un deuxième point
36:04sur le procès
36:06qui est un petit peu plus technique,
36:07mais je crois assez intéressant,
36:09c'est la dimension un petit peu
36:12juridique et judiciaire
36:13de la question.
36:16Bérel,
36:17il a été condamné
36:17à la réclusion
36:18à perpétuité
36:18pour vol
36:20avec violence
36:21ayant entraîné la mort.
36:23Et non pas pour meurtre,
36:25non pas pour assassinat.
36:26Et ça,
36:26c'est un point
36:27qu'il faut un peu expliquer
36:29parce que
36:30ce qui est important
36:31compte tenu
36:32de la gravité
36:33exceptionnelle des faits,
36:34c'est que la peine encourue
36:35soit la peine maximum.
36:36C'est d'ailleurs la peine
36:37à laquelle les jurés
36:38l'ont condamné,
36:39la réclusion à perpétuité.
36:41Mais la réclusion à perpétuité,
36:43elle est encourue
36:43pour l'assassinat
36:45et elle est encourue
36:46pour le vol
36:46avec violence
36:47ayant entraîné la mort.
36:48Pourquoi est-ce que
36:49j'ai choisi
36:49de ne pas retenir
36:51l'assassinat
36:52et de retenir
36:53les violences
36:54ayant entraîné la mort ?
36:55Tout simplement
36:55pour éviter
36:57d'avoir
36:58un débat
37:00insupportable
37:01sur l'intention
37:03de donner la mort
37:04et l'intention
37:05de tuer.
37:06Et c'est la raison
37:07pour laquelle
37:07on est resté
37:09sur cette qualification
37:10de vol
37:10avec violence
37:11ayant entraîné la mort
37:12où il n'y avait pas besoin
37:14de démontrer
37:15l'intention de tuer,
37:16mais de constater
37:18simplement
37:19que l'effet
37:20de vol
37:21avec violence
37:21avait entraîné
37:23la mort.
37:24Indépendamment
37:24même de toute question
37:25sur l'intention
37:26ou la volonté
37:27du criminel.
37:29Je comprends
37:30et ça permet
37:30effectivement aussi
37:31à la famille
37:32quelque sorte
37:32d'être beaucoup plus
37:33soulagé.
37:34Philippe Demaria,
37:35cette famille,
37:35elle est là
37:36à ce procès.
37:38Comment est-ce que
37:39vous leur avez parlé ?
37:40Comment est-ce qu'ils
37:41réagissaient
37:41lors de ce procès ?
37:42Ils attendaient une réponse ?
37:43Ils l'ont eu finalement
37:44avec ces condamnations ?
37:48Philippe Demaria
37:49qui n'est pas avec nous,
37:50donc je vais reprendre
37:50Jean-Christophe Muller
37:51un petit mot là-dessus
37:52sur la famille.
37:54Elle est restée très digne
37:55cette famille
37:56tout au long du procès ?
37:58Oui, c'est vraiment
37:59des souvenirs très forts.
38:01Mais maintenant,
38:01je vais vous dire
38:01quelque chose
38:02qui me vient
38:04avec l'expérience
38:05que j'ai des cours d'assises
38:06et des affaires criminelles.
38:07Un procès,
38:08quel qu'il soit,
38:11ne répare jamais
38:13totalement
38:15la douleur
38:16des victimes.
38:19La seule chose
38:20qu'on peut espérer,
38:21c'est qu'ils ne l'aggravent pas
38:22et qu'ils ne l'invivent pas.
38:25Mais qu'en réalité,
38:28ça ne guérit
38:29et ça ne soulage
38:31que de façon
38:32très très exceptionnelle.
38:35Seul le chasseur
38:36soupçonné
38:37d'avoir dépecé
38:37l'adolescent
38:38va faire appel.
38:40Alexandre Junca,
38:41la rivière du cauchemar,
38:42je regrette
38:43cette épreuve supplémentaire
38:44qui ne donnera rien,
38:45il ne dira rien.
38:47L'enquête de l'ordre du crime.
38:48Je vous retrouve
38:48tout de suite sur RTL.
38:51Contactez RTL par SMS
38:52au 74 900.
38:5499 centimes par SMS.
38:57L'heure du crime
38:58présentée par Jean-Alphonse Richard
39:00sur RTL.
39:02Dans l'heure du crime,
39:03l'affaire Alexandre Junca,
39:04ce collégien de peau,
39:0513 ans, a été tué
39:06et puis a été démembré
39:07en juin 2011.
39:09Cinq ans plus tard,
39:09trois hommes et une femme
39:10ont été condamnés aux assises.
39:12La perpétuité pour le tueur
39:13au marteau.
39:14Le dépesseur, lui,
39:16n'a pas été identifié.
39:17Un seul accusé
39:18a fait appel.
39:22Mardi 13 décembre 2016,
39:25Claude Ducot, 77 ans,
39:26coupe vent vert,
39:28lunettes, crâne dégarnie
39:29et devant la cour d'assises
39:31des Landes,
39:31à Mont-de-Marsan.
39:32Le papa d'Alexandre Junca
39:34regrette cette épreuve supplémentaire
39:37qui ne donnera rien
39:38car M. Ducot ne dira rien.
39:41L'accusé,
39:42chasseur,
39:43est soupçonné
39:44d'avoir démembré le corps.
39:45Les découpes seraient justement
39:46celles d'un chasseur.
39:48Il dément,
39:49il écope à nouveau
39:50de trois ans de prison.
39:55Valérie Lance,
39:56la maman d'Alexandre,
39:57interrogée dix ans après le crime
39:59par le journal Sud-Ouest,
40:00déclarait
40:00« Extérieurement,
40:02je vais dire que je vais bien.
40:04Pour ma famille,
40:05pour mes filles,
40:06Virginie,
40:06Maéva,
40:07mon petit dernier,
40:08Kylian,
40:08mon mari,
40:09je ne peux pas faire autrement
40:11mais intérieurement,
40:13je suis meurtri.
40:14J'ai une blessure
40:15ouverte
40:16qui ne se refermera
40:19jamais. »
40:19Tout ce qu'on voulait,
40:20c'est qu'ils partent tous dormir
40:22ce soir en prison.
40:23Voilà,
40:23donc ça,
40:23c'est la satisfaction totale.
40:25Pour moi,
40:25on a gagné.
40:26Voilà,
40:26on a gagné ce combat-là
40:28qu'il fallait faire
40:28et maintenant,
40:29on va pouvoir se consacrer
40:30à nous,
40:31à nos vies
40:32et Alexandre,
40:33il sera,
40:34à mon avis,
40:34un peu plus serein
40:35dans nos mémoires
40:35et dans notre cœur.
40:38Valérie Lance,
40:39la maman d'Alexandre Junca,
40:41c'était juste après le procès
40:42en juin 2016.
40:44Jean-Christophe Muller,
40:46vous êtes avec nous,
40:46procureur de la République
40:47à Pau à l'époque,
40:49vous avez suivi
40:49toute cette affaire
40:50et jusqu'au procès,
40:51vous étiez l'avocat général
40:52du premier procès.
40:54La confirmation de la peine
40:56pour Claude Ducot,
40:57il était soupçonné
40:58d'être le dépeuseur,
41:00le démembreur
41:01de cet adolescent,
41:03ça n'a rien donné,
41:04on n'est pas du tout
41:04parvenu à le confondre,
41:06cet homme.
41:07Il n'a pas reconnu
41:11avoir commis ces faits-là,
41:12mais il a quand même
41:13été condamné pour cela,
41:15en raison des indices
41:16et des preuves
41:18rassemblées contre lui,
41:19dont j'ai parlé tout à l'heure.
41:21Ce qu'il faut souligner,
41:22trois ans de prison,
41:24on a l'impression
41:24que c'est presque
41:26un petit peu
41:27à côté du sujet.
41:29Un peu dérisoire.
41:30La gravité des faits,
41:31moi ce que je voudrais
41:32souligner quand même,
41:33c'est qu'il n'est pas
41:34considéré comme complice,
41:35il n'a pas participé
41:37à la mort de l'enfant.
41:38Il est intervenu
41:39post-mortem.
41:41Et aussi curieux
41:42que ça paraisse,
41:43mais la vérité
41:44est celle-ci,
41:46les infractions
41:47pour lesquelles
41:47il a été condamné,
41:49atteinte à l'intégrité
41:50d'un cadavre,
41:51non-dénonciation
41:52de crimes,
41:53modification
41:55de preuves,
41:56ce sont des infractions
41:57qui sont punies
41:58au maximum
41:59de trois ans
42:00d'emprisonnement
42:01par la loi.
42:02En réalité,
42:03il a été condamné
42:04au maximum
42:04qu'il était possible
42:05d'être condamné.
42:07Alors c'est bien
42:08de l'expliquer
42:09parce qu'effectivement
42:09vous avez raison
42:10de le souligner
42:10monsieur le procureur,
42:12trois ans de prison
42:13ça paraît effectivement
42:14dérisoire,
42:15on est presque dans le délit.
42:16Ça paraît décalé.
42:17Voilà exactement,
42:17on est dans le délit,
42:18une peine de délit,
42:19donc effectivement
42:20ça paraît décalé.
42:21Philippe Demaria,
42:22vous êtes avec nous
42:23correspondant RTL
42:24en Gras-de-Aquitaine,
42:25vous êtes le patron
42:25du bureau RTL
42:27de Bordeaux.
42:29La famille d'Alexandre
42:31a eu justice,
42:33elle a obtenu
42:34les condamnations
42:36de ces hommes
42:37qui ont massacré
42:38leur enfant.
42:40Vous l'avez suivi toujours
42:41cette famille,
42:42comment était-il
42:43lors de ces procès,
42:45lors de cette attente
42:47d'avoir justice justement ?
42:48Grande dignité,
42:51je crois que vous l'avez entendu
42:52dans l'interview
42:53de Valérie Lens
42:54que vous avez diffusée
42:55il y a quelques instants.
42:57Une grande dignité
42:57dans ce type
42:58entre guillemets
42:59d'affaires terribles
43:00où un enfant
43:01a perdu la vie,
43:03on peut s'attendre à tout,
43:04des débordements,
43:05là ça a été
43:06de bout en bout
43:07d'une grande dignité
43:08avec des parents
43:10qui étaient là
43:10pour avoir la vérité
43:13de la part
43:14de ces personnes
43:14qui ont fait tant de mal
43:16à leur famille
43:17et à leur enfant
43:18et je crois,
43:19je pense qu'ils l'ont trouvé.
43:21En tout cas,
43:21ils ont traversé
43:22cette épreuve
43:22avec une force
43:24qui forçait
43:25entre guillemets
43:26l'admiration
43:27de tous.
43:27C'est ça,
43:28une attitude
43:28totalement exemplaire.
43:30Jean-Christophe Muller,
43:31un tout petit mot
43:32en arrivant à la fin
43:32de cette émission.
43:33Quel a été selon vous
43:34le moment fort
43:35de cette affaire
43:36depuis le début
43:37jusqu'au procès finalement ?
43:39Le moment fort
43:40c'est l'accompagnement
43:43des victimes,
43:45la nécessité
43:46vraiment d'être
43:46auprès d'eux.
43:47Alors je ne sais pas
43:48si on y est
43:49véritablement parvenu
43:50mais je crois
43:52que la leçon
43:53de cette affaire
43:54c'est,
43:55vous voyez,
43:56plus de dix ans après,
43:59ce qui reste
44:00pour les acteurs
44:01de ce dossier
44:02ce n'est plus tellement
44:03la personnalité
44:04des accusés,
44:05des condamnés,
44:06ça on les...
44:07ils disparaissent
44:08au loin.
44:09Mais ce qui reste
44:10pour tous
44:10c'est vraiment
44:11la personnalité
44:13de la victime
44:14et la personnalité
44:17et le courage
44:17de sa famille
44:18et notamment sa mère.
44:19c'est ça
44:20qui vous a marqué
44:21on le sent bien
44:22d'ailleurs
44:22vous aviez insisté
44:23pour qu'on parle
44:24beaucoup
44:25de la victime
44:26lors du procès
44:26et vous avez bien fait
44:28Alexandre Junca
44:29c'est effectivement
44:29le nom qu'on retient
44:30Philippe Demaria
44:31a exactement la même
44:32question pour vous
44:32on arrive encore
44:34au bout de cette émission
44:35mais un petit mot
44:36le moment fort
44:37dans ce qui s'est passé
44:39lors de cette enquête.
44:40C'est le même ressenti
44:41que monsieur le procureur
44:42parce que je pense
44:43que l'histoire d'Alexandre
44:45c'est la hantise
44:45de tous les parents
44:46c'est-à-dire que son enfant
44:47fasse une mauvaise rencontre
44:48au mauvais endroit
44:49avec les mauvaises personnes
44:50et puis le visage d'Alexandre
44:52il est imprimé
44:53en fait dans nos souvenirs
44:54dans la région
44:54je pense au-delà
44:55bien bien au-delà même
44:56et je crois avoir lu
44:57qu'une avocate
44:58de la partie civile
44:58avait dit dans le septet de Loire
45:00et je ne me souvenais pas très bien
45:01mais elle a dit
45:01Alexandre c'est notre enfant
45:02à tous
45:03je crois qu'elle avait
45:04parfaitement raison
45:04c'est pourquoi on se souvient
45:05de lui
45:06tous aujourd'hui
45:07Merci beaucoup
45:09Philippe Demaria
45:10et Jean-Christophe Muller
45:12d'avoir été les invités
45:13de l'heure du crime
45:14aujourd'hui
45:15Merci à l'équipe de l'émission
45:16rédactrice en chef
45:17Justine Vignot
45:18préparation Marie Bossard
45:19Lili Labbéi
45:20Réalisation en direct
45:21Jonathan Griveaux

Recommandations