00:00J'ai l'impression que vraiment cette génération est beaucoup plus fragile que moi j'ai 48 ans, que la
00:05nôtre, parce que moi j'ai appris, plus c'était dur, plus ça me rendait fort en fait, et c
00:10'est l'éducation que j'ai eue, et là j'ai l'impression que cette génération, putain j'aurais rêvé
00:15d'avoir, je sais que j'ai déjà dit sur un autre plateau, mais je le pense vraiment, d'avoir
00:18un portable, d'avoir un accès à des choses que j'avais pas accès, moi je rentrais, si j'étais
00:24pas là quand la nuit était tombée, j'habitais dans un quartier pourri, j'étais pas rentré avant que la
00:28nuit soit tombée,
00:28mes parents, enfin je prenais cher quoi.
00:31Je pense qu'il faut qu'on comprenne vraiment de qui on parle, parce que si la question c'est,
00:34est-ce qu'on fait pas une jeunesse un peu plus forte en lui opposant des difficultés, enfin je le
00:38pense, il suffit de faire un sport collectif et on s'en rend compte, c'est-à-dire qu'il
00:41y a des psychologues qui écrivent ça, les jeunes sont anti-fragiles, c'est-à-dire qu'on est confronté
00:44à des échéances compliquées, et en les surmontant, voilà, on est confronté à la possibilité de l'échec et on
00:48s'en sort, je suis d'accord avec ça, mais quand je vous parle de jeunes qui font le deuil
00:51d'un pote, c'est tout much, mais oui mais c'est ça.
00:54Moi j'ai vécu dans ce monde, vous êtes d'accord avec moi que, enfin je sais pas si je
00:57serais d'accord, moi je connaissais les lois quand je vivais dans un quartier, mais dans mon quartier, les lois
01:02c'était pas les lois françaises en fait.
01:04Pour moi c'était normal qu'un dealer, quand je passe tous les matins, pour moi c'était normal qu
01:08'un mec qui tape de la coke avec des seringues dans un old immeuble, pour moi c'était normal, le
01:13mec il me disait bonjour, je disais bonjour, mais dans la France, le reste de la France, c'est pas
01:18normal, et plus ça va, plus j'ai l'impression que cette violence elle est en train d'envahir partout.
01:24Le crayon.