00:00Et ce matin, Etienne, vous nous parlez de cette contribution de la France au budget de l'Union Européenne.
00:05Elle devrait être de près de 31 milliards l'an prochain, une participation en hausse que certains veulent diminuer.
00:10Hier encore, Marine Le Pen a assuré que si le Rassemblement National prend le pouvoir,
00:15elle amputera de 11 milliards les versements à l'Union Européenne dès l'an prochain.
00:20Promesse intenable, nous dites-vous.
00:22Oui, c'est surtout de l'argent du beurisme.
00:24Je ne sais pas si vous connaissez cette doctrine économique diablement séduisante
00:29selon laquelle on pourrait avoir le beurre et l'argent du beurre.
00:33Première illusion, ça ne marche pas du tout comme ça à un budget européen.
00:36Il y a des règles, c'est calculé selon la richesse des pays.
00:39On peut toujours négocier des rabais.
00:40Par le passé, les Britanniques l'ont fait.
00:42Et même l'Allemagne, qui reste néanmoins et de très loin le premier contributeur net.
00:47Mais il y a toujours des raisons ou des contreparties.
00:51Et si la France pratique le bras de fer, comme le prétend Marine Le Pen,
00:55bref, si elle ne paye pas, il y aura des sanctions ou en tout cas des répercussions.
00:59Par exemple, sur les un peu plus de 9 milliards d'euros de la politique agricole commune,
01:05la fameuse PAC, qui est le premier poste de dépense européen.
01:09Oui, oui.
01:10Et dont nous sommes les premiers bénéficiaires.
01:13Encore oui.
01:14Or, Marine Le Pen n'envisage pas, mais alors pas du tout,
01:17que la PAC nous rapporte moins.
01:19L'argent, le beurre, au sens propre.
01:22Mais surtout, je vais vous dire, l'Europe, c'est l'arbre budgétaire qui cache la forêt nationale des dépenses.
01:27Pourquoi, Étienne ? Parce que ce n'est pas à l'échelle de nos problèmes budgétaires ?
01:31Ah mais alors, pas du tout.
01:32C'est le deuxième écran de fumée de cette affaire.
01:35Le budget de l'Union européenne, c'est 1,16% du PIB européen.
01:39Les dépenses publiques françaises, c'est 57% de notre PIB,
01:44contre d'ailleurs moins de 50% en moyenne dans les pays de l'Union.
01:47Bref, notre problème budgétaire, eh bien, c'est le nôtre à nous.
01:52Alors, c'est bien pratique de s'agiter sur ce sujet pour donner l'illusion que Bruxelles paiera,
01:56comme en disait l'Allemagne paiera, après la guerre de 14-18.
02:00Mais c'est un mirage.
02:01Cela permet surtout de masquer les insuffisances des économies dans les programmes.
02:06Et puis, vous savez, il y a ce troisième non-dit de Marine Le Pen dans cette histoire.
02:10L'Europe nous rapporte beaucoup, énormément d'argent.
02:13Mais pourquoi ? Parce que ça nous donne accès au marché ?
02:16Oui, mais ce n'est pas pour rien, par exemple, que la Norvège,
02:18qui ne fait pas partie de l'Union européenne,
02:21contribue au budget européen en échange de l'accès au marché.
02:25Ils ne sont pas fous, les Norvégiens.
02:27Et la meilleure preuve de tout cela est par l'absurde.
02:29Les Britanniques ont quitté l'Union en raison, entre autres, de cette contribution.
02:34C'était le fameux slogan du Brexit,
02:36des 350 millions de livres, que ce soit 400 millions d'euros,
02:39envoyés à Bruxelles chaque semaine.
02:41Alors, c'était un mensonge, mais surtout, aujourd'hui,
02:44on voit que les Britanniques envisagent de revenir.
02:47Le Brexit leur aurait coûté 8% de leur PIB en cumul.
02:51Et donc, ils ont compris.
02:52L'écrivain américain Henri-Louis Mencken, un génie,
02:55nous avait prévenu, et je le cite,
02:57« la plus coûteuse des folies est de croire passionnément
03:00à ce qui est manifestement faux ».
03:02Étienne Jarnel, directeur Dupont.
03:03Étienne, nous sommes jeudi, vous êtes venu les mains vides.
03:06Ah, je n'ai pas apporté le journal.
03:08Alors, dis-nous ce qu'il y a-t-il à la une Dupont.
03:09C'est Raphaël Glucksmann à la une,
03:11« l'homme qui veut libérer la gauche, entre parenthèses, de Mélenchon ».
03:16Raphaël Glucksmann, vainqueur de la primaire sociale-démocrate,
03:19le week-end dernier, on le rappelle.
03:21Et demain, voilà, on va le montrer, quand même, ce point,
03:24pour ceux qui nous regardent en vidéo,
03:25et cette couverture, effectivement,
03:27avec le vainqueur de la primaire sociale-démocrate.
03:30Et on rappelle que demain, comme chaque vendredi,
03:32ce sera la semaine d'Alain Duhamel.