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Comment sortir de l'impasse budgétaire sans faire chuter le gouvernement ? Face à Céline Landreau, Étienne Gernelle décrypte les options de l'exécutif. Entre un 49.3 sous la menace d'une motion de censure du RN ou du PS, et le recours à l'article 47-1 permettant un budget par ordonnance, les marges de manœuvre de Sébastien Lecornu sont minces. Ce dernier scénario annulerait les concessions aux agriculteurs. Reste l'option de reconduire le budget précédent, au prix d'une paralysie de l'État. Une impasse qui rappelle à l'éditorialiste la phrase d'Emil Cioran : « Nous sommes tous des farceurs, nous survivons à nos problèmes. » Retrouvez l'édito d'Étienne Gernelle, directeur du Point, sur RTL Matin, du lundi au jeudi.
Gernelle Budget 2027.mp4
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§ #RTLMatin #EtienneGernelle #Budget #SébastienLecornu #CélineLandreau #Gouvernement #Politique #RN #PS #AssembléeNationale
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Transcription
00:00Ce matin, Étienne, vous nous dites que pour sortir du casse-tête budgétaire, ça ne va pas être simple.
00:04Pour vous, toutes les options qui s'offrent au gouvernement débouchent désormais sur une impasse.
00:09Céline, ça n'est plus une impasse, c'est une souricière.
00:12Et la souris se nomme Sébastien Lecornu.
00:15Oublions déjà un vote normal, personne n'y croit.
00:18La première véritable option, c'est le 49-3.
00:22Le problème, c'est qu'il y aura au moins une motion de censure en réponse.
00:26Et si la censure est votée, plus de gouvernement, mais aussi plus de budget.
00:30Il faut donc un accord de non-censure avec soit le PS, soit le RN.
00:35L'an dernier, c'est avec le PS que Sébastien Lecornu s'est mis d'accord, en échange de la
00:40suspension de la réforme des retraites.
00:41Sauf qu'il n'y a plus rien à donner au PS cette année.
00:45Les comptes sont beaucoup trop dans le rouge.
00:47Alors, côté RN, regardons.
00:49Marine Le Pen laisse la porte ouverte, mais elle pose déjà des conditions.
00:52Or, n'oublions pas, elle avait fait exactement la même chose avec Michel Barnier,
00:57qui lui avait fait des concessions, notamment sur l'indexation des retraites.
01:01Mais à la fin, le RN l'avait censurée quand même.
01:04Bref, c'est plus que risqué.
01:05Il y a une autre option, c'est le budget par ordonnance.
01:08Oui, c'est la deuxième option.
01:09L'article 47.1 de la Constitution permet au gouvernement de passer son budget par ordonnance
01:14si rien n'est voté après 70 jours de débat.
01:18Problème, c'est obligatoirement la version initiale du budget de gouvernement.
01:23Donc, il ne pourrait pas inclure les mesures consenties, par exemple, aux agriculteurs ou aux lycéens.
01:29C'est très, très compliqué.
01:31Et puis, surtout, ce budget initial, donc, est en bonne partie caduque.
01:35Il s'appuyait déjà sur des hypothèses économiques très optimistes
01:39et qui, de toute façon, ont été balayées depuis par les prévisions de croissance de l'INSEE,
01:44révisées à la baisse, ça fait baisser les recettes,
01:46et par la hausse des taux d'intérêt qui alourdissent la charge de la dette.
01:51Bref, cette option ne permet même pas de tenir le déficit sous les 5% du PIB.
01:57Et pendant ce temps-là, les marchés nous surveillent.
01:59Et la loi spéciale, alors ?
02:00La troisième option, une loi qui reconduit le budget précédent.
02:03On a connu ça pour quelques semaines, les deux dernières années.
02:06Mais là, avec la présidentielle, le risque est que cela dure 10 voire 12 mois
02:10car il faudrait reprendre une procédure législative après les élections législatives.
02:16Non seulement cela coûte très cher, au minimum 15 milliards,
02:19selon l'inspection des finances, entre les effets d'indexation,
02:22mais cela paralyserait les investissements publics, l'action de l'État
02:26et surtout entraverait les premiers mois d'exercice du nouveau président,
02:30ce qui inquiète tous les candidats, y compris Marine Le Pen.
02:33Tout cela est tellement désespérant que j'ai dû m'en remettre à Émile Cioran,
02:37souvent considérée comme le pape du pessimisme
02:40et qui nous a laissé cette sentence fataliste et paradoxalement rassurante que je vous cite
02:45« Nous sommes tous des farceurs, nous survivons à nos problèmes ».
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