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Face aux violences, aux pillages et aux actes de vandalisme du 17 octobre, Emmanuel Macron a prononcé une allocution courte et inhabituelle. Étienne Gernelle analyse cette intervention comme le signe d'un président profondément désemparé. Si le chef de l'État a exprimé sa colère et réclamé des sanctions exemplaires, il semble bien moins à l'aise sur les questions de sécurité intérieure que sur les sujets économiques. Dépourvu de majorité absolue et de marge budgétaire pour les forces de l'ordre, le président apparaît affaibli et sans solution en cette fin de mandat. Une posture politique délicate qui illustre tragiquement cette citation de Victor Hugo : « En temps de révolution, qui est neutre est impuissant ». Retrouvez l'édito d'Étienne Gernelle, directeur du « Point », sur RTL Matin, du lundi au jeudi.

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Transcription
00:02Avec vous Etienne Jernel, directeur du Point, l'Elysée a complété par communiqué ce matin,
00:08et c'est assez inhabituel à 7h, l'allocution du Président de la République hier soir.
00:11Vous l'avez écouté attentivement vous, le chef de l'État, Etienne, qui réagissait aux violences survenues en marge des
00:16mobilisations,
00:17et il vous avait semblé désemparé.
00:19Oui, le communiqué de ce matin ne fait que démontrer le raisonnement.
00:24Hier, Emmanuel Macron n'était pas à son aise, et premier signe d'un certain désarroi pour un Président qui
00:30s'exprime parfois très longuement.
00:32Cette intervention était courte, 8 minutes 30, à part celle sur la dissolution et celle sur l'incendie de Notre
00:38-Dame,
00:39il n'en a pas souvent fait de plus courte.
00:41Alors, bien sûr, il a mis des mots forts sur ce qui s'est passé, il a parlé de colère,
00:46de honte,
00:46il a souhaité une réponse judiciaire exemplaire, etc.
00:49Il a aussi évoqué les failles du renseignement et sommé le gouvernement de faire la transparence sur ce qui s
00:55'est passé,
00:56afin que cela ne se reproduise pas.
00:58Mais à la fin, la remise en cause est plutôt rapide en regard de la sidération nationale face aux violences.
01:05D'autant que ces violences avaient repris à l'heure même où il parlait.
01:08Il aurait dû annoncer quelque chose, selon vous, dès hier soir ?
01:11Ah, vous savez, les annonces à chaud, ce n'est pas forcément toujours le mieux,
01:14mais cela s'explique aussi, et c'est peut-être le deuxième étage du désarroi présidentiel.
01:20Les questions de sécurité ne sont pas son sujet de prédilection.
01:25Rien que cette phrase prononcée hier est étonnante.
01:28Je le cite, comment des Français peuvent-ils faire cela à la France ?
01:33Fermez les guillemets.
01:34Curieuse formule quand on connaît l'histoire violente de la France,
01:38et je parle sous le contrôle de Virginie Giraud.
01:40Mais depuis le début de sa carrière politique, Emmanuel Macron est beaucoup plus à l'aise,
01:44de toute évidence, pour parler d'économie, d'émancipation, etc.
01:48Ce sont ses thèmes.
01:50Alors, il s'est saisi de la défense une fois à l'Elysée,
01:53mais la sécurité intérieure, eh bien, beaucoup moins.
01:56Regardez le contraste.
01:57Hier, il a pris soin, il a raison d'ailleurs,
01:59de ne pas confondre les lycéens et leurs revendications
02:03avec les violences et leurs auteurs.
02:04Il a annoncé vouloir réunir des organisations étudiantes,
02:09collectivités parlementaires, pour construire, dit-il, des solutions durables.
02:13Mais sur les violences elles-mêmes,
02:15qui sont la source de l'assidération de ce week-end,
02:18il n'a pas évoqué de grande réflexion nationale
02:21pour s'adapter à une donne qui, manifestement, est nouvelle.
02:24Il faut dire aussi qu'il est en fin de mandat et que cela se voit.
02:27Il n'a plus la main, selon vous ?
02:29Pas vraiment, c'est le troisième étage du désarroi, probablement.
02:31Il n'a pas de majorité,
02:33il lui est donc difficile de faire adopter de nouvelles lois,
02:35ainsi tant est que c'est ça la bonne réponse.
02:37Il n'a aucune marge de manœuvre budgétaire pour la police.
02:41Il est surtout un président politiquement faible,
02:44ce qui est logique, normal, en fin de mandat hier.
02:47Vous savez, il a souhaité une belle présidentielle,
02:50une formule curieuse.
02:51Mais c'est une formule normale pour un homme qui n'y sera pas engagé,
02:54qui sera finalement en surplomb,
02:56et qui peut être déjà un peu en surplomb.
02:59En 1851, au moment du coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte,
03:03Victor Hugo écrivait ceci, je le cite,
03:05en temps de révolution,
03:07qui est neutre et impuissant.
03:09Etienne Gernet, directeur du Point.
03:11L'histoire en direct.

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