00:00Hier soir, le candidat Renaissance à la présidentielle, Gabriel Attal, a proposé sur TF1 une grande primaire des démocrates pour
00:07éviter un deuxième tour LFI-RN.
00:10Loin d'être une solution miracle pour vous, Étienne, elle a d'ailleurs peu de chances d'aboutir.
00:15Ah oui, Céline, et si ça se produit, je veux bien manger mon chapeau, et comme je n'ai pas
00:19de chapeau, je mangerai au moins la bonnette de ce micro.
00:22Alors, première raison de penser que cela ne se produira pas, le postulat de Gabriel Attal, selon lequel il y
00:29aurait, selon sa formule, une quasi-fatalité à un second tour.
00:34Le Pen-Mélenchon est contestable et sera contesté, car nul doute que dans les six prochains mois, certains candidats seront
00:42siphonnés par d'autres.
00:43Et si l'on additionne les intentions de vote aujourd'hui, éparpillés entre les candidats du centre et ceux de
00:50la droite, ou même du centre-droit, du centre-gauche,
00:52on arrive à un total bien supérieur au poids de Jean-Luc Mélenchon.
00:56La fatalité dont parle Gabriel Attal n'est pas assez évidente.
00:59Mais surtout, surtout, le problème de sa grande primaire, évidemment, c'est le découpage.
01:04Vous voulez parler du périmètre de la primaire ?
01:06Oui, c'est la deuxième raison d'être sceptique, et elle est énorme.
01:10Gabriel Attal n'a pas voulu, hier soir, rentrer dans l'exercice cartographique précis, mais à entendre ses critères,
01:17par exemple l'incompatibilité avec le RN ou LFI, ou une orientation pro-européenne,
01:22on peut imaginer que son cercle, à lui, irait à droite jusqu'à Bruno Retailleau et David Lissnard,
01:27à gauche jusqu'à Raphaël Glucksmann ou François Hollande.
01:30Marine Tondelier, c'est pas clair, je ne suis pas sûr.
01:32Ce qui est certain, en revanche, c'est que cet ensemble aurait l'avantage de placer Gabriel Attal en son
01:38centre, évidemment.
01:40Tout le monde veut un périmètre de primaire dont il est le centre de gravité.
01:44C'est logique, mais là, ce sera difficile de convaincre, par exemple, Bruno Retailleau ou Raphaël Glucksmann
01:49d'entrer dans une primaire qui les placerait sur les marges du périmètre.
01:53Et puis surtout, troisième raison de ne pas croire à cette histoire de primaire,
01:58c'est précisément que chacun peut encore croire à ses chances sans primaire.
02:02Justement, Gabriel Attal a appelé à mettre de côté les égaux.
02:06Soyons sérieux, Céline, on parle de politique ici.
02:09Personne ne se présente à une élection présidentielle sans avoir une certaine idée de son destin.
02:15Alors, Gabriel Attal a certainement raison sur le diagnostic global.
02:19Il y a une présidentielle dans la présidentielle,
02:21entre ceux qui ne sont ni Marine Le Pen ni Jean-Luc Mélenchon
02:24et qui considèrent qu'un deuxième tour entre les deux,
02:26c'est-à-dire une victoire très probable de la candidate RN, serait un désastre historique.
02:31Mais justement, nous apprend Shakespeare, c'est dans Antoine et Cléopâtre,
02:35et je vous le cite,
02:36« L'ambition, vertu des guerriers, fait préférer une défaite
02:40à une victoire qui ternit la renommée du chef. »
02:43Etienne Gernel, directeur du Point.
02:45À la une d'ailleurs de votre journal cette semaine, Etienne.
02:48Immigration, sortir des fantasmes et du déni.
02:52Et du déni, oui.
02:53Il faut peut-être un moment parler sérieusement de ce sujet,
02:56sans anathème et sans fantasme.
02:59Vous aimez être sérieux, vous ?
03:00De temps en temps, oui.
03:01Sous-titrage Société Radio-Canada