00:00Tanguy Passuro, je vous trouve de très bonne humeur.
00:02Mais oui, attention, décalé catane, décalé catane.
00:06La Pitchouli, le rendez-vous de tous les basques du pays.
00:10Attention, musique !
00:13Voilà, je rappelle que je n'ai pas de billet pour Stevie Wonder demain à Paris,
00:17mais je m'en fous, je suis heureux quand même.
00:19Pourquoi ? Parce que je suis un peu con ? Peut-être.
00:22Mais surtout parce que surjouer la gaieté permet d'éloigner les pensées les plus sombres.
00:26C'est connu, les gens drôles sont dépressifs.
00:28Prenez Ségolène Royal.
00:29La comédienne de la ligue d'impro qui s'est incrustée dans la primaire à gauche pour la chaîne Comédie+.
00:33Bon ben, ça se voit qu'elle n'est pas bien.
00:36Patrick Sébastien, un homme de 72 ans qui se retrouve à chanter la caquette à Raoul.
00:40Enfin, ne me dites pas que ce n'est pas un appel au secours.
00:42D'ailleurs, si on prend caquette à Raoul, qu'on enlève 95% des lettres,
00:45qu'on garde le haut de Raoul, qu'on ajoute deux S, ça fait SOS.
00:48Ça ne peut pas être un jarre.
00:50Et même moi, parfois, je n'ai pas le moral.
00:52Voilà, tenez, ce matin, on a appris que Natacha Polony se présentait à l'élection présidentielle.
00:56Je rappelle que pour l'instant, seuls trois Français ne sont pas candidats.
01:01Gilles Sanchez, 51 ans de Reims, qui n'a pas le temps.
01:04Le petit Enzo, il ne peut pas parce qu'il a 6 ans et demi.
01:06Et Olivier Faure, du PS, qui est en garde à vue après son braquage raté de l'usine de production
01:12d'Hexanax.
01:13Il a hurlé, fil et moi, tout le stock avant de faire un malaise vagal,
01:16parce qu'il a exprimé trop d'émotions par rapport à d'habitude et le corps a lâché.
01:20Alors, à titre personnel, je n'ai rien contre Natacha Polony,
01:23parce que je ne suis pas coiffeur visagiste.
01:25Au contraire, on a travaillé ensemble à la télé et je la faisais rire.
01:28Bon, ça, vous allez me dire, c'est normal.
01:30Et puis, vous vous souvenez qu'elle a aussi fait « On n'est pas couché ».
01:34Zemmour aussi, d'ailleurs.
01:35On sous-estime le poids de Laurent Ruquier sur les élections.
01:38En fait, je pense qu'il a un élevage.
01:40Un jour, Karine Lemarchand va l'élevoir dans sa ferme.
01:42Il va lui montrer un prêt avec des jeunes en costard qui broutent,
01:45en disant « Alors, ceux-là, c'est pour l'élection de 2037.
01:47Il y a déjà une condamnation pour corruption. »
01:49Donc, vous voyez, ça avance bien, on progresse.
01:51Mais Ruquier, ça a remplacé l'ENA.
01:54Florian Gazan qui fait les grosses têtes avec lui.
01:56Regardez-le, comme il se tâte, la dialé.
01:58Il fait mine de rien.
01:59« À demain, les amis, je vais jouer au pickleball. »
02:01Tu parles.
02:02Dans Saousse, il n'y a pas de raquette.
02:03Il y a un téléphone secret relié à l'IFOP
02:05parce qu'il teste déjà son nom dans les sondages.
02:08Ça frémit.
02:09Oui, ça frémit, c'est vrai.
02:11Ça frémit.
02:12Pourquoi cette candidature de Natacha Polony vous plombe-t-elle comme ça ?
02:15Parce que j'ai fait une bêtise, une grosse bêtise.
02:17J'ai regardé son clip de campagne.
02:19Je pensais que ça allait être à son image sympa, colorée.
02:22Avec des petits lapins qui sautent sur des sprays de lac
02:24fixés sur Fortelnet.
02:26Eh bien, raté.
02:28Notre industrie s'est effondrée.
02:29Notre dette est immense.
02:31Nos forêts brûlent.
02:32Nos rivières s'assèchent.
02:33Notre démographie s'écroule.
02:35Là, j'ai fait pause.
02:36Pris de panique.
02:37J'ai hyper ventilé.
02:38J'ai soufflé dans un tut-back.
02:40Bio, c'est bon.
02:40C'est comme souffler dans un sac en papier
02:42mais quand on est un peu bobo à Paris.
02:43Et je me suis dit, allez, reprends.
02:45Parce que derrière, il y a forcément des bonnes nouvelles.
02:48L'hôpital s'épuise.
02:49L'école ne tient plus sa promesse.
02:52Là, j'ai refait pause.
02:53J'ai appelé mon psy.
02:54C'est sa femme qui m'a répondu en pleurs.
02:57Elle m'a dit, il vient de se pendre.
02:58Il s'était mis un post-it dans la bouche à son intention
03:01et qui crie, ne regarde surtout pas le clip de Polonie.
03:04J'ai raccroché.
03:05Je me suis dit, au moins, je ne sais pas, à la campagne.
03:07Ça va, la campagne ? C'est chouette.
03:08J'ai remis le clip.
03:09Nos agriculteurs ne vivent même plus de leur travail.
03:12Oh là là là là.
03:13Donc, la campagne, non.
03:14Donc, je me suis dit, ok, en ville.
03:16Je ne sais pas, les quartiers, tout ça.
03:17La vie est belle en ville.
03:18La violence et les trafics.
03:19On pourrait j'aime des quartiers en ville.
03:21Oh mais ça donne espoir.
03:22Et là, j'ai fermé mon ordi.
03:23Je l'ai détruit pour conjurer le sort.
03:25Je suis sorti en bas de chez moi.
03:27Le boulanger fermait sa boutique à midi.
03:29Il m'a dit, à quoi bon, on est foutus ?
03:30Vous avez vu le clip de Polonie ?
03:32On a pleuré ensemble.
03:33Je me suis mouché dans un croissant aux noisettes.
03:35J'avais des noisettes plein le nez.
03:36Je ressemblais à Tik et Tac si c'était mis à sniffer.
03:39Natacha Polonie a donc fait la liste de tout ce qui ne va pas en France.
03:42Ok, ok.
03:43Moi, si je faisais la même chose, je me roulerais en boule et j'attendrai la mort.
03:47Je m'isolerais comme Diogène ou Benoît Poulvord.
03:49Enfin, des gens qui vivent dans des tonneaux, quoi.
03:52Mais elle, non.
03:53Elle ressasse tout ça.
03:55Et au lieu de s'effondrer, elle se dit, banco, j'y vais.
03:58Alors, j'ai une théorie qui est qu'elle se drogue.
04:01Et alors, Natacha Polonie a dit, la situation m'oblige.
04:04Et en fait, c'est marrant parce que les candidats, ils ne veulent jamais y aller.
04:08C'est toujours à cause de la situation.
04:09Ah là là, cette situation, au départ, je ne voulais pas.
04:12Si ce n'est pas l'ENA, c'est Natacha situation, quoi.
04:14Moi, je vis la même situation qu'eux et jamais je me lance.
04:18Alors, franchement, je pense que c'est moi qui ai un problème à un moment, voilà.
04:21Pas du tout, pas du tout.
04:22Et on embrasse Natacha Polonie.
04:24Évidemment.
04:30Merci beaucoup, merci à tous les trois.
04:32Et on se retrouve demain, même heure, même endroit.
04:34Pas d'hôtel.