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  • il y a 5 minutes
Dans son édito du 16/10/2026, Laurent Tessier revient sur le coup de gueule de Guillaume Faury, président exécutif du groupe Airbus, qui a parlé du «parcours du combattant pour investir en France».

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Transcription
00:00Oui, c'est un coup de gueule qui n'est quasiment pas relayé dans l'espace médiatique.
00:03Guillaume Fauri, c'est le président exécutif du groupe Airbus, a été auditionné mercredi par la commission des affaires économiques
00:09de l'Assemblée nationale.
00:10Il a parlé du parcours du combattant pour investir en France.
00:14Aujourd'hui, investir industriellement en France, c'est le parcours du combattant.
00:19Si on veut s'assurer que les entreprises arrêtent d'investir en France, on continue à garder le parcours du
00:26combattant.
00:26Là où moi, quand je vais dans d'autres pays, je vois des pays qui nous disent « Monsieur Fauri,
00:30qu'est-ce qu'on peut faire pour vous ? »
00:32Investir industriellement en France, c'est le parcours du combattant.
00:35Les mots du patron d'Airbus sont forts et résument tout.
00:37Aujourd'hui, nous mettons des buts contre notre propre camp alors que d'autres pays peuvent dérouler le tapis rouge.
00:42Autre avertissement lancé mercredi matin.
00:45Si on ne renouvelle pas les conditions favorables d'investissement sur des investissements qui sont de plusieurs dizaines de milliards
00:51d'euros pour Airbus
00:52et autant pour sa chaîne de fournisseurs,
00:54s'il n'y a pas les conditions pour faire ces investissements de façon réussie,
00:57ces investissements n'auront pas lieu ou ils auront lieu ailleurs.
01:00Et aujourd'hui, dans ce que je vois en Europe et en particulier en France,
01:04on a du coût du travail, du coût de l'énergie et du coût des barrières réglementaires
01:07qui sont extrêmement problématiques pour regarder le futur confortablement.
01:13Le problème, c'est qu'aujourd'hui en France, des élus politiques, notamment du côté de la France Insoumise,
01:17ciblent les grands groupes, les chefs d'entreprise
01:19qui font vivre des milliers de familles qui investissent en France et qui prennent des risques.
01:22Et Laurent, ce n'est pas la première fois qu'un dirigeant d'un grand groupe alerte la classe politique
01:26à l'Assemblée nationale.
01:28Vous avez raison. En avril 2025, le directeur général de Safran, deuxième équipementier aéronautique mondial,
01:33Olivier Andriès, avait poussé un coup de gueule sur le discours d'écologistes.
01:37Il parlait à ce moment-là de la construction d'une nouvelle usine près de Rennes.
01:40Je vais être très très clair avec vous.
01:43Pour moi, il n'est plus question aujourd'hui d'investir en France dans une ville qui est détenue par
01:51une majorité écologiste.
01:53Ce n'est plus possible. Je ne le ferai pas.
01:56Si c'est pour se faire accueillir quand on crée 500 emplois dans une région,
02:01si c'est pour se faire accueillir par des tomates, ce n'est pas la peine. Je ne le ferai
02:05pas.
02:06Il faut écouter ces paroles de chef d'entreprise. L'an dernier, en février,
02:10Luca Demeo, ancien directeur général de Renaud Group, avait été lui aussi auditionné à l'Assemblée nationale
02:15par la Commission des affaires économiques. Et c'était quelques jours après les propos de Sophie Binet,
02:19la secrétaire générale de la CGT, qui avait déclaré « Les grands patrons coulent le pays, les rats quittent le
02:24navire ».
02:25Je peux vous dire une chose. Moi, je travaille 60, 70, 80 heures par semaine.
02:30Vous pensez que je dors la nuit tranquille quand il y a ce type de problème ?
02:34Donc, ne me prenez pas de ce côté-là, parce que nous aussi, on est des travailleurs.
02:39On est des gens qui mettent tout et risquent tout dans le truc. Ça, c'est la vérité.
02:43Les alertes de dirigeants de grands groupes s'accumulent en l'espace de quelques mois
02:46et tout se résume en une phrase du patron d'Airbus.
02:49Là où on fait un investissement industriel en deux ans, aux États-Unis, il faut cinq ans pour le faire
02:54en France.
02:55Et voilà, tout est résumé par ces dirigeants des grands groupes.
02:57Sous-titrage Société Radio-Canada

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