00:0116h, 18h, Pascal Proébou sur Europe 1.
00:04Est-ce que vous êtes inquiet avec ce qui arrive demain ?
00:06Faut-il craindre des violences incontrôlables ?
00:09Nous sommes sur Europe 1 et vous pourrez écouter l'antenne sur Europe 1 demain également
00:14puisque toutes les équipes de la station sont sur le pied, sur le qui-vive je vais dire.
00:21Le Premier ministre Sébastien Lecornu a convoqué une cellule interministérielle de crise en vue de la mobilisation.
00:26Environ 500 actions sont envisagées et plus de 90 manifestations sont en cours de structuration.
00:33L'entourage du ministre de l'Intérieur Laurent Nunez prévient que les actions de blocage sur des axes structurants,
00:39des équipements majeurs, importants, essentiels ne seront pas tolérés.
00:43Je vous propose d'écouter Laurent Nunez, ministre de l'Intérieur, il était ce matin sur France 2.
00:47Je les ai suspendus pour un type de grenadines assourdissantes, il y en a plusieurs, c'est un type qui
00:50a été suspendu,
00:51celui qui a été utilisé dans les conditions décrites par le parquet de Béthune à Lens.
00:57Donc j'ai suspendu effectivement cette grenadine assourdissante uniquement pour le mouvement lycéen.
01:01Il faut savoir qu'elles sont très peu utilisées.
01:03Demain, s'il devait y avoir des violences urbaines extrêmement graves en marge d'un cortège ou ailleurs,
01:09évidemment ce type d'armement peut être utilisé.
01:11Mais les instructions que j'ai passées sont très claires,
01:14les policiers et les gendarmes doivent pouvoir utiliser l'ensemble des armes intermédiaires à leur disposition.
01:19Ça va de la grenade lacrymogène aux lanceurs de balles de défense,
01:23dans des conditions qui sont celles d'un contexte d'extrême difficulté,
01:28et notamment quand la situation bascule en violences urbaines ou en émeutes.
01:31Il est 17h09, on est avec Kevin.
01:33Alors Kevin, bonjour, j'ai découvert votre visage, parce que vous intervenez également sur l'antenne de BFM, Kevin.
01:40Bonjour, oui, c'est ça exactement.
01:42J'ai vu effectivement, et vous aviez échangé avec Louise Montangon il y a quelques jours.
01:47Alors demain, je rappelle que vous êtes gardien d'immeuble, vous nous appelez régulièrement,
01:51vous avez trois enfants, et vous êtes plutôt un sympathisant et même un militant de la France insoumise.
01:58Oui, tout à fait, et anciennement gilets jaunes.
02:00Voilà, pourquoi demain vous manifestez ?
02:03Pour plusieurs facteurs, la vie qui devient de plus en plus compliquée sous la macronie,
02:10le coût de la vie, on arrive le 15 du mois, on n'a plus rien limite pour aller manger,
02:15on ne vit plus, on survit, il y a une crise sociale dans le pays.
02:20Votre épouse travaille, Kevin ?
02:22Non, on ne travaille pas.
02:23Donc il n'y a qu'un salaire, le vôtre, pour 5 ?
02:27Oui, c'est ça, c'est ça.
02:28Et c'est un salaire que je peux imaginer, gardien d'immeuble, vous gagnez entre 2000 et 2500 euros net,
02:34peut-être ?
02:35Oui, vous pouvez baisser, vous pouvez baisser, entre 1500 et 2000.
02:38Oui, donc effectivement, et alors, pardonnez-moi de poser une question indiscrète,
02:43mais pourquoi votre épouse ne travaille-t-elle pas ?
02:45Parce qu'elle a travaillé auparavant, et quand on a eu l'arrivée de nos enfants,
02:50on a fait un choix de vie où elle préfère garder du temps avec ses enfants
02:54plutôt que d'aller laisser à 3 mois chez la nourrice.
02:56Je comprends. Le dernier, à quel âge ?
02:59Un an.
03:00Oui, donc effectivement, et puis ça coûterait évidemment un certain prix,
03:04mais elle imagine reprendre à travailler lorsque l'enfant peut-être sera scolarisé ?
03:11Oui, oui, oui, tout à fait, oui, oui, c'est le projet par la suite de...
03:14Là, on est dans un cas effectivement difficile, vous avez raison,
03:18c'est qu'il faut, j'imagine qu'il n'y a pas de place pour les loisirs quasiment,
03:23avec 1500 euros net à 5, c'est quand même, la vie est difficile.
03:29Oui, oui, la vie est difficile, même quand je vois des gens avec deux salaires,
03:34la vie est compliquée, donc ouais, franchement...
03:36Ça ne serait quand même pas la même chose, là, le mot survie, moi j'ai rebondi,
03:40parce que vous avez dit on survit, donc ce qui est vrai, c'est que si vous aviez 3000 euros,
03:44évidemment, ce n'est pas du tout la même chose.
03:46Ah non, effectivement, non, non, ce n'est pas la même chose,
03:48mais quand je parle à mon entourage, même des personnes qui travaillent,
03:51c'est la même chose, c'est de la survie, quand on voit le prix des courses,
03:55le prix de l'essence, de l'énergie, je pense qu'on est tous impactés,
04:00et j'écoutais un collègue à vous, là, sur BFM, Dominique Rizèche, je crois,
04:05qui hier ou avant-hier sur BFM, même lui a dit que quand la classe,
04:09on va dire un peu bourgeoise, journaliste, etc.,
04:12commence à ressentir l'impact de la vie quotidienne,
04:14c'est que ceux d'en bas souffrent, et lui-même a dit, nous, on n'a pas vu ça.
04:18Donc ça m'a étonné de sa franchise, et effectivement, demain,
04:21je vais manifester pour toute cette colère légitime,
04:25qui va des lycéens, aux agriculteurs, aux pompiers, aux soignants,
04:28moi, c'est vraiment la France d'en bas, elle est comme Coluche.
04:32– Là où il y a discussion, c'est qu'il faut aussi savoir,
04:35et pardonnez-moi, un peu ce qu'on veut.
04:37C'est-à-dire qu'en France, il y a beaucoup de choses qui sont gratuites.
04:42Et par exemple, la santé, c'est gratuit.
04:46Bon, ça a un prix.
04:48Si demain, on propose aux Français de ne plus payer,
04:54de ne plus, comment dire, oui, de ne plus payer pour eux la santé,
04:59forcément, à la fin du mois, leur bulletin de salaire sera un peu plus élevé.
05:05Il y a beaucoup de choses, quand même, qui sont gratuites.
05:07Vous, vous ne payez pas d'impôts, par exemple ?
05:10– J'en payais avant d'avoir mes enfants,
05:13et effectivement, depuis la naissance de mes enfants, je ne paye plus d'impôts.
05:16– Vous avez quand même quelques prestations sociales qui rentrent dans la maison.
05:20– Je n'ai le droit quasiment à rien,
05:22parce que mon seuil, je dépasse légèrement le seuil
05:25pour pouvoir bénéficier, notamment de la prime d'activité, par exemple.
05:28– C'est-à-dire que les allocations familiales,
05:32vous n'avez rien du tout avec trois enfants ?
05:34– Non, c'est très très peu.
05:36C'est très très peu.
05:37– Non, mais c'est vrai que c'est compliqué, ça.
05:39Je ne peux pas vous dire autre chose.
05:41Alors, le paradoxe, c'est que vous manifestez contre Emmanuel Macron,
05:44mais dans six mois, il n'est plus là, Emmanuel Macron.
05:46– Eh bien, on vient justement à un point pour moi crucial,
05:49M. Pro, de mes différentes luttes depuis l'époque des Gilets jaunes,
05:52c'est qu'il faut se rendre compte que dans ce pays,
05:56il y a une crise institutionnelle, une crise de régime.
05:59Déjà, moi, je n'ai jamais digéré, M. Pro, votre ami Sarkozy,
06:02qui en 2007, quand les Français disent non à la Constitution européenne,
06:08Sarkozy le fait passer en 2007 à Lisbonne.
06:09– Ce n'est pas Sarkozy, c'est les députés et les sénateurs.
06:11Mais bon, on marque une pause à 17h14 et on va continuer la discussion.
06:15– Merci.
06:15– Merci.
06:15– Merci.
06:15– Merci.
06:15– Merci.