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  • il y a 2 heures
Pascal Praud revient pendant deux heures, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

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Transcription
00:00Europe 1.
00:01Pascal Pro et vous.
00:03A 16h16, c'est votre émission de lundi au vendredi sur Europe 1.
00:06Vous êtes au cœur de nos émissions, experts du quotidien.
00:09Nous attendons vos avis et ça va être celui de Rebecca.
00:11Sera-ce un coup de gueule ou un coup de cœur ?
00:14Rebecca à Lyon, bonjour, rebonjour Rebecca.
00:17Bonjour, bonjour.
00:18Coup de cœur ou coup de gueule après ce qui s'est passé ce week-end à Lyon et un
00:23peu partout en France ?
00:25Des coups de gueule, de toute manière, on en a passé d'état et d'état.
00:29Et rien ne change.
00:31Donc en fait, on assiste, on est témoin.
00:34Et voilà, on regarde.
00:35Nous, ça a été ça ce samedi.
00:37On savait qu'on n'allait pas sortir.
00:39Et puis on a regardé toute la journée un peu ce qui se passait.
00:42Et puis à la fin, on s'est dit, ça va, on a évité la cata.
00:47Mais en fait, on subit quoi.
00:49Comme dans tout, on subit maintenant.
00:51Vous habitez dans quel quartier de Lyon, Rebecca ?
00:54Alors moi, j'habite un peu en périphérie à Calurécuil.
00:58Là, en fait, c'est Lyon, quoi.
01:01Bon, vous n'êtes pas allé...
01:02Non, on n'est pas en centre-ville.
01:04Voilà, d'habitude, il vous arrive d'aller à Lyon, par exemple, le samedi dans le centre-ville ?
01:07Ah oui, bien sûr.
01:09Et là, vous n'y êtes pas allé, bien sûr.
01:11Ah non.
01:11Là, de toute manière, samedi dernier, on s'est dit, il y a des manifs.
01:15Donc on n'y va pas.
01:16Et bon, heureusement qu'on n'y a pas été.
01:18Et là, maintenant, à partir de maintenant, de toute manière, ils annoncent samedi prochain.
01:22Tous les samedis jusqu'à Noël ?
01:23Ça va être insupportable.
01:24Oui, mais ça va être tous les samedis jusqu'à que ça s'arrête, en fait, jusqu'à qu'il
01:28y ait un changement, je ne sais pas lequel.
01:30Oui, je sais.
01:30Mais ça ne va pas s'arrêter.
01:32Parce que samedi, c'est quoi ? C'est la vie chère, samedi ?
01:35Non, je ne sais pas.
01:36Bah si, c'est pour la...
01:37Il y a une manifestation, ce n'est pas les lycéens, c'est pour la vie chère.
01:39Non, c'est les Gilets jaunes, oui.
01:40C'est l'acte 3.
01:41C'est l'acte 3.
01:41Donc ça va être tous les samedis, tous les samedis, les centres-villes.
01:44Alors visiblement, il y a quand même des dispositions.
01:46Les manifestations ne seront pas dans le centre-ville, c'est ça ?
01:49Oui, alors c'est ce que vient d'annoncer le président de la République.
01:51Mais ils vont faire aussi le périphérique ?
01:52Comme ils ont fait, en fait, ce week-end, ce samedi, où ils ont fait, en fait, sur les maréchaux.
01:56De Port d'Italie, à Port de Vincennes.
01:58Alors qu'il y a un intérêt, parce que c'est effectivement très large, donc ça nous permet de manœuvrer.
02:02Par contre, attention, parce qu'il y a le périphérique qui est juste à côté.
02:04Donc ça, c'est une autre histoire, parce qu'il faut le sécuriser.
02:06Il n'est pas question qu'il y ait, évidemment, une personne ou qu'on bloque le périphérique.
02:11Stanislas Godon.
02:11Donc nous, en fait, on est un peu perplexe, parce que, d'abord, 70 000 collègues qui ont été mobilisés
02:18samedi.
02:19Vous savez, on ne va pas tenir comme ça, à ce rythme-là.
02:21Plus, je rappelle quand même les couvre-feux qu'on doit faire toutes les nuits.
02:25Et qui dit couvre-feux, ça veut dire contrôle toute la nuit, ça veut dire repos le lendemain.
02:29Donc ça veut dire personnel qui ne sont pas mobilisés.
02:32Donc je ne sais pas jusqu'où on va.
02:34Et vous voyez, j'aurais préféré que le président de la République, quand il vient à Marseille, par exemple,
02:38il nous annonce que notre fameuse prime qu'on réclame depuis le 30 juin,
02:42et vous savez, nous, on a fait des manifs, on n'a même pas mis un mégot par terre.
02:46Donc il n'y a pas de problème de ce côté-là.
02:47Il n'y a eu aucune prime.
02:48Alors, en fait, on demande juste une revalorisation.
02:50Vous voyez, 500 millions d'euros.
02:51Alors, quand j'apprends qu'il y a 4 milliards qui sont débloqués sous la forme d'un emprunt ou
02:56d'un prêt,
02:57pour notamment les lycéens, bon, c'est très bien pour les lycéens,
03:00mais il ne faut peut-être pas oublier ceux qui en prennent plein la figure pour ne pas dire autre
03:03chose.
03:04– Rebecca est avec nous.
03:05Alors, c'est vrai qu'il y a une violence.
03:07Vous faites quoi dans la vie, Rebecca ?
03:09– Alors, moi, de formation, je suis pharmacien, mais là, j'ai eu une petite fille.
03:13Donc là, pour l'instant, je suis en pause et je m'occupe de mes enfants.
03:15– Bah, vous avez bien raison. Vous avez combien d'enfants ?
03:17– Trois.
03:18– Et ils s'appellent comment, vos enfants ?
03:21– Je n'ai pas très envie de donner leur frénom.
03:24– Bon, vous n'avez pas envie de les donner.
03:25– Non.
03:26– Bon, Rebecca, vous êtes lyonnaise depuis toujours ?
03:31– Depuis toujours, oui, depuis toujours.
03:32– Ce qui est une jolie ville, évidemment, Lyon, qui est une ville agréable,
03:35qui est une ville bourgeoise, comme on dit, le centre-ville.
03:37Mais les commerçants, j'imagine que vous en connaissez, des commerçants, ils n'en peuvent plus ?
03:40– Ah oui, ah oui.
03:41Alors, les commerçants, il y a ceux qui ont mis la clé sous la porte,
03:46il y a ceux qui ne vont pas tarder, mais ils sont tous, tous, tous au bout.
03:50Et peu importe, je veux dire, c'est même plus une question de
03:53est-ce qu'on fait du chiffre, pas du chiffre.
03:55C'est-à-dire que les boulangers, mais ce n'est pas d'aujourd'hui,
03:57les boulangers n'en peuvent plus,
03:58ils sont taxés sur le petit sac de papier pour vendre un croissant.
04:02Maintenant, ils doivent payer une taxe là-dessus.
04:05Bon, les professionnels de santé, c'est cata.
04:08Dans le commerce, les vêtements, les chaussures.
04:10Enfin, je veux dire, il n'y a pas un secteur qui fonctionne, en fait.
04:13Il n'y a rien qui fonctionne.
04:14Les étudiants, moi, je veux bien aller manifester,
04:17parce que moi aussi, je trouve que mon pouvoir d'achat a baissé, etc.
04:20Mais en fait, il faut voir un peu plus loin.
04:25Là, on passe d'urgence en urgence.
04:27C'est-à-dire qu'on avait le narcotrafic,
04:29après on a eu les violences faites aux enfants,
04:32là maintenant c'est les pillages et les lycéens.
04:35En fait, c'est tout du court-termiste.
04:39Vous avez voté pour Emmanuel Macron, Rebecca ?
04:42Alors non.
04:43En fait, j'ai voté le premier tour à chaque fois, non.
04:46J'ai voté pour François Fillon,
04:47et ensuite j'ai voté, je ne me souviens plus qui se présentait à droite, voilà.
04:52Valérie Pécresse, vous avez voté ?
04:53Non, non, non, je n'ai pas voté pour elle, je n'ai pas voté.
04:56Et j'ai voté au second tour, oui, j'avoue,
05:00mais je le regrette profondément.
05:02Donc vous avez voté, et c'est intéressant,
05:03parce que vous appartenez peut-être à une sociologie
05:06qui peut-être va changer d'avis la prochaine fois.
05:10Je n'aimerais pas, mais on n'aura pas le soir.
05:12Vous avez voté Marine Le Pen, c'est intéressant,
05:14mais est-ce que le...
05:15Non, non, j'ai même fait barrage.
05:16Oui, oui, et vous avez fait barrage,
05:19et la prochaine fois, est-ce que vous savez déjà
05:22pour qui vous allez voter au mois de mai ?
05:25Donc si on était dans une vraie démocratie,
05:27je voterais pour David Lissnard, mais...
05:30Mais on est dans une démocratie,
05:32il ne faut pas dire qu'on n'est pas dans une démocratie.
05:34Oui, alors en théorie, mais en pratique,
05:36vous ne pouvez pas discuter avec les gens,
05:38c'est-à-dire que les gens qui ne pensent pas comme vous,
05:41ils vont vous mettre dans une case,
05:42et personne n'en sort.
05:44Et j'ai l'impression qu'on apprend aux jeunes
05:46à rester dans cette case.
05:47On n'apprend pas l'esprit critique,
05:49on n'apprend pas à essayer de voir autre chose.
05:52En fait, on pense comme ça,
05:53et on va dans le mur,
05:55même si on y va à la tête de la première.
05:56Ce n'est pas grave, on continue.
05:58Et en fait, on ne peut plus discuter.
06:00Donc maintenant, c'est dos à dos,
06:03et c'est qui sera le plus nombreux,
06:05et qui va subir l'autre, en fait.
06:07Non mais ça, ce que vous dites, c'est vrai.
06:09C'est-à-dire qu'il y a une intransigeance
06:14qui est nouvelle, qui n'existait pas comme cela
06:16il y a 20 ou 30 ans,
06:18ou aujourd'hui...
06:19Mais même il y a 10 ans ?
06:20Oui, même il y a 10 ans,
06:22où toute discussion, effectivement,
06:28est quasiment impossible.
06:29Et j'entends que ce n'est pas agréable.
06:34Et je lisais un livre,
06:37je voyais, je ne lisais pas entièrement,
06:40mais je voyais un livre de Bernard-Henri Lévy
06:42qui s'appelle La pureté dangereuse,
06:44qui est pari en 1994.
06:47Et comment dire,
06:49il mettait en place,
06:53comment dire,
06:54le fait que, précisément,
06:56on ne peut plus échanger ensemble,
07:00et il annonçait quasiment
07:02le monde d'aujourd'hui.
07:04C'est-à-dire qu'on désigne,
07:06on pouvait caractériser
07:08ou résumer le mécanisme ainsi,
07:10on promet l'harmonie,
07:11on désigne ce qui la corrompt,
07:13on justifie son exclusion,
07:14et l'autre cesse alors
07:16d'être un interlocuteur ou un adversaire,
07:18il devient une présence à éliminer.
07:19C'est ça la thèse de ce livre.
07:21La question provocatrice de Lévy est donc celle-ci,
07:23comment une certaine conception de la vertu
07:25peut-elle autoriser le pire ?
07:28Entendez cette phrase,
07:29comment une certaine conception de la vertu
07:31peut-elle autoriser le pire ?
07:33C'est l'extrême gauche qui considère
07:34que tout est fascisme,
07:36donc c'est au nom de cette vertu,
07:38on va les éliminer.
07:40Son rapprochement entre intégrisme,
07:42nationalisme, passion révolutionnaire
07:44porte sur cette logique de purification
07:46sans rendre les histoires identiques.
07:48Et je trouve que ce livre
07:49est extrêmement intéressant.
07:50Et parallèlement à ça,
07:51il y a un autre livre qui vient de ressortir
07:53de Jean Raspail qui s'appelle Sire,
07:55S-I-R-E, Sire,
07:57et qui raconte la violence
07:59des journées d'octobre 1793
08:03lorsque les émotiers,
08:04les révolutionnaires,
08:05sont allés déterrer
08:06tous les corps de tous les rois de France.
08:09Et c'est d'une violence inouïe.
08:11C'est Henri IV qu'on va chercher
08:12jusqu'à Claudion le chevelu.
08:15Claudion le chevelu,
08:16qui sont allés chercher,
08:17qui était un des premiers rois francs
08:20des années 400,
08:22qu'ils ont retrouvé
08:22dans les coursives
08:24de la basilique Saint-Denis,
08:26et ils ont sorti tous ces gens-là.
08:27Alors, parfois, certains étaient intacts
08:29parce que le cercueil plombé,
08:31ça date du XVIe siècle,
08:33à partir du XVIe siècle,
08:35t'as sorti la tête d'Henri IV.
08:36Mais ce qu'ils ont fait d'Henri IV
08:37est invraisemblable.
08:38Ce qu'ils ont fait de Louis XIV
08:39est invraisemblable.
08:40Ce qu'ils ont fait de tous les rois,
08:41les princes, les reines, etc.,
08:42c'est invraisemblable.
08:43Donc, c'est cette violence-là
08:45qui, parfois,
08:47une violence mimétique,
08:48qui, parfois,
08:49débarque dans la société française
08:51et fait peur.
08:52Parce que c'est la Révolution française,
08:53c'est la Commune,
08:54c'est régulièrement,
08:55c'est l'épuration, parfois.
08:56Et ça, ça fait peur, Rebecca.
08:58Ah oui, ça fait peur.
09:01Et on ne sait pas par quels moyens
09:03on peut en sortir, en fait.
09:05Et c'est inquiétant.
09:06C'est vraiment inquiétant
09:07parce que, je veux dire,
09:08moi, je n'ai pas de...
09:09Bien sûr que j'ai des convictions,
09:11mais je veux dire,
09:12pas de là à me battre avec les gens
09:14ou à s'insulter ou à...
09:15Enfin, je veux dire,
09:16c'est trop violent.
09:18Bon, je veux dire,
09:19on n'est pas...
09:20Il faut arrêter.
09:20On n'est pas en 1789.
09:22Il faut quand même se calmer.
09:23Je veux dire,
09:23on ne travaille pas.
09:24On a quand même des prestations.
09:26Je veux dire,
09:26on est dans un pays
09:27qui aide les gens quand même
09:29à avancer,
09:30qui ne laisse personne
09:30sur le bas-côté.
09:31Alors, bien sûr que c'est difficile,
09:33mais je veux dire,
09:33ça pourrait être pire.
09:34Et en fait,
09:36je ne sais pas,
09:37les gens ne se concentrent pas
09:37sur ce qu'on pourrait faire de mieux,
09:39mais ils font le pire.
09:42En tout cas,
09:43vous dites,
09:43on n'est pas en 1789,
09:46mais certains pensent
09:47qu'on est en 1788.
09:49C'est-à-dire que...
09:50Et là,
09:51je termine avec ce livre
09:52que j'ai trouvé intéressant à lire,
09:53La pureté dangereuse.
09:56Le danger commence
09:57lorsque les hommes
09:58ne cherchent plus
09:58à améliorer le monde,
10:00mais à le purifier.
10:01Ce qui donne au livre,
10:02précisément,
10:03cette actualité,
10:04c'est une question
10:04toujours ouverte.
10:05Comment retrouver
10:05une espérance commune
10:06sans vouloir fabriquer
10:08une société d'être identique ?
10:10Et avant,
10:11on pouvait,
10:11effectivement,
10:12il y avait des passerelles.
10:13Et vous l'avez très bien dit,
10:14Rebecca,
10:14on ne peut plus échanger
10:16les uns les autres,
10:17sauf manifestement
10:18sur cette antenne d'Europe 1.
10:19Merci beaucoup, Rebecca !
10:21Merci beaucoup !
10:22Je pensais que ça ferait réagir
10:24notre ami...
10:26Comment dire ?
10:27Les veganettes ?
10:28Oui,
10:28je pensais qu'à Claudion le chevelu...
10:31Vous savez ce que j'ai dit à Laurent ?
10:32Il se trompe,
10:33il parle de Céline.
10:35C'est ce genre de blague
10:36qu'on fait en Régie.
10:36Il parle de Céline ?
10:37Céline Dion !
10:38Ah, Claudion !
10:40Oui, voilà.
10:40Voilà le niveau en Régie.
10:42Heureusement qu'on n'en parle pas.
10:45Claudion le chevelu.
10:46Oui, mais Claudion le chevelu,
10:48oui, bien sûr,
10:48je vois très bien.
10:51Très éloigné de Laurent Tessier,
10:52Claudion le chevelu.
10:53Oh non, vous n'avez pas honte,
10:55on parle d'histoire.
10:57C'est horrible !
10:58Ce que sont capables de faire parfois les hommes,
11:01mais c'est horrible !
11:02Et cette période révolutionnaire
11:04qui fait peur,
11:05parce que tu vois ça aujourd'hui
11:07dans les rues de Paris,
11:08mais c'est une permanence !
11:10C'est-à-dire que c'est toujours des hommes,
11:12ce n'est pas des femmes a priori,
11:14c'est des hommes.
11:15Il est 16h20,
11:16il est à tout de suite.
11:1716h18,
11:18vous écoutez Pascal Pro et vous,
11:19et si vous voulez échanger
11:20comme Rebecca avec Pascal Pro,
11:22vous composez le 01-80-20-39-21,
11:25son numéro n'est pas surtaxé.
11:2716h28,
11:27à tout de suite,
11:28avec Pascal Pro sur Europe 1.

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