00:00Europe 1.
00:01Pascal Pro et vous.
00:03A 16h16, c'est votre émission de lundi au vendredi sur Europe 1.
00:06Vous êtes au cœur de nos émissions, experts du quotidien.
00:09Nous attendons vos avis et ça va être celui de Rebecca.
00:11Sera-ce un coup de gueule ou un coup de cœur ?
00:14Rebecca à Lyon, bonjour, rebonjour Rebecca.
00:17Bonjour, bonjour.
00:18Coup de cœur ou coup de gueule après ce qui s'est passé ce week-end à Lyon et un
00:23peu partout en France ?
00:25Des coups de gueule, de toute manière, on en a passé d'état et d'état.
00:29Et rien ne change.
00:31Donc en fait, on assiste, on est témoin.
00:34Et voilà, on regarde.
00:35Nous, ça a été ça ce samedi.
00:37On savait qu'on n'allait pas sortir.
00:39Et puis on a regardé toute la journée un peu ce qui se passait.
00:42Et puis à la fin, on s'est dit, ça va, on a évité la cata.
00:47Mais en fait, on subit quoi.
00:49Comme dans tout, on subit maintenant.
00:51Vous habitez dans quel quartier de Lyon, Rebecca ?
00:54Alors moi, j'habite un peu en périphérie à Calurécuil.
00:58Là, en fait, c'est Lyon, quoi.
01:01Bon, vous n'êtes pas allé...
01:02Non, on n'est pas en centre-ville.
01:04Voilà, d'habitude, il vous arrive d'aller à Lyon, par exemple, le samedi dans le centre-ville ?
01:07Ah oui, bien sûr.
01:09Et là, vous n'y êtes pas allé, bien sûr.
01:11Ah non.
01:11Là, de toute manière, samedi dernier, on s'est dit, il y a des manifs.
01:15Donc on n'y va pas.
01:16Et bon, heureusement qu'on n'y a pas été.
01:18Et là, maintenant, à partir de maintenant, de toute manière, ils annoncent samedi prochain.
01:22Tous les samedis jusqu'à Noël ?
01:23Ça va être insupportable.
01:24Oui, mais ça va être tous les samedis jusqu'à que ça s'arrête, en fait, jusqu'à qu'il
01:28y ait un changement, je ne sais pas lequel.
01:30Oui, je sais.
01:30Mais ça ne va pas s'arrêter.
01:32Parce que samedi, c'est quoi ? C'est la vie chère, samedi ?
01:35Non, je ne sais pas.
01:36Bah si, c'est pour la...
01:37Il y a une manifestation, ce n'est pas les lycéens, c'est pour la vie chère.
01:39Non, c'est les Gilets jaunes, oui.
01:40C'est l'acte 3.
01:41C'est l'acte 3.
01:41Donc ça va être tous les samedis, tous les samedis, les centres-villes.
01:44Alors visiblement, il y a quand même des dispositions.
01:46Les manifestations ne seront pas dans le centre-ville, c'est ça ?
01:49Oui, alors c'est ce que vient d'annoncer le président de la République.
01:51Mais ils vont faire aussi le périphérique ?
01:52Comme ils ont fait, en fait, ce week-end, ce samedi, où ils ont fait, en fait, sur les maréchaux.
01:56De Port d'Italie, à Port de Vincennes.
01:58Alors qu'il y a un intérêt, parce que c'est effectivement très large, donc ça nous permet de manœuvrer.
02:02Par contre, attention, parce qu'il y a le périphérique qui est juste à côté.
02:04Donc ça, c'est une autre histoire, parce qu'il faut le sécuriser.
02:06Il n'est pas question qu'il y ait, évidemment, une personne ou qu'on bloque le périphérique.
02:11Stanislas Godon.
02:11Donc nous, en fait, on est un peu perplexe, parce que, d'abord, 70 000 collègues qui ont été mobilisés
02:18samedi.
02:19Vous savez, on ne va pas tenir comme ça, à ce rythme-là.
02:21Plus, je rappelle quand même les couvre-feux qu'on doit faire toutes les nuits.
02:25Et qui dit couvre-feux, ça veut dire contrôle toute la nuit, ça veut dire repos le lendemain.
02:29Donc ça veut dire personnel qui ne sont pas mobilisés.
02:32Donc je ne sais pas jusqu'où on va.
02:34Et vous voyez, j'aurais préféré que le président de la République, quand il vient à Marseille, par exemple,
02:38il nous annonce que notre fameuse prime qu'on réclame depuis le 30 juin,
02:42et vous savez, nous, on a fait des manifs, on n'a même pas mis un mégot par terre.
02:46Donc il n'y a pas de problème de ce côté-là.
02:47Il n'y a eu aucune prime.
02:48Alors, en fait, on demande juste une revalorisation.
02:50Vous voyez, 500 millions d'euros.
02:51Alors, quand j'apprends qu'il y a 4 milliards qui sont débloqués sous la forme d'un emprunt ou
02:56d'un prêt,
02:57pour notamment les lycéens, bon, c'est très bien pour les lycéens,
03:00mais il ne faut peut-être pas oublier ceux qui en prennent plein la figure pour ne pas dire autre
03:03chose.
03:04– Rebecca est avec nous.
03:05Alors, c'est vrai qu'il y a une violence.
03:07Vous faites quoi dans la vie, Rebecca ?
03:09– Alors, moi, de formation, je suis pharmacien, mais là, j'ai eu une petite fille.
03:13Donc là, pour l'instant, je suis en pause et je m'occupe de mes enfants.
03:15– Bah, vous avez bien raison. Vous avez combien d'enfants ?
03:17– Trois.
03:18– Et ils s'appellent comment, vos enfants ?
03:21– Je n'ai pas très envie de donner leur frénom.
03:24– Bon, vous n'avez pas envie de les donner.
03:25– Non.
03:26– Bon, Rebecca, vous êtes lyonnaise depuis toujours ?
03:31– Depuis toujours, oui, depuis toujours.
03:32– Ce qui est une jolie ville, évidemment, Lyon, qui est une ville agréable,
03:35qui est une ville bourgeoise, comme on dit, le centre-ville.
03:37Mais les commerçants, j'imagine que vous en connaissez, des commerçants, ils n'en peuvent plus ?
03:40– Ah oui, ah oui.
03:41Alors, les commerçants, il y a ceux qui ont mis la clé sous la porte,
03:46il y a ceux qui ne vont pas tarder, mais ils sont tous, tous, tous au bout.
03:50Et peu importe, je veux dire, c'est même plus une question de
03:53est-ce qu'on fait du chiffre, pas du chiffre.
03:55C'est-à-dire que les boulangers, mais ce n'est pas d'aujourd'hui,
03:57les boulangers n'en peuvent plus,
03:58ils sont taxés sur le petit sac de papier pour vendre un croissant.
04:02Maintenant, ils doivent payer une taxe là-dessus.
04:05Bon, les professionnels de santé, c'est cata.
04:08Dans le commerce, les vêtements, les chaussures.
04:10Enfin, je veux dire, il n'y a pas un secteur qui fonctionne, en fait.
04:13Il n'y a rien qui fonctionne.
04:14Les étudiants, moi, je veux bien aller manifester,
04:17parce que moi aussi, je trouve que mon pouvoir d'achat a baissé, etc.
04:20Mais en fait, il faut voir un peu plus loin.
04:25Là, on passe d'urgence en urgence.
04:27C'est-à-dire qu'on avait le narcotrafic,
04:29après on a eu les violences faites aux enfants,
04:32là maintenant c'est les pillages et les lycéens.
04:35En fait, c'est tout du court-termiste.
04:39Vous avez voté pour Emmanuel Macron, Rebecca ?
04:42Alors non.
04:43En fait, j'ai voté le premier tour à chaque fois, non.
04:46J'ai voté pour François Fillon,
04:47et ensuite j'ai voté, je ne me souviens plus qui se présentait à droite, voilà.
04:52Valérie Pécresse, vous avez voté ?
04:53Non, non, non, je n'ai pas voté pour elle, je n'ai pas voté.
04:56Et j'ai voté au second tour, oui, j'avoue,
05:00mais je le regrette profondément.
05:02Donc vous avez voté, et c'est intéressant,
05:03parce que vous appartenez peut-être à une sociologie
05:06qui peut-être va changer d'avis la prochaine fois.
05:10Je n'aimerais pas, mais on n'aura pas le soir.
05:12Vous avez voté Marine Le Pen, c'est intéressant,
05:14mais est-ce que le...
05:15Non, non, j'ai même fait barrage.
05:16Oui, oui, et vous avez fait barrage,
05:19et la prochaine fois, est-ce que vous savez déjà
05:22pour qui vous allez voter au mois de mai ?
05:25Donc si on était dans une vraie démocratie,
05:27je voterais pour David Lissnard, mais...
05:30Mais on est dans une démocratie,
05:32il ne faut pas dire qu'on n'est pas dans une démocratie.
05:34Oui, alors en théorie, mais en pratique,
05:36vous ne pouvez pas discuter avec les gens,
05:38c'est-à-dire que les gens qui ne pensent pas comme vous,
05:41ils vont vous mettre dans une case,
05:42et personne n'en sort.
05:44Et j'ai l'impression qu'on apprend aux jeunes
05:46à rester dans cette case.
05:47On n'apprend pas l'esprit critique,
05:49on n'apprend pas à essayer de voir autre chose.
05:52En fait, on pense comme ça,
05:53et on va dans le mur,
05:55même si on y va à la tête de la première.
05:56Ce n'est pas grave, on continue.
05:58Et en fait, on ne peut plus discuter.
06:00Donc maintenant, c'est dos à dos,
06:03et c'est qui sera le plus nombreux,
06:05et qui va subir l'autre, en fait.
06:07Non mais ça, ce que vous dites, c'est vrai.
06:09C'est-à-dire qu'il y a une intransigeance
06:14qui est nouvelle, qui n'existait pas comme cela
06:16il y a 20 ou 30 ans,
06:18ou aujourd'hui...
06:19Mais même il y a 10 ans ?
06:20Oui, même il y a 10 ans,
06:22où toute discussion, effectivement,
06:28est quasiment impossible.
06:29Et j'entends que ce n'est pas agréable.
06:34Et je lisais un livre,
06:37je voyais, je ne lisais pas entièrement,
06:40mais je voyais un livre de Bernard-Henri Lévy
06:42qui s'appelle La pureté dangereuse,
06:44qui est pari en 1994.
06:47Et comment dire,
06:49il mettait en place,
06:53comment dire,
06:54le fait que, précisément,
06:56on ne peut plus échanger ensemble,
07:00et il annonçait quasiment
07:02le monde d'aujourd'hui.
07:04C'est-à-dire qu'on désigne,
07:06on pouvait caractériser
07:08ou résumer le mécanisme ainsi,
07:10on promet l'harmonie,
07:11on désigne ce qui la corrompt,
07:13on justifie son exclusion,
07:14et l'autre cesse alors
07:16d'être un interlocuteur ou un adversaire,
07:18il devient une présence à éliminer.
07:19C'est ça la thèse de ce livre.
07:21La question provocatrice de Lévy est donc celle-ci,
07:23comment une certaine conception de la vertu
07:25peut-elle autoriser le pire ?
07:28Entendez cette phrase,
07:29comment une certaine conception de la vertu
07:31peut-elle autoriser le pire ?
07:33C'est l'extrême gauche qui considère
07:34que tout est fascisme,
07:36donc c'est au nom de cette vertu,
07:38on va les éliminer.
07:40Son rapprochement entre intégrisme,
07:42nationalisme, passion révolutionnaire
07:44porte sur cette logique de purification
07:46sans rendre les histoires identiques.
07:48Et je trouve que ce livre
07:49est extrêmement intéressant.
07:50Et parallèlement à ça,
07:51il y a un autre livre qui vient de ressortir
07:53de Jean Raspail qui s'appelle Sire,
07:55S-I-R-E, Sire,
07:57et qui raconte la violence
07:59des journées d'octobre 1793
08:03lorsque les émotiers,
08:04les révolutionnaires,
08:05sont allés déterrer
08:06tous les corps de tous les rois de France.
08:09Et c'est d'une violence inouïe.
08:11C'est Henri IV qu'on va chercher
08:12jusqu'à Claudion le chevelu.
08:15Claudion le chevelu,
08:16qui sont allés chercher,
08:17qui était un des premiers rois francs
08:20des années 400,
08:22qu'ils ont retrouvé
08:22dans les coursives
08:24de la basilique Saint-Denis,
08:26et ils ont sorti tous ces gens-là.
08:27Alors, parfois, certains étaient intacts
08:29parce que le cercueil plombé,
08:31ça date du XVIe siècle,
08:33à partir du XVIe siècle,
08:35t'as sorti la tête d'Henri IV.
08:36Mais ce qu'ils ont fait d'Henri IV
08:37est invraisemblable.
08:38Ce qu'ils ont fait de Louis XIV
08:39est invraisemblable.
08:40Ce qu'ils ont fait de tous les rois,
08:41les princes, les reines, etc.,
08:42c'est invraisemblable.
08:43Donc, c'est cette violence-là
08:45qui, parfois,
08:47une violence mimétique,
08:48qui, parfois,
08:49débarque dans la société française
08:51et fait peur.
08:52Parce que c'est la Révolution française,
08:53c'est la Commune,
08:54c'est régulièrement,
08:55c'est l'épuration, parfois.
08:56Et ça, ça fait peur, Rebecca.
08:58Ah oui, ça fait peur.
09:01Et on ne sait pas par quels moyens
09:03on peut en sortir, en fait.
09:05Et c'est inquiétant.
09:06C'est vraiment inquiétant
09:07parce que, je veux dire,
09:08moi, je n'ai pas de...
09:09Bien sûr que j'ai des convictions,
09:11mais je veux dire,
09:12pas de là à me battre avec les gens
09:14ou à s'insulter ou à...
09:15Enfin, je veux dire,
09:16c'est trop violent.
09:18Bon, je veux dire,
09:19on n'est pas...
09:20Il faut arrêter.
09:20On n'est pas en 1789.
09:22Il faut quand même se calmer.
09:23Je veux dire,
09:23on ne travaille pas.
09:24On a quand même des prestations.
09:26Je veux dire,
09:26on est dans un pays
09:27qui aide les gens quand même
09:29à avancer,
09:30qui ne laisse personne
09:30sur le bas-côté.
09:31Alors, bien sûr que c'est difficile,
09:33mais je veux dire,
09:33ça pourrait être pire.
09:34Et en fait,
09:36je ne sais pas,
09:37les gens ne se concentrent pas
09:37sur ce qu'on pourrait faire de mieux,
09:39mais ils font le pire.
09:42En tout cas,
09:43vous dites,
09:43on n'est pas en 1789,
09:46mais certains pensent
09:47qu'on est en 1788.
09:49C'est-à-dire que...
09:50Et là,
09:51je termine avec ce livre
09:52que j'ai trouvé intéressant à lire,
09:53La pureté dangereuse.
09:56Le danger commence
09:57lorsque les hommes
09:58ne cherchent plus
09:58à améliorer le monde,
10:00mais à le purifier.
10:01Ce qui donne au livre,
10:02précisément,
10:03cette actualité,
10:04c'est une question
10:04toujours ouverte.
10:05Comment retrouver
10:05une espérance commune
10:06sans vouloir fabriquer
10:08une société d'être identique ?
10:10Et avant,
10:11on pouvait,
10:11effectivement,
10:12il y avait des passerelles.
10:13Et vous l'avez très bien dit,
10:14Rebecca,
10:14on ne peut plus échanger
10:16les uns les autres,
10:17sauf manifestement
10:18sur cette antenne d'Europe 1.
10:19Merci beaucoup, Rebecca !
10:21Merci beaucoup !
10:22Je pensais que ça ferait réagir
10:24notre ami...
10:26Comment dire ?
10:27Les veganettes ?
10:28Oui,
10:28je pensais qu'à Claudion le chevelu...
10:31Vous savez ce que j'ai dit à Laurent ?
10:32Il se trompe,
10:33il parle de Céline.
10:35C'est ce genre de blague
10:36qu'on fait en Régie.
10:36Il parle de Céline ?
10:37Céline Dion !
10:38Ah, Claudion !
10:40Oui, voilà.
10:40Voilà le niveau en Régie.
10:42Heureusement qu'on n'en parle pas.
10:45Claudion le chevelu.
10:46Oui, mais Claudion le chevelu,
10:48oui, bien sûr,
10:48je vois très bien.
10:51Très éloigné de Laurent Tessier,
10:52Claudion le chevelu.
10:53Oh non, vous n'avez pas honte,
10:55on parle d'histoire.
10:57C'est horrible !
10:58Ce que sont capables de faire parfois les hommes,
11:01mais c'est horrible !
11:02Et cette période révolutionnaire
11:04qui fait peur,
11:05parce que tu vois ça aujourd'hui
11:07dans les rues de Paris,
11:08mais c'est une permanence !
11:10C'est-à-dire que c'est toujours des hommes,
11:12ce n'est pas des femmes a priori,
11:14c'est des hommes.
11:15Il est 16h20,
11:16il est à tout de suite.
11:1716h18,
11:18vous écoutez Pascal Pro et vous,
11:19et si vous voulez échanger
11:20comme Rebecca avec Pascal Pro,
11:22vous composez le 01-80-20-39-21,
11:25son numéro n'est pas surtaxé.
11:2716h28,
11:27à tout de suite,
11:28avec Pascal Pro sur Europe 1.