00:00Avec Charles Aloncle qui est député UDR, rapporteur de la commission d'enquête.
00:04Alors je ne pense pas que vous nous écoutiez tous les jours,
00:06donc vous allez dialoguer à l'instant avec Aliu, je vous préviens.
00:09Aliu n'est pas un client facile.
00:12Aliu est souvent en opposition à la droite et il penche plutôt effectivement à gauche.
00:20Bonjour Aliu !
00:21Bonjour Pascal Praud.
00:23Comment allez-vous ?
00:25Ça va très bien et vous ?
00:26Bon, vous écoutiez Charles Aloncle, vous avez peut-être une question à lui poser
00:29ou tout simplement à entrer en opposition avec ce qu'il disait ?
00:33Avant une question, surtout une appréciation,
00:37parce que c'est la première fois que je vois quelqu'un perdre au matalé,
00:40retour et demander des prolongations.
00:42Et Charles Aloncle, je pense qu'il joue les prolongations avec son livre.
00:46Et pareil, à l'entendre sur votre plateau, en fait, il joue les prolongations.
00:51Alors que clairement, à l'époque de la commission,
00:54il avait bénéficié quand même de tout le groupe Bolloré qui lui a donné un espace médiatique énorme.
01:02Malgré ça, ça n'a pas pris sur l'opinion publique.
01:05L'opinion est d'ailleurs, et j'en finirai là et je le laisserai me répondre,
01:09même ses méthodes.
01:10J'ai oublié qui était le président à l'époque de cette commission,
01:13parce qu'il me semble que lui, c'est uniquement le rapporteur.
01:16Mais même le président avait émis des critiques concernant ses méthodes.
01:21Donc pendant des mois et des mois et des mois,
01:23sur le groupe Bolloré et même sur l'audiovisuel public et sur l'ensemble des médias,
01:27tous les Français en ont entendu parler.
01:29L'opinion publique ne s'est pas rangée derrière vous.
01:31La commission ne s'est pas rangée derrière vous.
01:33À un moment donné, vous voulez jouer les prolongations avec votre livre.
01:36Vous êtes encore invités.
01:37Nous, on a un peu marre de tout ça.
01:39L'audiovisuel public, on en a besoin.
01:41Et tant mieux.
01:41Et on ne veut pas le privatiser.
01:43Donc voilà ce que je voulais dire.
01:44Et tant mieux que l'audiovisuel public continue à exister.
01:47Et les émissions de Nagui, elles sont super.
01:50Comme les émissions « C'est à vous » et tout ça, c'est super.
01:52Ça fait un carton d'audience.
01:54Mais en tout cas, je suis très satisfait.
01:54Non, on ne dira pas que ça fait un carton d'audience.
01:56C'est la seule chose que vous ne pouvez pas dire.
01:59Non, vous ne pouvez pas dire que c'est à vous.
02:02Ces émissions font un carton d'audience.
02:03C'est-à-dire que le soir, nous, CNews,
02:04avec une émission qui coûte 5 ou 10 fois moins cher,
02:07fait plus d'audience.
02:08Mais en revanche, le reste, vous avez le droit de vouloir du service public.
02:10Mais factuellement, ce que vous disiez n'est pas juste.
02:14C'est l'émission de Nagui est plutôt en fort recul.
02:16Et elle est même...
02:17On s'interroge de savoir si elle doit être maintenue ou pas.
02:20Ça coûte 4 milliards, le service public.
02:22Ça coûte 4 milliards.
02:23Oh, moi, ça ne me dérange pas.
02:24Et vous comptez les replays aussi ?
02:27C'est-à-dire ?
02:29Vous dites que ça ne fait pas de l'audience.
02:30Peut-être qu'il y a beaucoup de gens qui regardent aujourd'hui.
02:32Elle est...
02:34Comment dire ?
02:34L'émission est en baisse.
02:36Mais peu importe.
02:37Il y a...
02:38Dans la vie...
02:39Moi, je n'ai pas les chiffres.
02:40Et permettez-moi de vous dire...
02:42Moi, je les ai.
02:42Ok.
02:43Ben, moi, je ne les ai pas.
02:44Et avec tout le respect que j'ai...
02:45Ben, pourquoi vous dites que ça marche bien si vous n'avez pas les chiffres, alors ?
02:48Ben, parce que je vois que sur les réseaux sociaux, je vois que ça fonctionne.
02:52Ah ben, si les réseaux sociaux le disent, évidemment, ça c'est...
02:55Non, mais à New, moi, je connais...
02:57C'est un univers que je connais plutôt bien.
02:59Je connais les chiffres le soir.
03:01C'est des émissions qui, effectivement...
03:04Mais vous êtes parti pris, Pascal Praud !
03:05Mais pourquoi vous dites que je suis parti pris ?
03:07Je suis parti pris de rien du tout.
03:08C'est factuel.
03:09Vous savez, moi, je les aime bien.
03:10Souvent, c'est ces gens que je connais qui font un métier, comment dire, de qualité.
03:16En fait, le souci...
03:17Arrêtez, vous n'arrêtez pas de les attaquer, arrêtez.
03:19Mais non, le souci, pardonnez-moi, le souci, c'est est-ce qu'on doit payer, nous, Français,
03:25pour un service public dans un pays qui n'a plus d'argent ?
03:28Mais c'est Charles Aloncle qui vous répond.
03:29Non, pour vous répondre.
03:30En tout cas, je suis ravi d'entendre cette contradiction
03:32que je pourrais tout à fait entendre, d'ailleurs, sur les plateaux du service public,
03:35s'il daignait m'inviter et vraiment faire place au pluralisme d'opinion.
03:40Pour vous dire, j'ai retenu trois points.
03:41Le premier, je vous les prolongations.
03:43Oui, effectivement, parce que pendant ces six mois de commission d'enquête,
03:46j'ai vu qu'il y avait, dès le premier jour,
03:48alors que je n'avais pas encore commencé à poser mes questions,
03:50une opposition frontale de l'extrême-gauche, de la gauche et des macronistes
03:54qui refusait la création même de cette commission.
03:56Et jusqu'à la dernière seconde, le rapport a failli ne pas être adopté
04:00et l'ensemble de nos travaux, des auditions, des comptes rendus, des vidéos
04:04auraient pu être supprimés.
04:05Donc, j'étais sur une ligne de crête politique très compliquée
04:07qui m'empêchait de tout révéler, de tout dévoiler et de tout dire.
04:11Donc, une fois que le travail était fait, que le rapport a été adopté,
04:13je savais que le temps de la vérité, de toute la vérité, pouvait advenir.
04:17C'est la raison pour laquelle j'ai écrit ce livre.
04:20Si je l'avais écrit pendant la commission d'enquête,
04:22vous pouvez être sûr que le rapport aurait été censuré
04:25et que tout ce travail n'aurait servi à rien.
04:27Après, bon, ça n'a pas pris dans l'opinion.
04:30Ça, je vous laisse libre de cette appréciation.
04:32Ce que je vois, c'est qu'en dépit d'une promotion très faible,
04:35en dépit d'un boycott complet de France Télévisions, de Radio France
04:38et d'un autre, enfin d'un ensemble de groupes médiatiques,
04:42ce livre est quand même numéro 2 des ventes partout en France.
04:45Donc, je vois qu'il y a quand même un intérêt manifeste
04:47de la part des Français que je remercie,
04:49parce qu'on le fait aussi pour eux,
04:51on le fait pour éclairer les citoyens sur l'utilisation de leur argent.
04:55Et enfin, le président de la commission a critiqué mes méthodes.
04:59Oui, je vous l'accorde, je vous donne ce point.
05:00Il était macroniste.
05:01Il n'a eu de cesse d'entraver ses travaux.
05:04De façon totalement inédite, en abus de pouvoir complet,
05:06il a suspendu pendant plus d'un mois les auditions de la commission d'enquête.
05:11Il ne m'a laissé que dix jours pour rédiger un rapport
05:13quand on laisse en général un mois et demi ou deux mois à un rapporteur.
05:16Il a refusé un certain nombre de propositions d'audition.
05:20Donc, oui, que le président macroniste acquis à la cause d'Edouard Philippe
05:23ait tout fait pour entraver les travaux et a tout fait pour me critiquer,
05:27c'est le jeu politique.
05:28Je le regrette et j'en sors d'ailleurs avec beaucoup moins de naïveté
05:31à l'issue de ces six mois.
05:32Je me rends compte de tous les dysfonctionnements
05:34de cette démocratie représentative,
05:36où les Français confient une part de leur souveraineté,
05:38de leur espérance à des gens qui, une fois élus,
05:41détournent leurs intérêts, protègent les copains,
05:43une corporation, des intérêts privés puissants.
05:46Et il est temps en 2027 que tout ça, je crois,
05:49change une bonne fois pour tout.