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Lycéens, étudiants, gilets jaunes, militants du climat et syndicalistes battent le pavé ce samedi pour une journée de mobilisation de grande ampleur contre «la vie chère». La situation a débordé dans de nombreuses villes laissant place à des scènes de chaos. Depuis la place Beauvau, Laurent Nuñez a fait le point sur les violences et les pillages.
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00:00Laurent Nouniez qui prend la parole depuis la place Beauvau, je crois qu'il est en place.
00:04Un point au soir de cette journée du 17 octobre qui n'est pas terminé.
00:08Il y a encore beaucoup d'actions qui sont en cours.
00:12Le Premier ministre va réunir la cellule interministérielle de crise dans quelques minutes.
00:17On va se réunir ici à Beauvau.
00:19Les actions sont encore en cours sur une journée d'appels à manifestations
00:23qui, je le redis, étaient des appels qui n'étaient pas toujours très cadrés.
00:30On a heureusement reçu un certain nombre de déclarations pour des défilés dans les préfectures ces jours derniers.
00:36Et parfois la préparation s'est faite assez tôt finalement avant que ne se déroule ces défilés.
00:44Il y a eu 110 défilés sur l'ensemble du territoire national.
00:47110 défilés qui ont réuni aujourd'hui 550 000 personnes dont 110 000 à Paris.
00:55Une partie d'entre eux était déclarée d'ailleurs par des organisations syndicales.
00:59En marge de ces défilés, nous avons assisté à une mobilisation importante de la mouvance d'ultra-gauche
01:08ou d'extrême-gauche radicale qui ont fait dégénérer une grande partie de ces actions
01:15en s'en prenant violemment aux forces de l'ordre, en s'en prenant aux commerces
01:21et surtout en essayant d'atteindre les bâtiments publics.
01:24Donc en marge de ces défilés, on a vu se constituer des groupes de casseurs,
01:28plusieurs centaines, plusieurs milliers parfois selon les lieux,
01:32à l'instigation très claire de l'ultra-gauche.
01:34Je le redis, je pèse mes mots, à l'instigation très claire de l'ultra-gauche
01:37et qui ont cherché à s'en prendre aux forces de sécurité intérieure.
01:40Ce sont les scènes que vous avez vues sur la place de la République
01:43où dès le rassemblement pour le départ du cortège,
01:46vous avez eu un certain nombre de plusieurs milliers de casseurs
01:49qui sont s'empris aux forces de l'ordre,
01:51de sorte que le préfet de police a dû isoler ces casseurs du reste du cortège
01:55qui a pu emprunter ensuite le magenta
01:58et pouvoir donc défiler normalement jusqu'à réunir 110 000 personnes.
02:02Ces casseurs donc étaient extrêmement violents,
02:05la plupart cagoulés, munis de projectiles, de mortiers,
02:07sont s'empris aux forces de l'ordre
02:08et sont s'empris pour la plupart, à Paris et dans beaucoup de villes,
02:12aux bâtiments publics.
02:13Il y avait une volonté manifeste d'aller chercher les bâtiments publics,
02:16les mairies, les préfectures, certains autres bâtiments publics.
02:20On l'a vu à Lyon où l'office de tourisme a été incendié,
02:24où les pompiers d'ailleurs sont arrivés très vite sur place
02:26et ont été empêchés par les casseurs de passer à l'action,
02:29par des jets d'intervenir sur cet incendie,
02:33du fait de nombreux jets de projectiles.
02:36A date, je vous donne quelques exemples seulement,
02:39nous avons eu une intrusion à la mairie de Marseille,
02:42qui a été évidemment médiatisée,
02:44des tentatives à Lille, à Calais et à Limoges.
02:47Au moment où je vous parle, il y a eu une intrusion
02:48et une mise à feu à l'intérieur de la mairie,
02:51qui est en cours, les pompiers sont en cours d'intervention.
02:55La mairie de Limoges est actuellement en feu, donc en feu.
02:58Nous avons eu aussi des actions dirigées contre les préfectures,
03:01à Bordeaux notamment, où la résidence préfectorale a été,
03:05à l'hôtel préfectoral a été, il y a eu une intrusion,
03:09à Angers, il y a eu l'office de tourisme de Lyon que je viens de citer,
03:12et puis on a eu de nombreuses attaques de commissariats également.
03:15Je pense notamment au commissariat de Noailles, à Marseille,
03:19vous avez vu ce qui s'est passé au poste de police
03:21de la police municipale de Marseille, ou encore à Brest.
03:25Donc énormément de tentatives d'atteinte aux bâtiments publics,
03:27et encore une fois, avec des casseurs qui étaient extrêmement déterminés,
03:31avec la patte très claire de l'ultra-gauche et de l'extrême-gauche radicale.
03:36Et puis, on a eu plus tôt, à partir du milieu d'après-midi
03:40et dans la soirée jusqu'à maintenant,
03:43on a vu se mobiliser des délinquants, des casseurs,
03:46ce qu'on appelle des délinquants d'opportunité,
03:48qui ont profité de ces scènes, de ces manifestations qui dégénéraient,
03:51pour s'en prendre à des commerces et piller des commerces.
03:53Et on a eu de nombreux pillages, ou tentatives de pillages,
03:57qui ont été commises dans de nombreuses villes.
03:59Paris, Marseille, qui a été particulièrement touchée,
04:02mais de nombreuses villes, je pense notamment à Strasbourg,
04:05à Rouen, à Nantes, à Rennes, Toulouse,
04:07Pau, Valence également, dans la Drôme.
04:09On a eu donc des scènes de pillages assez importantes.
04:12Et ce que je voudrais dire, c'est que je veux saluer la réactivité
04:15des forces de sécurité intérieure.
04:17Car pour ce qui est tant des casseurs de l'ultra-gauche,
04:21qui se sont introduits dans les manifestations,
04:23que des pilleurs délinquants d'opportunité,
04:26ils se sont éclatés en groupes extrêmement mobiles,
04:28en groupes extrêmement mobiles,
04:30de manière à pouvoir provoquer des attaques simultanées,
04:33qui étaient évidemment, pour les forces de sécurité intérieure,
04:35très difficiles à contenir,
04:37et qui se sont éclatés pour disperser évidemment les forces de l'ordre,
04:40qui néanmoins ont fait un travail remarquable,
04:43ont empêché de nombreuses dégradations,
04:45ont procédé à de nombreuses interpellations.
04:47Au moment où je vous parle, nous sommes à à peu près à 400 interpellations.
04:50Tous les chiffres que je vous donne ne sont que provisoires,
04:52un, parce qu'ils ne sont pas consolidés par rapport à ce qui s'est passé précédemment,
04:56et puis deux, il y a encore des événements en cours.
04:58Donc 400 interpellations,
05:01on vérifiera ça évidemment avec l'autorité judiciaire,
05:03mais ce que je peux vous dire,
05:04c'est que la très grande majorité d'entre eux sont des majeurs.
05:08Donc on est loin de l'appel à manifester, du mouvement lycéen,
05:12on en est très loin,
05:13la plupart des interpellés sont des majeurs.
05:15Encore une fois, ces données seront confirmées par l'autorité judiciaire,
05:19mais c'est ce que je tenais à dire.
05:21Donc voilà ce que je peux vous dire ici, à date.
05:24Je voudrais évidemment, évidemment,
05:26remercier aussi les forces de sécurité intérieure,
05:28qui ont été attaquées par M. Jean-Luc Mélenchon,
05:31par un certain nombre de parlementaires de la France Insoumise,
05:33qui finalement accusent les forces de sécurité intérieure,
05:36et à travers le ministre de l'Intérieur,
05:38d'avoir fait dégénérer ces cortèges.
05:40Je voudrais évidemment m'inscrire en faux.
05:42Sans les forces de sécurité intérieure aujourd'hui,
05:44il n'y aurait pas eu de cortège,
05:45il n'y aurait pas eu de défilé.
05:46C'est vrai à Paris,
05:47et c'est vrai dans de nombreuses villes,
05:48car les forces de sécurité intérieure ont pu isoler ces casseurs,
05:52et faire en sorte que les cortèges se déroulent à peu près normalement.
05:55Et ça a été le cas.
05:56Et quand je vois M. Mélenchon qui tweet,
05:58en tweetant des photos de cortèges qui se sont déroulées joyeusement,
06:02il oublie de dire que c'est grâce aux forces de sécurité intérieure,
06:05grâce à leur engagement,
06:06grâce à l'impact qu'elles ont eu pour aller chercher les casseurs,
06:10les pilleurs,
06:11et ces actions continuent au moment où on se parle.
06:14Évidemment, je déplore et je condamne très fermement ces violences.
06:17Je ne peux pas m'empêcher d'y voir un appel du pied
06:22qui était très directement lié aux appels à manifester pour aujourd'hui.
06:28Vous aviez un certain nombre de formations d'extrême-gauche
06:30qui appelaient très clairement à la révolte.
06:32Je pense notamment à la NPA,
06:33qui appelait à ces manifestations et participait,
06:35et qui appelait à la révolte.
06:37Et on avait des appels à manifestations ces jours derniers
06:40qui étaient vraiment des appels et des incitations à la violence.
06:43Et donc il faut que chacun assume ses responsabilités.
06:46Moi, comme ministre de l'Intérieur, j'assume les miennes.
06:48Celles d'être à la tête des forces de sécurité intérieure
06:51qui ont fait un travail remarquable,
06:53qui ont pu, chaque fois qu'elles ont pu, évidemment, éviter des exactions.
06:56Évidemment, je déplore et je condamne fermement
06:58les nombreuses atteintes au bâtiment public qu'il y a eu,
07:00les nombreux pillages qu'il y a eu,
07:02car malheureusement, ils ont été nombreux, trop nombreux.
07:04Évidemment, je le condamne fermement.
07:06Et je peux vous dire que nous ferons tout pour retrouver les auteurs.
07:10On a énormément de vidéos.
07:12On va travailler en judiciaire pour retrouver les auteurs de ces pillages.
07:15Vous savez que très souvent, nos interventions, elles se font en flagrance.
07:19C'est le cas des un peu moins de 400 interpellations que nous avons à date.
07:22Et puis, il y aura d'autres interpellations dans les jours qui viennent.
07:24Sous l'autorité des procureurs, les forces de sécurité intérieure
07:27vont mener des travails d'investigation extrêmement forts
07:29pour confondre les auteurs
07:30et les rendre responsables pénalement et civilement de leurs actes.
07:34Voilà ce que je voulais vous dire.
07:35Encore une fois, la journée n'est pas terminée.
07:36Je vais me rejoindre le Premier ministre pour participer à la cellule interministérielle de crise.
07:42Et j'accompagnerai évidemment les forces de l'ordre et les préfets
07:45comme je l'ai fait tout au long de cette journée.
07:46Je veux saluer évidemment également l'engagement des préfets
07:49avec lesquels j'étais en contact tout au long de la journée
07:51et qui ont dirigé dans leur département
07:53l'encadrement de ces manifestations
07:56et la lutte contre les exactions des casseurs et des pillages.
07:59Monsieur le ministre, vous avez évoqué des intrusions dans des bâtiments publics
08:02à Marseille, à Limoges.
08:04Comment cela a-t-il pu avoir lieu ?
08:05Est-ce que vous avez sous-dimensionné le dispositif des forces de l'ordre ?
08:08Est-ce que vous avez peut-être minimisé les conséquences de cette journée ?
08:12Le dispositif n'était pas sous-dimensionné.
08:14A Marseille, par exemple, vous avez eu effectivement une attaque
08:17sur la cannebière d'un certain nombre de commerces et du poste de police.
08:20A Marseille, le maire dit que ce n'était pas à la hauteur.
08:21Je vais vous répondre, je vais répondre au maire.
08:24On avait mobilisé trois forces mobiles à Marseille pour cette journée
08:27et puis une force mobile supplémentaire, ce qu'on appelle des UPR
08:30et nous avons déployé les Centaures.
08:32Mais ce matin, 2000 casseurs sont arrivés sur la cannebière
08:35depuis les réformés, très tôt.
08:37Et nous avions une force mobile qui était employée à ce moment sur la cannebière
08:40et j'ai pu m'entretenir avec le maire, avec le Premier ministre d'ailleurs.
08:43On a fait un call à Troyes et nous avons anticipé la prise de service
08:46de deux nouvelles CRS qui étaient prévues.
08:49Elles étaient prévues.
08:49Simplement, on a anticipé l'heure de prise de service
08:51et nous avons déployé par ailleurs des Centaures,
08:54comme il y en a d'ailleurs dans toutes les zones.
08:55Donc on n'a pas sous-dimensionné le dispositif.
08:57On a eu affaire à une arrivée massive de casseurs et de pilleurs
09:01qui, encore une fois, ont agi par groupe, se sont dispersés, disséminés.
09:05Au moment où je vous parle, dans Paris, vous avez des groupes,
09:08des cortèges sauvages qui se dirigent vers les lieux de pouvoir,
09:11qui se dirigent vers la Concorde notamment,
09:13qui sont contenus par les effectifs de la préfecture de police.
09:16Et donc évidemment, c'est beaucoup plus compliqué à contenir
09:18quand vous avez des groupes éparses.
09:19Et je ne veux pas entendre dire que c'est la doctrine du maintien de l'ordre
09:22qui est en cause.
09:22On ne parle pas de maintien de l'ordre quand on est dans ce genre d'action.
09:24On lutte contre des émeutiers, des casseurs, des violences urbaines.
09:28Et c'est un tout autre dispositif qui amène beaucoup, beaucoup de réactivité,
09:32de mobilité et surtout, et je le redis, l'usage de tout l'armement intermédiaire.
09:36On n'a pas le choix.
09:37On est confronté à des individus qui utilisent des projectiles, des mortiers
09:40et donc qui sont extrêmement dangereux.
09:42Et les policiers, les gendarmes doivent pouvoir se protéger,
09:44se défendre quand ils passent à l'action.
09:45J'ai, au moment où je vous parle seulement,
09:4760 forces de sécurité intérieure, 60 membres qui sont blessés,
09:51dont deux qui ont été transportés inconscients à l'hôpital.
09:53Donc je veux le dire, c'est dire la violence des assaillants.
09:56Est-ce que le gouvernement est en train de réfléchir à déclencher l'état d'urgence ?
10:01Non, pas du tout. Non, non, absolument pas.
10:04Absolument pas.
10:04Vous êtes violente, est-ce que là ?
10:05Absolument pas. Là, on a eu un...
10:08Ce type de...
10:09La journée d'aujourd'hui ne ressemble pas à ce que nous avons connu dans le passé.
10:12Il faut le dire.
10:13C'était un appel à manifester qui était essentiellement porté par l'extrême-gauche,
10:18l'ultra-gauche, il faut savoir le nommer.
10:20Donc ça ne ressemble pas au mouvement qu'on avait eu précédemment.
10:22Et donc on a eu effectivement des débordements très graves, je le dis, très graves.
10:26Une grande partie d'entre nous ont pu être contenus.
10:28Mais il y a des dommages qui seront extrêmement importants.
10:31Le maire de Marseille s'est exprimé.
10:33Le maire de Paris vient de s'exprimer également.
10:35Et donc non, on ne déclenchera pas l'état d'urgence.
10:37On continuera à faire le travail qui est fait,
10:39qui est à la fois un travail évidemment de maintien de l'ordre
10:41quand il y a les cortèges qui se passent bien et qui sont encadrés,
10:43mais surtout un travail de lutte contre des émeutiers, des violences urbaines
10:47et avec la détermination qui est la mienne et qui est celle des forces de sécurité intérieure.
10:51Mais je veux avoir une pensée pour elle parce que la journée a été très longue
10:54et elle n'est pas terminée.
10:55Elle n'est pas terminée.
10:56Est-ce que les 60 forces de sécurité intérieure blessées, c'est seulement à Paris ?
10:59C'est dans toute la France.
11:02Écoutez, là on va aller en cellule interministérielle de crise.
11:05Je pense qu'on aura une communication à postériori par écrit
11:09et on donnera un bilan plus précis.
11:11Mais la soixantaine, c'est ce qui m'est remonté à date.
11:14Je pense qu'il y en a plus.
11:16Malheureusement, il y en aura plus.
11:18Mais en tout cas, sachez bien, je le redis,
11:20deux ont été transportés inconscients à l'hôpital,
11:23dont un qui a été touché par un pavé de manière extrêmement violente.
11:26En manifestant arraché à Saint-Etienne, qu'est-ce qu'on sait de cette situation,
11:30de ce manifestant qui est évidemment arraché à Saint-Etienne ?
11:32Je vous confirme l'information.
11:34Il y a une enquête qui est en cours.
11:35On nous dit que ce serait une grenade de la gendarmerie.
11:37Moi, je ne peux pas le confirmer.
11:38Il y aura évidemment une enquête, comme d'habitude.
11:40Mais c'est un usage d'armement intermédiaire,
11:42très probablement, comme toujours, dans un contexte d'extrême violence.
11:46D'extrême violence.
11:47Je tiens à dire que vraiment, les forces de sécurité intérieure
11:49ont été prises à partie de manière extrêmement violente,
11:53comme trop souvent, en marge d'un certain nombre de cortèges.
11:56Et la violence n'est jamais, jamais un mode d'expression.
11:58Et je veux vraiment que les élus, qui ont pu avoir des paroles ambiguës,
12:02quand elles n'étaient pas très claires d'ailleurs,
12:03mais qui ont pu avoir des paroles ambiguës,
12:05les appelaient à leur responsabilité.
12:07Moi, quand j'entends Mme Tondelier, qui se présente au début du cortège,
12:10et qui commence par dire que le dispositif de maintien de l'ordre n'est pas à la hauteur,
12:14et qui n'a pas un mot pour condamner les casseurs,
12:16alors qu'à quelques dizaines de mètres d'aile,
12:18vous avez des casseurs qui s'en prennent aux forces de sécurité intérieure,
12:20je trouve que c'est un problème.
12:21Est-ce qu'à présent, vous redoutez une nouvelle nuit de pillage, de violence ?
12:26Nous sommes mobilisés, voilà, les forces de l'ordre sont mobilisées,
12:28il y a un certain nombre de villes où la tension est retombée,
12:31pas dans d'autres, on a des groupes éparses,
12:32qui essaient de piller des commerces,
12:34qui essaient de s'en prendre à des bâtiments publics,
12:36et donc on va rester mobilisés le temps qu'il le faudra.
12:38Le temps qu'il le faudra.
12:40C'est une possibilité ?
12:40En tout cas, actuellement, sur l'espace public,
12:42on a un certain nombre de casseurs qui continuent à être présents,
12:45c'est vrai à Paris et dans d'autres villes.
12:46Et je vous redis, au moment où je vous parle,
12:47vous avez la mairie de Limoges qui est en fond.
12:51Vous avez mentionné que le mouvement des Gilets jaunes
12:54que toutes ces manifestations deviennent un peu comme des actes
12:57chaque week-end, chaque samedi.
13:01Ce n'est pas du tout le mouvement des Gilets jaunes.
13:03Vous savez, moi, le mouvement des Gilets jaunes,
13:04j'étais secrétaire d'État ici,
13:05aux côtés du ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner.
13:08Donc j'ai bien vécu les choses dès le début.
13:10Le mouvement des Gilets jaunes n'était pas un mouvement
13:11qui était structuré, organisé.
13:13Il n'y avait pas de déclaration,
13:14il n'y avait pas de manifestation intersyndicale
13:16sur lesquelles les casseurs pouvaient venir se greffer.
13:19Aujourd'hui, c'était le cas.
13:20Vous aviez des déclarations.
13:22Ces casseurs, ils ne sont pas arrivés,
13:23ils ne sont pas sortis de nulle part.
13:24Ils sont venus en marge de cortège,
13:26à la périphérie de cortège,
13:28parfois même au sein des cortèges
13:29qu'ils ont essayé de faire dégénérer.
13:30Donc ça n'est pas la même chose.
13:31Donc je ne crains pas.
13:32Mais j'en appelle à la responsabilité des organisateurs
13:35à travailler en amont avec les forces de sécurité intérieure
13:38pour mieux préparer les dispositifs
13:39et intégrer cette dimension.
13:41Eh bien oui, leur manifestation peut entraîner,
13:43peut faire venir un certain nombre de casseurs
13:44qui en profitent pour piller et s'en prendre aux forces de sécurité intérieure.
13:47Vous avez été le profil de certains interpelliers.
13:49Est-ce que vous pouvez peut-être vous donner plus de détails ?
13:51Il s'agit toujours de personnes venant de l'ultra-gauche.
13:54Est-ce qu'il y a parfois des très jeunes, des lycéens peut-être ?
13:56Il n'y a pas.
13:57Je vous redis ce que je vous dis.
13:58À date, il est compliqué pour moi,
14:01quelques heures après,
14:02il y a encore même des interpellations en ce moment,
14:03quelques minutes après certaines interpellations,
14:05de vous donner un profil.
14:07Ce qui est certain, c'est qu'on a repéré
14:09partout sur le territoire national
14:11énormément de militants de l'ultra-gauche
14:13qui étaient présents, qui se constituent en black bloc en fait,
14:15et qui entraînent avec eux un certain nombre de jeunes radicalisés
14:18et qui s'en prennent aux forces de l'ordre.
14:19On a identifié la présence de mouvements d'ultra-gauche.
14:21Il y avait des anarcho-autonomes,
14:23il y avait des antifas,
14:24il y avait des mouvements de l'extrême-gauche radical,
14:26des syndicats étudiants qui n'hésitent pas à parfois faire le coup de poing.
14:30Je pense que le point levé, ça vous parle.
14:31Révolution permanente, ça vous parle.
14:33Ces structures-là étaient présentes.
14:34Et puis, on a eu, je pense,
14:37des casseurs, beaucoup, c'est certainement,
14:39de délinquants d'opportunités
14:40qui en ont profité pour piller un certain nombre de commerces.
14:43Voilà, on a eu ces deux profils.
14:44Ce que je peux vous dire,
14:45c'est que, encore une fois,
14:46l'autorité judiciaire le confirmera ou pas.
14:48Mais moi, ce qu'il me remonte,
14:49c'est que la très grande majorité des interpellés
14:51sont des majeurs.
14:53Voilà, que les choses sont claires,
14:54ce sont des majeurs.
14:54On n'est pas sur le mouvement des lycéens,
14:56sur ce qu'on a pu connaître les jours précédents.
14:58Évidemment, les casseurs ont été cassés
15:01après la manifestation, mais pas avant.
15:03Et là, ce qui se passe,
15:04c'est qu'ils se sont eu beaucoup de casse
15:07en début de manifestation, même avant.
15:09Comment vous expliquez-vous ?
15:10Non, mais vous avez raison de souligner.
15:15Traditionnellement,
15:16les casseurs rentrent dans un cortège
15:18et profitent d'un moment d'opportunité
15:19pour passer à l'action.
15:20Ils se détachent du cortège ou pas, d'ailleurs.
15:23Là, effectivement, les incidents ont pu commencer
15:25avant même que les cortèges partent.
15:28Effectivement.
15:28Mais ça s'est toujours greffé
15:30sur un cortège intersyndical.
15:32Toujours.
15:33Et c'est ce qui s'est passé à Paris.
15:34Vous avez raison de le souligner.
15:35Les incidents ont commencé dès le début.
15:37Ce qui a conduit le préfet de police,
15:39évidemment, à isoler ses casseurs
15:41pour permettre à la manifestation intersyndicale
15:43de se dérouler.
15:44Sinon, elle ne se serait pas déroulée.
15:45Ça n'aurait pas été possible.
15:47Et donc, encore une fois,
15:48je veux saluer le travail qui a été fait
15:50par le préfet de police, par ses équipes,
15:51mais comme partout en France.
15:52S'il y a pu avoir des cortèges
15:53qui se déroulent normalement,
15:54dans des cortèges intersyndicaux
15:56qui se déroulent normalement,
15:57c'est parce que les forces de l'ordre
15:58ont pu isoler les casseurs.
15:59Mais vous avez raison de souligner
16:01que ce passage à l'acte
16:04beaucoup plus vite des casseurs
16:05est pour moi le révélateur
16:07de leur détermination
16:08et du niveau de violence
16:10qui était le leur.
16:11Que sont les forces de l'ordre
16:12qui sont en cours en ce moment dans Paris ?
16:14Les forces de l'ordre se patrouillent,
16:17quadrillent le terrain
16:17pour essayer d'interpeller les casseurs
16:19et les pilleurs
16:20et éviter qu'ils passent à l'action.
16:22Et au moment où on se parle,
16:23ces actions sont en cours.
16:24à Paris
16:24et dans, j'insiste,
16:26dans d'autres grandes métropoles régionales.
16:28Comme Sébastien Lecornu,
16:29vous dites à Jean-Luc Mélenchon
16:30que c'est votre responsabilité politique ?
16:32Mais à partir du moment,
16:34un organisateur,
16:36il est toujours responsable
16:38quelque part des dégradations
16:40qu'il peut y avoir
16:41en marge d'un cortège.
16:42Ces gens-là,
16:43ils sont venus
16:43sur un appel d'ordre
16:44qui a été formulé
16:45par un certain nombre
16:46d'organisations.
16:47Donc évidemment
16:48qu'il y a une responsabilité
16:49a fortiori
16:50quand ces responsables politiques
16:51ont un rapport
16:53à la violence,
16:54à la notion d'insurrection,
16:56à la notion de révolte,
16:57un rapport qui est quand même
16:59assez ambigu,
17:00assez ambigu,
17:01évidemment.
17:01Après, moi,
17:02j'assume mes responsabilités
17:03qui est de maintenir l'ordre.
17:04Et les forces de sécurité intérieure
17:05sont là, évidemment,
17:06pour rétablir et maintenir l'ordre.
17:07Mais parfois,
17:08il y a des contextes
17:09qui sont un peu plus compliqués
17:10que d'autres.
17:10Et aujourd'hui,
17:11c'était le cas.
17:12Le parcours de cette manifestation
17:13a été décidé assez tardivement.
17:15Est-ce que pour vous,
17:15ça peut être aussi la raison
17:17de certaines violences
17:18auxquelles on a pu assister,
17:20cette hésitation
17:21sur ce parcours ?
17:23Non, je ne pense pas
17:24parce que vous avez raison
17:25d'abord de souligner
17:25qu'il a été décidé
17:26un peu tardivement.
17:28Nous souhaitions,
17:28et c'est ce que nous avions obtenu,
17:30un parcours unique.
17:31Un parcours unique
17:32parce que c'est plus simple
17:33à organiser.
17:34On a vu, il y a quelques jours,
17:35ce qui s'est passé à Paris
17:36quand il y a deux cortèges.
17:37Et notamment,
17:38quand vous avez un cortège
17:39où vous avez une majorité
17:41de militants
17:41de l'extrême-gauche radicale,
17:42du NPA et autres,
17:43on a vu qu'il y a eu
17:44des incidents
17:45lors d'un deuxième cortège
17:46il y a quelques jours à Paris.
17:47Donc nous souhaitions,
17:48nous souhaitions
17:49qu'il y ait un seul cortège.
17:50C'est ce que le préfet de police
17:51avait réussi à obtenir.
17:52Et donc cet itinéraire,
17:54d'ailleurs,
17:55il est allé à son terme finalement,
17:56il était très clair,
17:57il était simple.
17:57Je pense que le fait
17:58qu'il ait été arrêté
17:59seulement hier ou avant-hier
18:01ne change rien au problème.
18:02Vous aviez des gens
18:03qui étaient déterminés,
18:04qui voulaient casser
18:04et qui voulaient faire dégénérer
18:06cette marche.
18:11Tout ça, on va regarder.
18:12On va regarder
18:12quelle a été la nature
18:13des troubles à l'ordre public.
18:15Tout ça, vous savez,
18:16pour qu'un préfet
18:17interdise une manifestation,
18:19il faut qu'il y ait
18:19des troubles à l'ordre public.
18:20C'était le cas aujourd'hui.
18:21Et qu'il ne soit pas en mesure
18:22de les contenir par ailleurs.
18:23Donc tout ça, on verra.
18:24On regardera les choses.
18:26Mais évidemment que,
18:27compte tenu des exactions
18:28et ce qu'on a assisté aujourd'hui,
18:30ces choses doivent être étudiées.
18:31Voilà.
18:31On peut parler d'une situation...
18:33Le 5 novembre,
18:33c'est une manifestation
18:34inter-symptiale.
18:35Là, c'est autre chose.
18:37C'est une manifestation
18:37inter-syndicale.
18:38On n'a pas l'habitude
18:39d'interdire les manifestations
18:40inter-syndicales.
18:41Il y a parfois
18:42des itinéraires
18:42qui ne nous conviennent pas.
18:43On peut interdire partiellement
18:44et autoriser un autre itinéraire.
18:47Là, c'est autre chose.
18:48Après, sur des manifestations
18:49plus spontanées
18:50ou qui ne viseraient
18:51qu'à casser
18:53et qu'à piller,
18:54effectivement,
18:54la question se posera
18:55très clairement.
18:55Est-ce qu'on peut parler
18:56d'une situation insurrectionnelle ?
18:58Non.
18:59On a eu des émeutiers,
19:01on a eu des casseurs.
19:01Vous avez eu deux temps.
19:02Vous avez eu des cortèges
19:03d'intersyndicales
19:04qui se sont déroulés
19:05et vous avez eu par ailleurs
19:06une situation
19:07où des émeutiers,
19:08des casseurs
19:09sont passés à l'action
19:09de manière massive,
19:11extrêmement éclatée
19:11pour éclater le dispositif
19:13des forces de l'ordre,
19:14ce qui a rendu possible
19:15un certain nombre de pillages.
19:17Vous avez à Marseille,
19:18à un moment dans la journée,
19:19vous aviez plusieurs points d'attaque,
19:21une multitude de points d'attaque.
19:22Évidemment,
19:22c'est plus compliqué à gérer.
19:23Mais voilà,
19:24on avait des émeutiers,
19:25des casseurs
19:25et on saura répondre
19:26avec la fermeté qu'il faut,
19:28à la fois sur l'instant,
19:29sur le terrain
19:29et dans les investigations judiciaires
19:31que nous menons.