00:00Oui, bonsoir. J'espère que vous êtes en direct sur le commissariat de Bordeaux.
00:05Dans un premier temps, je tiens à féliciter mes collègues au nom d'Alliance Police Nationale 33.
00:11Je félicite tous mes collègues qui travaillaient aujourd'hui et qui ont passé une journée très difficile
00:15et qui aujourd'hui sont éprouvés par ce qu'ils ont vu et ce qu'ils se sont fachés.
00:20Effectivement, je reviens pour vos propos, Bordeaux a encore été la scène de théâtre,
00:24on va dire, d'un laxisme politique qui ne cesse de durer.
00:28Et aujourd'hui, on a l'hôtel préfectoral qui a été attaqué.
00:32Je confirme que le raid 33 a été déclenché.
00:35Et là, sur Bordeaux, moi j'y ai été toute l'après-midi, tout ça, c'est des scènes de
00:40chaos.
00:40Tout a été pillé. Demain, il y a des gens qui vont embaucher, des commerçants.
00:45Tout a été pillé, volé, Orange, Louis Vipon, Apple Store, la Galerie Lafayette,
00:53toute la rue Sainte-Catherine, tout le cours de l'intendance a été pillé.
00:58Mais on devient, c'est lunatique.
01:01On est d'accord pour qu'il y ait des manifestations.
01:04Le droit, la liberté de s'exprimer, de dire ce qui ne va pas pour pouvoir changer, évoluer, tout ça.
01:09C'est dans l'évolution, il n'y a aucun souci.
01:11Mais on ne s'exprime pas comme ça.
01:12C'est une situation que vous n'avez jamais...
01:15Christophe Gras, vous n'êtes pas un jeune policier, excusez-moi de vous le poser comme ça,
01:19mais vous aviez déjà vécu une situation comme celle-là ?
01:22J'ai fait 54 samedis de gilets jaunes en 2018 et 2019.
01:26J'ai passé tous mes week-ends sur la voie publique avec mes collègues qui y sont encore aujourd'hui
01:31et je n'ai jamais vu ça.
01:32Aujourd'hui, j'en ai eu au téléphone qui me disent, on a fait les gilets jaunes, Christophe.
01:36Mais là, ce qu'on a vécu aujourd'hui, c'est vraiment hors norme.
01:40C'est impossible.
01:42La raison pour laquelle ça s'est passé comme ça, selon vous, votre analyse ?
01:46Et puis d'abord, est-ce que vous étiez dimensionné, si on peut parler comme ça ?
01:50Est-ce que vous étiez dimensionné pour faire face à ce qui s'est passé aujourd'hui à Bordeaux
01:54et qui s'est reproduit un peu partout en France, il faut le dire ?
01:58Non, je pense qu'on était sous-dimensionné.
02:01Ça n'a pas été pris à la hauteur de l'événement.
02:04C'était annoncé partout dans les réseaux et tout ça.
02:08Et là, on ne pouvait pas faire face.
02:10On a des collègues qui se sont repliés.
02:12On a des moyens qui ont été utilisés, qui sont énormes.
02:15Les collègues se sont fait massacrer, tirer dessus avec des mortiers et tout ça.
02:22On a été obligé sur certaines zones de reculer.
02:25À l'heure où je vous parle, à Bordeaux, ce n'est pas terminé.
02:28Nous avons encore des barricades en feu.
02:29Nous avons encore des collègues qui sont sur la voie publique
02:32et qui essayent de défendre le territoire.
02:35Aujourd'hui, ils le font parce qu'ils ont une conscience professionnelle,
02:38parce qu'ils sont policiers, ils sont sur la voie publique et ils y vont.
02:41Mais ils ne croient plus à tout ce qui est politique et tout ça.
02:44On est abandonné par nos politiques et on est le dernier rempart de la République.
02:48Si nous, demain, on dit qu'on arrête de défendre la République, que se passe-t-il ?
02:53Vous avez l'impression qu'on a voulu tuer du flic aujourd'hui ?
02:56Et c'était les appels qu'il y avait sur les réseaux sociaux et même à Bordeaux.
03:00Il y a certains qui disaient, aujourd'hui, on va tout faire pour coincer du flic dans des ruelles et
03:06tout ça.
03:06Les mettre en difficulté, les mettre à terre et se venger sur eux.
03:11Sous-titrage Société Radio-Canada