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  • il y a 8 minutes
Pierre de Vilno reçoit Thierry Breton, ancien commissaire européen au Marché Intérieur, auteur de « Les dix renoncements qui ont fait la France », aux éditions Buchet Chastel et Plon, dans Le Grand Rendez-Vous, en partenariat avec Europe 1 et Les Echos.

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Transcription
00:00Bonjour et bienvenue au Grand Rendez-vous Europe 1 CNews Les Echos. Bonjour Thierry Breton.
00:03Bonjour.
00:04Merci d'être avec nous. Vous êtes ancien ministre des Finances, ancien commissaire européen au marché intérieur,
00:08auteur de les dix renoncements qui ont fait la France chez Bûcher, Chastel et Plon.
00:13On reviendra bien sûr massivement sur la journée de chaos d'hier en France.
00:19Deux mondes s'affrontent à six mois du premier tour de la présidentielle, celui de la rue et celui du
00:24pouvoir.
00:25Le peuple incompris, c'est une notion vieille comme le monde,
00:27mais là c'est un choc de civilisation qui s'opère, peut-être même une fin de cycle dans l
00:33'histoire.
00:33Et comme d'habitude, ces grandes théories, les Français n'en ont que faire
00:37puisque leur but c'est de payer leur loyer et de remplir d'essence leurs voitures.
00:41Pourtant avec vous ce matin, nous allons tenter d'expliquer cette énième crise de la France
00:45dans une Europe affaiblie par le retour des empires.
00:48Et pour vous interroger, Stéphane Dupont, des Echos. Bonjour Stéphane.
00:52Bonjour.
00:52Et Mathieu Boccoté. Bonjour Mathieu.
00:54Bonjour.
00:55550 000 manifestants, 110 défilés, 270 commerces pillés, 855 interpellations rien qu'à Paris,
01:04150 gendarmes et policiers blessés en une journée.
01:06Quel est le premier mot qui vous vient à l'esprit pour qualifier ce qui s'est passé hier ?
01:11J'hésite entre chaos et honte. Je crois que je vais commencer par honte. C'est la honte qui s
01:16'est produit hier. Je le dis vraiment très clairement.
01:19Une honte de voir ce qui s'est produit.
01:23Et puis je vais vous dire les choses aussi comme je les ressens, du plus profond de moi-même.
01:27Une honte de voir un parti politique.
01:31Je parle précisément de LFI qui, pendant des semaines, nous a dit qu'au fond, tout se passe bien tant
01:42qu'il n'y a pas la police et que c'est la police qui, par sa présence, crée les
01:47débordements.
01:47Eh bien voyez-vous, Pierre de Villeneuve, à l'ère des réseaux sociaux, à l'ère où lorsqu'on prend
01:53une petite phrase, on l'amplifie et on touche des milliers, des centaines de milliers, voire des millions de personnes,
02:00de jeunes, de moins jeunes,
02:01eh bien voilà ce qui se passe. Et je voudrais vraiment le dire et que ceux qui sont en responsabilité,
02:06parce qu'on ne peut pas à la fois jouer, vous savez, le pompier pyromane
02:12et dire, ah non mais, comme dans une même phrase, je crois que c'est le maire de Saint-Denis,
02:17M. Bali Bayeroko, qui nous dit
02:20la violence est légitime, blanc, évidemment il vaut mieux l'éviter.
02:26Alors qu'est-ce qui se passe dans le monde d'aujourd'hui ? On découpe la violence est légitime
02:29et on la propulse sur les réseaux.
02:32Voilà, voilà, ce qui s'est aussi passé.
02:34Je vous propose peut-être un autre terme, vous êtes colère, honte, que diriez-vous d'insurrection ?
02:38C'est-à-dire, manifestement, ce que j'appelle le parti révolutionnaire spécial et organisé, les mouvances d'ultra-gauche,
02:44on lance une attaque coordonnée ?
02:46Oui et non, parce qu'encore une fois, on verra bien.
02:49Ça, je passe là, il y a les racailles.
02:51On verra sur la coordination. La coordination, il faut le savoir, elle se fait aussi de façon, alors peut-être
02:55explicite,
02:56et j'ai cru comprendre, M. Villeneau, qu'il y avait, je crois, plus de 1000 ou 1200 d'interpellations,
03:01donc je pense qu'il va falloir, de façon très précise, que dans la transparence, qui va être nécessaire pour
03:07pouvoir répondre aussi,
03:08à votre question, M. Bocoté, parce qu'il va falloir répondre à cette question.
03:11Mais c'est ça, c'est là tout le problème.
03:13Le profil, le profil de ceux qui, précisément, parce que là, on aura quand même une vision assez claire,
03:21le profil de ceux qui ont été arrêtés, on peut estimer que ceux qui ont été arrêtés, sont précisément ceux,
03:25en particulier,
03:26qui ont été les plus actifs dans ce que vous qualifiez d'insurrection, et moi, ce que j'appelle cassage.
03:32– Mais vous avez entendu, ce matin, le préfet de Lyon, et qui a dit que, majoritement, c'était des
03:38majeurs,
03:39et majoritairement masculins.
03:41Donc on est très, très en dehors de la manifestation lycéenne.
03:45– Bien sûr, j'entendais sur un certain nombre de…
03:46– Est-ce que c'est un mouvement social qui a dégénéré, ou est-ce que c'est quelque chose
03:50de plus politique, pour revenir à la question ?
03:51– Oui, mais c'est certainement quelque chose de plus politique, enfin, il faut quand même, ce concept fourre-tout
03:59de convergence des luttes,
04:01mais convergence des luttes, à six mois ou cinq mois d'une élection présidentielle,
04:05dont on sait, évidemment, qu'un gouvernement ne va pas pouvoir répondre, tout simplement,
04:09quelque soit sa bonne volonté, on pourra en discuter, mais quelque soit sa bonne volonté,
04:12et même s'il y avait les poches très profondes, à cinq mois d'une élection présidentielle,
04:16on ne peut juste pas répondre au problème, on peut donner des orientations, etc.
04:21Donc, convergence des luttes, ça ne veut strictement rien dire.
04:23– Aurait-il les poches profondes qu'ils ne pourraient pas redistribuer, par exemple,
04:26les sacs de luxe dans certaines boutiques qui ont été pillés par les racailles ?
04:29– Ça, c'est une autre affaire.
04:30– Non, mais ça vient ensemble.
04:31– Ça, c'est une autre affaire.
04:32– L'ultra-gauche seulement, c'est une chose, les racailles, ça vient une autre, la convergence des deux, c
04:35'est ça ?
04:35– Non, mais vous avez des milliers, effectivement, aujourd'hui, de commerçants
04:39qui ont vu leurs magasins pillés, mis à sacs, débalisés.
04:44Alors, il va falloir maintenant aller voir les compagnies d'assurance, il va falloir…
04:47Enfin, on a vu des photos de ces petits patrons qui étaient devant leur boutique en pleurs.
04:54Oui, voilà, voilà.
04:55Donc, il faut quand même vraiment dire les choses.
04:58Alors, encore une fois, calmement, mais avec fermeté, on ne peut pas tenir ce double langage.
05:04– Vous y êtes parce qu'on dit les choses avec fermeté, mais « so what », pardonnez-moi,
05:09de cet anglicisme, vous avez Laurent Nunez hier, qui s'est exprimé hier soir,
05:13en disant, en faisant le bilan de toutes ces violences qui sont totalement inouïes.
05:18Laurent Oberton, qui a écrit « La France orange mécanique » il y a maintenant une quinzaine d'années,
05:23vient de sortir un nouveau livre qui s'appelle « La France démolition man ».
05:28Ce livre, qu'est-ce qu'il explique ?
05:29Il explique que la France est abandonnée par ses élites,
05:33donc traduisée aussi par une partie de sa gouvernance.
05:35Aujourd'hui, quand vous voyez la réponse du gouvernement qui s'insurge,
05:37qui dit comme vous, qui dit « moi j'ai entendu M. Jeffrey, ministre de l'éducation,
05:41j'ai entendu M. Nunez qui dire « la France insoumise instrumentalise les jeunes
05:47et qui vont ensuite faire, comme le dit Mathieu, l'insurrection ».
05:51Mais qu'est-ce qu'on fait après ?
05:53– Alors monsieur, très bien, alors là maintenant on va aller agir,
05:55donc merci de poser la question comme ça,
05:57parce qu'évidemment, les questions qui sont posées,
05:59d'abord elles ne se posent pas qu'en France,
06:01les questions du pouvoir d'achat,
06:02tous les pays occidentaux, aujourd'hui, sont en train d'en souffrir,
06:06à commencer par les États-Unis, on pourra en reparler.
06:08C'est eux qui souffrent le plus de l'augmentation du pouvoir d'achat,
06:11et effectivement, des conséquences, évidemment,
06:13de la guerre qui a été initiée.
06:15– L'augmentation des carburants.
06:16– Oui, mais c'est quand même ça, il faut aussi en parler,
06:18parce que c'est quand même ça qui est un déclencheur majeur,
06:20souvenez-vous que c'est ce qui a déclenché, évidemment,
06:22les fameux…
06:23– Les jeunes en 2018.
06:24– Mais derrière, vous avez raison,
06:26il y a des questions fondamentales qui se posent,
06:27on est dans un changement radical d'économie, de monde,
06:32vous l'avez cité du reste fort justement,
06:34M. Devineau, dans votre introduction,
06:35on est entouré d'empires,
06:37et moi je le dis, et je vous remercie de me permettre de le dire ici,
06:41sur Europe 1 CNews,
06:42on est entouré d'empires qui ne nous veulent pas du bien.
06:46– Non mais, monsieur…
06:47– J'entends, on est un peu loin là-dessus.
06:49– Si je peux me permettre, il s'est passé quelque chose hier.
06:51– Non mais attendez, pas du tout loin, pas du tout loin.
06:54– Est-ce qu'il ne faut pas un choc d'autorité ?
06:57Est-ce que hier, attendez,
06:59les quatre chaînes d'information étaient sur l'événement.
07:03Ce qui s'est passé hier, c'est inouï.
07:05– Oui, c'est normal.
07:07Et tout le monde, je pense, tous les téléspectateurs,
07:10attendaient un choc d'autorité,
07:11c'est-à-dire, est-ce qu'on envoie les centaures ?
07:13Ça a été le cas à Marseille,
07:14et ça a été le cas également dans une autre ville,
07:18je crois à Lyon.
07:19Est-ce qu'on envoie les engins lanceurs d'eau ?
07:23Est-ce qu'on envoie...
07:24Eh bien, vous avez vu, les policiers, les gendarmes,
07:28à un moment donné, un reporter de CNews a dit
07:31les gendarmes, les CRS, manquent de munitions.
07:35Ils n'avaient plus rien à tirer.
07:37On en est là.
07:38Vous parlez d'économie très souvent, Thierry Poton.
07:40On n'a plus de munitions.
07:42On en est là aujourd'hui.
07:43On est à l'os.
07:44– Monsieur Veneau, pardon, mais on ne voit pas les munitions.
07:47Bien sûr que si, qu'on en a, il s'agit encore une fois.
07:50– Ça n'a pas été anticipé dans ce cas ?
07:51– Oui, c'est ça, la question qu'on se pose après ce matin.
07:53Est-ce que ça a été bien anticipé ?
07:56– Bon, mais ça, on va voir, mais...
07:57– On a un président qui demande de l'empathie
08:00envers les manifestants.
08:01– Oui, monsieur Veneau.
08:02– Je vais vous donner uniquement mon appréciation.
08:04Prenez-la pour ce qu'elle est,
08:05parce que je ne suis pas évidemment en responsabilité,
08:06mais prenez-la pour ce qu'elle est.
08:07J'entends ce que vous dites,
08:09mais effectivement, à force de dire cela,
08:11quelque part, on va donc mettre la responsabilité
08:13sur les forces de maintien de l'ordre,
08:15parce qu'elles ont été mal encadrées,
08:17parce qu'elles ont été mal préparées.
08:19– Débordées.
08:19– Et je m'inscris en faux contre ça,
08:21donc j'entends ce que vous dites,
08:22on verra bien.
08:24C'est quand on a un débordement de cette nature,
08:25même s'il faut reconnaître qu'il avait été annoncé.
08:28– Ah oui, c'est ça.
08:28– Pas sans doute pas dans cette ampleur.
08:29Donc, moi, j'aimerais savoir pourquoi il a été annoncé.
08:31– La semaine dernière, on nous explique
08:32qu'il y a eu des violences,
08:34et le samedi, les forces de l'ordre
08:35se sont débordées dans plusieurs milles de France.
08:37– Il a été annoncé, il a été annoncé.
08:39Donc, s'il a été annoncé,
08:40il est intéressant de savoir précisément,
08:43parce qu'on suit évidemment tout ça,
08:45pourquoi il a été annoncé,
08:46et qui était ciblé ?
08:47Est-ce que ce sont les forces d'ultra-gauche ?
08:49Est-ce que c'est autre chose ?
08:51Il faut éclairer la nation là-dessus.
08:53Derrière, on est dans un mouvement,
08:55il faut gérer la situation.
08:57Donc, vous êtes sans doute
08:58beaucoup plus experts, M. de Villeneuve,
09:00que moi sur ces questions.
09:01On verra bien, derrière,
09:03s'il y a des améliorations.
09:04– Vous n'êtes pas responsable.
09:05– Moi non plus, moi non plus.
09:06– Mais vous l'avez été.
09:07– Nous sommes deux.
09:07– Vous avez été dans un gouvernement,
09:09vous savez comment ça fonctionne.
09:10– Oui, nous sommes deux.
09:10Donc, je suis en train de vous dire
09:11qu'il faut faire la distinction
09:13entre ce qui s'est passé hier
09:15et ce qui a provoqué, je dirais,
09:17cet état d'esprit de la nation.
09:18– Mais de la nation !
09:20– Cet état d'esprit, précisément,
09:21que je critique et,
09:23je m'inscris en faux,
09:24j'ai qualifié un mot fort, la honte,
09:26mais ce que je voudrais dire aussi,
09:28c'est qu'on regarde à l'extérieur,
09:30bien entendu, ce qui se passe en France
09:31et que tout ce qui se passe
09:32a des répercussions maintenant,
09:33on aura l'occasion d'en reparler, j'imagine,
09:36sur le risque France.
09:38Parce que derrière, ça accroît le risque France.
09:40Le risque France, vous parliez d'insurrection,
09:41M. Bocoté.
09:42– Vous pensez que ça va faire monter
09:43les taux d'intérêt ?
09:44– Eh bien, nous allons regarder,
09:45nous allons regarder,
09:46non, mais c'est une très bonne question.
09:47– Non, mais on va y venir.
09:47– Je ne serais pas du tout étonné
09:49que ça fasse monter les taux d'intérêt
09:50parce que ça augmente le risque France
09:51et ceux qui veulent détruire la nation,
09:54qu'ils soient en France ou à l'extérieur,
09:56vont s'en réjouir.
09:56– J'ai une question toute simple.
09:57Depuis des années,
09:59on nous explique toujours le grand danger,
10:01c'est l'extrême droite,
10:02l'extrême droite, l'extrême droite.
10:03Chaque fois qu'il y a un débordement,
10:04enfin une insurrection,
10:06violence immense,
10:08pillage,
10:08attaque des policiers,
10:13donc est-ce qu'il n'y a pas une forme
10:14de décalage entre le grand récit médiatique
10:15qui met en garde contre l'extrême droite
10:17et de l'autre côté,
10:18ce qu'on a vu hier ?
10:18– Mais monsieur,
10:19de mon côté,
10:20je respecte votre tropisme,
10:22mais vous m'avez entendu.
10:24J'ai dit de façon très claire,
10:26ça a été la première question
10:27de monsieur de Villeneuve,
10:28j'ai dit comment je réagissais,
10:30et précisément,
10:31par rapport à ceux
10:32qui vont précisément avoir
10:34ces discours plus qu'ambigus,
10:36qui au fond,
10:36dans une phrase,
10:37appellent,
10:38ben oui,
10:39l'insurrection,
10:39je reprends votre mot,
10:41et dans l'autre phrase,
10:41ils vont dire,
10:42oui, mais c'est pas bien.
10:43Ceux qui disent ensuite,
10:44il faut y aller,
10:45ceux qui disent,
10:46la police tue,
10:47parce qu'ils l'ont dit,
10:48et puis qui derrière,
10:49vont mettre un brassard blanc,
10:50– Alors qu'ils cherchent
10:50à tuer la police plus exactement.
10:52– Pour faire croire
10:52qu'ils sont républicains.
10:53Ceux qui vont utiliser
10:54leur écharpe républicain,
10:55pour finalement,
10:56quelque part,
10:59favoriser,
11:00accepter les blocages,
11:03et la mise à feu
11:05de poubelles,
11:06voire pire.
11:06– On reprend dans quelques instants,
11:07Thierry Breton,
11:08elle a invité du Grand Rendez-vous,
11:09à tout de suite.
11:09– Du Grand Rendez-vous,
11:11ce matin,
11:11Thierry Breton,
11:12ancien commissaire européen
11:14et ancien ministre de l'économie.
11:17Justement,
11:18est-ce que,
11:19puisque la situation de la France
11:21est très très mauvaise,
11:23et on va y venir,
11:23avec le budget,
11:24avec la dette,
11:25avec aussi la question des retraités,
11:28c'est très intéressant,
11:29il va y en venir dans un...
11:30Est-ce que finalement,
11:31aujourd'hui,
11:32avec ce qui s'est passé hier,
11:34la France va aller
11:35encore plus mal,
11:36Thierry Breton ?
11:37Est-ce que,
11:38aujourd'hui,
11:39on n'est plus bankable ?
11:42Ou est-ce que la France
11:43est le fameux
11:44« too big to fail »,
11:45c'est-à-dire,
11:45en français,
11:46elle est trop grande pour tomber ?
11:48– On va essayer de reprendre
11:49les différents éléments
11:49de votre question.
11:50La première question,
11:51c'est quel est le regard,
11:52au fond,
11:53que d'autres portent sur le pays,
11:55parce qu'évidemment,
11:56les images que nous avons vues,
11:57elles ont été largement diffusées
11:59à l'étranger,
12:00bien entendu,
12:01commentées,
12:01par ceux qui veulent du bien
12:02à la France,
12:03par ceux qui veulent du mal
12:03à la France,
12:04et malheureusement…
12:05– Ce matin,
12:05toutes les chèdes étrangères
12:06sont sur l'événement.
12:07– Et malheureusement,
12:08je constate qu'ils sont
12:09de plus en plus nombreux
12:09à vouloir du mal à la France.
12:11Et puis,
12:12il faut dire aussi une chose…
12:13– Qui donne un peu aussi
12:13des raisons de se faire taper dessus,
12:15non ?
12:15– Oui,
12:16bien entendu.
12:17Et puis,
12:17il y a une chose,
12:18vous aviez évoqué tout à l'heure,
12:19la question,
12:20c'est effectivement que
12:21nous sommes nous-mêmes
12:22dépendants,
12:24très largement dépendants
12:25de nos créanciers
12:26qui ne sont pas français,
12:2856,
12:2958%.
12:30Si on rajoute du reste
12:31les montants de notre dette
12:33qui sont détenus par la BCE,
12:34ça fait beaucoup plus,
12:35donc qui dépendent finalement
12:37qui sont des créanciers
12:38non-français
12:38et qui vont prêter à la France.
12:40Or,
12:42comment on prête
12:43et pourquoi ?
12:43Et comment on met un taux
12:44précisément pour prêter ?
12:45On met un taux en disant
12:46que le taux,
12:47finalement je le dis très simplement,
12:48pardon d'être aussi rapide
12:50et simple,
12:50mais je crois que c'est important,
12:52au fond,
12:53le taux,
12:53ça mesure le risque,
12:55le risque sur notre pays.
12:56Aujourd'hui,
12:56nous sommes le pays,
12:57en Europe,
12:58qui a les taux
12:59d'emprunts
13:00les plus élevés,
13:01vous le savez,
13:01les OAT à 10 ans,
13:02on est à 4,8,
13:034,9,
13:04on n'a jamais été si haut
13:05depuis des lustres.
13:07Pourquoi cette différence
13:08par rapport à d'autres pays européens ?
13:10Parce qu'il y a un risque France,
13:11évidemment.
13:12Ce qui s'est passé hier,
13:14évidemment...
13:14Ça accroît le risque France ?
13:15Bien entendu que ça va accroître
13:16le risque France.
13:17Donc vous pensez
13:18que les zones d'intérêt
13:18dès lundi vont...
13:20Je vais peut-être approfondir
13:22un petit peu pourquoi.
13:23Lorsque l'on regarde
13:25effectivement ce qui se passe,
13:26on voit qu'effectivement
13:27il y a ce risque,
13:28mais il y a également,
13:29et j'en reviens également
13:31à ce qu'a dit
13:32M. Mélenchon.
13:33M. Mélenchon a dit
13:35de façon très précise
13:36que si, par exemple,
13:38Mme Le Pen
13:39arrivait au pouvoir,
13:40alors la France
13:42rentrerait,
13:42pour reprendre l'expression
13:43de M. Bocoté,
13:45quasiment en insurrection
13:46et qu'il y aurait des mouvements
13:48et qu'il les animerait.
13:50Transuisant,
13:50si je peux me permettre,
13:51elle serait majoritaire,
13:52elle aurait appelé
13:52une majorité de Français,
13:54donc les filles
13:54organiseraient l'insurrection.
13:55Donc c'est ce qu'il a dit.
13:58Donc j'essaie de comprendre,
13:58c'est ce que vous présentez.
13:59Donc ça veut dire,
14:00vous reprenez ces propos,
14:01c'est à peu près ça,
14:03donc ça veut dire que,
14:04évidemment,
14:04ça ferait une France
14:05qui serait difficilement gouvernable,
14:07or aujourd'hui,
14:08les marchés regardent quoi ?
14:09Ils regardent évidemment
14:10ce qui se passe,
14:10il y a les sondages,
14:11ils regardent aussi les instituts,
14:12vous savez,
14:13les polymarkettes et autres
14:14qui vont en temps réel
14:15suivre les évolutions.
14:17Est-ce qu'ils sanctionnent pas aussi
14:18une forme d'impuissance ?
14:19Parce qu'il y a impuissance sécuritaire,
14:20une impuissance sur le redressement
14:22des finances publiques,
14:23est-ce qu'il y a un gouvernement
14:23qui n'arrive plus à rien ?
14:25Ils s'en fichent ?
14:25Non, ils ne s'en fichent pas,
14:26personne ne s'en fiche,
14:27surtout pas nous,
14:27mais ce n'est pas ça
14:28qui regarde vous parler,
14:28marcher, je vous réponds marcher,
14:30c'est un peu mon métier.
14:31Donc je vous réponds marcher,
14:33ceux qui regardent,
14:34c'est que précisément,
14:35comme Mme Le Pen aujourd'hui,
14:36notamment sur les sondages,
14:37les polymarkettes et autres,
14:39est donnée comme celle
14:40qui a le plus de chances
14:41donc d'être la future
14:42présidente de la République,
14:43on verra,
14:43rien n'est écrit,
14:44on est à six mois,
14:44tout peut encore se passer.
14:46Mais ce qu'ils regardent,
14:47c'est qu'effectivement,
14:48compte tenu de la mobilisation
14:49qu'il y a eu hier
14:50et de l'impact que ça a eu,
14:52on se dit donc
14:53que oui,
14:54ce risque peut devenir réel
14:55et que donc la France
14:56risque d'être encore plus ingouvernable
14:57et donc le risque,
14:59et donc pour finir,
15:00le risque France,
15:01risque d'augmenter,
15:02on verra si ça a un impact
15:03sur les taux d'intérêt,
15:04ce n'est pas impossible,
15:05hélas.
15:05C'est presque le risque
15:06d'une guerre civile ?
15:07Non, je ne parle pas
15:08de guerre civile,
15:09c'est presque ça,
15:09d'insurrection.
15:10Ce n'est pas moi
15:11qui le décrit,
15:11écoutez, encore une fois,
15:12vous savez,
15:12il faut écouter tout le monde,
15:13écouter parce que les marchés
15:14écoutent tout le monde aujourd'hui
15:15parce que la France
15:16est ce qu'elle est
15:16et donc écouter
15:18ce que dit
15:18M. Mélenchon
15:20et ses amis,
15:21ils ont appelé effectivement
15:22à contester
15:23dans un certain cas
15:24et ceux qui prêtent la France,
15:27leur métier c'est quoi ?
15:28C'est d'anticiper
15:29et donc si on anticipe ça,
15:31ça veut dire une France
15:31encore plus ingouvernable
15:32donc des taux d'intérêt
15:33encore plus élevés,
15:34on verra,
15:35mais c'est comme ça que ça marche.
15:36Mais écoutons à peu de la finance
15:36et revenons sur le problème
15:37parce qu'aujourd'hui,
15:40ces Français
15:40et notamment ces casseurs
15:42et notamment ces Gilets jaunes,
15:43ceux qui ont cramé
15:44une partie de l'hôtel de ville
15:46de Limoges
15:47qui en partie
15:48est insauvable.
15:50Et je parle notamment
15:51des jeunes
15:51parce qu'il y a beaucoup de jeunes
15:53dans ces manifestations,
15:54ils sont en train de cramer,
15:55pardonnez-moi,
15:55leur avenir.
15:56On est en train de cramer
15:57une civilisation,
15:58on est en train de rentrer
16:00dans un épisode
16:03de l'histoire de France
16:04qui risque d'être inextricable.
16:06Qu'est-ce qu'on fait
16:07quand on entend,
16:08encore une fois,
16:09pardonnez-moi Thierry Breton
16:10et vous avez appartenu
16:10à des gouvernements
16:11avec des présidents forts.
16:14Comment est-ce qu'on fait ?
16:15Un, puisque j'ai appartenu
16:16à deux gouvernements
16:17avec un président,
16:18je nomme Jacques Chirac.
16:19On pense ce qu'on veut
16:20de Jacques Chirac.
16:21Mais quand il prenait
16:22une décision,
16:23il prenait une décision.
16:24Aujourd'hui,
16:24vous avez un président
16:25de la République
16:26qui parle d'empathie.
16:27Vous avez un ministre
16:28de l'Intérieur
16:28qui parle de proportionnalité
16:30des forces de l'ordre
16:32envers...
16:32Comment est-ce que
16:33vous voulez avancer ?
16:34Où est ce fameux
16:35choc d'autorité
16:36et comment on fait ?
16:37Parce que sinon,
16:38on n'en sortira pas.
16:40Encore une fois,
16:41on est à six mois
16:42d'une élection
16:42donc on peut répéter
16:44tout ce que vous venez
16:44de dire.
16:45Les Français vont être
16:46appelés à choisir
16:47dans six mois
16:48celle ou celui
16:49qui saura répondre...
16:49On peut faire le bazar
16:50pendant six mois
16:51et ça n'a pas d'importance ?
16:52Écoutez,
16:53ce n'est pas du tout
16:55ce que je dis.
16:57Pas du tout.
16:57Je dis simplement
16:58que ces questions
16:59que vous posez,
17:00elles vont être tranchées
17:01précisément à l'occasion.
17:03Et c'est la raison
17:05pour laquelle...
17:05Il n'y aura pas
17:07une crise financière
17:07avant,
17:08M. Breton ?
17:08Voilà la vraie question.
17:10Voilà la vraie question.
17:11Parce que celle-là
17:11elle sera tranchée.
17:12Mais vous n'aurez pas
17:13la réponse,
17:13ni moi non plus.
17:14En revanche,
17:15celle-là,
17:16oui,
17:16c'est une question
17:17qui, hélas,
17:18maintenant,
17:19peut se poser
17:19parce que la France
17:21est devenue un pays
17:22qui, effectivement,
17:23doit lever sur les marchés
17:25en gros 12, 13,
17:2715 milliards d'euros.
17:28Alors maintenant,
17:28c'est les adjudications
17:29qu'on a maintenant
17:30en novembre et en décembre.
17:31Et si, effectivement,
17:32il y en a une
17:33qui n'est pas exactement
17:35levée comme on le voudrait,
17:36à ce moment-là,
17:37ça peut provoquer,
17:37effectivement,
17:38des réactions.
17:39Et ça laissera la France
17:40face à qui ?
17:40Et je le dis,
17:41parce qu'il faut,
17:42effectivement,
17:42que la France soit forte
17:43dans une Europe forte.
17:44On va en parler.
17:46Ça laissera la France
17:46devant la BCE,
17:48pas devant le FMI.
17:49Parce que vous me demandiez
17:50tout à l'heure,
17:50est-ce qu'on est
17:51tout big, tout fell ?
17:52Bien sûr,
17:52on n'est pas la Grèce.
17:53Donc, bien sûr
17:54qu'on est beaucoup plus gros.
17:55Donc, qui va devenir
17:56en face de nous
17:57si jamais on a un problème ?
18:01Ceux, ça voudra dire
18:01les Allemands,
18:02ça voudra dire les Néerlandais.
18:04Et vous croyez
18:04qu'ils vont nous faire
18:05des cadeaux ?
18:05Donc, on mettra à ce moment-là
18:06une pression très forte
18:07pour forcer la France
18:09à faire ce qu'il y a à faire.
18:10Et c'est pour ça
18:10que je pousse la règle d'or.
18:11C'est pour moi
18:12la seule solution.
18:13Si je vous permets,
18:14revenons juste un peu
18:15parce que ce n'est pas assez hier.
18:16Je le redis haut et fort
18:17ce matin à votre antenne
18:18pour remettre de la discipline.
18:19Parce que s'il n'y a pas
18:20de discipline,
18:20M. Le Villeneau,
18:21s'il n'y a pas de discipline
18:22au niveau financier,
18:24alors ne nous plaignons pas
18:26ou plutôt comprenons
18:28que ce non-discipline,
18:29eh bien, ça coule partout
18:30et ça crée effectivement
18:32indirectement
18:32ce que vous disiez tout à l'heure
18:34et ce que vous ressentez
18:35de l'État dans lequel
18:36effectivement par indiscipline...
18:38Je comprends que vous voulez...
18:38Mais revenons juste un peu
18:39faisons semblant
18:40qu'il s'est passé quelque chose
18:41de grave hier.
18:41Non, pas que par l'économie.
18:42Faisons semblant
18:42qu'il s'est passé quelque chose
18:43de grave hier.
18:44Donc, revenons-y juste un instant.
18:46Il y a des gens
18:47qui ont des milliers,
18:48des milliers de militants professionnels,
18:49de casseurs,
18:50de racailles,
18:51tout ça,
18:51qui détruisent.
18:52On veut savoir qui c'est,
18:53M. Bocoté.
18:53J'espère qu'on saura
18:55par rapport à ceux
18:56à l'échantillon
18:57de ce projet arrêté.
18:57Si en quittant...
18:58Et on sera surpris
19:01très probablement.
19:02Si vous quittez,
19:03vous quittez dans quelques minutes,
19:05en fait,
19:05Europe 1, CNews,
19:06et vous prenez votre voiture
19:07et vous faites un petit dépassement
19:09avec votre voiture
19:09de dépassement de vitesse,
19:10alors là, contravention.
19:12Alors là, amende,
19:12il n'y a pas de doute
19:13que vous serez sanctionné.
19:14L'homme ordinaire en ce pays,
19:15les gens ordinaires
19:16qui sont...
19:16qui commutent
19:17la moindre petite infraction,
19:18la sanction est immédiate.
19:19L'État n'est pas impuissant
19:20avec eux.
19:21Mais quand on se retrouve
19:22devant des mouvements
19:22comme ceux-là,
19:23l'État est plutôt impuissant.
19:24Est-ce que ça,
19:25ça n'alimente pas aussi
19:25une forme de perte de confiance
19:27dans les institutions ?
19:28Le commun immortel
19:29sera toujours sanctionné,
19:30mais les casseurs,
19:31pas du tout.
19:31M. Bocoté, je comprends
19:31que vous vouliez faire
19:32ce grand écart,
19:32mais moi...
19:33C'est pas un grand écart,
19:33c'est la réalité d'hier.
19:34M. Bocoté, moi,
19:35je pense que ceux
19:36qui ont cassé précisément hier
19:38ne sont pas,
19:38comme vous le disiez,
19:40des hommes ordinaires.
19:41Non, justement,
19:41mais l'homme ordinaire,
19:42lui, sera sanctionné.
19:43Et c'est la raison
19:44pour laquelle,
19:44je pense,
19:45alors vous dites 500,
19:46donc on a un échant...
19:47500 gardes à vue
19:48ce matin à Paris.
19:49Eh bien, j'espère
19:50que l'on va connaître
19:51le profil de ceux
19:52qui sont ces casseurs,
19:53parce que c'est ça
19:54qui va vous répondre
19:55à votre question.
19:56Et tant qu'on n'a pas
19:57cette réponse,
19:58voilà, on peut faire
19:58les supputations.
19:59Moi, je le dis
20:00de façon très claire.
20:01Vous n'avez aucune idée
20:01des profils qu'on a eu hier ?
20:03Mais non, non.
20:04Aucune ?
20:04Mais bien entendu,
20:05mais ce ne sont comme vous
20:06que des suspicions.
20:08Plus que ça, quand même.
20:09Eh bien, on a un instrument
20:11pour le savoir.
20:12Je voudrais qu'on le sache.
20:13Voilà.
20:13Qui sont ces casseurs ?
20:14Parce que vous avez raison.
20:16Vraisemblablement,
20:16de l'ultra-gauche.
20:17Alors, on va pouvoir le savoir.
20:18Et les racailles ?
20:19Ils sont poussés par qui ?
20:20Eh bien, des racailles.
20:20Vous avez raison.
20:21Beaucoup.
20:21Eh bien, on va le savoir.
20:23Et j'espère qu'on nous donnera
20:24cette information
20:25parce qu'elle sera
20:25un élément de réponse
20:26important à votre question.
20:28Mais le communément...
20:29Je me rappelle,
20:30juste une seconde.
20:30L'homme ordinaire,
20:31il existe celui-là.
20:32Celui qui respecte les lois,
20:33paie ses impôts,
20:34se comporte de manière
20:35courtoise avec les gens.
20:36Lui, s'il fait la moindre...
20:37Mais monsieur,
20:38bien entendu, vous demandez...
20:40Non, mais vous voyez,
20:40je parle d'une crise démocratique ici.
20:42Mais évidemment, les gens...
20:43Moi, je suis venu tout à l'heure
20:44en taxi et c'était une dame
20:47qui me conduisait,
20:47chauffeur de taxi,
20:48qui me disait ce que vous dites.
20:49C'est-à-dire que, voilà,
20:50c'est tragique.
20:51Et elle allait même plus loin.
20:53Et elle disait,
20:53et qui va payer ?
20:54C'est nous, bien sûr.
20:55Donc, c'est pour ça
20:56que c'est intolérable
20:57et c'est pour ça
20:58que je le redis.
20:58Il faut maintenant
20:59qu'on en fasse des conclusions.
20:59Mais vous ne voyez pas
21:00la prochaine étape ?
21:00Y compris, y compris,
21:02y compris, encore une fois,
21:03par rapport à ce que j'ai dit
21:04au début de notre projet.
21:05Si l'État n'est plus capable
21:05de défendre...
21:06Vous êtes commerçant.
21:06Imaginez que vous êtes petit commerçant.
21:07Vous avez une maison.
21:08Qu'importe.
21:09Vous n'êtes plus capable
21:09de...
21:09L'État ne vous défend plus.
21:11Vous ne pensez pas
21:11que la prochaine étape,
21:12ça va être la tentation
21:12chez certains de l'autodéfense ?
21:14Non, mais sur votre côté,
21:15malheureusement,
21:15cette question...
21:17C'est une question.
21:18C'est pas une proposition,
21:18c'est une question.
21:19Une inquiétude.
21:20C'est une question
21:20et elle ne se pose pas
21:22qu'aujourd'hui.
21:23Je rappelle que nous avons eu
21:24aussi en 2023
21:24des événements
21:25qui étaient à peu près...
21:27Vous vous en souvenez ?
21:28Avec ce même type
21:29de préoccupation...
21:30Vous savez pourquoi
21:30les événements en 2023
21:31se sont éteints ?
21:32Oui, parfaitement.
21:32C'est parce que ce sont
21:33les dealers qui ont dit
21:34qu'on n'arrive plus à travailler.
21:36On n'en est là aujourd'hui.
21:37Il n'y avait pas que ça.
21:38Ah bah...
21:39Je connais bien...
21:41C'est pour dire à M. Bocoté
21:42que cette question,
21:43elle demeure et qu'il faut...
21:45Alors, vous m'avez posé
21:46une question tout à l'heure.
21:46Je vous ai dit d'abord
21:47qu'il faut commencer
21:48à remettre de l'ordre
21:49dans nos têtes.
21:50Et l'ordre dans nos têtes,
21:51ça veut dire de l'ordre
21:52dans nos finances.
21:53C'est pas que ça.
21:54Mais l'histoire vous l'apprend.
21:55Vous êtes un passionné
21:56de l'histoire, M. Bocoté
21:56comme moi.
21:57L'histoire vous l'apprend
21:58dans les moments tragiques
21:59de notre nation.
22:00Quand un pays ne sait plus
22:01tenir ses comptes,
22:02ne sait plus tenir sa parole,
22:04alors effectivement,
22:05beaucoup de choses
22:05partent à boulot.
22:06Et c'est pour ça que je le dis.
22:07Voilà.
22:07Alors, encore une fois,
22:08on peut avoir
22:09d'autres appréciations.
22:10Moi, j'en ai qu'une aujourd'hui
22:11à mon niveau.
22:12C'est de dire qu'il faut
22:13remettre de la discipline
22:14dans nos têtes
22:15et dans nos comptes
22:16et réapprendre à tenir nos comptes.
22:17Parce qu'évidemment,
22:18c'est important pour
22:19les finances publiques,
22:20mais aussi pour la parole
22:21de la France
22:21et sa place dans le monde
22:23et dans l'Europe.
22:23Dans un instant,
22:24avec Thierry Breton.
22:25Restez avec nous.
22:29On va en rendez-vous
22:30la suite avec Thierry Breton,
22:32ancien ministre de l'économie
22:33et ancien commissaire européen
22:36dans The Economist.
22:37Le prix Nobel d'économie,
22:38Paul Krugman,
22:39affirme que la France
22:40n'est plus
22:40too big to fail,
22:41mais too big to save.
22:42Trop grande pour être sauvée.
22:45On va en parler
22:46parce que c'était un peu
22:48la course à l'échalote
22:48cette semaine
22:49avec les responsables politiques
22:50qui se sont livrés
22:51à un combat,
22:52je ne sais pas si vous avez vu,
22:53de la somme
22:53qu'on pouvait économiser.
22:55Alors, ça se compte
22:56en centaines de milliards
22:57et on va y venir
22:57dans un instant.
22:58Mais d'abord,
22:58j'ai une question
22:58parce qu'ici même,
23:00au grand rendez-vous
23:00il y a deux semaines,
23:01Jean-Philippe Tanguy
23:02du RN a invoqué votre nom.
23:04Alors, moi,
23:04j'ai juste une question,
23:05est-ce que vous êtes assuré
23:06d'être, si elle est élue,
23:08d'être le ministre
23:09de l'économie
23:10de Marine Le Pen ?
23:11Non mais,
23:13monsieur Villeneuve,
23:14c'est tellement pas le sujet.
23:15Je vais vous dire pourquoi.
23:16Un peu ?
23:17Non, pas du tout.
23:18Parce que moi,
23:18j'ai été ministre des Finances
23:21il y a 20 ans.
23:22Non, je précise,
23:22c'est parce qu'il a évoqué,
23:23on parlait de la règle d'or
23:24et dont vous étiez
23:25les promoteurs.
23:26Cette question n'a pas de sens.
23:27Je vais vous dire pourquoi.
23:28Parce que, effectivement,
23:30je voudrais,
23:31si vous me permettez,
23:32deux minutes
23:32parce que c'est très important,
23:34par rapport précisément
23:34à une appréciation
23:35peut-être commune,
23:36j'ai pris mon bâton de pèlerin
23:38par rapport à tout
23:38ce qu'on vient de dire
23:39en me disant
23:39qu'il n'y avait finalement
23:40qu'une seule chose
23:41pour remettre de la discipline
23:42dans nos esprits
23:43et faire en sorte
23:44qu'on puisse enfin
23:44avoir des budgets,
23:46c'est de tous,
23:47tous,
23:47tous ceux qui font normalement
23:48parce que moi,
23:48je ne fais de procès à personne.
23:49Vous voyez qu'elle a du sens
23:50ma question ?
23:51Je ne sais pas du tout
23:52parce que ce n'est pas du tout
23:52ça n'a pas de sens
23:53pour moi.
23:54Mais je vais...
23:56Si vous permettez,
23:56ne m'interrompez pas
23:58pour que j'explique
23:58et puis après ça,
23:59après ça,
23:59bien entendu,
24:00vous aurez le temps de relancer.
24:01Vous avez présenté la règle d'or
24:01à tous les partis,
24:02on en a parlé
24:02quand vous êtes venus
24:03la dernière fois.
24:03Absolument,
24:04mais je voudrais y revenir
24:04parce que c'est quelque chose
24:05qui est important
24:06parce qu'effectivement,
24:07et je le redis parce que
24:08pour nos téléspectateurs
24:09et nos auditeurs,
24:10cette règle d'or,
24:11c'est quoi ?
24:11C'est tout simplement
24:12mettre de la discipline
24:14et comme on n'arrive pas
24:14à la faire entre nous,
24:15regardez ce qui se passe
24:16à l'Assemblée
24:16et que je crains
24:17que quel que soit
24:18celui ou celle
24:19qui sera élu président
24:19de la République,
24:20ce sera pareil
24:20parce que la classe politique
24:21est désormais fragmentée.
24:23Donc,
24:23se dire qu'on est d'accord
24:25pour avoir une trajectoire,
24:26je dis bien une trajectoire,
24:27qui fait qu'effectivement,
24:28en 2032,
24:29alors on sera à moins 1%,
24:31moins 2%,
24:32en fait,
24:32c'est effectivement
24:33la classe politique
24:34qui choisira,
24:34mais qu'on ait cette trajectoire.
24:35Cette trajectoire,
24:36pour qu'elle soit sûre
24:37d'être tenue,
24:38on va faire comme les Allemands,
24:40la constitutionnaliser
24:41de façon à ce que,
24:42encore une fois,
24:42puisqu'on est incapable,
24:43peuple de Gaulois
24:44que nous sommes,
24:44de nous mettre d'accord,
24:46eh bien au moins,
24:46on va le dire
24:47dans la constitution.
24:48Eh bien voyez-vous,
24:49j'ai expliqué tout ça
24:50de façon très simple
24:51à tous ceux
24:51qui ont bien voulu
24:52parler avec moi.
24:53J'ai parlé avec tout le monde,
24:54j'ai parlé avec tout le monde.
24:54Qui nous a confirmé
24:55jeudi soir sur nos antennes
24:56qu'elle reprenait
24:57la règle d'or.
24:58J'ai parlé avec tout le monde.
24:59Mais avec tant d'exceptions
25:01d'assouplissement possible.
25:03Mais bien entendu,
25:03comme en Allemagne.
25:04Qu'est-ce qui nous garantit
25:05qu'elle serait appliquée
25:06cette règle d'or ?
25:07Mais attendez,
25:07parce qu'elle est constitutionnelle,
25:08comme en Allemagne.
25:09Si vous me permettez,
25:10avec évidemment
25:11toutes les clauses
25:12d'exception,
25:13s'il y a des guerres,
25:15s'il y a des pandémies,
25:16exactement comme en Allemagne,
25:17on n'est pas des imbéciles.
25:19Il y a eu le Covid,
25:21il y a eu la guerre en Ukraine,
25:22il y a tout le monde des crises.
25:22Cette règle d'or,
25:23si vous permettez,
25:24je ne dis pas ça pour vous,
25:25mais cette règle d'or,
25:26elle permet effectivement
25:27de faire face aux situations,
25:29mais en période de croisière,
25:30elle donne cette discipline
25:31qui fait qu'à ce moment-là,
25:32le risque France va baisser.
25:34Et qu'on aura trouvé
25:34le modus vivendi.
25:35Alors derrière,
25:37les partis vont y mettre
25:38ce qu'ils veulent.
25:39Moi, ce que je peux vous dire
25:39aujourd'hui pour avoir parlé,
25:40et abondamment,
25:41avec chacun d'entre eux,
25:43sauf avec la France insoumise,
25:44ils n'ont pas voulu me voir,
25:45mais moi non plus,
25:45c'est pas moi qui frappe à la porte.
25:47Ils ont estimé
25:47qu'ils étaient suffisamment occupés
25:50à faire ce qu'ils avaient à faire.
25:51Tous les autres,
25:52j'en ai parlé.
25:53Et c'est vrai,
25:54que force est de constater,
25:56force est de constater,
25:57si vous le permettez,
25:58que ce soit
26:02Madame Le Pen
26:03et Monsieur Bardella.
26:04J'ai vu effectivement
26:04Monsieur Bardella,
26:05j'ai vu Monsieur Tanguy,
26:06vous en avez parlé,
26:07que ce soit
26:08Monsieur Retailleau,
26:09que ce soit Monsieur Barnier,
26:10que ce soit Monsieur Attal,
26:11que ce soit Monsieur Philippe.
26:13Ils ont tous dit
26:13qu'ils voulaient une règle d'or.
26:14Enfin !
26:15Donc, qu'est-ce que j'essaye ?
26:16De là où je suis,
26:17c'est de mettre ensemble,
26:19précisément,
26:20ceux qui estiment
26:21qu'il faut une discipline,
26:21parce qu'il faudra quoi
26:22pour la faire appliquer ?
26:24Excusez-moi,
26:24je vais au bout.
26:25Pour la faire appliquer,
26:26il faudra soit un référendum,
26:27mais moi j'y crois pas
26:28parce que c'est trop compliqué,
26:29les Français...
26:29Vous avez vu ce qui se passe
26:29avec les référendums ?
26:30Voilà.
26:31Donc, la deuxième solution,
26:32c'est le Congrès.
26:34Je vais vous donner
26:34une information ce matin.
26:37C'est que le Congrès,
26:39c'est effectivement combien ?
26:403 cinquièmes.
26:41C'est les 3 cinquièmes,
26:42donc, entre les sénateurs
26:43et les députés réunis.
26:44Eh bien, je vais aller au bout,
26:46je vous donne une information ce matin.
26:48Avec tous ceux
26:48qui se sont exprimés
26:49en disant
26:49nous sommes favorables
26:50à la règle d'or,
26:51eh bien, on a aujourd'hui
26:52les 3 cinquièmes.
26:54Donc, on a aujourd'hui...
26:55Mais pourquoi pas
26:55les référendums ?
26:56Comment leur faire confiance
26:58à ces forces politiques
26:59quand on voit le spectacle
27:00qu'on a eu à l'Assemblée
27:01ces derniers 15 jours
27:02où toutes les mesures d'économie
27:04qui ont été mises sur la table
27:05par le gouvernement
27:05ont été retoquées
27:06par le RN,
27:07par la droite,
27:08par la gauche.
27:09Il y a un bon consensus
27:10pour ne pas faire d'économie.
27:11Vous donnez effectivement
27:12exactement de l'amour moulin,
27:13c'est précisément
27:14au regard de ce que vous venez
27:15de décrire
27:16que précisément,
27:18puisqu'ils sont tous
27:19d'accord maintenant...
27:20Alors, il y a deux solutions.
27:21On le fait avant les élections,
27:23on le fait après.
27:23Moi, ce que je dis,
27:24c'est qu'aujourd'hui,
27:25nous avons les 3 cinquièmes.
27:26Bien sûr,
27:30dans leur appréciation,
27:32ils peuvent différencier,
27:34diverger
27:35sur le fait qu'il faille en 2032
27:36être à moins 1%
27:37ou à moins 2%.
27:38Et ça, il faut leur laisser.
27:39Donc, il faut d'une part
27:39faire accepter
27:41le fait
27:42que précisément,
27:43nous acceptons cette discipline.
27:45Et après ça,
27:45à charge pour eux
27:46de mettre effectivement
27:47l'objectif.
27:48Et ça, c'est la démocratie.
27:49Et derrière,
27:50et derrière, effectivement,
27:51à partir du moment
27:51où ceci est constitutionnalisé,
27:53chacun pourra y mettre dedans.
27:55Effectivement,
27:55et ce sera le budget,
27:56et je finis là-dessus.
27:57Chacun y mettra.
27:58Si vous êtes à droite,
27:59vous voudrez sans doute
27:59un peu moins d'impôts,
28:00un peu plus de compétitivité.
28:01Si vous êtes plutôt à gauche,
28:02vous voudrez peut-être
28:02un peu plus d'impôts.
28:04Très bien.
28:04Vous y mettrez ce que vous voudrez.
28:05Comme les Allemands l'ont fait,
28:06ils l'ont fait pousser
28:07par un chancelier
28:08qui s'appelait
28:09Pirstenbrück,
28:10qui était le vice-chancelier,
28:11pardon,
28:11vice-chancelier
28:12de Mme Merkel,
28:13chancelière,
28:14tous les deux.
28:14Il y en avait un qui était socialiste,
28:15l'autre qui était de droite.
28:18Et ils ont appliqué
28:19ce qui a fonctionné
28:21avec les clauses d'exception voulues,
28:23mais qui a remis de la discipline.
28:29Le premier élément,
28:29la constitutionnalisation,
28:31le fait qu'il ne fallait pas
28:32faire de dette,
28:33très bien.
28:33Mais le fait de constitutionnaliser ça,
28:35est-ce qu'il n'y a pas
28:35une forme de méfiance
28:36envers la démocratie
28:36en disant que les parlementaires
28:37ne sont pas capables
28:38de s'organiser,
28:39il faut donc les organiser
28:40de l'extérieur,
28:41un.
28:41Et deuxième élément,
28:42pas le référendum.
28:43Vous avez une telle traite
28:44envers le peuple ?
28:44C'est une excellente question
28:45et c'est la raison pour laquelle
28:47je suis contre le référendum
28:49sur cette question
28:49parce qu'il s'agit
28:50tout simplement aux parlementaires
28:52qui sont eux,
28:53le Sénat
28:53et l'Assemblée nationale
28:55qui doivent décider
28:57de la façon
28:57dont ils travaillent ensemble
28:58pour précisément
29:00voter le budget.
29:00Et le passage par le peuple,
29:01c'est une si mauvaise étape ?
29:02Je veux juste terminer.
29:04Donc c'est précisément
29:04quelque chose
29:05qui concerne le travail parlementaire.
29:07C'est pour ça
29:07que la constitution
29:08donne deux voies.
29:10Soit c'est une voie
29:10qui va dire au peuple
29:11comment les parlementaires
29:12doivent travailler
29:12et ce serait un référendum.
29:14Soit c'est les parlementaires
29:15en eux,
29:16dans leur sagesse,
29:17je mets des guillemets
29:17à sagesse,
29:18qui vont décider
29:19comment ils travaillent ensemble.
29:20Il faut pour ceci
29:20qu'ils soient 3 cinquièmes,
29:23c'est qu'ils sont effectivement
29:25ceux qui m'ont vu
29:253 cinquièmes pour le dire.
29:27C'est donc un travail
29:28d'organisation parlementaire.
29:29C'est pourquoi...
29:30Juste comprendre
29:31pourquoi pas de référendum.
29:32C'est pourquoi...
29:32Parce qu'encore une fois,
29:33c'est les parlementaires
29:34qui travaillent entre eux.
29:35C'est à eux de décider
29:35comment ils travaillent.
29:36Le référendum,
29:37c'est de dire...
29:37Il faut peut-être consulter
29:38un peu le peuple de temps en temps.
29:39Oui, mais ce serait de dire
29:39aux parlementaires
29:40comment ils doivent travailler.
29:41Puisqu'on a ces deux voies,
29:42je privilégie la voie parlementaire.
29:43En revanche,
29:44peut-être que pour dire
29:46combien il faut atterrir,
29:47là, ça peut concerner le peuple,
29:48donc on peut faire en deux temps.
29:50D'abord, effectivement...
29:51Vous n'aimez pas le consulter
29:51trop trop, le peuple ?
29:52Mais pas du tout,
29:52mais ne mélangeons pas tout,
29:53monsieur Bocoté.
29:54Le peuple doit être consulté,
29:56bien sûr,
29:56quand il doit l'être
29:57et pour ce qu'il doit faire.
29:59Là, c'est un travail
30:00d'organisation parlementaire
30:01entre eux.
30:01Vous changez la profession ?
30:02Je prends l'Allemagne.
30:04L'Allemagne a demandé à quoi ?
30:06Au Bundestag
30:07de se mettre d'accord
30:08pour proposer
30:09une réforme constitutionnelle
30:10de sa façon de travailler.
30:12C'est les parlementaires
30:13qui vont proposer précisément
30:14de se mettre ensemble.
30:15C'est pour ça que je préfère
30:16sur cette question.
30:17Il y en a d'autres,
30:18effectivement,
30:18où le peuple est parfaitement
30:20légitime à être consulté.
30:21Sur cette question,
30:22je pense que c'est préférable.
30:25Maintenant,
30:25il n'y a aucun problème.
30:27Est-ce que ce n'est pas
30:27un constat d'une totale impuissance
30:29de ce que disait Mathieu ?
30:30Cette règle d'or,
30:31c'est qu'on est incapable
30:32de se discipliner nous-mêmes
30:34et que les forces politiques,
30:36les représentants du peuple
30:37ont été élus ?
30:38Merci,
30:39parce que vous posez
30:39exactement la question
30:40comme il faut la poser.
30:41Elle s'est posée
30:43en 2009,
30:44pour la classe politique allemande,
30:45qui était aussi très diverse.
30:48Il y avait l'impossibilité
30:50en Allemagne
30:50de créer des majorités
30:51d'un seul parti.
30:52Il fallait donc créer
30:53ce qu'on appelle
30:54des coalitions.
30:54Ce n'est pas qu'un problème
30:55d'éclatement politique,
30:56c'est de volonté politique.
30:57Il fallait créer des coalitions.
30:59Une coalition,
31:00c'est difficile.
31:01On n'a pas cette culture,
31:02nous.
31:02Or, hélas,
31:04je dis hélas,
31:04parce que j'aurais préféré
31:05qu'on ait un système majoritaire.
31:07On est dans un environnement politique
31:09et les réseaux sociaux
31:11jouent beaucoup du reste,
31:12qui éclatent les partis politiques.
31:14Il faut donc trouver le moyen
31:15de travailler ensemble
31:16et c'est pourquoi
31:17je propose une méthode.
31:18Et pour répondre à M. de Villeneuve,
31:20alors bien sûr,
31:20c'est vraiment
31:21le concours l'épine
31:22de celui qui va dire
31:23« Mais moi,
31:24je vous supprime
31:24800 000 fonctionnaires.
31:26Attendez,
31:27toi, t'es nul.
31:27Mais non,
31:27moi, je vais en mettre un million. »
31:29Ce n'est pas la question.
31:30La question,
31:30c'est encore une fois
31:31de voir comment
31:32on va travailler ensemble.
31:34La France,
31:35elle souffre terriblement
31:36de ne plus savoir travailler.
31:38Il faut...
31:39Vous savez,
31:39moi, j'étais chef d'entreprise.
31:40Je peux vous dire
31:41que la stratégie,
31:42c'est assez facile.
31:44Donc la stratégie,
31:45les promesses,
31:45c'est facile.
31:46Ce qui compte,
31:46c'est l'exécution
31:47et les tenir.
31:48Et là,
31:48je propose une voie
31:49pour les tenir.
31:50Est-ce que tout le monde
31:51doit participer à l'effort ?
31:52Parce qu'effectivement,
31:53on a eu les propositions.
31:53Sarah Knafo ouvert le bal,
31:54130 milliards d'économies.
31:56Marine Le Pen,
31:56140 milliards.
31:57Bruno Retailleau,
31:58197.
31:59M. Casbarian,
32:00lui propose 250 milliards d'économies.
32:03Tout est chiffré.
32:04Simplement,
32:05il y a deux familles politiques.
32:06Il y a ceux qui proposent
32:08de...
32:08Quand on dit
32:08les retraités,
32:10participent aussi à l'effort.
32:11Et ceux qui disent
32:11« Pas touche aux retraités ».
32:12Vous êtes de quelle famille ?
32:13D'abord,
32:14dans les deux,
32:15je vais être très précis.
32:16Je vais répondre très précisément
32:17à votre question.
32:17Dans la première partie,
32:19c'est effectivement,
32:21encore une fois,
32:22je ne m'en voulais pas
32:22et que ceux qui nous écoutent
32:24ne m'en veulent pas.
32:25Mais c'est un peu la foire à neneux.
32:26Alors, on est là.
32:26Qu'est-ce que ça veut dire ?
32:27On sait très bien.
32:28Et moi, je te mets 140 milliards.
32:30Et moi, je te en mets 250.
32:31Et moi, je te en mets 180.
32:32Et moi, je te en mets 125.
32:33C'est...
32:34Les promesses aujourd'hui...
32:35Et je vais même aller plus dire.
32:36Les promesses,
32:37y compris de programme,
32:40ça ne tient plus.
32:41Parce qu'aujourd'hui,
32:42on est précisément
32:42sous le regard
32:43de ce dont on parle.
32:44D'accord.
32:47Donald Trump,
32:47il s'est fait élire
32:48sur un programme
32:48qui tient en quatre mots.
32:50Make America great again.
32:52Donc, c'est ça,
32:53aujourd'hui,
32:53le monde dans lequel on est.
32:54Donc, toutes ces promesses,
32:55ça n'engage que ceux
32:56qui les tiennent.
32:57Aussi bien se passer
32:57des élections.
32:58Et il ne faut pas certainement
32:59pas les retraités.
33:00Alors, les retraités,
33:01c'est très important.
33:01Parce que la retraite,
33:02c'est effectivement un contrat
33:05entre chacune et chacun
33:06d'entre nous
33:06et la nation.
33:07Et ce contrat,
33:08c'est effectivement la retraite.
33:10Aujourd'hui,
33:10elle n'est pas répartition.
33:11Elle pourra peut-être
33:12demain évoluer.
33:13Et ce contrat,
33:13moi, je suis pour qu'on les tienne
33:14parce que la parole de la France...
33:16Donc, les retraités.
33:17Oui, mais attendez.
33:17Donc, les retraités
33:18ne participent pas à l'effort.
33:19Non, je ne dis pas du tout ça.
33:21Je dis simplement
33:21qu'on a,
33:21pour qu'on participe à l'effort,
33:23on a un instrument.
33:24Et c'est, pardon de le dire,
33:25l'ancien ministre des Finances
33:26qui parle.
33:27C'est-à-dire que cet instrument,
33:28pour savoir qui doit participer
33:29à l'effort,
33:30ça s'appelle l'impôt.
33:31Donc, à partir du moment
33:32où on a un contrat,
33:33ce contrat, il doit être tenu,
33:34y compris sur l'indexation.
33:36Il faut indexer.
33:37Mais si on estime
33:37qu'à partir d'un certain niveau,
33:39il faut reprendre un peu plus
33:40parce qu'on est
33:41dans une situation particulière,
33:42alors on a l'impôt.
33:43Mais ne mélangeons pas tout.
33:44Et ne cassons pas
33:46la parole de la France,
33:47elle ne se monnaie
33:48par la parole de la France.
33:49Une pause
33:49et on revient dans un instant.
33:51Dernière partie
33:52du grand rendez-vous
33:53CNews Europe 1
33:54avec les échos.
33:55Avec Thierry Breton,
33:57ancien ministre de l'économie
33:58et ancien commissaire européen,
34:00on parlait des impôts
34:01et des retraités
34:01à l'instant.
34:03Vous savez que
34:03seuls 22% des Français,
34:05donc moins d'un quart,
34:06font confiance à l'État
34:07pour utiliser l'argent public.
34:08Et qu'est-ce qu'on a
34:09dans le futur budget ?
34:1117 milliards d'impôts
34:12supplémentaires.
34:13Alors moi,
34:13je veux bien payer des impôts
34:14pour financer les retraites
34:16des...
34:16Mais vous voyez bien
34:17qu'à un moment donné,
34:18on n'y arrivera plus.
34:19Monsieur Villeneuve,
34:20on a...
34:22Je ne sais pas comment il faut dire
34:23mis au congélateur
34:24puisque maintenant,
34:25on utilise les congélateurs
34:26pour parler de finances publiques.
34:27Je reprends l'exemple
34:29de monsieur Mélenchon
34:29qui veut mettre au congélateur
34:30la dette de la France.
34:32On a mis au congélateur
34:34une réforme qui était essentielle,
34:36qui était la réforme
34:37des retraites.
34:38Elle n'était pas parfaite,
34:40elle devait être encore aménagée,
34:41mais elle remettait
34:41la voiture France
34:42dans le bon ordre.
34:43Elle devait nous apporter
34:44en année pleine,
34:46en gros,
34:47entre 10 et 14 milliards
34:48d'économies
34:49en travaillant juste
34:50de 62,9 années
34:52à 64 ans.
34:54Ce n'était pas gigantesque,
34:55il fallait encore évidemment
34:56considérer...
34:57Vous voulez dire
34:57qu'on n'a pas de solution
34:58qu'il faut payer ?
34:58M. Villeneau,
34:59ça veut dire que ce manque
35:00à gagner,
35:01du coup on se dit
35:01on l'a mis à côté.
35:03Et je suis de ceux
35:04qui l'ont évidemment déploré.
35:07Parce que du coup...
35:08C'était une grave erreur
35:10du gouvernement ?
35:10C'est une dramatique,
35:11je l'ai dit,
35:11c'est une erreur dramatique.
35:12D'abord d'un point de vue
35:13de politique,
35:14aussi d'éducation...
35:15Vous pensez qu'on y reviendra ?
35:15Non mais d'abord,
35:16normalement on doit y revenir
35:17automatiquement en 2028,
35:18donc j'espère le 1er janvier.
35:19Mais ce que je veux dire,
35:20c'est que du coup,
35:21ce manque à gagner,
35:23on va le chercher ailleurs.
35:24Et pourquoi là ?
35:27C'est quelque part
35:27dans des économies d'État.
35:29Mais il faut les deux.
35:30Si jamais on estime,
35:31et là encore une fois,
35:32vous voyez,
35:32c'est comme pour la discussion
35:33qu'on avait tout à l'heure,
35:34dans les programmes
35:35de chacune et chacun,
35:36moi pour l'instant,
35:36je m'interdis de les commenter
35:38parce que je veux surtout
35:39essayer de mettre ensemble,
35:41de nous mettre ensemble
35:41sur cette fagée d'or.
35:42Il y a quand même des candidats
35:43qui veulent ramener
35:45et revenir encore en arrière,
35:46revenir à 62 ans,
35:47voire à 60 ans.
35:48Je pense à Marine Le Pen
35:49ou à Jean-Luc Mélenchon.
35:50Clairement,
35:51vous venez de l'entendre,
35:52je pense que c'est une grave erreur
35:53par rapport encore une fois
35:54à la situation
35:55qui est la nôtre aujourd'hui.
35:56Grave erreur.
35:57Il faut évidemment
35:58déjà reprendre,
35:59alors elle va revenir
36:00d'application directe
36:01dès le 1er janvier 2028.
36:03Ça va nous permettre
36:03d'avoir déjà 14 milliards d'économies.
36:05On ne va plus aller les chercher
36:06effectivement
36:06par des méthodes de gribouilles
36:08donc chez les uns
36:09ou chez les autres.
36:09Moi je ne comprends pas
36:10pourquoi on ne va pas chercher
36:11dans les lignes Excel
36:12des ministères.
36:13Vous savez très bien
36:14comment ça se passe,
36:15notamment à Bercy.
36:16Je l'ai fait.
36:17Vous l'avez fait en 2005
36:18et il y a des lignes Excel,
36:20des triplons,
36:21des doublons,
36:22des machins.
36:22Mais vous avez parfaitement raison.
36:24Les Français n'en peuvent plus
36:25de voir ça.
36:25Oui, ils n'en peuvent plus
36:26mais sauf que c'est plus
36:27à l'échelle du problème.
36:28C'est pour ça que je vous dis
36:29il faut maintenant
36:29avoir une trajectoire.
36:30On ne pourra pas le faire
36:31en un an.
36:32Donc c'est la raison
36:33pour laquelle il faut
36:33se donner 5 ans.
36:34Il faut qu'on se mette
36:35un modus opérationnel ensemble.
36:38Il faut absolument
36:39qu'on ait cet objectif
36:40et qu'après ça
36:41c'est le retour
36:42de la démocratie.
36:42Tous les chômés
36:43mènent à la règle d'or
36:44j'ai compris.
36:44Oui, oui.
36:45Mais cela dit,
36:46est-ce que par ailleurs
36:46il n'y a pas des choses fondamentales ?
36:47Remettre en question
36:48des étages d'administration ?
36:50Remettre en question
36:50les nombreux hauts commissaires
36:52assis à ça ?
36:53Définancer tant et tant
36:54d'associations militantes
36:55qui détombent de l'argent public
36:56pour servir des causes militantes ?
36:57Je suis à 1000% d'accord avec vous.
36:58L'aide du développement.
36:59Il se trouve que j'ai l'âge que j'ai.
37:01L'immigration.
37:02Il se trouve que j'ai l'âge que j'ai.
37:03Et que donc j'ai un tout petit peu
37:04d'expérience dans ces domaines.
37:05Que ce soit dans le domaine
37:07du public.
37:08Effectivement, nous avons
37:09avec Jean-François Copé,
37:09vous le savez,
37:10baissé l'endettement de la France.
37:11On a été les seuls à le faire
37:12de façon volontaire.
37:13Donc on a fait ce travail.
37:14Que ce soit en ma qualité
37:15d'ancien chef d'entreprise,
37:16président d'entreprise du CAC 40.
37:18C'est mon expérience
37:19qui vous dit
37:20qu'à partir du moment
37:21où on n'a pas un objectif
37:23et les modalités
37:24de cette voie se passe.
37:25On a compris.
37:26Vous êtes pour la règle d'or.
37:27On a compris.
37:28On a compris que dedans
37:29vous avez plein de bonnes idées.
37:31Eh bien on les mettra dedans.
37:32Chacun les mettra.
37:33Mais si vous n'avez pas ce cadre,
37:34si vous n'avez pas ce cadre,
37:36ça ne marchera jamais.
37:37On a compris.
37:37Est-ce que l'immigration,
37:38par exemple,
37:38ça coûte très cher en France ?
37:39Mais l'immigration,
37:39encore une fois,
37:40tout peut être revu.
37:41Est-ce que l'immigration
37:42coûte très cher ?
37:43M. Bloch côté,
37:44aucun sujet
37:46ne réglera seul le problème.
37:47Donc je ne veux pas les mettre
37:48parce que je sais
37:50la charge émotionnelle
37:52et idéologique
37:52qu'il y a derrière.
37:53Donc moi ce que je veux
37:53c'est mettre les gens ensemble.
37:54C'est aussi factuel et financier.
37:55Je veux mettre les gens ensemble.
37:57Donc si jamais je commence
37:58à faire ce que vous faites là
37:59du fan-tuning
38:00en mettant les uns et les autres,
38:01je vais créer
38:02le nouveau des antagonistes.
38:04Je ne mets pas les uns et les autres.
38:05vu qu'il y a des choses à revoir,
38:06je suis le premier à le dire.
38:07Mais si vous formulez
38:09pardon de le dire
38:09et puis je vous respecte infiniment.
38:11Mais si vous ne...
38:12En tout cas moi
38:13qui essaie tout simplement
38:13de là où je suis
38:15de mettre les gens ensemble.
38:16Si jamais je prends le débat comme ça,
38:18je sais que je n'y arriverai pas.
38:19Donc je sais que dedans,
38:20à partir du moment
38:21où vous avez un cadre,
38:21chacun pourra y mettre,
38:22y compris si c'est l'immigration,
38:24y compris si c'est
38:24l'agence française de développement,
38:27y compris si c'est...
38:27Le financement des associations.
38:28Y compris si c'est les associations.
38:30Mais au moins...
38:30Et vous savez pourquoi ?
38:31Et vous savez pourquoi ?
38:32Parce qu'à partir du moment
38:33où c'est constitutionnel,
38:34on a une trajectoire.
38:35Eh bien il faut que chacun
38:36y mette du sien
38:37et on trouvera la solution.
38:38En marchant.
38:39C'est en marchant
38:40qu'on trouvera la solution.
38:42C'est ce que la vie m'a apprise.
38:43Mais sur la dépense sociale
38:44qui est plus de la moitié
38:45de la dépense publique aujourd'hui,
38:47vous pensez qu'on peut faire
38:47des économies ?
38:48Mais bien entendu,
38:48c'est une obligation.
38:50À partir du moment
38:51où la France aujourd'hui,
38:53on dépense
38:551750 milliards d'euros par an.
38:57Et on lève en gros
38:591550, 1580.
39:00On a un différentiel
39:01de 150 milliards.
39:01Regardez les sondages
39:02quand on...
39:02Bien entendu.
39:03Dès qu'il faut faire
39:04des économies
39:04sur l'assurance maladie
39:06ou sur les retraites,
39:07c'est un blocage complet
39:08de l'opinion
39:09avec une large majorité
39:10de gens qui ne veulent pas.
39:11Il faudra faire...
39:12Il ne faudra pas où ce sera.
39:13Il va falloir faire
39:14tout ça ensemble.
39:15Mais c'est pour ça
39:15qu'il faut une trajectoire.
39:17De façon à ce que ce soit
39:19acceptable,
39:20vivable,
39:21supportable
39:21par chacune
39:22et chacun d'entre nous.
39:23Vous voulez parler
39:23des empires.
39:24Parce que dans quelques temps,
39:26on va avoir un nouveau livre
39:28signé par vous
39:28sur les empires.
39:29Il y a longtemps
39:30que la France n'a pas été
39:31dans des situations aussi difficiles
39:32et dans un continent
39:34lui-même affaibli.
39:36Il y a quatre élections majeures
39:38dans les prochains mois.
39:38France, Italie,
39:40Espagne, Pologne.
39:40Vous pouvez rajouter la Bulgarie.
39:42Le visage de l'Europe
39:43risque de changer.
39:45Ça a commencé
39:45déjà en Allemagne.
39:47Comment est-ce que vous regardez
39:48la France dans l'Europe
39:49avec les empires,
39:51c'est-à-dire
39:52le slutt global,
39:54la Russie
39:54et les Etats-Unis ?
39:55Comment tout ça se goupille ?
39:57Est-ce qu'on a encore
39:58une chance
39:59de redevenir fort ?
40:00Je voudrais le dire d'abord
40:01avec mes mots.
40:03Effectivement,
40:03nous sommes entourés
40:04maintenant d'autocrates
40:05et ces autocrates
40:07sont à la tête
40:07de pays
40:08qui ont un passé impérial.
40:12Alors évidemment,
40:12on a tous en tête
40:13la Russie
40:14de Vladimir Poutine
40:14qui fait référence
40:16à Catherine II
40:18ou à Pierre Legrand.
40:19Ça, c'est clair.
40:21Mais on a aussi
40:21un Xi Jinping
40:22qui, dans tous ses discours,
40:24fait référence
40:25à la grande période,
40:27alors là,
40:27on est à 400 ans
40:28avant Jésus-Christ,
40:29de la grande Chine
40:30jusqu'à ce jour,
40:31jusqu'aux gardes d'opium.
40:32Et donc,
40:33il se fait ses références,
40:33vous verrez du reste
40:34dans le 15e congrès
40:36du Parti communiste.
40:37Vous avez un Donald Trump,
40:38pardon,
40:39je vais aller au bout,
40:39vous avez un Donald Trump
40:40qui fait référence désormais
40:42au moment impérial
40:43des Etats-Unis d'Amérique,
40:45en particulier
40:45sous le président McKinley,
40:47sous le président
40:47Théodore Roosevelt.
40:48Et donc,
40:49ce sont des autocrates,
40:50oui,
40:50et qui font référence.
40:51Ils ont passé glorieux
40:52pour justifier de leurs actions
40:53quoi ?
40:54Prédatrices sur l'Europe.
40:55Parce que nous,
40:56on a soldé notre histoire
40:57avec les empires.
40:58C'est fini.
40:58On l'a payé cher,
40:59très cher.
41:00Mais on a bâti,
41:01on a proposé autre chose,
41:02un projet.
41:03Alors il n'est pas parfait,
41:04mais au moins il avance.
41:05Et ce projet,
41:06c'est le seul qui nous permet
41:07de dialoguer en puissance
41:09avec ceux qui veulent
41:10la prédation de l'Europe.
41:12Et je le dis
41:12de façon très claire,
41:13c'est exprimé
41:14dans le document
41:15de sécurité nationale
41:16des Etats-Unis.
41:17Il faut tuer
41:18les institutions européennes
41:19pour affaiblir l'Europe
41:20et accroître la vassalisation
41:22de l'Europe
41:23sur les Etats-Unis.
41:24Vladimir Poutine
41:25le dit de façon très claire.
41:26Il dit que le plus grand drame
41:28aujourd'hui de la Russie
41:29ex-Union soviétique,
41:30c'est la perte
41:30des républiques soviétiques
41:32et qu'il faut les reconquérir.
41:34Lesquelles ?
41:34Les reconquérir.
41:35Je vais y revenir.
41:36Et Xi Jinping
41:37le dit de façon très claire,
41:38il faut utiliser
41:39le surplus maintenant
41:40de capacité
41:41de production industrielle
41:42pour mettre à mal
41:43l'industrie européenne.
41:44Donc,
41:45voilà la réalité.
41:46Et pour répondre
41:47à votre question,
41:48oui,
41:48la seule solution
41:49pour nous,
41:50si on est vraiment
41:50des patriotes,
41:52c'est-à-dire qu'on aime
41:53la France,
41:54alors il faut aimer
41:54une France forte
41:55dans une Europe forte.
41:57Parce qu'une France...
41:58Être patriote,
41:59c'est être fédéraliste européenne.
42:00Être patriote,
42:01c'est aimer une France forte
42:02dans une Europe forte.
42:03Si on n'a pas
42:04d'Europe forte,
42:05on n'aura pas
42:05de France forte.
42:06Voilà ma conviction
42:07la plus intime.
42:08Alors, encore une fois,
42:09je ne fais pas de politique
42:10en disant ça.
42:10Non, pas du tout.
42:11Je dis simplement
42:12que c'est la réalité du monde
42:13dans lequel nous sommes.
42:14Et que si on n'a pas la conscience...
42:16Vous dites à l'instant
42:17que le projet européen
42:19progresse,
42:20mais quand on voit
42:20que le moteur franco-allemand
42:21qui était le cœur de l'Europe
42:23est en pleine panne.
42:24Et vous savez pourquoi ?
42:25On en revient à notre question.
42:26Et vous savez pourquoi ?
42:27Parce que les Allemands
42:28reprochent.
42:28Hélas !
42:29Et Dieu sait que
42:30je suis comme vous tous
42:31et je me bats
42:33pour notre pays.
42:34Parce que, précisément,
42:35la France ne tient plus
42:36sa parole financière.
42:38Or, quand on est passé
42:39à l'euro,
42:39il y avait un engagement
42:40qui avait été pris
42:41par la France,
42:41c'est qu'on respecte
42:42les traités.
42:43Depuis 2009,
42:44ils ne sont pas respectés.
42:44C'est la raison
42:45de l'affaiblissement
42:46de la France
42:46et en Europe
42:47et vis-à-vis du couple franco-allemand.
42:48Vous avez le sentiment
42:49que le projet européen avance ?
42:50Mais bien entendu
42:51qu'il faut qu'il avance.
42:52C'est une nécessité.
42:53Et pour ça,
42:53il faut de nous avoir
42:54une France forte.
42:55Et j'en reviens,
42:55pardon de vous dire,
42:56si on prend l'engagement
42:57de nous remettre
42:58dans des clous
42:59qui nous permettent
43:00de pouvoir faire en sorte
43:01que la France
43:01ait une parole forte,
43:03c'est la seule façon,
43:04je le dis,
43:04que la France ait une parole forte,
43:06y compris pour équilibrer
43:07le couple franco-allemand.
43:08C'est une nécessité.
43:09Donc être un véritable
43:10patriote français,
43:11c'est être pour une forme
43:11de fédéralisme
43:12ou d'empire européen.
43:13Mais être un souverainiste
43:15hostile aux dérives
43:16de l'eurocratie,
43:17c'est ne pas être un patriote.
43:18Non, non,
43:19je dis simplement
43:20avec mes mots.
43:21C'est un peu rouenien.
43:22J'accepte vos mots.
43:23Je ne suis responsable
43:25que des miens.
43:26Mes mots,
43:26c'est qu'il n'y aura pas,
43:28je le dis clairement,
43:29de France forte
43:30s'il n'y a pas une Europe forte.
43:31Forte égale fédérale ?
43:32Mais non, forte,
43:33ça veut dire
43:33qu'on n'a pas besoin
43:33de changer.
43:35Écoutez, monsieur,
43:36moi, je suis précisément,
43:38j'ai payé.
43:39J'ai payé précisément
43:40pour me battre pour l'Europe.
43:42J'ai payé pourquoi ?
43:43Parce que j'ai voulu précisément
43:44avoir une Europe puissance.
43:45Aujourd'hui,
43:45je suis interdit
43:46de séjour aux Etats-Unis
43:47à cause de ça.
43:49Donc je sais le prix
43:50que j'ai payé.
43:51Et c'est parce que je connais ce prix
43:52que je me bats pour une Europe forte.
43:53Parce que dans ça,
43:54je sais ce qui se passera.
43:55J'en suis la victime.
43:56Je ne me plains pas.
43:57C'est tout simplement
43:58une constatation.
43:59J'ai démissionné
44:00de la Commission européenne
44:01précisément
44:02parce que j'estimais
44:03qu'elle n'appliquait pas
44:05les traiter dans leur esprit
44:06qu'elle était trop bureaucratique.
44:07Donc s'il y en a un
44:08qui connaît ça, c'est moi.
44:09Et c'est précisément
44:10parce que je le connais
44:11que je dis que la seule solution
44:13pour moi,
44:14c'est d'avoir une Europe forte.
44:15Et donc,
44:17je plaide
44:17pour que tous les partis
44:18comprennent ça.
44:19Parce qu'encore une fois,
44:20c'est la seule solution
44:22pour nous mettre
44:24précisément en position
44:25de rapport de force
44:26dans le monde qui vient.
44:27Et on lira avec plaisir
44:28votre livre
44:29à la mi-noveur.
44:30Merci beaucoup Thierry Breton
44:30d'avoir été l'invité
44:31du Grand Rendez-vous.
44:32Très bon dimanche
44:33sur nos entêtes.

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