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##DROLE_D_EPOQUE-2026-10-19##

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News
Transcription
00:00Et on vous retrouve Françoise Degoy. Bonjour. Bonjour Jacques Cardoz.
00:03Drôle d'époque, et oui, drôle d'époque, et retour bien sûr sur cette violence inouïe
00:08qui s'est déchaînée partout en France, samedi et même hier soir à Paris.
00:12Oui, avec une question.
00:14A qui profite ce chaos ?
00:15D'abord, il ne faut pas être sorti de Sciences Po pour savoir qui est la grande gagnante Jacques Marine
00:20Le Pen,
00:21évidemment, en tout cas, momentanément.
00:23La leader du RN le sait si bien qu'elle a improvisé en miroir d'Emmanuel Macron
00:27avant l'intervention du chef de l'État, une allocution derrière son bureau,
00:31très présidentielle, ton grave pour dire deux choses.
00:34Je comprends la colère du peuple, mais les millions de Français qui souffrent ne cassent pas.
00:38Le couteau dans la plaie face à un Emmanuel Macron qui a tenté, lui, de jouer la désescalade.
00:43Toute la journée, évidemment, les rumeurs les plus folles ont couru dans les rédactions.
00:46Article 16, couvre-feu et pourquoi pas état d'urgence.
00:49Évidemment, quand on s'ambiance comme ça très haut,
00:53l'intervention du chef de l'État avait l'air assez terne.
00:56Il y avait pourtant une volonté de désescalade,
00:58mais il se fait laminer ce matin par tous les commentateurs
01:01parce qu'il est vrai que le discours semblait tiède par rapport aux images chocs du week-end.
01:05Les pilleurs, en tout cas, ont servi sur un plateau au Rassemblement National,
01:09un score qui devrait flirter avec la barre des 40% dans les prochains sondages.
01:13Et Jean-Luc Mélenchon est-il le grand perdant ?
01:15C'est vrai que le leader des Insoumis est le grand méchant loup de ces affrontements.
01:18C'est ce que disent et répètent tous les observateurs,
01:23au point que Sébastien Lecornu l'a même accusé publiquement samedi soir.
01:26Mais je crois d'abord que le mouvement et les pillages ont totalement échappé
01:30aux forces de l'ordre, aux formations politiques et syndicales.
01:33Ensuite, je ne sais même pas si Jean-Luc Mélenchon sera sanctionné dans l'opinion.
01:38Rien ne semble pouvoir atteindre la dynamique du leader de la France Insoumise,
01:42ni les relats antisémites, ni la mort de Quentin Lyon,
01:45la mise en cause de la jeune garde, ni les outrances,
01:47ne semble avoir de prise sur Mélenchon.
01:50Et j'ai presque envie de dire que c'est normal,
01:52car on sent parfaitement, et là on l'a vu hier,
01:55une sorte de mouvement tellurique, double mouvement,
01:58une soif de radicalité qui s'incarne à l'extrême gauche et à l'extrême droite,
02:02et que rien ne semble pouvoir freiner.
02:04Et qui perd alors ?
02:05D'abord le mouvement social, Jacques.
02:07800 000 personnes partout en France ont manifesté,
02:09avec les lycéens, contre la vie chère.
02:11Vous voyez les cortèges à Toulouse, des dizaines de milliers de gens,
02:14ça se passe très bien.
02:14Comment les renseignements ont-ils pu sous-estimer à ce point les manifestants ?
02:19Les forces de sécurité étaient calibrées pour 150 000 personnes,
02:23il y en avait 800 000.
02:24Le mouvement social voit son combat totalement pourri par les casseurs,
02:28et par la gestion erratique du gouvernement.
02:30Et puis la gauche hors Mélenchon,
02:32le parti socialiste, les Verts qui étaient dans les cortèges,
02:34mais ils ont du mal à se faire entendre,
02:36dans un discours désormais sans nuance,
02:39dans ce monde d'ultra-polarisation,
02:41tout le monde est sommé de choisir son camp,
02:43alors bien sûr que c'est beaucoup plus complexe.
02:46Et le chef de l'État alors dans tout cela ?
02:47Bah oui, qui perd Emmanuel Macron,
02:49quoi qu'il dise et quoi qu'il fasse,
02:50il est avant tout un président en fin de mandat.
02:52Il lui reste six mois.
02:54Il n'a pas su gérer les gilets jaunes,
02:56il n'a jamais su gérer un conflit social,
02:58il se retrouve devant le mur social,
03:00qui va être suivi, attention,
03:02par le mur budgétaire.
03:04C'est la grandeur et la misère de la Vème République, Jacques.
03:07Tout commence et tout finit à l'Élysée.
03:08Eh bien, quand vous n'avez plus les moyens politiques de peser,
03:11puisque c'est la fin de votre mandat,
03:13eh bien, cela donne ça.
03:15Attention au débat budgétaire
03:17et attention, pourquoi pas, à la crise de régime.

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