00:0046, c'est le moment de retrouver l'invité d'ici matin avec qui nous allons revenir sur la manifestation
00:04contre la vie chère Noémie Philippot
00:05entachée par des violences inédites à Grenoble.
00:0813 000 personnes ont manifesté selon les autorités, 22 000 selon les syndicats.
00:12Le cortège a défilé dans le calme mais en parallèle des centaines de casseurs ont mis le centre-ville de
00:18Grenoble à sac.
00:19On en parle ce matin avec la préfète de l'Isère. Bonjour Catherine Séguin.
00:22Bonjour.
00:23Emmanuel Macron a pris la parole suite à cet épisode de violence qui a touché plusieurs villes de France
00:27et demandé au préfet de prendre des décisions localement pour protéger les villes, les bâtiments publics, les commerces.
00:34Concrètement, quelles décisions pourront être prises en Isère ?
00:38Alors d'abord je voudrais dire qu'effectivement Grenoble a été le théâtre, Grenoble particulièrement mais pas seulement.
00:44Il y a eu aussi Échirol, Saint-Martadère qui ont connu des incidents.
00:48Mais Grenoble particulièrement était le théâtre de violences inouïes ce samedi
00:55avec effectivement plusieurs centaines de personnes cagoulées, équipées, parfois armées
01:00qui s'en sont pris aux forces de l'ordre et qui ont dégradé, incendiées, pillées
01:08qui ont été rejoints d'ailleurs au fil de l'après-midi par des personnes qui relèvent plus du profil
01:14de la délinquance d'opportunités qui se sont donc agrégées au cortège.
01:21Et quelles décisions prendre suite à ça puisque le président de la République a renvoyé vers la responsabilité des préfets
01:26?
01:26Alors la préparation des prochains jours et notamment de la manifestation qui a été annoncée pour le 5 novembre
01:34sera réalisée évidemment sous l'autorité du ministre de l'Intérieur.
01:39Nous devrons tirer les leçons de ce qui s'est passé à Grenoble comme sur le reste du territoire français.
01:45Alors les grenoblois doivent savoir que nous serons là, que nous ne lâcherons rien.
01:49Nous reposerons évidemment sur des renseignements qui devront être particulièrement élaborés.
01:55Le président de la République l'a évoqué aussi, la question de l'information brute, du renseignement sur ce qui
02:03est susceptible de se passer,
02:05sur l'évaluation précise des risques et des menaces.
02:07Et puis nous mettrons en œuvre, comme nous l'avons fait déjà samedi, l'ensemble de l'arsenal à disposition,
02:15l'arsenal juridique notamment, à disposition des préfets mais également à disposition des forces de l'ordre sous l'autorité
02:22des préfets
02:22pour pouvoir mettre en œuvre une organisation, un dispositif le plus efficace possible pour prévenir les troubles.
02:28Justement, on entendait dans le journal de cette heure le syndicat Unité Police en Isère dénoncer un manque de moyens
02:34pour faire face aux violences qui ont éclaté samedi. Est-ce que le dispositif était adapté, suffisant ?
02:40C'est un sujet qui revient sans surprise, de façon récurrente.
02:44Je l'ai entendu ce matin même de la bouche du maire de Marseille.
02:49Grenoble a connu ce que la France a connu.
02:51Vous avez vu que ce samedi a été un samedi extrêmement difficile.
02:56Vous avez été surprise par l'ampleur des violences ?
02:58Mais est-ce que la question des effectifs est celle qu'on doit poser aujourd'hui ?
03:03Est-ce que ce déchaînement d'ultra-violence est un problème d'effectifs ?
03:06Je ne pense pas que ce soit le cas.
03:06Est-ce que vous avez été surprise et du coup le dispositif peut-être pas calibré pour des violences ?
03:11Vous le disiez inédite.
03:11Je vais vous répondre sur le dispositif.
03:13Le dispositif qui a été mis en place était très conséquent.
03:15Vous avez évoqué une manifestation contre la Vichère.
03:18En fait, nous avions quatre manifestations déclarées sur Grenoble.
03:21Et effectivement, au plus fort de la journée, nous avions 13 000 personnes qui défilaient.
03:26Très rapidement, dès la première manifestation, qui était une manifestation étudiante portée par l'UNEF,
03:32dès la première manifestation, nous avons constaté la présence sur 600 participants de 300 équivalents black blocs.
03:40Alors, on les reconnaît très vite, tout de noir vêtu, cagoulé, visage dissimulé, armé, équipé, équipé non pas pour des
03:48revendications pacifiques,
03:50vous l'avez bien compris.
03:51Ils se sont assez rapidement dispersés et les forces de l'ordre ont pu protéger le cortège tout en les
03:58éloignant.
03:59Mais il a fallu effectivement les traiter tout en poursuivant de la gestion de la manifestation.
04:05Je voudrais revenir quand même sur le dispositif. Je le redis, c'est un dispositif extrêmement conséquent qui a été
04:10mis en place.
04:11Nous avions un centre opérationnel de défense pour coordonner toutes les opérations,
04:15qui a été ouvert pendant près de 13 à 14 heures.
04:20Je l'ai...
04:20Vous dites, Catherine Seguin, pardon, un dispositif très important.
04:24Malgré tout, il y a des commerçants qui se sont retrouvés ciblés.
04:27On entendait un agent de sécurité qui a raconté à notre reporter ce matin avoir appelé la police
04:32qui n'est jamais venu devant le commerce qu'il essayait de sécuriser.
04:35Donc comment ça s'explique ?
04:36Je vous explique.
04:38Nous avons fait face à des violences très exceptionnelles, inouïes.
04:42Vous le notez, Grenoble, mais également dans de nombreuses villes de France,
04:47sur un même mode opératoire, vous aurez pu noter.
04:49Je reviens quand même sur le dispositif pour vous donner un élément de réponse.
04:54550 policiers et gendarmes mobilisés sur Grenoble et les quelques villes qui ont pu être concernées.
05:02Deux unités de force mobile ont pu être obtenues.
05:05Une compagnie de CRS, un escadron de gendarmerie mobile.
05:09C'est un dispositif exceptionnel.
05:11C'est un dispositif déjà très conséquent.
05:13Nous avons eu une mobilisation, je l'ai dit, au-delà de 12, 13, 14 heures.
05:17Et toute la nuit, les policiers ont continué de sévir et d'intervenir sur les commerces.
05:23Les commerces qui étaient, 36 d'entre eux, ont fait l'objet de vandalismes, ont été pillés.
05:32Et donc pour sécuriser les commerces, en parallèle des mesures de défense passive
05:36qui étaient mises en place pour reformer des portes, des fermetures et prévenir ces risques.
05:44Nous avions un drôme, nous avions un hélicoptère et je le redis, nous avons procédé à 58 arrestations.
05:51C'est le début, c'est le début d'une série puisque nous avons des images.
05:54Qui mènent à des comparutions immédiates ce matin, c'est ça ?
05:56Nous avons des enquêtes qui sont ouvertes.
05:58Nous avons aujourd'hui, j'avais la procureure adjointe à l'instant au téléphone,
06:028 comparutions immédiates, 5 CRPC défermants et ce n'est que le début.
06:0958 arrestations, je le redis, on a des images et les enquêtes sont ouvertes.
06:13Elles vont se poursuivre en vue de présenter devant le juge tous ceux qui ont participé
06:19d'une manière ou d'une autre à ces exactions qui sont d'une très grande gravité.
06:22Merci beaucoup Catherine Séguin, préfète de l'ISER, d'avoir été avec nous ce matin
06:26pour revenir sur cet épisode de violence, vous le disiez, inédit, exceptionnel à Grenoble.
06:31En marche donc des manifestations contre la vie chère.
06:33Merci à vous.