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Grenoble's city center reeling from unprecedented violence. Emmanuel Lenoir, president of La Belleville traders' association, shares the devastating impact of recent pillaging and vandalism on local businesses. He describes the scene as "chaotic" and "unheard of," with dozens of shops and a bank severely damaged.

The destruction goes beyond broken windows; it's years of work reduced to ashes, leaving business owners traumatized and uncertain about their future. Lenoir highlights the immediate need for solidarity and support for these entrepreneurs facing overwhelming administrative and financial burdens.

Discussions are underway at national and local levels, involving government officials, insurance companies, and banking representatives, to find solutions and aid for affected businesses. The situation in Grenoble reflects a broader national concern, underscoring the urgent need for unity among economic forces and law enforcement to help businesses recover.

#GrenobleViolence #CommercesEnLutte #SolidariteCommercants

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Transcription
00:00Et justement, revenir sur ce qu'il s'est passé en centre-ville de Grenoble, nous allons le faire avec
00:03notre invité à 8h14, Noémie Philippot.
00:05Oui, on reçoit Emmanuel Lenoir, président de l'association des commerçants La Belleville à Grenoble, vice-président commerce à la
00:11chambre de commerce et d'industrie de l'Isère.
00:13Bonjour Emmanuel Lenoir.
00:15Bonjour à toutes et à tous, à vos auditrices et à vos auditeurs.
00:18Le centre-ville de Grenoble avait déjà été le théâtre de pillage en 2023 après la mort de Naël.
00:23Là, on parle d'une violence inédite, ce sont les mots de la préfète de l'Isère.
00:28Quel est votre sentiment ce matin ?
00:30La même chose, puisque hier nous étions ensemble pour déambuler dans la ville, on est passé un cran au-dessus.
00:34C'est sûr, on est passé un cran au-dessus et j'espère qu'on ne passera pas au cran
00:38au-dessus, parce que je ne sais pas ce qu'il pourrait y avoir.
00:40Qu'est-ce que vous disent vos confrères, consœurs qui ont été directement touchés ?
00:45Il y a 36 commerces et une agence bancaire qui ont été vandalisés, pillés.
00:48Oui, à peu près. Alors, on est en train de faire le recensement aujourd'hui entre les forces de l
00:53'ordre, nos adhérents, notre association, la CCI, etc.
00:58pour avoir un chiffrage précis, aussi bien au niveau des dégâts, mais aussi des commerçants touchés.
01:04Donc 36, 40, je n'ai pas encore le chiffre exact, il sera certainement dévoilé à 10h30 ce matin.
01:10Qu'est-ce qu'ils me disent ?
01:12D'abord, il faut avoir les mots pour en parler, parce que quand vous voyez un tel désastre, j'ai
01:16vu samedi, j'ai vu dimanche, et c'est chaotique.
01:22Oui, c'est une violence inouïe. Enfin, moi, je n'ai pas connu ça, je n'ai jamais connu ça.
01:27Mais quand vous déambulez en ville et que vous voyez la rue de Beaune comme elle était, dans quel état
01:32elle était, dimanche soir, il n'y a pas de mots, il n'y a pas d'expression, il n
01:39'y a rien.
01:39D'autant qu'on imagine le traumatisme. Nos reporters ont vu ce week-end des commerçants qui étaient enfermés dans
01:45leur magasin,
01:46qui avaient l'air tétanisés alors que les vitrines autour d'eux étaient brisées.
01:50Ils essayaient de protéger comme ils pouvaient leur commerce. Certains ont eu ce mot peut-être de traumatisme.
01:57Oui, oui, écoutez, ça va du tag sur la vitrine, jusque, vous l'avez cité, jusqu'à la destruction de
02:05l'outil de travail.
02:06C'est-à-dire que quand vous avez votre commerce en feu, vous avez au moins sauvé votre vie, parce
02:11qu'à un moment donné, c'est ça.
02:12Mais après, il y a toutes les conséquences. Ok, vous êtes toujours devant votre commerce, mais derrière vous, il y
02:17a un commerce qui est brûlé.
02:19Des années de travail qui s'envolent et des mois pour s'en relever, si on peut s'en relever
02:25?
02:25Des mois, oui, si on peut s'en relever, comme vous dites. Je ne suis pas sûr qu'on puisse
02:29s'en relever.
02:29Ça dépend de la situation dans laquelle vous vous trouviez avant les dégâts.
02:33Je ne suis même pas sûr qu'on puisse refaire, et encore.
02:37Donc oui, c'est un véritable traumatisme.
02:40Donc aujourd'hui, l'urgence, c'est d'aider déjà les commerçants et de venir en solidarité, et de venir
02:46faciliter leur démarche.
02:47Parce que vous savez, on fait un métier de commerçant, pas un métier administratif, à gérer les problèmes de ce
02:52type-là.
02:53On n'a pas jamais imaginé qu'on pourrait avoir ce problème.
02:56Même dans nos contrats d'assurance, je ne suis pas sûr qu'on ait ces éléments-là.
03:00Même s'il y a trois ans, comme vous le soulignez, on avait déjà eu ce type de dégradation.
03:05Et vous aviez eu le soutien de vos assurances à ce moment-là ?
03:08Oui, il y a un soutien qui se met en place, mais vous savez, comment vous dire ?
03:13Ce matin, il y en a qui ont tout perdu, ça c'est clair, vous le citiez.
03:18Puis il y en a d'autres qui vont retourner dans leur commerce et vont dire, mais comment je vais
03:22faire ?
03:22Qu'est-ce qui va se passer ? Je n'ai plus de stock.
03:24Qu'est-ce que je dis à mes salariés ? Qu'est-ce que je dois faire ?
03:27Comment je dois organiser ma semaine de travail ?
03:30En attendant, le banquier va toujours prélever les échéances, le propriétaire va demander son loyer, etc.
03:38Tout ça, ça vient en moins.
03:39Si vous ne rentrez pas de chiffre d'affaires, votre vie, je ne sais pas, ça s'est arrêté, mais
03:46il n'y a pas de ressources.
03:48Il n'y a pas de ressources qui vont tomber.
03:50Donc ça veut dire qu'il faut penser, il faut réfléchir à comment ça va se passer dans les jours,
03:58dans les semaines et dans les mois futurs.
04:00Et puis répondre à des questions où on n'a pas les réponses.
04:03Il y a une réunion qui est prévue dès ce matin à Bercy entre le ministre de l'économie, des
04:08représentants de commerce, de l'hôtellerie, mais des banques aussi et des assurances pour voir ce qui est faisable.
04:13Vous avez aussi une réunion prévue en préfecture de l'Isère, c'est ça ?
04:17Oui, complètement, parce qu'on parle de Grenoble aujourd'hui, mais vous voyez bien que ce n'est pas Grenoble.
04:23C'est d'autres villes en France et d'autres villes avec des niveaux qui, vous avez vu les images,
04:28vous avez tout vu.
04:29À Saint-Etienne, à Lyon, c'est pour les plus proches de chez nous.
04:33On est impacté comme les autres villes, donc j'imagine bien qu'on attend des choses au niveau national, parce
04:40qu'il y a une préoccupation nationale.
04:42Et puis moi, je dois en répondre avec la CCI, avec la Belleville, au niveau des commerçants locaux.
04:49Donc d'où l'intérêt effectivement de se réunir, d'où l'intérêt d'être unis, aussi bien avec les
04:54élus, les forces économiques et les forces de l'ordre,
04:58pour justement répondre à nos commerçants qui vont me dire ce matin, je dois faire quoi ?
05:04Prévenir mon assurance, c'est bien, sécuriser.
05:06Il y avait des vitrines encore qui n'étaient pas sécurisées hier, qui n'avaient pas de planche devant, qui
05:12n'avaient pas de bois.
05:12Donc ils sont restés grandes ouvertes.
05:14Donc il y avait encore des gens qui circulaient en ville, comme si les boutiques étaient ouvertes.
05:19Et pour eux, ça ne leur posait pas de problème de rentrer et d'aller...
05:21Bon, il n'y a plus rien, mais d'aller voler un cintre, d'aller voler, je ne sais pas,
05:25un mannequin.
05:27Donc oui, effectivement, nous, il faut qu'on réponde déjà à l'urgence, c'est de dire de sécuriser, au
05:32moins de se dire de sécuriser.
05:33Et encore, vous aviez vu, il y avait des bâtiments qui étaient sécurisés, mais ça ne les a pas empêchés
05:39d'enlever les planches pour rentrer dans les commerces.
05:43De piller malgré tout.
05:44Est-ce que vous craignez la prochaine journée de mobilisation avec cet appel à la grève lancé pour le 5
05:50novembre, quand on a vécu un épisode pareil ?
05:52Bien sûr, c'est évident.
05:54Mais là, il va falloir nous donner, et c'est la deuxième étape, nous donner des gages de sécurité.
05:58Si aujourd'hui, on ne peut plus faire en France notre métier de commerçant en toute sécurité,
06:03à ce moment-là, à ce moment-là, qu'on nous le dise, et qu'on arrête tout, ça ne
06:07sert à rien.
06:07Je veux dire, on n'est pas là pour pouvoir détruire son travail au quotidien, ce n'est pas possible.
06:13Merci beaucoup, Emmanuel Lenoir, d'avoir été avec nous ce matin.
06:17Je rappelle que vous êtes vice-président en commerce à la CCI de l'Isère,
06:21président de l'association de commerçants La Belleville à Grenoble.
06:23Donc, pour revenir sur cet épisode de violence et ces pillages dans de nombreux commerces grenoblois.
06:29Merci à vous.
06:29Merci à vous.

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