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  • il y a 2 jours
Maire de Toulouse président de France Urbaine, association nationale qui représente les grandes villes et les métropoles

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Transcription
00:00Il y a eu des milliers de personnes ont défilé dans les rues de la ville
00:02mais la fin de la journée a été marquée par des violences et des dégradations
00:05avec notamment des commerces vandalisés en centre-ville.
00:09On en parle avec le maire de Toulouse.
00:10Il est l'invité d'ici matin, Claudia Calmel.
00:12Bonjour Jean-Luc Moudinck.
00:13Bonjour.
00:14Avez-vous ce matin des chiffres ou une estimation du montant des dégâts
00:17après les dégradations de samedi ?
00:19Non, pas encore.
00:20Il n'y a pas eu énormément de débagas sur le domaine public,
00:24municipal et métropolitain.
00:26Vous parlez du mobilier urbain par exemple ?
00:28Il y a eu bien sûr des poubelles brûlées, des abribus dégradés,
00:32des mobiliers urbains abîmés.
00:35En fait c'est plutôt des magasins, 25 magasins d'après ce qui m'a été rapporté.
00:40Une quarantaine selon le parquet, c'est ce qu'il y a d'ailleurs.
00:42Qui ont été touchés et certains ont été pillés.
00:45C'est ça l'essentiel du problème.
00:47Et là-dessus, est-ce que vous avez une vue globale sur les dégâts ?
00:49Les montants vous sont un peu remontés par-ci par-là ?
00:51Ou est-ce que c'est chiffrable aujourd'hui ?
00:52Non, pas encore.
00:53J'imagine que tout ça est en cours de chiffrage.
00:55Comment expliquez-vous que tant de commerces aient pu être vandalisés ?
00:58Samedi vers 17h30, je n'ai pas vu beaucoup de policiers
01:01à Rue Alsace-Lorraine, alors que des centaines de personnes
01:03commençaient à déambuler, parfois cagouler,
01:06arroder devant les boutiques.
01:07Il y avait des policiers à Jean Jaurès,
01:08il y en avait sur les rues, qui menaient au Capitole.
01:11Mais pas Rue Alsace-Lorraine, c'était ça la consigne ?
01:13Protéger le Capitole, quoi qu'il en coûte peut-être ?
01:15Non, il n'y avait pas protéger le Capitole,
01:18quoi qu'il en coûte, et uniquement le Capitole.
01:20Même si le Capitole a évité le sort de l'hôtel de ville de Limoges.
01:24Il y a eu un accompagnement de la police nationale du cortège
01:28pendant toute la durée de la manifestation.
01:31Le problème, c'est qu'il y a eu des groupes,
01:33des groupes de pilleurs, des groupes de casseurs,
01:36plus ou moins jeunes, qui étaient là, en nombre,
01:40et qui se sont dispersés en petits groupes,
01:43de manière éclatée, ce qui est difficile, évidemment,
01:46pour une compagnie de CRS, qui par définition est quelque chose d'assez massif.
01:52L'enjeu, me semble-t-il, de l'ordre public
01:55pour les prochains épisodes de manifestations,
01:59si jamais il y en a qui sont organisés,
02:02ce sera d'organiser la mobilité des troupes,
02:05des troupes plus éclatées,
02:07pour s'adapter à cette délinquance
02:09qui s'est dispersée et qui a attaqué ici et là.
02:14Emmanuel Macron pointe ce matin des défaillances d'anticipation,
02:17des renseignements, vous êtes d'accord avec lui ?
02:18Ça a été mal calibré ?
02:19Ce qui est certain, c'est qu'en termes de prévision,
02:24les chiffres ont été dépassés.
02:25Il y a eu plus de manifestants,
02:27et il y a eu plus de pillards,
02:29et plus de casseurs, que ce soit à Toulouse et ailleurs,
02:33que ce qui avait été prévu.
02:35Ces images, ces scènes de violence,
02:37elles vont forcément avoir des conséquences politiques.
02:40Ça profite à qui, tout ça, selon vous ?
02:42Ah, il est certain que c'est Mme Le Pen
02:44qui est la grande bénéficiaire de la journée de samedi.
02:47Du reste, ça doit interroger l'extrême-gauche.
02:50L'extrême-gauche a joué un rôle dans ce qui s'est passé,
02:54dans les débordements, dans l'excitation des colères.
02:58Et le paradoxe, c'est ça.
03:00C'est que l'extrême-gauche et l'ultra-gauche
03:03travaillent pour Mme Le Pen.
03:06Vous dites que l'extrême-gauche travaille pour Mme Le Pen ?
03:09Eh oui, c'est le paradoxe des extrêmes.
03:11Vous savez, on dit que les extrêmes se rejoignent.
03:13J'imagine que les partisans de M. Mélenchon
03:17veulent un second tour entre Mme Le Pen et M. Mélenchon
03:21et ils font le nécessaire,
03:22de manière extrêmement cynique,
03:24comme toujours avec la France insoumise.
03:25Vous dites que les manifestations violentes et destructives
03:27doivent être tenues à l'écart du centre-ville.
03:29C'est-à-dire ? Il faut les faire où ces manifestations ?
03:32Je pense qu'il faut regarder d'autres itinéraires
03:34de manière à ne pas mettre en danger
03:36le commerce du centre-ville.
03:38Et vous pensez à quel quartier, à quel axe ?
03:40Ça, ce n'est pas mon rôle.
03:42Les manifestations, les cortèges, les trajets
03:46sont définis par un dialogue entre les organisateurs,
03:49les organisations syndicales en général,
03:51et la préfecture.
03:53Mais effectivement, je pense qu'il y a d'autres itinéraires
03:55qui sont possibles.
03:57De même qu'il y a d'autres formes de manifestations,
03:59de protestations qui sont possibles.
04:01Il est légitime qu'une colère sociale,
04:04que des revendications s'expriment.
04:05Mais quand on voit ce que ça donne,
04:08ça doit interroger les organisateurs.
04:10Surtout lorsque, comme la CGT de la Haute-Garonne,
04:13ils tolèrent, dès le début de la manifestation,
04:16la présence d'un groupe conséquent de casseurs
04:19habillés en noir et masqués...
04:21Vous dites que la CGT a une responsabilité
04:22dans ce qui s'est passé.
04:23...en début de cortège.
04:24La CGT a laissé faire
04:27le fait que, devant sa bande-rôle,
04:30en avant de l'ensemble du cortège,
04:33il y avait un groupe conséquent
04:35de personnes dont il était évident à leur aspect
04:38qu'ils étaient venus là,
04:40non pas pour manifester,
04:41non pas pour soutenir des revendications sociales
04:44somme toute légitimes,
04:46mais véritablement pour casser
04:48et faire en sorte que tout ça dégénère.
04:50Vous avez dit, après ces événements,
04:51qu'il fallait étendre les pouvoirs de la police municipale.
04:53En gros, qu'elle puisse faire des contrôles d'identité
04:55et des arrestations sur la voie publique,
04:56mais ça changerait quoi, concrètement,
04:58face à des dizaines de casseurs
04:59ou des centaines de casseurs ?
05:00L'avantage, c'est que ça permettrait,
05:02en amont, de prévenir,
05:04de contrôler des identités.
05:07Vous savez, quand on relève l'identité
05:09et quand il y a le système de vidéoprotection,
05:11ça dissuade un petit peu plus les gens.
05:13Et puis après, il y a peut-être aussi
05:14d'autres dispositions à mettre en place.
05:17Pourquoi ne pas interdire
05:19de manifester masqué ?
05:22Quand quelqu'un va masquer à une manifestation,
05:24il ne vient pas pour soutenir
05:26les revendications des syndicats.
05:27Il vient avec de mauvaises intentions.
05:29Vous êtes aussi président de France Urbaine,
05:31association qui regroupe en substance
05:32des élus de grande ville.
05:33Vous demandez d'être reçu par le Premier ministre.
05:35Vous comptez lui demander quoi, concrètement ?
05:37On va demander au Premier ministre
05:40des comptes sur l'efficacité
05:43du maintien de l'ordre.
05:44Parce que le maintien de l'ordre,
05:45c'est le rôle de l'État.
05:47C'est le rôle de la police nationale.
05:49Ça a fonctionné plutôt bien à Toulouse.
05:52Ailleurs, ça n'a pas bien fonctionné.
05:55Et donc, je crois que maires et préfets
05:58doivent se parler.
05:59Donc pour ça, il faut qu'il y ait un lien
06:01entre les élus locaux et le gouvernement.
06:03Nous sommes sur le terrain.
06:04Les riverains, les habitants, les commerçants
06:06nous parlent.
06:07Croisons nos informations
06:08et faisons en sorte que la prochaine fois,
06:11les choses s'organisent de manière
06:12à ce que les protestations se fassent
06:16démocratiquement et pacifiquement
06:17et que les casseurs et les pillards
06:20soient mis à l'écart dès le départ.
06:22France Urbaine, justement,
06:23qui est opposée au projet de budget 2027.
06:24L'État veut demander un effort
06:26d'environ 6 milliards d'euros aux collectivités.
06:28Vous parlez de ponctions,
06:29mais il faut pourtant que tout le monde contribue
06:30si on veut freiner la spirale de la dette.
06:33Nous sommes d'accord pour, bien évidemment,
06:35contribuer au redressement des finances publiques,
06:38même si nous ne sommes pour rien
06:39dans la situation actuelle.
06:41Mais pas à ce niveau-là.
06:42Mais là, c'est trop.
06:44Ce projet de budget,
06:45il aura quelles conséquences
06:46à Toulouse Métropole,
06:47ce projet de budget ?
06:48Est-ce que vous pouvez anticiper
06:49des conséquences concrètes ?
06:50Oui, ça veut dire qu'à Toulouse Métropole
06:52et à la mairie Toulouse,
06:53en l'état actuel des choses,
06:54il y a 65 millions d'euros
06:56qui vont partir,
06:58qui ne seront plus à notre disposition
06:59pour réaliser des projets
07:01que les gens attendent,
07:02pour faire vivre les services publics
07:04que les gens attendent eux aussi.
07:07Merci Jean-Luc Mouding
07:08d'avoir été l'invité d'ici matin.
07:09Je rappelle que vous êtes le maire de Toulouse
07:10et vous participerez à un rassemblement
07:12à midi devant la mairie
07:13pour protester contre les violences
07:15qui ont eu lieu ce samedi.
07:16Merci.
07:16Merci Claudia Calmel.

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