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  • il y a 9 minutes
Deux jours après les débordements en marge des manifestations du 17 octobre et au lendemain d'une nouvelle nuit de violences, le maire de Lyon, Grégory Doucet, était l'invité du Face-à-face de RMC-BFM ce lundi 19 octobre.

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Transcription
00:00Dominique Rizet, je voudrais qu'on aille tout de suite à Lyon.
00:02Le maire de Lyon, Grégory Doucet, qui est en direct avec nous.
00:05Bonjour, monsieur le maire.
00:07Paris, Lyon, Marseille, Limoges, Caen, Nantes, Angers, Brest, Rennes, Poitiers.
00:12J'arrête là la liste, mais ce sont quasiment toutes les villes de France qui ont été touchées.
00:15À Lyon, il y a eu ce symbole, Place Bellecour, le feu, l'incendie de l'office de tourisme.
00:24Vous avez entendu hier le président de la République qui dit « nous serons intraitables ».
00:28Avec vous, monsieur le maire, je voudrais pouvoir essayer de commencer à répondre à ces questions.
00:32Comment ça a pu être possible ? Qui ? Pourquoi ? Et maintenant, quelle suite ?
00:37Vous avez parlé d'une tragédie, c'est votre mot.
00:4124 heures après cette tragédie, comment est-ce que vous voyez la situation ?
00:49Vous savez, actuellement, à l'heure où je vous parle, on est encore en train de récupérer la ville petit
00:55à petit,
00:56de nettoyer les dégâts. Vous avez parlé de l'office du tourisme qui a été totalement incendié.
01:01Il faut aussi avoir une pensée pour tous les commerçants, les centaines de commerçants
01:05qui ont vu leur magasin pillé, attaqué. Et là-dessus, il va falloir leur apporter des réponses très rapides.
01:12Quel type de réponse ? Lorsqu'il y a deux choses, il y a effectivement, évidemment, les pillages,
01:19les hordes, littéralement, qui, dans les rues, ont cassé et pillé.
01:23Il y a les symboles de la République. Ça a été la mairie de Limoges, bien sûr.
01:26Ça a été votre office du tourisme, un bâtiment historique au cœur de la ville.
01:31Et quand vous dites qu'il va falloir des réponses, lorsque vous avez entendu le président de la République,
01:35hier, qui a eu cette expression, il a dit « nous serons intraitables ».
01:39Et puis, il dit ensuite qu'il charge le ministre de l'Intérieur, les préfets et les maires de décider
01:45aussi.
01:45Est-ce que vous estimez que cette réponse vous donne les moyens de lutter ou pas ?
01:52Non, mais ce n'est pas une réponse. On a entendu le président de la République confier au Premier ministre,
01:57à son gouvernement, le soin d'apporter les réponses. Donc là, on a un peu procrastiné sur cette affaire.
02:04Moi, j'attends des réponses très, très concrètes.
02:06C'est la raison pour laquelle, avec le maire de Marseille et le maire de Paris,
02:09on a demandé à être reçus par le Premier ministre, par Sébastien Lecornu.
02:13Et ce qu'on demande est assez simple. Non, on n'a pas encore de date à l'heure où
02:16je vous parle.
02:17Mais ce que nous demandons, c'est que les communes, les collectivités locales,
02:22les commerçants, donc les professionnels, les entrepreneurs qui ont été victimes
02:27des dégâts causés par les pilleurs et les casseurs, puissent très rapidement bénéficier bien d'un soutien.
02:33On demande la mise en place d'un fonds de solidarité.
02:36Là, on est en train de discuter le projet de loi de finances.
02:39Il faut que dans ce projet de loi de finances, on établisse un dispositif
02:43qui permette de venir en soutien, je pense prioritairement aux commerçants,
02:47mais aussi aux communes qui ont été particulièrement touchées
02:50et qui ont vu leurs bâtiments publics attaqués, dégradés,
02:53voire, comme c'est le cas ici à Lyon, incendiés.
02:56Grégory Doucet, lorsque le ministre de l'Intérieur dit
02:58« Nous avons perdu le contrôle », estimez-vous qu'à Lyon,
03:01il y a eu des moments de perte de contrôle ?
03:02– Mais totalement, totalement.
03:07Là encore, si on a demandé, moi si je veux rencontrer le Premier ministre,
03:13c'est pour qu'il puisse établir un diagnostic et qu'il puisse nous dire
03:17pourquoi l'anticipation n'a pas été à la hauteur,
03:20pourquoi la réponse, une fois qu'on était dans le feu de l'action,
03:24n'a pas été à la fois bien proportionnée et surtout ne s'est pas portée au bon endroit.
03:28Moi j'ai rencontré dimanche matin, très tôt, beaucoup de commerçants qui m'ont dit
03:34« Je ne comprends pas, ils ont pu caillasser et piller mon magasin
03:38pendant 30 minutes, une heure, sans qu'il y ait la moindre intervention de la police ».
03:44À ça, il faut pouvoir apporter des réponses concrètes.
03:47Alors, vous avez rappelé un peu plus tôt sur Ventre Antenne
03:49que le ministre de l'Intérieur a reconnu que le dimensionnement de la réponse n'était pas approprié,
03:57dont acte, c'est un premier début de transparence,
04:01mais avouez qu'on en est loin encore, enfin on est loin d'avoir établi un diagnostic complet.
04:05D'ailleurs, je me réjouis dans une certaine mesure que le Président de la République,
04:09dans son allocution hier, ait demandé toute la lumière sur ce qui s'est passé.
04:14C'est la preuve que la demande que nous portons avec les maires de Paris et de Marseille,
04:19eh bien, elle est légitime et elle est pertinente.
04:22Il demande également à ce que les préfets, en lien avec les maires,
04:25prennent, je cite, « les décisions pour protéger nos villes ».
04:29Et à l'Elysée, on commence à faire savoir aux différents journalistes
04:33qu'il pourrait y avoir des couvre-feux, des opérations de fouilles,
04:36des interdictions de manifestement, de manifestations ou de rassemblements.
04:39Est-ce que vous vous dites, au regard aussi des prochains jours,
04:43qui pourraient être des jours de manifestations qui dégénèrent,
04:46qu'il faudra peut-être en passer par là ?
04:48Est-ce que vous, à Lyon, vous vous dites qu'il faudra des interdictions, voire des couvre-feux ?
04:55Mais, Apolline de Malherbe, la première question à se poser, c'est
04:58pourquoi y a-t-il des manifestants dans la rue ?
05:00Pourquoi les gens sont aujourd'hui en train de réclamer des politiques publiques différentes ?
05:06C'est ça, la première question à se poser.
05:08Ça fait plusieurs semaines que le mouvement lycéen a été engagé.
05:11Est-ce que les réponses du gouvernement aux lycéens sont à la hauteur ?
05:16Non.
05:17Et ensuite, on a vu arriver ce samedi des manifestants qui réclamaient des mesures pour le pouvoir d'achat.
05:23Est-ce que les réponses du gouvernement sur cette question sont à la hauteur ?
05:28La réponse est non.
05:29Il faut aussi avoir un traitement politique.
05:32Pourquoi les gens sont dans la rue ?
05:33C'est parce qu'ils attendent des réponses à leurs inquiétudes, à leurs questionnements.
05:37Et aujourd'hui, ces réponses, ils ne les ont pas.
05:40Plutôt que de regarder ce qu'on pourrait faire de plus en matière de répression et d'encadrement.
05:45Est-ce qu'on ne pourrait pas se dire, il faudrait peut-être mieux prévenir que guérir ?
05:49Et agir enfin, vraiment, concrètement, sur les attentes qui sont formulées par les manifestants ?
05:56Vous dites, il faut une réponse politique.
05:59Lorsque vous êtes revenu sur Place, Place-Bellecourt, hier, et c'est le magazine local Lyon Mag qui raconte la
06:06scène.
06:06Il dit, et je cite le magazine local,
06:09« Arrivée Place-Bellecourt pour le maire de Lyon, Grégory Doucet, et le préfet Étienne Guyot,
06:13l'élu écologiste est conspué par des Lyonnais qui lui reprochent son alliance avec LFI. »
06:21Oui, et quelle est votre question, Apolline de Malherbe ?
06:23Est-ce qu'il y a des responsabilités politiques ?
06:26C'est ce qu'a voulu pointer du doigt le Premier ministre hier.
06:29Est-ce que vous estimez qu'il y a aussi des responsabilités politiques,
06:33comme visiblement certains habitants de votre ville vous l'ont reproché ?
06:39Alors, d'abord, il y a de la colère.
06:41Il y a de la colère, il y a même eu de la peur aussi.
06:43Vous savez, moi-même, toute la journée du samedi et en soirée,
06:47enfin, je veux dire, j'ai été sur le pont avec, bien évidemment, les services de la ville,
06:52une partie de mes adjoints qui étaient aussi, pour ce qui est de celui à la sécurité,
06:58eh bien, toute la journée, derrière les images, au contact avec la police municipale
07:02pour qu'on soit le plus réactif possible, pour qu'on puisse protéger nos bâtiments publics.
07:06Nous, on voulait absolument éviter que l'hôtel de ville ne soit attaqué.
07:11Donc, on s'est mobilisés.
07:12Maintenant, vous savez, moi, j'ai vu aussi les images qui, pour certaines, ont été tournées, d'ailleurs,
07:18à l'intérieur même des bâtiments, enfin, des bâtiments ou des commerçants qui étaient attaqués.
07:21Mais moi, je n'ai pas vu de message politique.
07:24Quand on a des dizaines de crétins qui sont en train de saccager un commerce et de le piller,
07:30quand on en a plusieurs centaines qui s'en prennent à l'office du tourisme
07:33et qui s'amusent ensuite à y mettre le feu, moi, je ne vois pas de message politique.
07:37Je vois simplement des imbéciles qui s'en prennent à des biens publics ou des biens privés.
07:41Et là, je ne vois pas le lien qu'il pourrait y avoir avec un mouvement politique.
07:46Non, je pense que vouloir détourner le regard, détourner l'attention sur un autre sujet
07:51ne me semble pas à la hauteur de ce que le pays traverse aujourd'hui.
07:55Lorsqu'Emmanuel Macron ou Sébastien Lecornu demandent à ce qu'il y ait une sorte de moment
07:59où chacun doit choisir son camp, est-ce que vous estimez qu'il se trompe ?
08:03Oui, mais ce n'est pas une question de camp aujourd'hui.
08:07Il y a des mouvements sociaux qui sont en route depuis plusieurs semaines
08:12et en marge de ces mouvements sociaux, des pilleurs, des casseurs profitent de ces mouvements sociaux
08:19pour justement aller casser et piller.
08:24Je vais vous dire, si on apporte une réponse aux mouvements sociaux,
08:28si on écoute les lycéens et qu'on leur donne des réponses concrètes,
08:31si on écoute les Français inquiets et qu'on leur donne des réponses concrètes
08:34et que les manifestants n'ont plus de raison de manifester,
08:37il n'y aura pas de pilleurs et de casseurs.
08:39Ou en tout cas pour pouvoir s'occuper des pilleurs et des casseurs, ça sera bien plus simple.
08:43Hier à Paris, les pilleurs et casseurs, comme vous dites, étaient à nouveau présents
08:49dans tout le centre de la capitale et pourtant il n'y avait eu aucune manifestation avant.
08:53Mais Apolline de Malherme, il l'était aussi à Lyon, il l'était aussi, il l'était aussi, il l
08:59'était aussi à Lyon, figurez-vous.
09:00Cette nuit à nouveau ?
09:00Jusqu'à 1h30 du matin cette nuit, il y a encore eu des gens qui ont fait des tentatives d
09:04'intrusion dans certains magasins
09:05et heureusement que les policiers nationaux et les policiers municipaux étaient sur le pont, étaient sur le terrain pour les
09:12attraper.
09:13On a encore eu des dizaines d'interpellations hier, heureusement qu'on était là.
09:17Et on a évité la surenchère, on a évité le pire hier.
09:20Est-ce que le calme est revenu ce matin à Lyon ?
09:26Le calme est revenu ce matin à Lyon, je n'ai pas encore eu l'occasion de faire le tour
09:29du centre-ville puisque je suis avec vous présentement.
09:33Mais les informations qui me remontent sont plutôt rassurantes sur le calme.
09:39Il est très tôt ce matin, un peu plus de 8h.
09:42On sait que c'est dans la journée et en soirée qu'on a encore des risques.
09:46Moi j'ai demandé au préfet, il y a déjà 48h, de dimensionner les forces à la hauteur de ce
09:52qu'il y a à protéger.
09:54C'est-à-dire faire en sorte qu'il y ait dans l'espace public des policiers ou des gendarmes
09:59qui soient présents,
10:01qui soient prêts à intervenir rapidement parce que les casseurs et les pilleurs, eux, sont extrêmement agiles et extrêmement rapides.
10:09Donc il nous faut aussi être à la hauteur des méthodes que ces personnes emploient.
10:13Merci.
10:14Merci.

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