Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 12 heures
Deux jours après les débordements en marge des manifestations du 17 octobre et au lendemain d'une nouvelle nuit de violences, le maire de Lyon, Grégory Doucet, était l'invité du Face-à-face de RMC-BFM ce lundi 19 octobre.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Monsieur le maire, merci de prendre le temps ce matin.
00:03Lorsque vous entendez le ministre de l'Intérieur qui reconnaît ce matin qu'il y a eu une perte de
00:09contrôle,
00:09ça correspond à ce que vous avez observé ?
00:13Bien évidemment, c'est une perte de contrôle quasiment totale.
00:18On est passé du maintien de l'ordre au rétablissement de l'ordre.
00:21Les forces de l'ordre ont été dépassées, non pas parce qu'elles n'avaient pas les compétences,
00:26mais parce qu'elles n'étaient pas en nombre, parce qu'elles ont été désorganisées.
00:30Mal organisées et qu'on a vécu ce que je pensais à n'avoir jamais connaître en tant que maire
00:37ou en tant que citoyen,
00:38pas simplement à Marseille, mais dans toutes les villes de France,
00:40c'est-à-dire un pays, une démocratie complètement dépassée en voyant des scènes de violence absolument inouïes,
00:48des voyous, des casseurs qui se sont introduits dans des mairies, la mairie de Limoges brûlée,
00:52la porte de ma mairie défoncée, des commissariats de police municipales,
00:56mes commerçants.
00:59Pendant des heures et des heures, j'ai assisté en direct à des scènes de pillage comme dans un pays
01:05du tiers-monde.
01:06Or, la sixième puissance du monde ne mérite pas ça.
01:09La France ne mérite pas de voir ces scènes-là.
01:13Le monde entier nous regarde.
01:14Nous sommes la honte de l'Europe ce matin.
01:19Et je peux vous le dire, j'ai honte pour l'idée que je me fais de la République et
01:22de la démocratie.
01:23En voyant ces scènes, on en tremble.
01:25Quand j'ai vu la Marianne par terre dans ma ville, dans ma mairie, j'en ai eu les larmes
01:30aux yeux.
01:30Et j'en ai été bouleversé.
01:32Et j'ai pensé à mes prédécesseurs.
01:34Et j'ai pensé à l'idée même de ce qu'était la République dans ce pays,
01:38de ce qu'est la cohésion sociale, de ce qu'est le pacte social, qui a été mis à bas.
01:42Parce que plus personne n'est capable d'écouter, plus personne.
01:45On a fait dans ce pays des forces de l'ordre de la chair à canon.
01:49On a fait des manifestants de la chair à canon.
01:52J'ai vu des doctrines de maintien de l'ordre complètement ahurissantes.
01:57Ces gens-là se prétendent des professionnels.
02:00Je ne parle pas des forces de l'ordre.
02:01Je pense à ceux qui les emploient.
02:03Au moment où, 100 mètres derrière eux, des dizaines et des dizaines de vitrines étaient cassées.
02:09Des centaines de vandales entraient dans les commerces pour les piller.
02:14Nous avions des manifestants qui se faisaient gazer.
02:17Et nous avons eu des responsables politiques qui, toutes honte bu, sont venus à ma place sur votre antenne.
02:23Vous estimez qu'ils se sont trompés de cible ?
02:25Vous dites, je veux savoir quels ordres ont été donnés ?
02:28De cible ?
02:29Mais bien évidemment, de cible.
02:31Mais je ne pense pas que des manifestants soient des cibles, Apolline de Malherbe.
02:33Vous savez, être manifesté, c'est un droit constitutionnel dans ce pays.
02:37Et je ne confonds pas un manifestant et un voyou.
02:40Un voyou, sa place, elle est en prison.
02:41Un manifestant qui réclame quoi, en fait ?
02:43D'avoir de la dignité quand il est dans un lycée ?
02:46N'étaient pas orientés vers ceux qui...
02:48Pas les forces de l'ordre, ceux qui les ont employés.
02:49Pas les forces de l'ordre, ceux qui les ont employés.
02:52Les forces de l'ordre, un, en sous-nombre.
02:54Apolline de Malherbe, je veux le dire de manière solennelle.
02:57Une UFM, une unité de forces mobiles pour que vos auditeurs, pour que vos téléspectateurs le comprennent bien.
03:0480 CRS de forces mobiles dès le matin.
03:07Il a fallu que j'appelle le président de la République, le ministre de l'Intérieur et le Premier ministre
03:11pour que deux forces mobiles et deux centaures soient envoyées à Marseille.
03:15A deux reprises, ils ont été réapprovisionnés en munitions.
03:19Ils ont balancé des grenades lacrymogènes toute l'après-midi dans la manifestation.
03:25Au même moment, de manière impunie, pendant des heures et des heures, plus de cinq heures, j'ai assisté à
03:30des scènes de pillage sans la moindre intervention.
03:32Il a fallu que je fasse sortir la police municipale pour rétablir le calme.
03:38Bien évidemment, quelquefois avec l'être des forces de l'ordre.
03:41Et je veux les saluer. Mais quand je vois que les marins-pompiers ont été pris pour cible, quand je
03:46vois que la police, quand je vois que les manifestants ont été pris pour cible,
03:48quand je vois que certains ont essayé de mettre le feu, se sont introduits dans des immeubles, dans des commerces.
03:57Vous ne voulez pas qu'on ait la rage ? Dans des habitations.
04:01Mais vous mesurez ce qui se passe dans ce pays ? Et quelle réponse on a ?
04:05Ah, il y avait 30 000 casseurs à Marseille. Mais qu'est-ce que c'est que ce chiffre ?
04:10Mais qu'est-ce que ça veut dire ?
04:11Vous croyez que ça va masquer ? Vous croyez qu'une telle bêtise peut masquer le fiasco sécuritaire que j
04:18'ai vécu à Marseille ?
04:18La bêtise dont vous parlez, ce sont les propos du préfet des Bouches-du-Rhône, qui a effectivement estimé qu
04:23'il y avait 30 000 casseurs.
04:27Vous aurez le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, qui est en route vers Marseille pour vous voir ce matin.
04:33Laurent Nunez qui avait remis sa démission, démission qui n'a pas été acceptée.
04:37Qu'est-ce que vous allez lui dire ?
04:41D'abord, je trouve que c'est assez rare, et je veux le souligner, c'est un acte assez courageux
04:46d'avoir remis sa démission.
04:47Je connais beaucoup de responsables politiques qui, dans ces moments-là, se seraient soit cachés, soit n'auraient pas fait
04:53le geste qu'il a eu.
04:55Elle n'a pas été acceptée. Mais je veux souligner ce geste. Il est suffisamment rare.
04:58J'attends de Laurent Nunez la vérité. Il a été préfet de police chez moi. Vous m'avez entendu sur
05:05votre antenne dire, il y a un an, que la décision de supprimer la préfecture de police aurait un jour
05:10des conséquences.
05:11Voilà, aujourd'hui on le paie. À Marseille, on le paie. J'ai, avec la préfète Camilleri, qui était préfète
05:16de police, Dieu a...
05:18Nous avons eu à gérer ensemble, et c'est elle qui pilotait, les émeutes après la mort de Naël.
05:24Je pense que si ces émeutes-là avaient été gérées comme elles ont été gérées avant hier soir, il y
05:28aurait eu dix fois plus de casses il y a trois ans.
05:31J'avais une préfète de police, j'avais des préfets de police à la hauteur, dont Laurent Nunez.
05:35Qui sait qu'à Marseille, nous ne méritions pas la suppression de la préfecture de police.
05:38Mais je veux la vérité parce que cette vérité, nous la devons aux Marseillaises et aux Marseillais.

Recommandations