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Il a choisi ICI Gard Lozère, pour prendre officiellement la parole ce lundi 19 octobre 2026 : deux jours après le mouvement du 17 octobre, et alors que plusieurs commerces de la ville ont été vandalisés, Vincent Bouget, le maire de Nîmes, répond en direct à ICI Gard Lozère.
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00:00Ici Gare Lozère, jusqu'à 9h, ici Matin.
00:068h moins le quart, il a choisi Ici Gare Lozère pour prendre la parole ce matin après le mouvement du
00:11samedi 17 octobre,
00:12donc de samedi dernier, le maire communiste de Nîmes, Vincent Bouget, est notre invité donc aujourd'hui.
00:16Bonjour Vincent Bouget.
00:17Bonjour.
00:18Et bien merci d'être avec nous ce matin.
00:20Vous retenez quoi vous de ce week-end ?
00:21Est-ce que c'est la manifestation dans le calme à Nîmes avec cette jolie photo d'ailleurs d'une
00:26Marianne,
00:26je ne sais pas si vous l'avez vu sur l'article d'ici Gare Lozère, en front de cortège,
00:30devant les arènes,
00:31ou bien les vitrines cassées, les magasins pillés ? Quelle est l'image que vous retenez ?
00:35De toute façon, dans une réalité, il y a toutes les images.
00:38Moi, ce que je veux retenir, c'est le mouvement puissant et pacifique qui s'est déroulé ce week-end
00:44dans la manifestation de l'après-midi à Nîmes, puisqu'il n'y a eu dans le cadre de cette
00:48manifestation aucun incident.
00:50Et en même temps, je suis bien obligé de constater aussi qu'il y a eu des incidents après la
00:55manifestation
00:55et que ceux-là sont tout à fait regrettables et condamnables.
00:59Ça veut dire que, sinon vous le dites, c'était en marge de la manifestation.
01:02Est-ce que tout le monde a été surpris, y compris les forces de police, par ce qui s'est
01:06passé, un petit peu débordé ?
01:09Écoutez, moi je ne suis pas les forces de police et je ne suis pas l'autorité préfectorale
01:12et je me garderai bien de répondre à leur place.
01:16De ce que nous savions, nous, à l'échelle de la municipalité, c'était pas des menaces
01:24comme il s'est déroulé après le samedi après-midi, on avait peu d'informations là-dessus.
01:30Donc ça a été plus pour nous, oui, une forme de surprise, ces groupes de jeunes qui se sont déployés
01:39à la fin de la manifestation pour piller, même si après nous avons évidemment,
01:45avec les forces de la police nationale et de la préfecture, fait en sorte que ça soit le plus limité
01:51possible.
01:51Il y avait assez de policiers nationaux d'ailleurs ce week-end,
01:54vu que le maire de Marseille, Benoît Payan, lui, disait entre les lignes qu'il en manquait.
01:57À Nîmes, on avait ce qu'il fallait ?
01:58Je pense que ça a été un peu compliqué sur le moment, pour à la fois sécuriser,
02:02je crois qu'il y avait des manifestations au niveau du kilomètre Delta,
02:06et puis après des groupes de jeunes qui venaient en centre-ville.
02:08Et ça a été un petit peu difficile, je ne suis pas sûr que la préfète
02:12et le directeur de la police nationale aient eu suffisamment d'effectifs,
02:16mais je ne sais pas si, voilà, je ne veux pas répondre à leur place, c'est à eux de
02:20le faire.
02:20Nous, ce qu'on a essayé de faire, c'est d'essayer au maximum d'aider à prévenir,
02:25à prévenir notamment les commerçants qui ont été prévenus quelques minutes
02:30avant l'arrivée de la bande de jeunes qui étaient venus pour casser et piller,
02:34de fermer leurs portes et leurs magasins.
02:38Alors évidemment, ça n'a pas été le cas pour tous les commerçants,
02:41mais on avait réussi à fermer les bâtiments publics, la coupole des Halles,
02:45ainsi que les commerces qui étaient situés au niveau de la rue Générale Perrier.
02:52Donc voilà, on a essayé de prévenir ce qu'est le rôle de la municipalité.
02:57C'était le maximum que vous pouviez faire, peut-être,
03:00sinon dispatcher les policiers municipaux différemment ?
03:03Les policiers municipaux, ils étaient 54 à être disponibles toute la journée.
03:10Sur 190 agents à peu près.
03:11Oui, sur à peu près 190 agents, mais c'est de l'ordre de ce qui se fait d'habitude,
03:17donc 54.
03:18Et le rôle des policiers municipaux, qui est d'ailleurs prévu par la loi,
03:21ce n'est pas une volonté particulière de la mairie,
03:23même si moi je suis d'accord avec cette loi,
03:26ce n'est pas d'assurer le maintien de l'ordre.
03:27Le maintien de l'ordre, il est de fait lié à la compétence de l'autorité nationale,
03:33la préfecture, et c'est comme ça que ça se passe.
03:35Et donc dans le cas des manifestations, c'est à la police nationale,
03:38à la gendarmerie d'assurer l'ordre.
03:40Mais par contre, oui, il y a la question de la prévention,
03:42c'est ce qu'on a fait d'ailleurs en déviant la circulation quand c'était nécessaire.
03:48Et puis, mon adjoint à la sécurité, Nicolas Nadal,
03:52était toute la journée à l'hyperviseur,
03:54pour orienter les forces de la police nationale.
03:58C'est une sorte de...
03:58Oui, on voit toutes les caméras vidéo-surveillance.
03:59...surveillance, pour orienter la police nationale,
04:02pour dire à quel moment et où étaient les groupes de jeunes qui cassaient,
04:09en contact direct avec le directeur de la police nationale,
04:11mon directeur de cabinet aussi, évidemment, moi, au bout de la chaîne.
04:15Mais donc, on a été présents sur le moment.
04:19Après, voilà, il y a eu ces phénomènes-là qui ont été relativement,
04:23et je le dis bien relativement,
04:25parce que les commerçants qui ont vu leur magasin cassé,
04:31il y en a essentiellement deux qui ont été pillés.
04:33C'est le footcorner de la rue Général Perrier,
04:35et le Carrefour City de la place Montcalm,
04:37que j'ai rencontré.
04:39Exactement, juste avant que vous expliquiez votre rencontre avec ces commerçants,
04:42je voudrais qu'on écoute la voisine de ce commerçant,
04:44qui s'appelle Brigitte, à la tête du restaurant Le Montcalm,
04:47qui est à la tête de l'association des commerçants du quartier.
04:50Écoutez, Brigitte.
04:51Je suis effondrée de voir nos confrères du Petit Carrefour,
04:55qui ont été choqués, qui leur a dit,
04:58écoutez, allez-y, prenez, mais ne cassez rien.
05:00Donc, ils ont pris des sandwiches, ils ont pris des choses comme ça,
05:02et ils en ont profité pour casser le rideau,
05:05casser la porte sous la caméra de la ville.
05:08Il n'y avait pas un seul policier, il n'y avait rien.
05:11Je ne sais pas contre qui, je suis le plus en colère.
05:13Vous êtes donc allé voir le tenant de ce Carrefour Express, je crois.
05:17Je crois que ce n'est pas Marquette, c'est Express, mais passons.
05:20Qu'est-ce que vous lui avez dit ?
05:21Écoutez, d'abord, on est allé lui apporter toute la solidarité,
05:26puis écouter aussi ce qu'il avait à nous dire sur la façon dont ça s'était passé,
05:31comment il le ressentait lui,
05:32parce qu'après, c'est aussi une question humaine,
05:35au-delà des sandwiches et d'autres choses qui ont été volées.
05:39C'est la question de ce salarié qui était présent
05:41et qui a essayé de limiter les dégâts.
05:43Donc, il nous a raconté tout ça.
05:45On a essayé de comprendre comment ça s'était passé,
05:48et la volonté, c'est d'essayer de trouver des solutions
05:51pour prévenir plus facilement, plus rapidement,
05:54les commerçants quand ce genre de choses arrivent.
05:56Mais les caméras, par exemple, on vient de parler,
05:59Brigitte le disait, c'était sous l'œil des caméras.
06:00À quoi elles servent, ces caméras ?
06:01Les caméras, elles ont filmé,
06:03elles vont être maintenant à la disposition des forces de police et de justice
06:07si on doit essayer de trouver des coupables à ça.
06:12Donc, les caméras, je vous l'ai dit, l'hyperviseur, il était actif.
06:16On orientait la police nationale sur les mouvements de ces jeunes,
06:20mais qui étaient très mobiles et qui partaient parfois un peu dans tous les sens.
06:23Et donc, on a orienté les forces de police nationale
06:27qui sont là, sur le coup, arrivées trop tard.
06:32Mais malgré tout, ça nous a permis, nous, la police municipale,
06:35d'aller demander aux commerçants, la plupart en tout cas,
06:38et aux bâtiments publics, de fermer leurs portes
06:40quand on a vu arriver les jeunes.
06:43Mais je dois le dire, voilà,
06:45j'ai assuré toute ma solidarité avec les commerçants.
06:48J'ai eu, donc, je me suis déplacé hier matin,
06:51mon adjoint au commerce y était aussi le samedi soir.
06:55Ça a été, malgré tout, et c'est déjà trop,
06:58mais relativement limité à Nîmes,
07:00comparé à d'autres villes.
07:01Et je veux revenir là-dessus, parce que,
07:03évidemment, ça c'est inacceptable,
07:05mais je ne veux pas que les manifestants
07:08qui manifestaient pacifiquement, en nombre,
07:12et le samedi après-midi,
07:13se fassent aussi voler leurs revendications
07:15par ces scènes-là, qui n'ont rien à voir.
07:18Et donc, je crois aujourd'hui
07:20qu'il faut aussi apporter des réponses politiques,
07:22et je parle du gouvernement,
07:24pour les manifestants,
07:25pour la jeunesse qui s'est mobilisée depuis des semaines,
07:28pour les salariés qui étaient là pour les pouvoirs d'achat,
07:30pour ceux qui cherchent aujourd'hui un emploi.
07:32Et ces questions-là ne doivent pas passer au second plan,
07:37derrière ces considérations de maintien de l'ordre,
07:40même si, évidemment, elles sont importantes,
07:41mais il faut aussi répondre à ces questions.
07:43Et d'ailleurs, les commerçants que j'ai vus,
07:44le salarié que j'ai vu,
07:45étaient aussi très soucieux.
07:47Les commerçants de la place Montcalm que j'ai vus hier
07:49étaient très soucieux
07:49qu'on ne fasse pas l'amalgame
07:52entre les manifestations et les casseurs.
07:57Juste avant d'arriver dans le cœur des revendications
07:58dont vous venez de parler,
08:00à tous, vous avez vous-même dit
08:02que c'était essentiellement des jeunes
08:03qui étaient mouvants comme ça dans le centre-ville de Nîmes.
08:06Qu'est-ce que vous pourriez leur dire
08:08pour éviter qu'ils ne recommencent
08:10si jamais une autre manifestation devait avoir lieu ?
08:13Je ne sais pas si c'est qu'au maire de Nîmes de leur dire,
08:16mais moi, ce que je veux dire à tout le monde,
08:18c'est que quand on veut exprimer des revendications,
08:21si tant est qu'il y en est,
08:22pour ceux qui cassaient les commerces et les pillés,
08:26alors il faudra aussi comprendre ce phénomène un peu nouveau.
08:28C'est des choses qu'on n'avait pas connues en France
08:31depuis très longtemps,
08:33mais parce que le pillage,
08:36le piller un magasin,
08:37ce n'est pas une revendication.
08:39Par contre, ça veut dire un certain nombre de choses,
08:41peut-être,
08:41parce que quand on me dit que les jeunes
08:42sont allés voler des sandwiches et des yaourts
08:44dans un carrefour market,
08:46et que parallèlement,
08:47ils volaient des articles de marque et cher aussi,
08:50bon, il faut comprendre ce que ça veut dire,
08:52mais moi, ce que je veux dire,
08:53c'est que quand on a...
08:53Ça veut dire quoi, comprendre ce que ça veut dire ?
08:55Voilà, qu'est-ce qu'aujourd'hui,
08:57dans la tête des jeunes,
08:59il se passe pour qu'on se dise
09:02que la violence est gratuite ?
09:03Quel impact des réseaux sociaux
09:04quand on se filme en train de faire ça ?
09:08Et puis, qu'est-ce que ça veut dire
09:09en termes d'accès aux biens de consommation ?
09:12En 68, c'était une révolte
09:15contre la société de consommation,
09:16et là, on voit une société du manque
09:18presque à travers ces choses-là.
09:21Évidemment, je n'excuse rien,
09:23mais ça n'empêche pas d'essayer de comprendre
09:25pour prévenir, mais...
09:26C'est à qui de payer, du coup,
09:28tous ces dégâts ?
09:29C'est à eux, là, ceux qui ont...
09:29Il y a eu quelques interpellations ce week-end ?
09:31C'est à qui, derrière ?
09:32Écoutez, après, c'est la justice
09:33qui fera son travail.
09:35Je me suis assuré que les commerces
09:37qui avaient été pillés et vandalisés
09:39étaient bien assurés,
09:41ce qui semble être le cas.
09:42Nous verrons après, derrière,
09:43à l'échelle de la ville,
09:44l'agglomération,
09:45ce qu'il est nécessaire de faire
09:46si on a besoin d'aider
09:48ceux qui ont été vraiment touchés.
09:51Mais il y a des assurances
09:52qui sont faites en ça
09:53et qui vont rentrer en jeu maintenant.
09:56Et c'est heureux, oui.
09:56Vincent Bouget,
09:57vous avez parlé des revendications
09:59des manifestants.
10:00On va simplifier en disant
10:01que c'était une manifestation
10:01essentiellement contre la vichère
10:03et pour l'éducation.
10:04Est-ce que le noyau
10:05de la prochaine présidentielle,
10:06il est là ?
10:08Moi, je pense qu'il y a,
10:09dans ce pays,
10:10depuis quelques années maintenant,
10:12une problématique de pouvoir d'achat
10:13et de vichère
10:14qui est extrêmement forte,
10:15aujourd'hui,
10:16avec des gens qui n'arrivent plus
10:18à joindre les deux bouts,
10:20même quand ils travaillent.
10:22J'étais aussi, hier matin,
10:23pardon, samedi matin
10:24à l'inauguration des nouveaux locaux
10:26de la Banque Alimentaire
10:27et on n'a jamais vu autant de personnes
10:30avoir recours à l'aide alimentaire
10:31pour pouvoir se nourrir.
10:33Et je pense que ça devient insupportable
10:36pour un grand nombre de personnes.
10:38Et puis, c'est l'aspiration
10:39au service public,
10:40au service public d'éducation.
10:41Ça, c'est les jeunes
10:41qui l'ont manifesté.
10:43Avec les lycées,
10:43c'est la dernière semaine.
10:44dans des bonnes conditions
10:45et se forger un avenir.
10:48Et puis après,
10:49c'est le cap politique
10:51qu'on va se fixer tous ensemble
10:52parce qu'au-delà des revendications,
10:55c'est la perspective.
10:56Et dans un horizon
10:57qui est aujourd'hui bouché par la guerre,
10:59par le réchauffement climatique,
11:01par les tensions,
11:01par les tentatives,
11:02les tentations autoritaires
11:03et d'extrême droite,
11:04ça, ça fait peur à beaucoup de monde.
11:06On vote tous dans six mois.
11:07Est-ce que ça sert à quelque chose
11:08de manifester maintenant
11:09plutôt que de s'exprimer
11:10dans les urnes dans six mois ?
11:10La démocratie,
11:11c'est à la fois le vote
11:12et ça, c'est très important
11:14que tout le monde aille aux urnes
11:16et aujourd'hui,
11:17on voit bien la fracture démocratique
11:18qui existe dans ce pays
11:19mais il faudra faire en sorte
11:21que tout le monde
11:21puisse se déplacer
11:23et aille en faisant un vote
11:25positif, de confiance
11:26et en même temps,
11:27la démocratie,
11:28c'est tout le reste.
11:29C'est la démocratie sociale
11:30et notamment le droit
11:31et la liberté
11:32de manifester dans le calme
11:35ses opinions
11:36et ses revendications.
11:37Et c'est ça aussi
11:38que la République
11:39et l'autorité républicaine
11:40doit pouvoir garantir
11:41la sécurité
11:42et la liberté de tous.
11:43Dernière question,
11:44est-ce que ces garanties
11:45justement,
11:45elles pourront être présentes
11:47si une nouvelle manifestation
11:47peut-être des samedis prochains
11:48sinon il y a un appel
11:49des syndicats
11:50pour le 5 novembre ?
11:52Comment on va gérer
11:53les prochaines manifestations ?
11:55Ça, ça sera à l'État
11:57et à la préfecture
11:58de le poser localement.
12:00Je vous le répète,
12:02le maintien de l'ordre
12:02c'est de l'ordre
12:03de la préfecture.
12:04Nous nous assurons
12:05de faire en sorte
12:06que ça se passe bien
12:08comme ça s'est passé
12:09et je le redis
12:10dans la manifestation
12:11de samedi après-midi
12:12qui était très nombreuse,
12:14très massive
12:15et qui s'est déroulée
12:16dans le calme
12:17et tout le monde
12:17l'a reconnu
12:18et donc moi j'appelle
12:19à ce que
12:21les manifestations
12:22des revendications
12:23se fassent dans le calme
12:24parce qu'elles sont
12:25encore plus fortes
12:26et plus puissantes
12:27quand c'est comme ça
12:28que ça se passe.
12:29Merci beaucoup
12:29Vincent Bouget,
12:30maire de Nîmes
12:31d'avoir été avec nous ce matin.
12:32Je rappelle que vous organisez
12:33comme beaucoup d'autres
12:34maires du Gard
12:34et de la Lausère
12:35un rassemblement
12:35à midi
12:36à l'appel
12:37de l'association
12:37des maires de France
12:39essentiellement
12:40pour condamner ces violences,
12:41soutenir les commerçants
12:42et les agents
12:43des services publics
12:44qui auraient pu être touchés
12:45ce week-end.
12:45Merci beaucoup
12:46d'avoir été invité
12:47ce matin d'ici
12:47Gard-Losère.
12:48Bonne journée.