00:017h44, les images ont fait et font toujours le tour des réseaux sociaux,
00:05celles de magasins saccagés pillés en marge des manifestations de samedi dernier.
00:09Pour éviter qu'elles ne se reproduisent lors des prochaines éditions,
00:12le président de la Chambre de Commerce et d'Industrie du Gard
00:15prend la parole ce matin sur Ici Gare Lozère, il est notre invité Xavier.
00:18Bonjour Eric Géraudier, et merci d'être avec nous ce mardi matin.
00:22Alors pour le moment, on n'a pas eu de procès de voleurs en tant que tels dans le Gard,
00:26il y en a eu ailleurs en France, je vous donne par exemple un exemple.
00:28Saint-Etienne, relayé par nos confrères d'ici Saint-Etienne-Loire,
00:31trois jeunes de 18 à 21 ans qui avaient volé des chemises et des doudounes,
00:35ont été coupés pour l'un de six mois de prison ferme avec mandat de dépôt,
00:37les deux autres condamnés à huit mois de bracelet électronique.
00:41Ça vous paraît correct comme sanction ?
00:43Alors écoutez, moi je ne suis pas juge, je suis chef d'entreprise,
00:46donc sur l'évaluation et le quantum des peines, je vais laisser les professionnels.
00:51Alors deux choses, tout d'abord, bonjour à vos auditeurs,
00:54faites attention si vous prenez le chemin des canons, ralentissez,
00:56parce qu'il y a énormément d'eau sur le chemin des canons,
00:59et de nuit on ne voit pas les flaques, c'est un petit peu dangereux.
01:02Merci pour l'infotrafic.
01:03Voilà, moi ce que je voudrais dire c'est que les commerçants
01:07ne peuvent plus être les victimes de la casse,
01:11c'est-à-dire que vous ne pouvez pas avoir des gens,
01:13et vous en avez interviewé ce matin, qui investissent, qui travaillent,
01:16qui créent du lien social, qui font tourner l'activité,
01:18et dont on casse l'outil de travail,
01:20c'est parfois 5, 10, 15, 20 ans d'investissement de travail qui partent en fumée.
01:25Donc effectivement, je pense que les sanctions doivent être apportées.
01:31Ce n'est pas à moi de définir quel est le niveau des sanctions,
01:34mais effectivement, des personnes, je sais qu'à Nîmes,
01:36on a à peu près 20 commerces qui ont été attaqués.
01:41Moi, dès samedi après-midi, j'étais en ville,
01:44puisque certains commerçants étaient enfermés chez eux,
01:46ils avaient peur de sortir.
01:47Ils se sont barricadés.
01:48Voilà, ils se sont barricadés.
01:49Moi, samedi après-midi, je n'étais pas là pour encourager les manifestants,
01:52j'étais là pour aider les commerçants.
01:55Et on sait que sur certains commerces,
01:57ils ont essayé de rentrer, notamment en boulanger.
01:59Là, ils n'ont pas pu rentrer.
02:00Je sais qu'il y a eu quelques arrestations.
02:02Et moi, je voulais, au nom des chefs d'entreprise,
02:06remercier les forces de police, sécurité et les pompiers
02:08qui font un travail exceptionnel,
02:11malgré leur sous-nombre et leur sous-effectif
02:13par rapport aux casseurs qui sont en face d'eux.
02:16Et voilà, je pense qu'il faut trouver d'autres solutions.
02:20C'est plus possible d'avoir des manifestations
02:23sur les zones fortes de commerce.
02:26J'avais, à l'époque, déjà, il y a quelques années,
02:29j'avais écrit pour qu'on trouve d'autres itinéraires,
02:32le droit de manifester...
02:33On consorte de l'écusson, par exemple, du centre-ville à Nîmes ?
02:35Voilà, ce n'est pas à moi de définir cela.
02:37Mais le droit à manifester existe.
02:39Le droit de manifester, ce n'est pas le droit de bloquer,
02:41ce n'est pas le droit de casser les commerces,
02:43ce n'est pas le droit d'empêcher les clients d'accéder aux points de vente, etc.
02:47C'est deux choses différentes.
02:48Donc, manifestations, oui, mais en dehors
02:51et sans impact sur les zones commerciales.
02:53C'est notamment le rôle des préfectures.
02:57On a vu parfois dans d'autres villes de France,
02:59notamment dans le nord de la France,
03:00qu'on est même allé jusqu'à des couvre-feux.
03:02Est-ce qu'il faudrait presque qu'on en arrive là à Nîmes ?
03:05Alors, encore une fois,
03:06les autorités compétentes prendront les décisions adéquates.
03:09Nous, ce qu'on souhaite...
03:11Enfin, nous, on est pour la liberté,
03:12on est dans le sud de la France,
03:13on est plutôt pour la liberté de circuler,
03:17de fonctionner, de travailler, de commercer.
03:19Je crois que c'est une liberté fondamentale.
03:21Et ce n'est pas la liberté de bloquer, de saccager,
03:24de mettre le feu.
03:24C'est deux choses différentes.
03:25Je pense qu'il y a des responsabilités politiques
03:28à ceux qui ont encouragé ces débordements,
03:31parce que c'est le cas.
03:32Je pense qu'il faudra en tirer les conclusions.
03:33Et après, il faudra effectivement,
03:35au cas par cas, ville par ville,
03:37prendre les décisions adéquates
03:38pour protéger.
03:40On est dans une période...
03:41Ça fait quand même des semaines
03:42qu'il y a des manifestations.
03:44Les commerces souffrent.
03:46On est sur une phase, là,
03:49octobre, novembre,
03:50qui est compliqué pour le commerce,
03:51avant que Noël redémarre.
03:53Et puis, effectivement,
03:54quand on voit...
03:55Quand on voit nous,
03:56ça fait longtemps
03:56que nous défendons le commerce de proximité.
03:58Et quand on voit des articles volés,
04:00à Nîmes,
04:01le lendemain sont sur des plateformes
04:02de vente en ligne,
04:04on peut se poser des questions,
04:06des interrogations
04:08sur Est-ce bien normal ?
04:09Qu'est-ce que vous dites, du coup,
04:10aux commerçants qui anticipent déjà,
04:11puisqu'a priori,
04:12il y aura donc une nouvelle manifestation samedi ?
04:14On avait un reportage tout à l'heure
04:15à 7h30,
04:16avec deux opticiens
04:17qui vont se barricader,
04:18qui réfléchissent à prendre
04:19des bons lacrymaux
04:20et qui disent
04:20« Nous, on avait des grilles avant
04:22devant notre magasin,
04:23on nous a interdit de les mettre,
04:24les bâtiments de France, etc. »
04:26Ça paraît presque ubuesque
04:28d'en arriver là.
04:28Oui, c'était ubuesque.
04:30C'est la norme, la surnorme.
04:32Vous savez combien de normes
04:34pèsent sur un commerce ?
04:34135 normes.
04:35Le commerce qui est là,
04:36en face de vos studios,
04:37il y a 135 normes
04:38qui régissent sa façon de travailler.
04:40Ce n'est plus possible.
04:41Ce n'est plus possible.
04:42Effectivement,
04:43alors nous,
04:43ce que nous disons
04:43depuis samedi,
04:45depuis dimanche,
04:46nous avons fait remonter
04:47à CCI France
04:48à la demande du gouvernement
04:50un état des lieux,
04:51des commerces impactés.
04:53Nous allons les aider,
04:54comme nous le faisons toujours.
04:55La CCI accompagne les commerçants
04:57pour les jours...
04:59Vous allez acheter des barricades en bois ?
05:01C'est quoi le...
05:01Déjà, on a un site
05:03qui s'appelle
05:04crise-gare.cci.fr
05:07et là,
05:08ça nous permet d'échanger,
05:09d'identifier.
05:09Pour recenser les problèmes
05:10et les besoins.
05:11Pour recenser les problèmes,
05:11on va faire activer au mieux
05:13tout ce qui est
05:14indemnisation,
05:15assurance, etc.
05:16Nous allons prendre en compte
05:18ce genre de sujet.
05:19On avait lancé une action
05:20qui s'appelait
05:21Alerte Commerce,
05:22déjà,
05:22il y a quelques années.
05:23Et nos équipes sont sur le terrain.
05:25Moi, je vais en rencontrer
05:26certains cet après-midi.
05:27Nos équipes sont en contact
05:29directement avec tous
05:29les commerçants impactés
05:31et les rencontreront.
05:32Mais sur ces sujets-là,
05:33effectivement,
05:34il faut nous le faire remonter.
05:35Et nous,
05:35on fera des demandes,
05:36effectivement,
05:37d'adaptation,
05:38des consignes,
05:39des sécurités.
05:40On ne peut pas avoir,
05:40effectivement,
05:41je pense que vous faites allusion
05:42des commerces
05:43qui sont en rue Général Perrier.
05:44On ne peut pas avoir
05:45la rue Général Perrier
05:46qui devient à chaque fois,
05:47je veux dire,
05:48attaquée de façon systématique
05:51comme s'il y en avait
05:53les hordes barbares
05:54du Moyen-Âge.
05:55Dernière question,
05:56Éric Géraudy,
05:56il y a d'autres commerçants
05:58à Nîmes,
05:58là aussi,
05:58on leur a donné la parole
05:59ce matin,
05:59notamment la patronne
06:00de Mademoiselle Madnem,
06:01c'est Boulevard Hector...
06:02Madeleine, pardon,
06:03Boulevard Hector Hudo,
06:03juste à côté de chez nous,
06:04très rapidement.
06:05Elle, elle demande d'ouvrir
06:06le dimanche parce que le samedi,
06:07du coup,
06:07il y a moins de monde.
06:08Est-ce que vous pouvez l'aider
06:09et comment on peut faire ça ?
06:10Alors, nous pouvons l'aider
06:11parce que nous donnons
06:12notre avis et chaque fois
06:13qu'on a des demandes
06:14d'ouverture pour le dimanche,
06:15nous les validons.
06:16Ça, bien entendu,
06:17ça peut être des solutions
06:18dans certains cas.
06:19Ce n'est que des pis-alés.
06:20Attention,
06:21on ne rattrape jamais.
06:22Quand vous travaillez le dimanche,
06:23eh bien, c'est normal,
06:24vos salariés sont payés
06:25un peu plus cher,
06:27voire le double.
06:27Donc, par rapport
06:28à du fonctionnement le samedi,
06:29c'est jamais...
06:30On ne rattrape jamais les choses.
06:32Donc, moi, je pense que,
06:33oui, il faut trouver
06:34ces solutions,
06:35mais il faut surtout revenir
06:37à une situation normale.
06:39Normale.
06:39Merci beaucoup,
06:40Éric Géraudy,
06:40président de la Chambre
06:41de Commerce
06:42et d'Industrie du Gare.
06:42Merci d'avoir été ce matin
06:43l'invité d'ici Gare Lozère.
06:44Bonne journée
06:44et prévenus sur la route du retour.
06:46Merci à vous.