00:00Appelez-nous au Standard d'Europe 1 pour nous dire ce que vous ressentez ce matin, ce que vous avez
00:04vécu ce week-end.
00:06Comment vous appréhendez demain au Standard d'Europe 1 ?
00:09D'abord, Gabrielle Cluzel, votre état d'esprit à l'heure qu'il est.
00:13Mon état d'esprit, je pense qu'il est partagé par de nombreux Français, pour autant que j'ai pu
00:17le constater hier.
00:20Moi, c'est d'abord l'inquiétude, profonde inquiétude pour notre pays, profonde inquiétude pour nos enfants, pour nous-mêmes,
00:27pour nos personnes âgées.
00:28Quand vous voyez que les personnes âgées ont été détroussées, sans pitié, que des maisons, vous l'avez dit, ont
00:35fait l'objet d'intrusions,
00:36ça veut dire qu'on ne peut plus laisser des enfants, des personnes âgées, dans certaines villes de France, parce
00:41que c'est extrêmement risqué.
00:44Inquiétude de voir que c'est peut-être le point zéro d'une guerre que d'aucuns appellent civile,
00:50et encore faudrait-il que tout le monde se sente français dans cette guerre, pour l'appeler une guerre civile,
00:53mais en tout cas d'une guérilla et d'une insurrection.
00:57Il faut parfois oser dire le nom.
00:59C'est vrai qu'il y a déjà eu des répétitions générales, d'autres épisodes,
01:02mais celui-là semble être quand même un point de bascule,
01:05avec pour symbole l'effondrement de la mairie de Limoges,
01:10cette Marianne cassée à Marseille,
01:13et tant d'autres images qui nous ont profondément heurtés.
01:16En plus, après, c'est l'humiliation.
01:18Humiliation, vous avez parlé de la réaction des pays étrangers.
01:20Mais j'ai honte, j'ai honte du spectacle que nous offrons ces dirigeants étrangers
01:26qui parlent avec commisération de ce que nous sommes devenus.
01:28C'est une catastrophe.
01:30Honte pour les touristes qui ne peuvent plus venir d'ailleurs.
01:33Honte, honte, honte et humiliation.
01:36Et le troisième point, c'est la colère.
01:39La colère, mais vraiment la colère.
01:42La colère, malheureusement, vous savez, des braves gens,
01:45ou des gens ordinaires,
01:48elle n'a pas le droit de s'exprimer.
01:49Elle n'a pas le droit de s'exprimer,
01:50mais actuellement, elle est vraiment rentrée.
01:52La colère, par exemple, à l'endroit d'Emmanuel Macron,
01:55qui nous a tous convoqués hier soir.
01:56On était tous le petit doigt sur la couture du pantalon,
01:59toutes les chaînes de télé, la marseillaise,
02:01la posture hiératique devant le drapeau français.
02:0316 millions et demi de téléspectateurs.
02:05Mais pour nous dire quoi ? Rien.
02:07Même moi qui le connais depuis un certain temps,
02:09et qui le pratique comme vous,
02:10je me suis dit qu'il va annoncer l'état d'urgence,
02:12un couvre-feu, je ne sais pas,
02:15l'appel à l'armée, la démission de,
02:18comment dire, M. Nunez,
02:20ça aurait été la moindre des choses.
02:21Alors là, il paraît que M. Nunez l'a proposé ce matin,
02:23et qu'il a refusé.
02:24On connaît cette pantomime depuis des lustres,
02:27Mme Barbu, M. Darmanin, ça a été pareil.
02:29Eh bien non, il nous a convoqués pour rien.
02:31Vous connaissez le sketch de Raymond Devos, rien ?
02:34Ben c'était rien, voilà.
02:36C'est comme le non-anniversaire d'Alice au Pays des Merveilles.
02:38Il y a la non-allocution d'Emmanuel Macron,
02:41mais c'est scandaleux.
02:43Gabriel Cusel, on va vous entendre aussi,
02:46jusqu'à 13h sur les différentes réactions
02:48des auditeurs qu'on aura pendant toute cette émission.
02:51Sous-titrage Société Radio-Canada