00:00Nous allons revenir évidemment sur les émeutes, les pillages et toutes les violences qui ont eu lieu ce week-end.
00:06Marie-Astelle Dupont.
00:07Nous y sommes donc.
00:08Je me rappelle comment on se faisait traiter de fou quand nous osions exprimer dans les dîners,
00:12il y a cinq ou dix ans déjà, notre crainte que cela finisse en pillages, émeutes,
00:17avec des types en capuche noire montant dans les immeubles et tirant à la calache.
00:21Le déni des bourgeois se pensant à l'abri, du bon côté du Manche.
00:25Le déni, aussi, des bobos donneurs de leçons.
00:28Mais le Manche est court, bonnes gens, très courts.
00:32Il n'y a pas d'abri.
00:34Nos abris construits sur des illusions ont nourri le déni, et le déni, ça tue.
00:39Il y a un pays à genoux, martyrisé, des familles qui ont tout perdu,
00:44un blanc-seing pour les pillards, des policiers en première ligne,
00:47et le triangle infernal, victimes, bourreaux, sauveurs,
00:51qui peut permettre aux responsables de se présenter en sauveurs précisément,
00:54avec un article 16 des couvre-feu, les pleins pouvoirs au président, pourquoi pas.
00:58Quand les honnêtes gens, traumatisés, seront prêts à se défaire de ce qui leur restait de liberté pour ne pas
01:03mourir.
01:04Quand on retient les soins palliatifs, l'injection létale devient désirable.
01:08C'est exactement pareil.
01:09Laisser le chaos s'installer, et toute mesure permettant de satisfaire le « plus jamais ça » sera acceptée avec
01:15empressement.
01:16Comme le pass sanitaire après le confinement.
01:18Alors on a lu la presse étrangère hier, avec une désagréable sensation de gueule de bois.
01:23Une fois de plus, la France est la risée du monde.
01:25On fait pitié.
01:26Pourtant, est-ce que je suis surprise ? Non.
01:29Est-ce que je suis triste ? Oui.
01:31Lasse.
01:31Lasse de cet interminable martyr de la France.
01:34Lasse de ce cirque sadique où le chaos est devenu un mode de gouvernance,
01:38dont certains tirent des bénéfices secondaires non négligeables.
01:41Lasse aussi de ceux qui osent encore être étonnés.
01:44Lasse de ceux qui minimisent.
01:46Lasse de constater que mes concitoyens n'ont plus beaucoup de choix pour échapper à la dépression.
01:52Pas tellement d'autres choix que le déni et la dissociation.