00:00Bonjour Régis Juanico. Bonjour.
00:01L'association des maires de France appelle les maires, les conseillers municipaux à se rassembler ce midi.
00:06Ce sera le cas devant l'hôtel de ville de Saint-Etienne.
00:09Oui, bien évidemment, il faut qu'il y ait une réaction.
00:11Le niveau de violence, l'intensité de violence que nous avons connue dans la plupart des grandes villes de France
00:17samedi n'avait jamais été atteint.
00:21Il est important de se rassembler de façon républicaine devant chaque mairie.
00:26Ce sera le cas aussi, bien évidemment, à Saint-Etienne à midi.
00:30De façon aujourd'hui à dire que nous avons un socle républicain pour répondre à ces violences.
00:34Et c'est un symbole vu ce qui s'est passé effectivement ce week-end.
00:37On a beaucoup parlé de Limoges avec la mairie qui a été attaquée et saccagée.
00:42Ça aurait pu être le cas de Saint-Etienne. Vous êtes encore ému, j'imagine, ce matin.
00:45Oui, bien sûr. Nous étions en centre de supervision urbain avec la police municipale, avec mes deux élus à la
00:52sécurité samedi,
00:53bien évidemment, pendant de très longues heures.
00:55Et à 17h45, je peux vous dire que nous avons frôlé vraiment la catastrophe à l'hôtel de ville,
01:00puisque plusieurs centaines d'émeutiers étaient en train d'enfoncer la porte du garage de l'hôtel de ville.
01:06Et que derrière, nous avions six agents, policiers municipaux, qui tentaient de résister comme ils le pouvaient.
01:13Je veux aussi dire que dans l'hôtel de ville, il y avait ma première adjointe, Julie Tocky, et une
01:17délégation allemande,
01:19puisque nous recevions la maire de Vouportale, Meriam Schirf, ce week-end, avec sa fille.
01:25Et que nous avions aussi Isabelle Dumestre, mon adjointe aux ressources humaines, ainsi que le directeur de la police municipale.
01:31Je peux vous dire qu'on est passé à deux doigts vraiment de la catastrophe,
01:34puisque les émeutiers étaient en train d'enfoncer la porte.
01:37Ils jetaient de l'acide, ils jetaient des cocktails Molotov par-dessus la porte.
01:42Et donc, avec l'intention, puisque nous avions la radio qui était en direct au PC Sécurité,
01:48l'intention de brûler, de cramer tout ce qu'il y avait à l'intérieur.
01:51Et donc l'intention était très claire, et aussi de tuer les agents qui étaient à l'intérieur.
01:56Ce sont les paroles que nous avons entendues.
01:57Donc je peux vous dire que comment nos agents ont été choqués, traumatisés par cela.
02:01D'ailleurs, nous avons tout de suite fait une prise en charge par une cellule psychologique.
02:06Mais s'il n'y avait pas eu, à ce moment-là, parce que j'étais en contact direct avec
02:10le préfet de la Loire,
02:11une intervention, une manœuvre de la police nationale pour dégager les émeutiers devant la porte,
02:17je peux vous garantir que l'hôtel de ville n'y en aurait plus aujourd'hui.
02:20On va parler des commerçants dans un instant, mais certains, Stéphano, disent justement,
02:24il n'y avait pas assez de force de l'ordre.
02:26Est-ce que l'événement a été sous-évalué, Régis Jouanico ?
02:30D'abord, dire que c'est grâce au courage extraordinaire, exceptionnel et au sang-froid de ces policiers municipaux
02:36qu'on n'a pas eu de problème à l'hôtel de ville.
02:38On les a mis en sécurité avant qu'il y ait eu, à deux minutes près, je vous dis, cette
02:42porte qui ait pu être enfoncée.
02:44Et d'une manière générale sur l'événement stéphanois ?
02:46D'abord, moi je veux avoir une pensée pour le jeune homme qui a eu sa main déchiquetée samedi.
02:52Comme on l'a dit avec le préfet de la Loire hier, c'est un drame humain, ça ne devrait
02:55pas.
02:55Ça ne devrait pas exister dans une manifestation pacifique.
02:58Et je le répète, le cortège de manifestants samedi,
03:02le cortège de ceux qui sont venus manifester pour leur revendication sociale,
03:05notamment de pouvoir d'achat, s'est fait dans des conditions pacifiques.
03:09C'est ce qui s'est passé autour, bien évidemment, les pillages, les émeutiers, les casseurs,
03:14dans toutes les grandes villes de France.
03:16Nous sommes la 14e ville de France, et bien évidemment, j'ai répété,
03:20je l'ai dit au ministre de l'Intérieur,
03:23que nous devions disposer des moyens, en termes de force de l'ordre,
03:27d'encadrement et de maintien de l'ordre public,
03:30à la hauteur de ce que nous représentons en termes de grandes villes.
03:33La difficulté à Saint-Etienne, je ne suis pas un spécialiste du maintien de l'ordre,
03:37et la police municipale, je le répète, ce n'est pas sa mission.
03:40Autant protéger les bâtiments publics, comme ils l'ont fait samedi,
03:44et je pense que la maison des projets aussi a failli, là aussi, être vandalisé.
03:48On a eu la mairie annexe qui a été complètement vandalisée à Centro-deux.
03:51Ça, c'est leur mission.
03:53Mais le maintien de l'ordre, c'est les services de l'État, c'est les policiers, c'est les
03:58CRS.
03:59Ce qui se passe à Saint-Etienne, c'est que nous avons des grandes rues,
04:01effectivement, et beaucoup d'artères, vous savez,
04:04qui partent à gauche et à droite.
04:07Et en fait, on a été confrontés samedi à des groupes mobiles de 10-15 casseurs.
04:12Et pour cela, il faut un dispositif spécifique.
04:14Il faut des véhicules qui puissent intervenir très rapidement,
04:17pas des gendarmes mobiles qui sont statiques.
04:19C'est ça qu'on a pu déployer le soir, notamment remichelé dans certains secteurs.
04:23Je sais que les commerçants, bien évidemment, ont été très choqués,
04:26parce qu'ils ont vu, quelques minutes après que ces policiers interviennent
04:30et interpellent d'autres venirs.
04:32Mais c'est ce phénomène-là dont il faut faire face.
04:35C'est des groupes très mobiles, et ça, il faut un dispositif spécifique.
04:38Et je le demande pour, si jamais il devait y avoir de nouvelles manifestations.
04:41Exactement, si ça recommence ce week-end, en fait, on boucle le centre-ville,
04:44on dit à tout le monde, restez chez vous, on ferme tous les commerces.
04:47Qu'est-ce qu'on fait, Régis Joénicaud ?
04:48Vous avez vu que le président de la République, c'est assez facile,
04:50il refile la patate chaude à la fois au préfet et au maire.
04:53Voilà, pour dire, vous avez la possibilité d'interdire,
04:57ou d'interdire des périmètres.
04:58Donc nous allons réfléchir à comment on peut améliorer la protection,
05:01notamment de nos commerces, si jamais il devait y avoir une nouvelle manifestation qui dégénère.
05:06Ça veut dire qu'on les boucle toutes ?
05:08Il faut adapter les moyens d'intervention.
05:11Donc ça, je laisse M. le Préfet, bien évidemment,
05:14préparer ce dispositif-là, si jamais il devait y avoir une nouvelle manifestation.
05:18Un mot naturellement sur les commerçants qui sont, eux aussi, très émus,
05:22qui ont vécu des scènes assez incroyables.
05:24Vous allez les recevoir en mairie cet après-midi avec M. le Préfet ?
05:28Dès 22h30 samedi, quand nous sommes sortis du centre de surveillance urbain,
05:33nous sommes allés voir les commerçants, parce qu'il fallait mettre en protection, en sécurité,
05:38les vitrines qui avaient été brisées et dégradées.
05:42Hier matin, nous avons passé, donc, avec toute mon équipe municipale,
05:45nous sommes allés dans tous les secteurs à la rencontre des commerçants,
05:49et nous leur avons dit que nous voulions être extrêmement réactifs.
05:52Et donc, dès cet après-midi, à la mairie, en présence du Préfet,
05:56en présence de Mme Irène Breuil, la Présidente de la Chambre de Commerce et d'Industrie,
06:00nous allons les recevoir à 13h30,
06:02toutes les associations de commerçants stéphanoises,
06:05de façon à leur dire très précisément les dispositifs que nous allons mettre en place,
06:09psychologiques, guichets uniques,
06:11tout ce qui est procédure administrative,
06:13mais surtout, en tant que Président de Métropole,
06:15je vais demander à mes collègues élus de pouvoir avoir un fonds d'urgence,
06:18de façon à ce qu'on puisse avancer un certain nombre de montants financiers
06:23aux commerçants qui ont eu des dégradations,
06:25et qui sont dans des procédures lentes avec les assurances,
06:29avant d'être remboursés,
06:30de façon à ce qu'ils puissent repartir le plus vite possible.
06:32On est à deux mois de Noël,
06:33et bien évidemment, on veut que les commerces en centre-ville repartent.
06:36Merci Régis Jouannico d'être venu jusqu'à nous ce matin,
06:40maire de Saint-Etienne, président de Saint-Etienne-Métropole,
06:43je rappelle ce rassemblement sur la marge de l'hôtel de ville,
06:45ce midi,
06:46à 12h,
06:47exactement,
06:48en soutien effectivement,
06:50et bien notamment à la mairie de Saint-Etienne,
06:52qui vous nous l'avez rappelé,
06:53dans le détail,
06:54a été visé,
06:55et on sera attentif aux annonces des prochaines heures et des prochains jours.
06:59Merci encore d'être venu jusqu'à nous ce matin.
07:00Sous-titrage Société Radio-Canada
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