00:00Sébastien Lecornu l'a assuré hier soir, pas un euro déboursé pour les Limougeaux,
00:04pour la reconstruction de l'hôtel de ville, c'est ce que vous souhaitiez ?
00:08Oui, c'était une obligation pour moi, une obligation morale de la part de l'État.
00:13On a mis une forme de pression sur le gouvernement,
00:16notamment pour ce sujet de l'hôtel de ville, mais pas que.
00:19Et le Premier ministre a répondu positivement à ce que j'avais demandé au début de la semaine.
00:24Alors parmi les choses qu'il a indiquées,
00:26l'inscription de tout le monument de la mairie aux monuments historiques.
00:31Qu'est-ce que ça change ? Ça induit quoi ? Ça permet quoi ?
00:33Ce sont des questions techniques sur lesquelles je ne vais pas rentrer dans les détails,
00:36mais le fait de classer le bâtiment monument historique
00:39permet au ministère de la Culture de participer et de prendre en charge,
00:43via la maîtrise d'ouvrage, la reconstruction de ce bâtiment,
00:46ce qui permet d'aller jusqu'à 80% du financement des travaux par l'État.
00:50Donc pour être très précis, on va classer ce bâtiment monument historique,
00:53le ministère de la Culture va devenir maître d'ouvrage sur les travaux
00:57via un bras armé du ministère de la Culture qui s'appelle l'OPIC,
01:01avec une personnalité à sa tête pour à la fois gérer le calendrier de travaux,
01:04on va avoir un calendrier identique aux travaux de Notre-Dame de Paris.
01:08Donc ça c'est une exception qui est faite,
01:09et c'était aussi quelque chose que j'avais demandé.
01:11Et l'État paiera 80% du montant total de l'enveloppe.
01:15C'est très important ça, quelle que soit l'enveloppe totale,
01:17qu'il y ait 25 millions de travaux ou qu'il y en ait 42 millions.
01:20Ça sera 80% assumé par la charge de l'État.
01:22Ensuite nous avons une cote par d'assurance,
01:25mais qui ne va pas aller chercher très loin,
01:26qui est de l'ordre de 2 à 3 millions d'euros.
01:28Et le reliquat, si reliquat il y a,
01:31sera porté et assumé par la Fondation du Patrimoine.
01:34Et là on a passé aussi la défiscalisation des dons de 66% à 75%.
01:38Et je peux vous dire qu'on a déjà de très nombreux mécènes potentiels,
01:41qui m'ont appelé avec des promesses de dons qui sont extrêmement importantes,
01:46et je tiens à les en remercier.
01:47J'allais vous demander justement qui serait la part des 20% restants,
01:51mais en fait c'est ça.
01:53Le montant des travaux effectivement n'a pas encore été évoqué.
01:55Il y a une idée, une première estimation ?
01:57Non, c'est beaucoup trop tôt pour le dire.
01:59Il y a une expertise qui est en cours.
02:01Il y a un scan 3D qui est en train de s'opérer du bâtiment en ce moment.
02:05Donc non, je ne peux pas vous donner de montant précis.
02:08Ce que je peux vous dire, c'est que c'est très impressionnant vu du ciel.
02:11C'est surtout des travaux de charpente et de couverture qui vont avoir lieu.
02:14Mais dès qu'on arrive sur les parquets en haut, les parquets d'honneur,
02:18on se rend compte que la partie arrière du bâtiment a extrêmement bien résisté.
02:22Donc c'est un gros chantier, mais c'est quelque chose qui peut être tenu dans un calendrier de 3
02:25ans.
02:26On en est convaincu.
02:27Entre le lancement des procédures de marché public, parce que procédures de marché public, il y aura,
02:31et la reconstruction, on pense que dans un d'allée de 3 ans, on peut revenir à l'hôtel de
02:34ville.
02:35– Pour un début de travaux, plutôt dès la fin de cette année ?
02:38– Sauvegarde, mesure de sauvegarde du bâtiment tout de suite pour protéger la façade,
02:41mise hors d'eau du bâtiment, curage des parquets qui sont sur les salles Louis Langeque,
02:45pour ceux qui connaissent, donc les parquets qui sont à côté de la salle des mariages,
02:49mise hors d'eau d'ici la fin de l'année parce qu'il faut aller vite,
02:51mais il y a un certain nombre de préalables à valider avant.
02:53En tout cas, on a un architecte en chef qui suit ce dossier-là, qui est formidable,
02:58et qui fait un boulot considérable.
03:00– Ces procédures-là, c'est un peu la procédure Notre-Dame ?
03:03– C'est la procédure Notre-Dame, appliquée à la ville de Limoges.
03:06Alors, ce n'est pas l'OPIC qui avait fait Notre-Dame,
03:07mais l'OPIC, par exemple, a fait le château de Versailles, Chambord.
03:10Donc, c'est quelque chose, c'est une exception.
03:12Voilà, le Premier ministre nous permet d'avoir une exception pour Limoges,
03:17eu égard à ce qui s'est passé, et puis il va inscrire très vite
03:20une ligne de crédit aussi pour la continuité du service public,
03:23c'est ce que je lui ai demandé, parce que ça a un coût de déplacer les agents
03:26sur les sites sur lesquels nous avons déplacé,
03:28donc il prendra l'intégralité de ce coût à la charge de Matignon.
03:31– Alors, aujourd'hui, samedi, il risque d'y avoir de nouvelles manifestations,
03:35même si des arrêtés ont été pris, pas que d'ailleurs en Haute-Vienne,
03:38dans plusieurs départements, la Corrèze pas très loin d'ici.
03:41Est-ce que c'est une journée que vous redoutez encore aujourd'hui ?
03:43– Je vais compléter sur quelque chose, il n'y a pas que l'hôtel de ville
03:46qui a été fait hier, parce que c'est passé inaperçu,
03:48mais on a obtenu beaucoup de choses.
03:49On a obtenu le financement de l'OSP vers Paris via l'avion,
03:52avec des crédits qui avaient disparu, qui sont remis en place.
03:55On a obtenu la sixième année d'école vétérinaire, ça on en reparlera,
03:58mais c'est quelque chose d'extrêmement important pour moi, ça fait trois ans qu'on en parle,
04:01ça a été réglé hier en dix minutes.
04:02Donc ça, il faut le dire, on aura des étudiants véto, spécialité gros animaux,
04:06à Limoges, à la rentrée en 2027.
04:08On a récupéré un demi-million d'euros pour racheter des caméras de vidéoprotection.
04:11On a récupéré, la ligne était arbitrée, mais autour de 400 000 euros
04:14pour le centre de supervision intercommunal.
04:17Donc il s'est passé quand même beaucoup de choses,
04:18le classement de Carnot en rue, et les enveloppes financières qui vont avec.
04:22– Et la tenue des calendriers du rame oxygène sur le pôle.
04:24– Exactement, ça j'ai oublié exactement, la pression qui est mise sur le fabricant
04:28des rames oxygène pour qu'elles soient livrées à l'heure.
04:30On ne peut pas toucher au calendrier de travaux,
04:32mais le calendrier de livraison des rames, ça c'est une réalité.
04:34Donc il n'est pas venu les mains vides, ça a été un peu âpre au début de semaine,
04:38je ne vous le cache pas, il s'avère qu'on se connaît un petit peu,
04:41nos entourages respectifs se connaissent aussi.
04:43Ça a été un peu musclé, viril, mais poli et courtois,
04:45et il est arrivé avec des vraies solutions pour Limoges,
04:48et je l'en remercie, parce que je sais dire les choses quand elles ne vont pas bien,
04:52je sais aussi les dire quand elles vont bien,
04:53il a été au rendez-vous pour Limoges et pour les Limoges.
04:56– Ma question, juste avant, aujourd'hui nouvelle journée
04:59où sûrement il y aura des manifestations en Haute-Vienne comme ailleurs,
05:03est-ce que c'est une journée que vous redoutez, ou comment vous allez l'observer ?
05:06– Vous savez, on redoute cette journée, comme on redoute le soir d'Halloween,
05:10comme on redoute le 5 novembre, le pays est sous une tension sociale extrême,
05:15avec plusieurs phénomènes dans ses manifs, vous avez l'ultra-gauche
05:18qui est à l'origine de la destruction de la mairie de Limoges,
05:20mais vous avez aussi des casseurs et cervelés venus de tout horizon,
05:24et puis vous avez quelque chose de beaucoup plus grave pour moi sur le fait sociétal,
05:27c'est que vous avez aujourd'hui des pilleurs d'opportunités,
05:30et des gamins, de gens comme vous et moi,
05:33des gamins de gens comme vous et moi,
05:34qui rentrent dans les magasins, qui se servent,
05:37certains passent tout de suite au tribunal,
05:39via une procédure qui s'appelle la comparution immédiate,
05:43reconnaissance de culpabilité préalable,
05:44exactement la CRPC, qui prennent de la prison ferme.
05:47Moi j'en ai des gamins qui ont aujourd'hui 20 ans, 22 ans,
05:51qui ont casé le judiciaire vierge,
05:53aujourd'hui dorment en prison, on parle de ça avec mandat de dépôt,
05:55ils ne sont pas repassés chez papa et maman.
05:57Et malgré ça, malgré la sanction exemplaire sur le plan judiciaire,
06:01ils n'ont pas l'impression d'avoir fait quelque chose de grave.
06:03Et ça, ça m'inquiète beaucoup,
06:04parce que ça en dit extrêmement long sur ce qu'est devenu cette société.
06:07Et ça, ça m'inquiète prodigieusement, plus que les manifs.
06:09Vous savez, les manifs parfois sont légitimes.
06:11Vous avez aujourd'hui des revendications sur la vie chère que je partage.
06:15Le gasoil à 2,50 euros, c'est devenu insupportable pour bon nombre de nos compatriotes.
06:18Et ils ont toute la légitimité, tout le droit de manifester pacifiquement.
06:23Ce que je ne peux pas accepter, c'est la casse, les pillages
06:26et la destruction de bâtiments comme l'hôtel de ville.
06:28Sur l'ultra-gauche que vous mettez en cause encore ce matin,
06:31donc sur la destruction de l'hôtel de ville,
06:33il y a une polémique, une tension politique autour de ça.
06:35Certains élus, ceux du plateau de Mille Vaches par exemple,
06:38vous reprochent dans une tribune, là encore hier au journal Le Monde,
06:42d'avoir mis en cause l'ultra-gauche du plateau
06:44ou d'ailleurs, comme David Lissnard par exemple,
06:47ils vous reprochent ça.
06:48Non, ces gens sont tous des pacifistes
06:50qui s'occupent des petits oiseaux et de la bonne qualité de l'eau.
06:53Tout un chacun le sait, bien évidemment.
06:54Écoutez, il faut arrêter la caricature.
06:56Voilà, moi j'ai vu des images de la police nationale,
06:59j'ai vu la façon dont certains se sont organisés pour tuer des flics,
07:03pour tuer des flics, c'est ça la réalité.
07:04Vous les mettez en cause pour tentative de meurtre ?
07:06Et donc aujourd'hui, clairement, c'est pas moi qui les mets en cause pour tentative de meurtre.
07:10C'est le tribunal, c'est le parquet.
07:13C'est le parquet.
07:15C'est le monde judiciaire qui les met en accusation pour tentative d'homicide.
07:20Donc c'est pas Guillaume Guérin.
07:22Vous savez, la justice est indépendante dans ce pays.
07:24On peut pas...
07:26Ces gens sont extraordinaires quand même.
07:28Parce qu'ils sont toujours aux côtés de la justice
07:30quand il s'agit de sanctionner des patrons, des hommes politiques, et ils ont raison.
07:33Mais là que ça les touche, eux, la justice d'un seul coup ne serait plus indépendante.
07:37Non, il faut être cohérent.
07:38Il faut être cohérent.
07:39Oui, il y a la main de l'ultra-gauche, je l'affirme,
07:41les renseignements territoriaux l'affirment, le parquet l'affirme,
07:43un certain nombre d'observateurs, très au fait, l'affirment.
07:46Donc encore une fois,
07:48les gens qui sont aujourd'hui,
07:50qui ont été interpellés,
07:52je pense que leur pédigré parle pour eux.
07:54Le père du jeune garçon,
07:56il a été partisan de l'ETA en Espagne,
07:59et il a été condamné
08:00pour avoir détruit le relais d'écart 5G.
08:02C'est pas moi qui l'ai condamné.
08:03Ce sont des juges indépendants du siège.
08:06D'accord ?
08:07Donc il faut remettre les choses un peu dans leur contexte.
08:09Un tout dernier mot sur la polémique politique aussi.
08:12Notamment les élus de LFI à la mairie de Limoges
08:14ont mal vécu visiblement
08:16le rassemblement de dimanche dernier,
08:17sur lequel ils n'ont pas pu monter sur l'estrade.
08:19Ils se sont trouvés un petit peu acculés dans la foule
08:23et visiblement un peu pris à partie.
08:25Qu'est-ce que vous en dites ?
08:26Oui, dans la foule, c'était très gentil.
08:28Vous savez, les gens sont très patients et très polis.
08:29Ce sont des parlementaires,
08:30ils sont respectés avec leur écharpe tricolore.
08:32En revanche,
08:33qu'ils veuillent faire une tentative de récupération
08:35de cette opération,
08:35c'est le cadet de mes soucis.
08:37Je vais vous dire un truc,
08:38c'est le cadet de mes soucis.
08:39Et puis,
08:40il faut qu'il soit clair aussi,
08:41les parlementaires.
08:42Moi, je pense que M. Maudet
08:43peut être sincère dans ses propos.
08:44Je pense qu'il peut être sincère dans ses propos.
08:48Mais j'ai un problème avec son positionnement.
08:50M. Maudet siège à côté de Mme Pannot
08:53et était au congrès de la France Insoumise
08:55aux côtés de M. Bali Bakayoko.
08:56Il a condamné quand même l'incendie de la mairie de Limoges.
08:58Le maire de Saint-Denis.
09:00Bon, Mme Pannot,
09:01dans l'hémicycle,
09:02devant le Premier ministre,
09:02quand le Premier ministre lui dit
09:03Mme Pannot, condamnez-vous l'incendie de la mairie de Limoges.
09:05Pas de réponse.
09:06Mais Damien Maudet l'a condamné.
09:07Oui, c'est pour ça que je vous dis,
09:08je pense qu'il peut être sincère.
09:09Je ne vous dis pas qu'il l'est.
09:10Je dis que je peux supposer qu'il le soit.
09:13Mais que fait encore M. Maudet et Mme Meunier
09:18sur les bancs de la France Insoumise ?
09:19Si ces gens sont sincères dans leurs propos,
09:22il faut quitter la France Insoumise.
09:23Mme Pannot ne condamne pas l'incendie de la mairie de Limoges
09:26dans l'hémicycle.
09:26Et M. Bali Bakayoko explique que la violence
09:29peut devenir légitime dans cette période-là.
09:32Donc ce sont des gens extrêmement dangereux.
09:33Vous savez, ça s'appelle des pompiers pyromanes.
09:35Donc je dis à M. Maudet,
09:36j'ai envie de vous croire,
09:37mais quittez ce groupe de fous.