- il y a 1 jour
Chaîne : TF1
Contenu : 2 pages de publicités, 1 bande annonce et l'émission ''7 sur 7'' avec Lionel Jospin (incomplète)
Moyen de diffusion : Analogique terrestre
Qualité d'enregistrement : VHS
Pour toute question en rapport avec l'archive ou si vous souhaitez donner votre avis, n'hésitez pas à laisser un commentaire !
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00:03que cette triste nouvelle, je l'ai apprise alors que je me trouvais à près de Moscou en congé.
00:13C'était pour moi, je savais que mon ami François Mitterrand était malade, qu'il était très malade,
00:19mais cette nouvelle n'en était pas moins inattendue.
00:27Elle m'a très ému, elle m'a même bouleversé.
00:33Pourquoi j'ai reçu cette information de cette manière ?
00:38Comme si je n'y avais pas été préparé.
00:42Nous nous sommes vus il y a trois mois à Colorado Springs à l'invitation du président, le ancien président
00:51Bush.
00:53Il y avait là moi-même, M. Mitterrand, Mme Thatcher, Brian Malroney.
01:05Et au cours de quatre heures, nous avons eu une conversation devant la télévision,
01:13une conversation dans laquelle nous avons évoqué la manière dont nous avons mis fin à la guerre droite
01:19et aussi nos conceptions concernant l'avenir.
01:23J'ai trouvé que le président, après ainsi, le voyage était en bonne forme,
01:29il était dans une bonne composition.
01:32Et voilà, à mon avis, l'homme qui mérite ce que nous avons, ce qu'on ferait pour lui.
01:40Nous savions tous à quel point sa vie était difficile au cours de ces dernières années,
01:45quel courage il a dû montrer pour continuer ses fonctions.
01:50Au moment du départ, nous nous sommes serrés la main et le président m'a dit
01:57« Nous allons nous rencontrer bientôt, nous vous attendons à Paris ».
02:01Et je l'espérais effectivement.
02:03Et au lieu de cela, j'ai trouvé cette nouvelle qui m'a bouleversé.
02:07Métran était un président éminent, pas seulement pour la France,
02:15c'est une personnalité éminente, un homme politique de premier plan,
02:21un homme politique à l'échelle mondiale, qui a apporté une très grande contribution.
02:28Mélias avec lui était très proche.
02:31Je ne peux pas dire que nos relations sont devenues tout de suite excellentes.
02:37et que tout de suite, tout était clair entre nous.
02:40Non, nous avons traversé un chemin difficile et nous sommes devenus des amis,
02:46pas seulement des partenaires, mais également des amis.
02:48On reviendra peut-être sur vos relations et notamment à la façon dont François Mitterrand
02:54a compris ce qui se passait en Russie et à l'Est de l'Europe.
02:57Je reviendrai à vous tout à l'heure. Je vous remercie infiniment pour ce témoignage.
03:01Mario Suarez, vous étiez toujours très proche de François Mitterrand,
03:06vous avez toujours suivi son parcours, vous l'avez bien connu,
03:10vous êtes devenu son ami dans les années 70 alors que vous viviez ici en France.
03:14Qu'est-ce que vous avez ressenti, vous, à la mort de votre ami François Mitterrand ?
03:18Une énorme tristesse.
03:22J'étais en voyage pour Angola, une visite d'État, et quand j'ai appris la nouvelle.
03:31Je ne peux pas dire que ça a été inespéré, parce que j'ai été avec lui.
03:37Je suis venu à Paris, presque seulement pour le voir, le 19 novembre.
03:44Et quand j'ai sorti, j'ai dit à ma fille que peut-être c'était la dernière fois que
03:50nous pourrions parler avec lui.
03:53Vous vous souvenez de la première fois où vous l'avez rencontré ?
03:56Oui, je l'ai vu, disons personnellement, pour la première fois au congrès d'Épinay.
04:04Et je garde cette impression de discours qu'il a fait au congrès d'Épinay,
04:13qui a été un discours extraordinaire.
04:17Mitterrand pour moi était toujours un ami fidèle.
04:23Et aussi une référence politique et morale.
04:29J'ai été toujours aussi fidèle à son amitié.
04:32J'ai été une énorme admiration pour lui, une énorme affection.
04:39Alors avec vous aussi, tout à l'heure, on reparlera de Mitterrand et de l'Europe,
04:44puisque c'est un combat que vous avez mené tous les deux en commun.
04:48Lionel Jospin, pour l'homme qui fut l'homme le plus haï de France,
04:51cette unanimité nationale extraordinaire,
04:55le discours ému de Jacques Chirac, celui de toute la classe politique,
04:58est-ce que c'est l'éternelle hypocrisie des funérailles,
05:01comme l'a dit Jacques Attali, où c'est beaucoup plus que ça ?
05:04Non, je ne le crois pas.
05:06Le jugement n'a pas été le même par tous.
05:09Mais tous les Français et tous les responsables politiques
05:13ont ressenti le fait que la disparition de François Mitterrand
05:18était la disparition d'un homme qui avait fortement impressionné et marqué le pays.
05:26Et je crois que cela signifiait cela.
05:28Ce qui m'a aussi frappé, ça m'a donné comme une satisfaction,
05:33c'est de voir au fond que dans les hommages rendus par les hommes et les femmes
05:36de la majorité actuelle, il y avait la trace de la formidable suzeraineté intellectuelle
05:44et de la séduction personnelle aussi que François Mitterrand avait exercée sur eux
05:48pendant les deux cohabitations.
05:50Et ça, ça m'a quand même frappé et ça m'a donné un sentiment de fierté
05:53et d'admiration renouvelée pour lui.
05:57Au niveau des Français, je crois que ce que les Français ont ressenti,
06:00c'était deux choses.
06:02La première, c'est que Mitterrand avait été un rassembleur.
06:04Il a rassemblé la gauche d'abord et puis ensuite, il a voulu rassembler les Français.
06:10Et la deuxième chose, c'est que Mitterrand ressemblait à la France
06:14ou je dirais même d'ailleurs peut-être ressemblait aux Français.
06:18De Gaulle avait voulu être la France
06:20et Mitterrand d'une certaine façon était devenu les Français.
06:23Alors on va revoir justement des images
06:25de ce que fut la vie et le parcours de François Mitterrand dans deux minutes.
06:37Surmené.
06:39Douze vitamines, neuf minéraux.
06:41Un comprimier par jour suffit.
06:45Vitamine.
06:46Un médicament réservé à la bilhote.
06:48Voici l'avenir de l'informatique d'entreprise.
06:52Non, attendez un instant.
06:53Ce sera plutôt ça.
06:56Désolé, effacez ça.
06:58L'avenir, ça ressemblera exactement à ça.
07:02Réflexion faite, on pourrait peut-être aussi voir l'avenir comme ça.
07:05Enfin, peut-être.
07:09Il y a beaucoup de visions de l'avenir.
07:14La plupart se révéleront inexactes.
07:17Nous travaillons pour être sûrs que vous ne vous tromperez pas.
07:20C'est pourquoi les systèmes d'information que nous construisons
07:23intègrent toutes ces évolutions.
07:25Ainsi, quelle que soit la direction que l'avenir prendra,
07:28nous serons là.
07:31Digital, plus que jamais.
07:38Bonsoir, quel serait votre vœu le plus cher pour la nouvelle année ?
07:40Trouver le chemin qui mène au bonheur.
07:43Le bon chemin, je ne sais pas, mais pour le bonheur,
07:45Citroën vous met sur la route en proposant l'Azélix à partir de 59 100 francs.
07:48Ah, j'y crois pas !
07:50Mais si, regardez, c'est écrit !
07:51En janvier chez Citroën, votre vœu le plus cher est au prix le plus bas.
07:56Pour toute recherche d'informations sur une entreprise,
07:593617 Compas,
08:00le plus court chemin d'une entreprise à une autre.
08:04Si vous frottez comme ça, votre produit est-il efficace ?
08:08Voici Saint-Margelle avec Javel.
08:10Grâce à l'eau de Javel, il est quatre fois plus efficace.
08:14Il dissout les tâches brûlées en une minute sans frotter.
08:18Et comme il contient de la Javel,
08:20il n'y a rien de mieux pour tout désinfecter.
08:23La force est dans le produit,
08:25pas dans votre bras,
08:26Saint-Margelle.
08:27Existe aussi en crème et j'ai le double vécu avec Javel.
08:36Cine dimanche avec Whirlpool.
08:39Entrez dans un monde fantastique.
08:42Whirlpool, le monde de l'électroménager.
08:47Il travaille seul.
08:51Et pour faire justice,
08:52il se met au-dessus des lois.
08:54Mille ton arbre, celui qui l'attrapera.
08:57Magnez-vous !
08:58Ce type est elle !
09:00C'est lui, j'en suis absolument certain.
09:02Oui, c'est moi le justicier, c'est moi qui fais votre boulot.
09:04Charles Brunson est le justicier.
09:06Ce soir, 20h45.
09:08Et à 22h35,
09:09les Charlots font l'Espagne.
09:10Olé !
09:14Votre deuxième film du dimanche.
09:41Olé !
09:41Jean-Marc Mitterrand est un fils de bonne famille,
09:44provinciale, bourgeoise, catholique et nombreuse.
09:46Ses études sont classiques, voire austères.
09:49Monté à Paris, faire Sciences Po, droits et lettres,
09:51il fait ses débuts en politique à droite par héritage familial.
09:55La guerre l'obligera à faire ses premiers choix.
09:58Des choix difficiles, contradictoires,
10:00qu'il passera des années à justifier
10:02avant de les assumer sur le tard.
10:04Blessé et fait prisonnier en Allemagne,
10:06en juin 40, il réussit au bout de trois tentatives à s'évader.
10:09En 42, il est fonctionnaire à Vichy,
10:11le maréchal Pétain, le décor de la Francisque.
10:14En 43, il entre dans la Résistance,
10:16où il joue un rôle clé sous le nom de code de Morland.
10:19De Gaulle le récompense en lui offrant un poste
10:21dans le gouvernement provisoire.
10:22C'est le début d'une fascination qui tournera vite à l'affrontement.
10:26C'est également à cette époque qu'il rencontre sa femme,
10:28Daniel Guinness, dont il aura deux fils.
10:31Sous la quatrième, François Mitterrand s'initie à l'art politique.
10:35Ses combines, ses calculs, n'auront bientôt plus de secret pour lui.
10:38Apparenté à l'UDSR, il se trouve une circonscription,
10:41la Nièvre, où il règnera 35 ans
10:43et collectionne une bonne dizaine de ministères.
10:45En 58, la guerre d'Algérie fait tomber le régime.
10:48Le retour du général contraint François Mitterrand
10:51a une longue et irréductible opposition.
10:53Il est contre la cinquième république,
10:55contre l'élection du président au suffrage universel.
10:58Mais il saura se servir de ses institutions
11:00pour 23 ans plus tard les persiennes.
11:04Les 65, le candidat Mitterrand tente sa chance.
11:07Lui qui symbolise toute l'État de la quatrième,
11:10lui que la droite traite avec dédain d'aventurier,
11:12parvient à la surprise générale à mettre en balle otage de Gaulle.
11:15François Mitterrand gagne ainsi ses galons d'hommes d'État.
11:19Surpris, dépassé par mai 68, il fait l'impat sur l'élection de 69.
11:23Lorsqu'il repart au combat, il s'est converti au socialisme.
11:27Son ambition ? Créer une formation susceptible
11:29de rassembler une majorité populaire.
11:31C'est chose faite en 71,
11:33lors du mémorable congrès d'Épinay.
11:35À la tête d'une troupe hétéroclite,
11:37François Mitterrand donne naissance à un nouveau parti socialiste
11:40sur les décombres de la SFIO.
11:42L'année d'après, il signe un pacte avec les communistes.
11:45Cette union de la gauche donne ses premiers résultats en 74.
11:49François Mitterrand est à deux doigts de la victoire.
11:51Quelque chose vient de commencer
11:54qui ne s'arrêtera pas de si tôt.
11:56Pour que ce quelque chose aboutisse,
11:59il lui faut encore écarter son concurrent,
12:01batailler avec ses alliés
12:02et transformer son image de politique à ruser
12:05en bon père tranquille.
12:06Les divisions de la droite font le reste.
12:08En 81, les Français lui offrent son ticket pour l'Élysée.
12:12Cinq ans plus tard, la première cohabitation,
12:14au lieu de l'évincer, le remettent en selle.
12:16En 88, son mandat est renouvelé comme une lettre à la poste.
12:19Un exploit qu'il est le seul sous la Vème République à avoir réalisé.
12:28On reviendra tout à l'heure au bilan des deux septennats
12:32comme à la place de la politique étrangère
12:34et on retrouvera dans un instant M. Gorbatchev et Soares
12:38qui sont en direct avec nous.
12:40Et quand on voit la place de la politique
12:42dans la vie de François Mitterrand,
12:43Lionel Jostan s'est toujours interrogé.
12:45Est-ce que c'était une passion ?
12:47Est-ce que c'était un défi à lui-même ?
12:49Est-ce que c'était un moyen de parvenir au pouvoir ?
12:52Quel est le sens de son combat ?
12:54Je crois qu'il était passionnément un politique,
12:57mais on a vu aussi à quel point il était passionnément un homme.
13:00C'est-à-dire quelqu'un qui s'intéressait
13:02à toute autre chose qu'à la politique.
13:05En ce qui concerne l'action publique,
13:06je crois que François Mitterrand n'a jamais caché
13:08que pour lui le but de l'action politique
13:11était la conquête du pouvoir politique.
13:14Ce n'était pas de ce point de vue-là un irréaliste.
13:17Simplement, je n'accepte pas l'idée selon laquelle
13:20il aurait, au service de cette ambition politique,
13:25utilisé de n'importe quel moyen.
13:26Et je voudrais rappeler que cet homme,
13:28qui était quand même un des ministres
13:29les plus talentueux de la Quatrième République,
13:32a accepté d'être dans l'opposition pendant 23 ans,
13:35de 1958, qu'il n'a pas accepté jusqu'à 1981,
13:41et rappeler encore qu'à quelques mois
13:43de l'élection présidentielle de 1981,
13:45qui finalement va le conduire au pouvoir,
13:48on croit encore qu'il ne sera pas élu,
13:50que Giscard d'Estaing, que M. Giscard d'Estaing
13:53va être élu, et au fond,
13:55le parcours final de François Mitterrand,
13:57et il me le disait à ce moment-là
13:58dans les conversations particulières que nous avions,
14:00pouvait être celui qui avait simplement
14:03reconstruit une force socialiste.
14:04Ce qui frappe, c'est sa ténacité extraordinaire,
14:07dix fois à terre et rebondissant
14:09chaque fois plus fort.
14:10Oui, c'était un homme de courage,
14:12un homme de volonté,
14:13c'était un homme habité par une formidable ardeur,
14:17c'était un homme incroyablement vivant,
14:19et c'était un homme aussi qui avait le sens des situations.
14:23Il voulait à la fois se faire lui-même,
14:26fabriquer son destin,
14:27mais il voulait aussi entraîner les hôtels.
14:29Et il l'a fait, je crois,
14:31autour de grandes idées
14:33qu'il n'a jamais rejetées.
14:34Alors, c'est un homme qui vient de la droite,
14:37son enracinement familial, culturel,
14:39c'est à droite.
14:40On a beaucoup débattu sur le point de savoir
14:42si son entrée en socialisme
14:43était une conversion profonde
14:46ou si c'était une stratégie politique.
14:47La résistance, pour lui, est une césure majeure.
14:51Il est du côté de la République,
14:53il est du côté d'une République sociale en 1945.
14:57Et ensuite, c'est vrai qu'il vient du centre-gauche
15:00vers la gauche socialiste
15:02et il le fait à mon sens de façon profondément sincère.
15:06J'ai accompagné son action de 1971 jusqu'à 1981,
15:11puis ensuite, au pouvoir.
15:13Il vous remet les clés du Parti socialiste
15:15quand il devient président de la République.
15:16Oui, j'ai été son secrétaire international,
15:19j'ai voyagé avec lui,
15:20j'ai parlé avec lui dans de multiples occasions.
15:23J'ai été son numéro 2,
15:24il m'a choisi pour lui succéder.
15:27Et donc, je peux vraiment dire
15:30que cet homme était habité de convictions profondes,
15:33mais c'était son socialisme à lui, il n'était pas...
15:36Comment vous le définiriez, son socialisme ?
15:38Il n'était pas marxiste,
15:39il n'était pas anarcho-syndicaliste,
15:41il n'était même pas catholique de gauche, si l'on peut dire,
15:43malgré son origine familiale.
15:46Je crois que son socialiste était un socialiste républicain,
15:48un socialiste humaniste,
15:50un socialiste des droits
15:54et pour lequel les libertés étaient essentielles.
15:57Mario Soares se souviendra
15:59qu'au moment où la révolution des œillets au Portugal
16:03est menacée qu'un certain nombre d'hommes de gauche
16:06disent que c'est du côté des colonels progressistes
16:09qu'on va trouver la solution,
16:11lui, au contraire, choisit Mario Soares,
16:13la voie parlementaire, la voie traditionnelle,
16:16moins lyrique, mais qui est celle de la liberté.
16:18Et la liberté a été constamment au cœur
16:21de ses convictions socialistes.
16:23Mais c'était aussi la tradition de Blum et de Jaurès, finalement.
16:25Alors, le passé de François Mitterrand
16:27et quelques amitiés discutables sont sortis au grand jour
16:30avec la publication du livre de Pierre Péhan
16:33il y a un peu plus d'un an.
16:34Est-ce que c'est pour vous juste un accro
16:36dans la vie d'un homme public
16:38dont la vie a été faite de mille autres choses
16:41ou est-ce que c'est une tâche qui vous semble ineffaçable ?
16:45C'est l'histoire d'un jeune homme qui change
16:49dans un monde qui est un monde de tumultes
16:51et confronté à la tragédie, au nazisme,
16:57au risque de domination du totalitarisme,
17:00il change dans le bon sens,
17:02ce qui n'a pas été le cas de tous.
17:05Donc je crois que de ce point de vue-là,
17:06les choses sont claires.
17:08Alors, l'Europe restera comme un des acquis
17:10les plus importants des deux septennats de François Mitterrand
17:13avec, à la base, cette conviction forte.
17:18La France est notre patrie, l'Europe notre futur.
17:21François Mitterrand restera habité par cette certitude.
17:24L'Europe, c'est selon lui le meilleur moyen
17:27de faire encore entendre la voix de la France,
17:29d'éviter la guerre et de retrouver la prospérité.
17:32Sous son double septennat, de 10, elle passe à 15,
17:35de communauté, elle devient union
17:36et après le marché unique, la monnaie unique est en marche
17:39avec le traité de Maastricht.
17:41Toutes ces avancées sont le fruit d'une coopération
17:43franco-allemande sans faille.
17:44Le couple est scellé dès 1983,
17:46par un discours, bout de stade,
17:48où en pleine crise des euronissiles,
17:50François Mitterrand souple le camp occidental
17:52face au bloc de l'Est.
17:54Par une image symbolique ensuite d'un président
17:56et d'un chancelier, main dans la main, à Verdun
17:58pour rendre hommage aux victimes des deux guerres.
18:01Visionnaire François Mitterrand, pas toujours.
18:03Lorsque le mur de Berlin tombe,
18:05il a du mal à admettre la réunification allemande,
18:07tout comme la disparition de l'URSS.
18:09Au début de la guerre en Yougoslavie,
18:12il refuse également de condamner les Serbes
18:14avant quand même d'envoyer là-bas les plus importants
18:16bataillons de casques bleus
18:17et de se rendre lui-même à Sarajevo.
18:20Son monde, celui de la guerre froide, s'est écroulé.
18:22A défaut de l'avoir senti,
18:24François Mitterrand a su en tirer des leçons.
18:26Il lègue à son successeur un édifice européen en construction.
18:31Mario Soares, vous êtes avec nous.
18:33Je pense que vous savez déjà que votre ami,
18:36le socialiste Sampaio, a été élu président du Portugal.
18:39Nous la dépêchons, c'est tombé.
18:41Je pense que vous vous réjouissez.
18:43Bien sûr, je le sais.
18:45Voilà.
18:46Le Portugal est entré dans l'Europe il y a dix ans
18:49et l'Europe reste au centre du débat national,
18:51je sais, au Portugal.
18:53Est-ce que vous diriez que l'Europe était en marche de toute façon
18:55ou que sans François Mitterrand,
18:57elle n'aurait pas été ce qu'elle est aujourd'hui?
19:00Ah, je suis sûr que sans François Mitterrand,
19:04l'Europe ne sera pas la même.
19:08Pour nous, par exemple, au Portugal,
19:11lui, il a pesé énormément pour nous faire entrer
19:14dans la communauté européenne de cette époque.
19:18Ça, je n'ai aucune doute.
19:20Ce n'était pas seulement lui,
19:23mais lui a pesé énormément dans ce choix,
19:27au fond, qui était un peu lourde pour le reste de l'Europe
19:32et qui a été faite pour des raisons,
19:35surtout des raisons politiques,
19:37parce que nous avons gagné notre démocratie
19:40et nous méritions être européens.
19:43Est-ce que vous n'avez pas souffert, Mario Soares,
19:45de la relation privilégiée de la France avec l'Allemagne,
19:48de François Mitterrand avec Helmut Kohl?
19:49Est-ce que l'Europe du Sud, comme on dit,
19:51n'a pas souffert de ce couple franco-allemand
19:54que François Mitterrand a fortement incarné avec Helmut Kohl?
19:58Non, madame, au contraire.
19:59Je pense que c'est essentiel, ce couple.
20:03Le moteur de l'Europe, c'est justement cette amitié,
20:07cette alliance entre l'Allemagne et la France,
20:11sans laquelle on ne peut pas faire l'Europe.
20:13À votre avis, qui peut incarner l'Europe demain?
20:17Bien, justement, Helmut Kohl, il peut être un des visages de l'Europe.
20:26C'est un visage sincère, c'est un opérin européen sincère.
20:30Mais il y a beaucoup d'autres qui vont arriver.
20:34Et évidemment qu'il y a beaucoup d'autres chefs d'État et d'hommes politiques
20:39dans le gouvernement et dans l'opposition.
20:42Vous avez là, devant vous, un homme de l'opposition
20:45qui est un grand européen, Lionel Jospin.
20:50Lionel Jospin, parce que Mario Soares me fournit la transition,
20:54on a dit que la construction européenne a été un des grands acquis,
21:00un des grands fondements de la présidence de François Mitterrand.
21:04Ça a été aussi dû beaucoup aux formidables trios
21:07qu'il a formés avec Helmut Kohl et Jacques Delors.
21:10Mais est-ce que c'est un choix qui s'est construit petit à petit
21:14ou est-ce que vous pourriez dire que dès 1981,
21:16c'était une option qui était très forte,
21:18alors qu'on a le sentiment que le 1er septennat s'est fait sur d'autres priorités ?
21:22Non, il y a eu des priorités dans le 1er septennat, plus l'Europe.
21:27Il y a eu des priorités dans le 2nd septennat, plus l'Europe.
21:30Et l'idée européenne chez François Mitterrand venait de beaucoup plus loin.
21:34Elle venait de son expérience de la guerre,
21:36elle venait de son expérience de la résistance.
21:38Il avait été européen dans les années 50.
21:41Il a dû parfois batailler au sein du Parti Socialiste
21:43pour asseoir ses convictions européennes.
21:46Et cela a été pour lui un des éléments essentiels de son action politique.
21:52Et c'est un des messages fondamentaux qu'il nous laisse, sans doute.
21:57Mario Suarez, je sais que vous allez devoir partir,
22:00puisque c'est soir d'élection.
22:01Justement, je rappelle, chez vous au Portugal,
22:04votre ami le socialiste Jorge Sampaio a été élu.
22:07Vous devez accueillir des invités au palais présidentiel.
22:11Je voudrais quand même vous demander, puisque vous avez fait 2 quinquennats,
22:15vous avez été longtemps au pouvoir.
22:18Est-ce que c'est un plus formidable que de rester au pouvoir longtemps,
22:22que ça permet d'accomplir beaucoup de choses ?
22:24Ou est-ce que l'usure du pouvoir, qui existe dans tout mandat long,
22:28et qui a aussi frappé François Mitterrand,
22:30c'est quelque chose que vous ressentez durement aussi ?
22:34Non, vous savez, madame, j'ai dit plusieurs fois
22:38que plus qu'un homme de pouvoir, je suis un homme de liberté.
22:43Et je ressens aujourd'hui un certain soulagement
22:47de pouvoir finalement me débrasser
22:51de les obligations que j'ai portées,
22:55et qui sont des lourdes obligations.
22:57Et je le laisse, et je dois être satisfait pour cela,
23:02bien sûr, un bon gouvernement sur place,
23:05qui est un gouvernement dirigé par un socialiste,
23:08qui est Antonio Guterres, c'est un homme d'État,
23:13une assemblée dirigée par un socialiste,
23:16qui c'est aussi un homme d'État,
23:19et maintenant la présidence de la République,
23:22une très bonne main dans les mains d'un socialiste, Georges Sempaio.
23:26Alors je suis heureux, c'est normal.
23:29Est-ce que pour finir, Mario Soares,
23:32vous avez dit « je suis un humaniste »,
23:35c'est aussi un mot que Lionel Jostin a employé tout à l'heure
23:38pour définir le socialiste de François Mitterrand.
23:41Est-ce que c'était le même combat qui vous unissait,
23:44le même socialisme, la même référence ?
23:46Ah, sans doute.
23:48Et Jostin a tout à fait raison quand il a dit
23:52qu'au moment de la révolution d'Azouillet,
23:56François Mitterrand a été toujours solidaire
24:00avec le Parti Socialiste portugais et avec moi-même.
24:05Et c'était une lutte difficile parce qu'il y avait
24:08beaucoup d'illusions, pseudo-révolutionnaires,
24:12anarcho-populistes, tout cela.
24:13Et il a dit « socialisme sans liberté, ce n'est pas socialisme ».
24:19Alors, il a été un pionnier dans cette lutte.
24:22Et nous avons été toujours ensemble dans cette même lutte.
24:27Et nous avons les mêmes références.
24:30On a parlé de Jaurès, on a parlé de Blum.
24:33Nous aussi, au Portugal, nous avons des hommes
24:35de ce type de socialistes.
24:37Et qui, c'est notre socialisme à nous,
24:41c'est un socialisme humaniste,
24:43avec la liberté,
24:45mais bien sûr avec une préoccupation sociale très nette.
24:48Parce que nous voulons que les hommes
24:51soient moins inégales qu'ils sont,
24:54et que la justice sociale ne soit pas seulement un mot.
24:58Ce sera quelque chose de très réel.
25:03Et c'est pour cela que je suis un peu méfiant
25:07quand je vois certains Européens
25:10qui se réclament toujours de la monnaie unique,
25:15mais qui s'intéressent seulement pour l'économicisme
25:17et non pour l'homme,
25:20non pour l'égalité,
25:22non pour le chômage qui existe,
25:24non pour les discriminations sociales,
25:26et tout cela.
25:27Ça, c'est notre combat à nous.
25:29Eh bien, écoutez, voilà un beau message,
25:32une belle transition.
25:34Merci beaucoup, Mario Soares,
25:36de l'hommage à François Mitterrand
25:37et de ce rappel vibrant
25:39de vos convictions européennes et sociales.
25:42Merci beaucoup d'avoir été avec nous ce soir.
25:45Socialiste.
25:46Socialiste.
25:47Merci beaucoup, Mario Soares.
25:49Merci infiniment.
25:50Mireille Gorbatchev,
25:51votre nom est associé à ce qu'on a appelé
25:54la perestroïka,
25:56c'est-à-dire l'ouverture à la démocratie de la Russie.
25:59Est-ce que vous diriez que François Mitterrand
26:01l'a mieux comprise que les autres,
26:04qu'il était même sur ce sujet un visionnaire ?
26:06Je me souviens qu'il disait
26:08la révolution,
26:09commencer à Moscou,
26:10c'est-à-dire avec vous,
26:12se terminera à Moscou,
26:14c'est-à-dire peut-être contre vous.
26:26Non, je ne pense pas que je vous suivrai
26:28entièrement sur ce terrain.
26:31Dans notre conversation
26:33consacrée à la mémoire
26:35de François Mitterrand,
26:39consacrée à ses grands mérites,
26:44nous devons parler de François Mitterrand.
26:49Je pense que ma situation
26:51est un peu différente
26:54par rapport à celle
26:56de M. Jospin et de Mario Soares.
26:58Ce sont de vieille connaissances,
27:01de vieux amis.
27:03Nous avons dû traverser
27:05un chemin difficile, complexe,
27:08pour pouvoir coopérer
27:10au cours de ces dernières années
27:11en tant que partenaire
27:12et aussi en tant qu'ami.
27:15Je voudrais dire
27:18que je pense beaucoup
27:21sur la leçon
27:22que Mitterrand nous a laissée.
27:24C'est peut-être un peu...
27:25Il y a peut-être un peu tôt d'en parler,
27:26mais voilà quelques mots.
27:29D'abord, la leçon de sa vie.
27:33Cela mérite
27:35la réflexion.
27:37Quand on parle...
27:39Quand on se pose des questions
27:40ou quand on adresse même
27:42des reproches à François Mitterrand,
27:45nous devrons apercevoir
27:46ce qui est le plus important.
27:49C'est-à-dire que,
27:51comme cela a été dit,
27:53c'est la vie d'un homme
27:54dans un monde
27:55en changement rapide.
27:59Et c'est à Mitterrand
28:00changer et modifier
28:02ses attitudes,
28:05son comportement,
28:06ses opinions,
28:08de manière à pouvoir
28:10exprimer de la manière
28:12la plus exacte
28:14les principales valeurs
28:16aussi bien de la révolution française
28:21que celles qui apparaissent
28:23sur la base
28:24de la vie contemporaine
28:26et des impératifs
28:27contemporains.
28:29Et je pense que
28:30ce qui est très important,
28:33c'est d'apercevoir
28:35que François Mitterrand
28:36n'est pas un homme
28:37de dogme.
28:39C'est un homme
28:40ayant des vues
28:41très larges.
28:42et cela est apparu
28:44plus particulièrement
28:46lorsqu'il a été élu
28:48avec l'aide
28:50du Parti Socialiste
28:51en tant que président
28:52de gauche.
28:53Il a commencé
28:54à se comporter
28:55en tant que président
28:57de tous les Français.
28:58Et il a fait
28:59beaucoup dans ce sens
29:00tout en n'oubliant pas
29:03ses racines
29:04socialistes
29:06et sa fidélité
29:07à l'idée socialiste.
29:08Ceci est très important
29:10particulièrement
29:10en ce temps-là.
29:12Monsieur Gorbatchev,
29:13on va revenir tout à l'heure
29:14parce que je vous remercie
29:15de donner votre témoignage
29:17sur ce qu'a été
29:17la vie de François Mitterrand.
29:18J'ai aussi envie
29:19de vous demander
29:20comment vous avez ressenti
29:22le rôle qu'il a joué
29:23en Europe
29:24et vis-à-vis
29:25justement
29:26de l'ouverture à l'Est
29:27dont vous avez été
29:28l'initiateur.
29:29On va revenir à ça
29:30dans une minute.
29:32On va d'abord
29:32faire une courte pause
29:33de publicité.
29:34On se retrouve tout de suite après.
29:40Reprise de ce 7 sur 7 spécial
29:42avec à Moscou
29:44Mikhail Gorbatchev
29:45et à Paris
29:45Lionel Jospin.
29:46Lionel Jospin,
29:47on a coutume de dire
29:48que François Mitterrand
29:49s'est méfié
29:50voire n'a pas vu venir
29:52l'unité allemande
29:53et que s'il était
29:54un homme d'État
29:54parfaitement adapté
29:56à la guerre froide
29:57et au monde
29:58de la guerre froide
29:58ou de ses derniers
30:00sous-bressaux,
30:01il n'a pas compris
30:02le monde issu
30:03de la chute
30:05du mur de Berlin.
30:07On répète ça
30:08comme une chose convenue
30:10sans apporter
30:11le moindre argument.
30:12Et en ce qui concerne
30:13en tout cas
30:13l'unité allemande,
30:15moi j'ai toujours pensé
30:17qu'une nation,
30:17un peuple coupé en deux
30:19saisirait la moindre
30:20opportunité historique
30:21pour se retrouver
30:22et pour se rassembler.
30:23François Mitterrand
30:24pensait de même.
30:25Simplement l'unité allemande,
30:27il l'a abordée
30:28comme un Européen,
30:29comme un ami de l'Allemagne,
30:31mais comme un Français,
30:32pas comme un Allemand.
30:34Et donc il s'est soucié
30:35de questions telles
30:36que les réactions
30:37de l'URSS,
30:38l'équilibre européen,
30:40l'exigence
30:41que la frontière
30:42avec la Pologne
30:43héritée de la guerre
30:43soit intangible.
30:46Et donc il a réagi,
30:47je le redis,
30:48comme un Français.
30:49Mais pas avec méfiance,
30:51selon vous,
30:51ni avec réticence.
30:52Je m'étonne
30:54de savoir
30:54pourquoi certains
30:55voudraient réagir
30:58comme des Allemands
30:59plus que les Allemands
30:59en quelque sorte,
31:00au sein même
31:01de l'Allemagne
31:01au moment de la réunification.
31:03Il y a eu un débat
31:04pour savoir
31:05si par exemple
31:06on devait mettre
31:07une égalité
31:08entre le Deutschmark
31:09de l'Allemagne fédérale
31:10et de l'Allemagne de l'Est.
31:12Finalement ce choix
31:13a été fait par le chancelier Kohl
31:15pour des raisons politiques
31:16que l'on peut comprendre.
31:17Mais du coup
31:18les conséquences
31:19ont été lourdes
31:20pour l'Allemagne
31:21en termes de hausse
31:22des taux d'intérêt
31:22et lourdes pour l'Europe.
31:24Alors je crois
31:25que François Mitterrand
31:26était un Européen.
31:28Il a compris bien sûr
31:29la réunification
31:30de l'Allemande,
31:30mais il réagissait
31:32comme un Français.
31:34C'est-à-dire que
31:35les critiques
31:35à votre avis
31:36qui lui sont faites
31:37de dire
31:38il a bien compris
31:39le monde
31:40d'avant la chute
31:41du mur de Berlin
31:42mais il n'était pas
31:43tout à fait
31:44prêt à accepter
31:45ces bouleversements-là
31:47à votre avis
31:48sont des critiques
31:48qui sont totalement
31:49injustifiées ?
31:50Chacun est marqué
31:51par sa propre histoire.
31:52François Mitterrand
31:52est né en 16
31:53un an avant
31:54la révolution de 17
31:55et il a vu la fin
31:57du régime communiste
31:58avec 89.
31:59Je crois qu'il a bien
32:00compris l'évolution
32:01des pays de l'Est
32:02et ses contacts
32:03avec Mikhail Gorbatchev
32:04l'ont permis.
32:05Ce qui est vrai
32:06c'est qu'au moment
32:07du coup d'État
32:08de 1991
32:10qui a échoué
32:11lamentablement
32:12peut-être a-t-il
32:13surestimé
32:14la capacité
32:16du stalinisme,
32:17du vieux clan stalinien
32:18a gardé le pouvoir
32:19alors que tout cela
32:20était totalement décomposé
32:21parce qu'il avait
32:22tant de fois vu
32:23dans les pays de l'Est
32:24ou en Urse même
32:25les réformateurs
32:26écrasés
32:27ce qui me fait penser
32:28qu'il faut avoir
32:30à la fois
32:31le sens de l'histoire
32:32et en même temps
32:33il ne faut pas
32:33que le sens de l'histoire
32:34fige votre pensée
32:35donc à nous
32:36de nous projeter
32:37dans l'avenir
32:37mais les questions
32:38posées par François Mitterrand
32:39la question de savoir
32:40comment on élargit
32:41l'Europe à l'Est
32:43la question de savoir
32:44comment on intègre
32:45le problème de la Russie
32:46ces questions
32:47restent devant nous
32:47et à nous maintenant
32:49d'apporter des réponses
32:50qui vont vers le 21ème siècle
32:52Mikhail Gorbatchev
32:53est-ce que vous avez
32:54tenu rigueur
32:55ou pas
32:55à François Mitterrand
32:57de son hésitation
32:59à vous soutenir
33:00au moment de ce putsch
33:01ou est-ce que
33:02vous avez balayé ça
33:04d'un geste
33:05par rapport
33:05au bilan
33:07de vos relations
33:08avec François Mitterrand
33:15vous m'avez posé
33:18tellement de questions
33:20que je ne sais pas
33:23comment commencer
33:24mais je commencerai
33:25par votre dernière question
33:29et je voudrais faire deux observations
33:32l'Allemagne
33:33et le putsch
33:34c'est d'ailleurs
33:37l'ordre chronologique
33:38des événements
33:41je pense
33:45qu'on attribue ici
33:47beaucoup
33:47à tel ou tel homme politique
33:50y compris moi-même
33:51en ce qui concerne
33:53nos discussions
33:54nos doutes
33:57au sujet
33:59de l'unification
34:00de l'Allemagne
34:02vous savez
34:04je pense que nous tous
34:05y compris
34:06les dirigeants
34:08allemands
34:09avons pensé
34:10que ce serait
34:11un processus
34:12prolongé
34:13et que ce processus
34:15commencerait
34:17par des formes
34:18plus simples
34:18pour passer
34:19à des formes
34:20plus complexes
34:20au début
34:22dans une première étape
34:24on pensait
34:25à une sorte
34:25de confédération
34:27à une sorte
34:28d'union monétaire
34:30et on ne pensait
34:32pas tout de suite
34:33de l'unification
34:35parce que cela
34:36nécessitait
34:37un peu de temps
34:39néanmoins
34:40la vie
34:42en a décidé
34:43autrement
34:45lorsque les gens
34:47sont allés
34:49et lorsque les gens
34:50ont commencé
34:50à abolir
34:51la frontière
34:52je pense
34:53que le rôle
34:54des hommes politiques
34:55n'est pas
34:56d'empêcher
34:56un tel mouvement
34:58à travers
34:59des chars
35:01d'assaut
35:02ou des mesures
35:04politiques
35:04peu réfléchies
35:05au contraire
35:06il fallait y contribuer
35:07et je pense
35:08que de ce point
35:10de vue
35:10nous tous
35:11aussi bien
35:13à l'est
35:14où nous avons
35:15assumé
35:16une grande responsabilité
35:17de cette question
35:18et également
35:19à l'ouest
35:20nous avons tous
35:21montré
35:22beaucoup de vision
35:23et beaucoup d'imagination
35:24ce n'était pas
35:26une décision facile
35:27c'était une décision
35:29difficile
35:29nous avons été
35:31constamment
35:32en contact
35:33monsieur Mitran
35:34est venu
35:35en union soviétique
35:36nous l'avons vu
35:37à Kiev
35:38après Malm
35:39vous avez senti
35:40qu'il était
35:41sur la question
35:42allemande
35:42assez proche
35:43de vos vues
35:44dans les années
35:4590-91
35:46c'est à dire
35:47regardant
35:47ce qui se passait
35:49avec prudence
35:49ou vous l'avez senti
35:50assez proche
35:51très vite
35:52de l'Allemagne unie
36:01je pense
36:03que nous avons tous
36:05été en faveur
36:07d'une attitude
36:08pleine
36:09de caution
36:11d'une attitude
36:12qui consistait
36:13à ne pas
36:14nous dépêcher
36:15et à faire en sorte
36:16que l'unification
36:17de l'Allemagne
36:18ne détruise pas
36:20tout le processus
36:23de pacification
36:24en Europe
36:25qui traversait
36:25à cette époque
36:26une étape
36:26très importante
36:28voilà les soucis
36:30du président Mitran
36:32et voici
36:33les soucis
36:34qui étaient également
36:34les miens
36:35à l'époque
36:36mais lorsque nous avons
36:37vu que notre politique
36:39et que nos points
36:40de vue
36:40étaient
36:43en retard
36:44par rapport
36:45à la vie
36:46nous avons
36:46changé d'attitude
36:47c'était
36:49en ce qui concerne
36:49votre première question
36:50maintenant pour ce qui est
36:51du putsch
36:53connaissant la position
36:55de Mitran
36:56du président Mitran
36:57du Mitran
36:59socialiste
37:00de l'homme
37:00et du démocrate
37:02je ne voudrais
37:04pas exprimer
37:05des doutes
37:06à ce qui concerne
37:07sa position
37:07à l'égard
37:08des réformes
37:09en Union
37:11soviétique
37:12notamment
37:13au cours
37:14des dernières années
37:15de la perestroïka
37:16j'ai en vue
37:17l'année 89
37:19disons
37:19à partir
37:20de 88
37:20ce qui se passait
37:22au cours
37:23de ce putsch
37:24c'est quelque chose
37:26qu'on pouvait voir
37:26également
37:27dans d'autres
37:28circonstances
37:30les informations
37:32concernant
37:32le putsch
37:33a été
37:37su par mes collègues
37:39dans différents
37:41endroits
37:41ils ne l'ont pas
37:43tous évalué
37:43de la même manière
37:44et finalement
37:46tout le monde
37:47a appuyé
37:49les formes
37:50vouées à la réforme
37:52les formes
37:53démocratiques
37:53et ont contribué
37:55à la chute
37:56à la défaite
37:59du putsch
38:00tout cela
38:02est assez complexe
38:03je voudrais vous poser
38:04deux questions
38:05d'actualité
38:05si vous me permettez
38:07un commando
38:09tchétchène
38:09en ce moment
38:10au Dagestan
38:11a pris des otages
38:13et le gouvernement russe
38:15leur a donné
38:15une nuit
38:16de sursis
38:17pour répondre
38:19à l'ultimatum
38:20et pour relâcher
38:20les otages
38:21sinon
38:22sinon
38:22pense-t-on
38:23il y aura
38:23assaut
38:24quel est votre
38:25sentiment
38:26qu'est-ce que vous avez
38:26envie de dire
38:27ce soir
38:28sur ce sujet
38:29douloureux
38:29bien sûr
38:30je ne vous demande pas
38:30un panorama général
38:32de la crise tchétchène
38:33mais là
38:34sur ce sujet-là
38:35précisément
38:36qu'est-ce que vous avez
38:37envie de dire
38:38et de réagir
38:41il faut que cette guerre
38:47se termine
38:48que la Russie
38:48mette fin
38:49à cette guerre
38:50il ne fallait pas
38:51la commencer
38:51c'était une grande erreur
38:53cela aboutit
38:54à une grave crise
38:55à l'intérieur
38:55de la Russie
38:56et il faut
38:57la terminer
38:59ceci dit
39:00je ne peux pas
39:01appuyer
39:01la position
39:02des militants
39:04tchétchènes
39:05ils ont agi
39:06en tant que terroriste
39:07et quelles que soient
39:09les raisons
39:10de leur action
39:10c'est condamnable
39:12je comprends
39:13les raisons
39:13de leur action
39:14mais ceci dit
39:16ce comportement
39:17prendre en otage
39:18des femmes
39:20en train d'accoucher
39:22des femmes
39:23qui donnent la vie
39:24à un enfant
39:27ceci à mon avis
39:29c'est de la barbarie
39:30et c'est quelque chose
39:33que je n'ai pu accepter
39:34et dans cette situation
39:36et dans cette situation
39:38si difficile
39:39il faut penser
39:42non seulement
39:43à la manière
39:47dont toute cette campagne
39:49concernant la Tchétchénie
39:50a été perdue
39:51je ne pense pas
39:54que le pouvoir
39:55doit maintenant chercher
39:56un moyen
39:56d'améliorer sa situation
39:59et suivre uniquement
40:01la voie de la force
40:02la voie militaire
40:03il faut y rénoncer
40:06il faut commencer
40:07par les mesures
40:09favorisant
40:10les conversations
40:10et il faut éviter
40:12une nouvelle effusion
40:13de sang
40:16même si
40:17on arrive
40:18à libérer
40:19les otages
40:20et ensuite
40:21appliquer la force
40:23à l'égard
40:25de Tchétchènes
40:27ceci pourrait donner
40:29lieu
40:29à de nouveaux
40:31incidents
40:33de cette nature
40:34il faut montrer
40:35du sang
40:36il faut agir
40:37d'une manière
40:38très prudente
40:40et il faut
40:41avoir
40:42l'esprit
40:43que ce qui est
40:44le plus important
40:45pour nous
40:46c'est de mettre
40:46fin à cette guerre
40:47le plus rapidement
40:48possible
40:49et s'il y a
40:50une nouvelle effusion
40:51de sang
40:51et bien
40:52ce sera
40:53contribuera
40:54à l'aggravation
40:55du conflit
40:55voilà ce que je pense
40:56je voudrais vous poser
40:58monsieur Gorbatchev
40:59une dernière question
41:01François Mitterrand
41:02a connu des échecs
41:03et puis il a connu
41:03des réélections
41:04et combien fameuses
41:06est-ce que c'est prématuré
41:07de vous demander
41:08si vous aussi
41:09vous avez la même volonté
41:10de rebondir
41:11que lui
41:11il y a des élections
41:12une élection présidentielle
41:14prévue au mois de juin
41:15en Russie
41:16est-ce que je peux vous demander
41:17si vous serez candidat
41:28c'est une question
41:29que j'examine
41:30tout le temps
41:31j'y pense
41:32tout le temps
41:33et je m'approche
41:37de plus en plus
41:38vers une décision
41:39positive
41:40mais je ne l'ai pas
41:42encore prise
41:42cette décision
41:47je consacre
41:48actuellement
41:49tous mes efforts
41:50à la réflexion
41:51pour pouvoir
41:52faire connaître
41:53ma position
41:54d'ici quelques temps
41:55ce que je voudrais
41:56tout d'abord
41:57c'est que les élections
41:58aient lieu
41:59et dans la situation
42:01qui règne actuellement
42:02en Russie
42:03y compris
42:04notamment
42:04l'affaire Tchétchène
42:06il y a beaucoup
42:07de raisons
42:08pour que l'élection
42:09soit annulée
42:10ce serait très mauvais
42:12je pense
42:13que ce qu'il faut
42:14c'est de consolider
42:15d'unifier
42:16les forces démocratiques
42:17les forces
42:18du centre-gauche
42:20les forces
42:20de la gauche
42:21tous les mouvements
42:22sociaux
42:22répondant à cette définition
42:24pour que ces forces
42:26se présentent
42:27comme une seule force
42:29aux prochaines élections
42:30monsieur le président
42:31Gorbatchev
42:31je vous remercie
42:32beaucoup d'avoir
42:33participé à cette émission
42:34on retient
42:34cette demi-information
42:36qui est
42:37que vous vous orientez
42:38vers une réponse
42:39positive
42:39pour votre candidature
42:41éventuelle
42:41à l'élection présidentielle
42:42merci d'avoir
42:44apporté votre pierre
42:45à l'hommage
42:46à François Mitterrand
42:47ce soir
42:47et merci d'avoir été
42:48en direct
42:49avec nous
42:49de Moscou
42:51Lionel Jospin
42:52on a entendu
42:52tous les témoignages
42:53sur le bilan
42:54de François Mitterrand
42:55au pouvoir
42:55je souhaiterais
42:56entendre le vôtre
42:57après ce rappel
42:58en image
42:59par Claire Auberger
43:00et Charif Soiré
43:02élu pour changer la vie
43:04François Mitterrand
43:05commence par tenir
43:05ses promesses
43:06la peine de mort
43:07est abolie
43:08la cinquième semaine
43:09de congés payés
43:10les 40 heures hebdomadaires
43:11réduits à 39
43:12la retraite instaurée
43:13à 60
43:14et le pays décentralisé
43:16les réformes sont là
43:17l'inflation
43:18et les déficits aussi
43:19confronté
43:20aux dures réalités
43:21de l'économie mondiale
43:22Pierre Moroy
43:23abandonne la relance
43:24par la consommation
43:25pour un traitement de choc
43:26simple pause
43:27la rigueur
43:28devient en 83
43:29la seule politique possible
43:30la rupture
43:31avec le capitalisme
43:32n'est plus qu'un souvenir
43:33les socialistes
43:34se convertissent
43:35à l'économie de marché
43:36autrefois utopique
43:38les voilà pragmatiques
43:39mais à force de ne rêver
43:40qu'au front fort
43:41et à la désinflation
43:42le pouvoir
43:43manque d'imagination
43:44face au chômage
43:45plus il monte
43:46plus les inégalités
43:47se creusent
43:47plus la pauvreté
43:48gagne du terrain
43:49l'exclusion
43:50finit par être
43:51un phénomène de société
43:52de même
43:53à force de trouver
43:54des vertus
43:55au profit
43:55et de goûter
43:56au privilège du pouvoir
43:57les affaires
43:58entament le crédit moral
43:59dont se targuait la gauche
44:00deux échecs
44:01que les électeurs
44:02ne pardonnent pas
44:03les législatives
44:04de 93
44:04sont un désastre
44:06le suicide
44:07de Pierre Bérégovoy
44:08apparaît alors
44:09comme une illustration
44:10tragique
44:11du bilan des socialistes
44:12l'histoire sera sans doute
44:14plus clémente
44:15avec les 14 années
44:16de règne mitterrandien
44:17en héritage
44:18il laisse un parti
44:19dont il a prouvé
44:20la capacité à gouverner
44:21des institutions
44:22renforcées
44:23par l'expérience
44:24de la cohabitation
44:24et un pays pacifié
44:26lorsqu'il quitte le pouvoir
44:27en mai dernier
44:28et passe le relais
44:29à ses troupes
44:29c'est avec le sentiment
44:31du devoir accompli
44:32je pars
44:33sans le moindre
44:34soupçon
44:35soupçon
44:35de regret
44:36ou d'amertume
44:38aussi tranquillement
44:39que je suis venu
44:45Lionel Jospin
44:46ce qui revient
44:47dans tous les hommages
44:48c'est l'homme du 10 mai 81
44:50comme si le deuxième septennat
44:53avait été gommé
44:55oui il y a l'homme du 10 mai 81
44:57mais c'est aussi l'homme
44:58qui a donné
45:00la durée
45:01et la légitimité
45:03pour gouverner à la gauche
45:05nous avons grâce à lui
45:06fait l'expérience du pouvoir
45:09et si nous revenons
45:10un jour au pouvoir
45:11nous n'aurons pas l'excuse
45:12de l'inexpérience
45:13il est frappant de voir
45:15qu'aujourd'hui
45:15on a l'impression
45:16que c'est la droite
45:17qui semble tâtonner
45:18aux responsabilités
45:19ne pas savoir
45:20comment agir
45:22alors je crois que
45:24au fond
45:26François Mitterrand
45:26a fait passer la gauche
45:28de la virtualité
45:29à la réalité
45:30il nous a tous donné
45:31une leçon formidable
45:32de réalisme
45:33et y compris
45:33dans ces années de pouvoir
45:34chacun de ceux
45:35qui l'accompagnaient
45:36a pu se révéler
45:37tel qu'il était
45:39donc avec les preuves
45:40du pouvoir
45:41ça je crois que c'est
45:42le message essentiel
45:44dans votre campagne
45:46présidentielle
45:46vous avez réclamé
45:47un droit d'inventaire
45:49sur l'héritage
45:49mitterrandien
45:50est-ce que vous rediriez
45:51la même chose ce soir
45:52et si oui
45:53qu'est-ce que vous laissez
45:53de côté
45:56le droit d'inventaire
45:57c'est une expression
45:57de notaire
45:58ou du vissier
45:59éventuellement de commerçant
46:00c'est nullement péjoratif
46:01mais c'est pas du tout
46:02quelque chose
46:03qui puisse caractériser
46:04ma relation politique
46:06et amicale
46:07avec François Mitterrand
46:07je n'ai jamais personnellement
46:09utilisé cette expression
46:10moi ce que j'ai dit
46:11c'est qu'il fallait avoir
46:12un oeil lucide
46:13sur notre action
46:14c'était une nécessité
46:16pour tout homme politique
46:17et que nous devions
46:18tirer des leçons
46:20de ce que nous avions fait
46:21il y a eu
46:22de grandes réformes
46:23la retraite à 60 ans
46:25l'abolition de la peine de mort
46:26la décentralisation
46:27il y a eu
46:27de vigoureuses impulsions
46:29dans le domaine
46:30de l'éducation
46:31de la culture
46:31de l'Europe
46:32il y a eu des échecs
46:33le chômage
46:34les inégalités croissantes
46:36les affaires
46:37sur le terrain
46:38des inégalités
46:39ou du chômage
46:40nous devons une revanche
46:41au peuple français
46:42et moi je consacre
46:44l'essentiel
46:44de la réflexion collective
46:46actuelle
46:46de ceux qui m'entourent
46:48des socialistes
46:48en général
46:49à ce travail
46:50sur l'économique
46:51le social
46:52pour avoir une politique
46:53qui tienne la route
46:54si nous revenons
46:55aux responsabilités
46:56parce qu'on dit en effet
46:57que François Mitterrand
46:57a rendu la gauche
46:58responsable économiquement
47:00mais que par cette conversion
47:02à la culture de gouvernement
47:03ce qu'on appelle
47:03la culture de gouvernement
47:04du coup le peuple de gauche
47:06s'est senti floué
47:07trahi
47:08de ses aspirations
47:10de ses espoirs
47:12il y a eu une déception
47:13il y a eu de la colère
47:14en même temps
47:15je crois
47:16comme je l'ai dit
47:16tout à l'heure
47:17au début
47:17que ce que le peuple
47:19a fait
47:19en accompagnant
47:20François Mitterrand
47:21reste pour lui
47:22ineffaçable
47:23et puis en 1995
47:25dans des conditions
47:26extrêmement difficiles
47:27de cette campagne présidentielle
47:29alors que François Mitterrand
47:30était là encore
47:31à l'observer
47:32à la regarder
47:33d'une certaine façon
47:34à m'accompagner
47:35au moins du regard
47:36il a vu
47:37qu'on redonnait
47:38à la gauche
47:38un socle formidable
47:40de plus de 47%
47:41donc
47:43je crois
47:44qu'il n'y a pas eu
47:45ce sentiment
47:46d'être floué
47:47mais il y a
47:48la nécessité
47:49effectivement
47:50de tirer de leçons
47:51et de relancer
47:53les choses
47:53le message
47:54le souffle
47:55que vous voudriez
47:56donner à la gauche
47:57demain
47:59quel serait-il
48:00enfin si
48:01est-ce que ce serait
48:02un prolongement
48:03du souffle
48:04mitterrandien
48:05ou autre chose
48:05le vôtre propre
48:06et à ce moment-là
48:07quel serait-il
48:07je crois que la gauche
48:10a les mêmes besoins
48:11que la France
48:11elle a besoin
48:12de vérité
48:13et nous sommes face
48:15à un pouvoir
48:15qui a commencé
48:16son cycle
48:17sur un mensonge
48:18on le sait
48:19elle a besoin
48:19de vérité
48:21elle a besoin
48:21d'objectifs
48:23clairs
48:23et mobilisateurs
48:24et je l'ai dit
48:25chômage
48:26inégalité
48:27logement
48:27ça ça sera
48:28des axes essentiels
48:29d'une action
48:30et elle a besoin
48:31à nouveau
48:32de retrouver
48:33un projet historique
48:34parce que quand la France
48:35manque de projet historique
48:37elle devient mélancolique
48:39elle devient grincheuse
48:41elle perd confiance
48:42c'est le cas actuellement
48:43voilà les trois grandes directions
48:45dans lesquelles
48:46on doit travailler
48:47merci Lionel Jospin
48:49merci d'avoir participé
48:50à cette émission spéciale
48:51en hommage à François Mitterrand
48:52avec Mario Soares
48:53et Michael Gorbatchev
48:54dans un instant
48:55le journal de 20h
48:56de Claire Chazal
48:57merci à tous
48:58bonsoir
49:081995
49:09Fiat Punto
49:11merci à tous
49:11merci à tous