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  • il y a 12 heures
Chaque matin dans son édito, Carl Meeus revient sur l'actualité politique du jour. Ce matin, il s'intéresse aux émeutes sans fin.

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00:007h, 9h, Europe 1 Matin. L'édito politique sur Europe 1 avec Le Figaro. Bonjour Karl Méhus.
00:06Bonjour Dimitri, bonjour à tous.
00:07Vous revenez Karl ce matin sur les émeutes de ce week-end en France.
00:10En entendant hier Sébastien Lecornu, le Premier ministre, et les membres du gouvernement,
00:14vous nous dites avoir eu une curieuse impression de déjà vu, déjà entendu, de revivre un jour sans fin.
00:20Pas vous Dimitri ? Quand les Français se sont réveillés lundi matin,
00:23ils ont dû avoir cette désagréable impression d'avoir déjà vécu ces violences et ces pillages,
00:28et d'avoir déjà entendu les représentants de l'État utiliser les mêmes mots pour dénoncer ces violences et ces
00:33pillages.
00:34A écouter la conférence de presse du Premier ministre hier, on avait en effet l'impression d'être amené en
00:38mai dernier,
00:39quand au soir de la finale de la Coupe d'Europe remportée par le PSG, des émeutes urbaines avaient éclaté
00:44à Paris.
00:44Voir en juin 2023, quand après la mort du jeune Naël à Nanterre,
00:48la France avait connu une semaine d'émeutes violentes avec là aussi des pillages.
00:51Et peut-être même en 2018-2019, quand tous les week-ends, les Gilets jaunes bloquaient la France
00:57et certains d'entre eux vandalisaient et pillaient les commerces.
00:59A chaque fois, le scénario est le même.
01:01Au saccage répondent les discours de fermeté du gouvernement.
01:04Le ministre de la Justice fait savoir qu'il a demandé au procureur de faire preuve de fermeté dans la
01:09réponse pénale.
01:10Le ministre de l'Intérieur annonce qu'il va mettre plus de force de l'ordre sur le terrain pour
01:14la prochaine manifestation.
01:16Le Premier ministre, après avoir dénoncé les violences de l'extrême-gauche qui souffrent sur les braises,
01:20rappelle qu'il a demandé aux compagnies d'assurance d'accélérer les procédures d'indemnisation des commerçants qui ont tout
01:24perdu.
01:25Et le Président de la République qui dit « nous serons intraitables avec les casseurs ».
01:30Vous vous souvenez « intraitables » ?
01:31C'est le même mot qu'il avait utilisé en 2020 pour dire qu'il faut être intraitable face aux
01:36racistes.
01:36Et en mai 2026, après la victoire du PSG.
01:40Ce qu'il ne semble pas voir, c'est l'exaspération des Français devant ce jour sans fin.
01:44Des Français qui redoutent que rien ne change véritablement.
01:47Vous ne croyez pas le gouvernement capable de mettre en place la politique de fermeté qu'il annonce ?
01:51Alors, on verra ce que va dire votre invité Gérald Darmanin dans quelques minutes.
01:55Mais on se demande pourquoi ce gouvernement, qui n'a plus que 6 mois d'existence théorique,
02:00ferait mieux que ce qu'ont été incapables de faire ses prédécesseurs qui avaient la durée pour eux.
02:05Voilà le vrai problème.
02:06Les Français savent bien que les juges font rarement preuve de fermeté.
02:10A l'heure des charges, il est extrêmement difficile pour les policiers d'arriver avec des dossiers parfaitement ficelés,
02:14où ils peuvent assurer à 100% que le prévenu a commis les méfaits dont il est accusé.
02:19Les premiers casseurs et pilleurs sont rarement parmi les prévenus.
02:22En outre, la politique pénale en vigueur n'envoie pas en prison les condamnés de moins d'un an.
02:27En mai dernier, après les violences urbaines, le gouvernement a annoncé un projet de loi dit « casseur-payeur ».
02:32Il a fallu les violences liées au mouvement des lycéens pour que le gouvernement accélère sa lecture au Sénat.
02:38Il doit arriver fin octobre, 5 mois après les faits, après déjà deux nouvelles séquences d'émeutes.
02:43Il faut dire qu'entre-temps, l'Assemblée nationale avait rejeté l'idée de faire payer les participants à un
02:48attroupement,
02:49même sans être responsable des dégâts commis.
02:51La gauche avait évidemment voté contre, comme une partie des députés Renaissance,
02:55le parti du Président de la République et du Premier ministre.
02:58Comment voulez-vous que les Français puissent penser que quelque chose changera réellement,
03:02si au sein même de la Macronie, il n'y a pas de consensus sur les mesures à prendre ?
03:05Vous pensez que la campagne présidentielle ne va pas arranger les choses,
03:09puisqu'Edouard Philippe et Gabriel Attal vont devoir se désolidariser ?
03:12Du bilan d'Emmanuel Macron, s'ils veulent convaincre les Français de voter pour eux.
03:16Mais oui, exactement Dimitri.
03:17Edouard Philippe a d'ailleurs commencé dès dimanche.
03:19Il a publié un texte sur le réseau social X,
03:22d'une violence incroyable contre le Président de la République.
03:24Je vous cite une seule phrase, sa conclusion.
03:26Notre pays a besoin d'être commandé.
03:29Dit autrement, ce n'est pas le cas.
03:32Et dans un pays où l'impression qui domine est que plus rien des comptes publics à la sécurité n
03:38'est tenu,
03:39c'est effectivement un bon angle d'attaque.
03:41Mais ça ne vient pas de Jean-Luc Mélenchon, ça ne vient pas de Marine Le Pen,
03:45de Raphaël Luxman ou de Bruno Retailleau.
03:47Ça vient du premier chef du gouvernement d'Emmanuel Macron en 2017,
03:51soutien du gouvernement de Sébastien Lecornu.
03:53Les vraies questions désormais sont donc de savoir si et comment
03:57le Président et son Premier Ministre pourront tenir encore six mois
04:00maintenant qu'ils sont lâchés par leur soutien.
04:02L'édito politique sur Europe 1.
04:04Merci beaucoup Karl Méhuz à la Une du Figaro ce matin,
04:0717 et 18 octobre après le désastre.
04:09Comment rétablir l'ordre ?
04:11Merci Karl, bonne journée à vous.

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